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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 08:43

    Sujet Thèmes du jour

"Alcool et dépression"

  Alcool & dépréssion

    Compte rendu :

Les prénoms cités sont des pseudos afin de conserver l’anonymat.

 

La dépression nerveuse est une maladie mentale grave que l’on ne doit pas prendre à la légère car elle peut entraîner des conséquences dramatiques chez la personne malade.

L’alcoolisme est une maladie mentale grave que l’on ne doit pas prendre à la légère car elle peut entraîner des conséquences dramatiques chez la personne malade.

Les deux ensembles sont des maladies graves qu’il ne faut pas prendre à la légère.

Pour la majorité d’entre nous, nous avons connu cet assemblage, mais la maladie alcoolique était généralement la plus importante puisque l’alcool nous permettait de cacher, de voiler la dépression.

Mais qu’est ce qui est apparu en premier ? Alcoolisme ou dépression. ?

C’est à vous à nous le dire. Mais je me dois de rajouter que beaucoup de médecin traitent la dépression en pensant que l’alcoolisme disparaîtrait avec la dépression alors que, d’après certaines études, environ 80 % des malades alcooliques dépressifs ne le sont plus quand le   malade arrête l’alcool alors que seul 15 % des malades alcooliques traités gardent leur dépression. Après l’arrêt de l’alcool ils sont obligés de soigner leur dépression.
Mais attention, il ne faut pas négliger la dépression du malade alcoolique car l’alcool masque peut être une douleur extrêmement importante et que sans alcool le malade ne pourrait pas supporter cette souffrance.

Comment avez-vous vécu la dépression et alcool pare que d’après ce que nous savons plusieurs d’ entre nous ont souffert de dépression profondes avant de se soigner de l’alcool.

Débat

J.J. a eu de grandes dépressions vers 38 ans, c’est l’alcool qui lui a permis de vivre, au fur et à mesure qu’il a fait des cures, il avait un mal-être permanent.

Paulin a été traité pour dépression, l’alcool est venu après. Il était mal dans sa peau alors il prenait des cachets, antidépresseurs, et de l’alcool

Bob a été soigné pour la dépression alors qu’il n’était pas dépressif

J.J. à 23 ans il était déjà dépendant et s’est fait soigner pour l’alcool, il pense qu’il n’avait pas de dépression. Il est devenu dépressif à 38 ans. Probablement que l’alcool l’a mis dans sa dépression beaucoup plus tard.

Paulin n’arrivait plus à travailler. A Trente ans, ne plus travailler lui a été très néfaste, il a pris des antidépresseurs. Puis il y a eu beaucoup de décès de proches. La vie était un calvaire. En 2000 il est allé aux Bruyères pour se soigner.

Christophe a suivi un sevrage à Pasteur et est parti au calme sans passer par chez lui. Quand tu es clair, tu peux plus facilement soigner ta dépression.

Bob pense qu’à Pasteur il y a de bons médecins, mais pas de psy.

Annie  n’a pas pu aller chez le psychologue, mais l’association lui a permit de psychothérapie. Elle pense qu’avoir eu de la dépression avant de devenir malade alcoolique. Elle avait une vie agréable, mais après la rupture avec son compagnon elle a fait de la dépression car elle avait plein de problèmes et la dépression. Au début elle a commencé à boire pour calmer ses angoisses et sa douleur morale. Sa dépression n’a pas pu être soignée à cause de l’alcool. Elle a fait des crises d’épilepsie. Quand elle a fait sa cure aux Bruyères, la psychologue a soigné sa dépression en même temps que l’alcool. L’alcool soignait mal sa dépression. Elle a commencé à vivre après sa cure.

Josiane a commencé par une dépression après le décès de son père. Elle a eu alors trop de choses à assumer. Tout s’est alors enchainé, difficulté avec son appartement, elle vivait seule avec son fils, elle a alors stressé au maximum, elle était toute seule, elle était paumée alors elle buvait.

Son fils comprend maintenant qu’elle veut aller mieux. Après son arrêt de l’alcool, elle va mieux et elle prend son temps pour vivre. Elle apprécie les choses.

Annie, quand on lève le pied on se trouve bien, elle a bien profité de sa jeunesse, mais….

Josiane a vu un psychologue mais elle est persuadée que le départ de sa dépression est le décès de son père. Maintenant elle apprécie la vie.

Claude bis est persuadé que c’est la dépression qui l’a fait boire. Après l’arrêt de l’alcool il a diminué les doses de médicament.

J.J. en a usé et abusé, il a pris beaucoup d’alcool mais aussi beaucoup de médicaments.

Alain pense que pour certains c’est la dépression qui amène à l’alcool et pour d’autres c’est l’alcool qui entraine la dépression.

Bob, tout s’écroule quand tu bois.

Alain : « si l’alcool soignait la dépression, ça se saurait.

Annie, on a tous des souffrances de l’enfance

Paul n’a pas fait de dépression, tout allait bien pour lui.

Pour Alain, la limite entre alcoolisme et dépression est très poreuse. Il a du mal à suivre cette phrase de nombreux malades alcooliques : « c’est l’alcool qui m’a sauvé »

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 12:38

    Sujet Thèmes du jour

"Alcool et tabac"

 

Compte rendu :

Les prénoms cités dans le texte sont des pseudos afin de conserver l’anonymat.

Tous les présents ont fumé (5) ou fument encore (6).

Antoine signale qu’il y a une dizaine d’année, quand il était au Calme, 98 % des patients fumaient. Maintenant c’est un peu mieux mais il y a quand même une majorité qui fume. La fameuse réunion du jeudi était un fumoir et la salle devait être repeinte tous les ans.

Paul prenait son apéritif et en même temps il fumait, il n’aurait pas apprécié cet apéro sans sa cigarette.

Quand il a voulu arrêté de fumer il a tenu huit mois, c’était juste avant sa cure. Maintenant qu’il a repris, il ne fume qu’après le petit déjeuner.

Bob ne fume également qu’après le petit déjeuner, mais quand il se lève la nuit, il fume un cigarette ou deux avant de se recoucher.

Du temps de son alcoolisation, il fumait beaucoup et n’importe quand, surtout quand il avait bu.

Lino nous dit qu’avant la loi Evin il fumait beaucoup plus que maintenant et surtout quand il buvait une bière.

Bob, maintenant les gens fument moins parce qu’ils doivent aller dans la rue, car ils ne peuvent plus fumer dans leur atelier ou leur bureau.

Annette, qui a très peu fumé, pense que souvent les gens nerveux fument pour se calmer.

Paulin sait que quand il se trouvait en groupe, devant un verre de bière ou plusieurs, il accompagnait sa boisson avec une ou plusieurs cigarettes. Mais quand il était chez lui il fumait sans boire.

Abdel pense que maintenant les gens fument moins.

Gérard, il y a beaucoup de gens qui fument. On boit, on fume, on reboit, on refume.

Il a arrêté de boire avec le Champix. Il a senti qu’il fallait qu’il arrête seulement en étant retraité, parce que la cigarette le calmait.

La cigarette influe sur le caractère.

Paulin ne sait pas si la cigarette est un excitant. Il se pause la question à savoir si il fume et boit en même temps, il ne sait pas si c’est un excitant ou un calmant.

Claudebis fume par habitude, il fume peu mais ne peut se passer de son cigare du soir. Son chat en est responsable parce qu’il lui a apprit à aller sur le balcon le soir, et maintenant c’est lui qui lui demande d’aller sur le balcon et alors il fume son cigare.

Si il change ses habitudes, hors de chez lui, il n’a pas envie de fumer.

Alain, achetait ses cigarettes par cartouche. Quand il a décidé d’arrêter de fumer, il avait encore trois cartouches. Quand il est arrivé au bout, il avait encore 3 cigarettes le soir. Il les a fumées l’une derrière l’autre pour ne plus en avoir le lendemain matin. Ce fut ses trois dernières cigarettes.

Gérard, la sécurité sociale remboursait le champix.

Abdel va arrêter de fumer au mois de juillet, parce que c’est le début du carême.

Lino veut arrêter de fumer quand il aura cinquante ans.

Paul veut arrêter tous les jours.

Paulin devrait arrêter de fumer parce qu’il a des bronches abimées. Actuellement il pense fumer douze cigarettes par jour.

Bob a envie d’arrêter. Il a failli le faire quand il était en ménage avec une compagne qui ne fumait pas.

P. fumait la pipe et la cigarette. Entre alcool et cigarette, il était obligé de partager son budget entre les deux. Il s’y est pris a plusieurs reprises, mais finalement, il a arrêté définitivement d’un seul coup. Il sait qu’il a été épouvantable, à l’arrêt, vis-à-vis de tout le monde. Il était insupportable, mais il s’encourageait.

Lino, avec l’alcool c’est très difficile de s’arrêter de fumer. Mais il se dit que s’il ne veut plus fumer, il lui suffit de ne plus prendre de cigarettes. Plus facile à dire qu’à faire. Il avait réussi à s’arrêter mais il a reprit la cigarette parce qu’il était en bringue.

Avec le patch, il a arrêté, mais a chaque fois il a rechuté, maintenant il attend ses 50 ans.

En général, les gens arrêtent l’alcool avant la cigarette.

Alain, en conclusion, c’est comme l’alcool, il ne faut pas commencer ou il faut arrêter de fumer.

 

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 17:50

    Sujet Thèmes du jour

"Réactions des proches après une rechute"

 

    Compte rendu :

5 personnes présentes n’ont jamais rechuté. Ces intervenants font des suppositions sur une rechute éventuelle.

Annie pense que sa fille, en particulier, lui en voudrait énormément.

Paulin, son épouse serait déçue.

Bob, Ne buvait pas régulièrement.

Abdel, Sa famille ne lui parlait plus beaucoup mais son père se mettait en colère. Sa famille avait de la déception et de la colère.

Par contre il s’est aperçu que certaines personnes avaient envie qu’il rechute.

Gérard, après sa rechute, il y avait aussi de la déception et de la colère. Ils ne comprenaient pas. Sa fille était très en colère et aussi malheureuse de voir son père à nouveau dans l’alcool, du coup elle a quitté la maison pour aller en cité universitaire.

Lui était malheureux de la voir malheureuse.

Bob s’en veut d’avoir rechuté.

Paulin nous dit que quand il est resté cinq ans sans consommer, sa famille se demandait pourquoi il n’avait pas pu continuer. C’était de la déception. Il disait à son épouse que c’était de sa faute s’il avait rechuté.

P. S’il avait eu des contacts avec son ex, il pense qu’il aurait rechuté.

Paulin, quand on est bien avec la personne avec qui vous vivez, et que du jour au lendemain plus de contact, la seule chose à faire, c’est boire.

J.J. nous restons très fragiles. La dépendance est une maladie, mais 99 % des médecins ne disent que : « Il n’a qu’a arrêter de boire ». La personne Lambda ne peut pas comprendre la rechute.

Son ex femme lui mettait l’espéral directement dans la bouche pour qu’il ne rechute pas.

La population ne peut pas admettre que c’est une maladie et du coup ne peuvent voir les malades.

Annette pense que le malade alcoolique a des valeurs intrinsèques qui ne disparaissent pas avec l’alcoolisme.

Annie pense que les valeurs s’effacent.

J.J. pense que les valeurs sont altérées.

Joëlle, son papa était violent vis-à-vis d’elle, mais elle ne connaissait pas l’alcoolisme et était comme tout un chacun, il n’avait qu’a arrêter de boire. Maintenant elle culpabilise parce qu’elle ne savait pas et qu’elle vidait ses bouteilles dans l’évier.

P. pense que la personne qui vous a connu abstinent et qui vous voit reboire, est persuadée qu’il ne veut pas s’arrêter.

Paulin a recommencé parce que l’alcoolisme est « un vice » pense-t-il. La famille ne connaît pas l’alcoolisme.

J.J. nos familles et en particulier notre conjoint subissent notre maladie sans comprendre. Il regrette d’avoir fait souffrir son épouse. La femme perd la confiance en moins de six mois.

Le parcours avec le malade est difficile pour elle et l’histoire d’Amour ne peut durer dans ces conditions.

Robert, était en lien avec une jeune fille, mais vu son état, le père de la jeune fille avait peur qu’il lui enlève son affection.

Paul n’a pas rechuté, après plusieurs tentatives d’arrêt la cure lui a fait du bien et il est devenu abstinent. Il n’y a pas eu d’impact sur les autres puisque personne ne savait qu’il était alcoolique.

Il est très triste quand il voit quelqu’un qui vient à Sansas et qui rechute. Il pense que la rechute n’est pas anodine. Il y a nécessité de connaître un mouvement d’anciens Buveurs pour être aidé dans l’abstinence.

Robert, quand il s’était arrêté, son frère voulait le faire souffler dans le ballon.

Antoine se rappelle d’un adhérent dont la femme s’étonnait qu’il ne dépense plus d’argent quand il sortait et à son retour, systématiquement elle le faisait souffler son haleine pour constater qu’il n’avait pas bu.

C. n’oubliez pas que les gens à coté de vous, ont des problèmes de vous voir dans cet état. Ils ne savent pas comment faire avec vous.

Annette, souvent la famille pense que la consommation est le problème du malade et non le sien. Il faut comprendre que tout le monde est mal dans la famille.

P. la famille prévoyait en fonction de l’état qu’elle pensait que se trouvait le malade.

Paul pense que s’il rebuvait son épouse le mettrait à la porte.

    Claudebis, en sortant de cure, ne se rappelle plus quel était son état.

Il ne se rappelle plus quelles étaient la réaction de sa Mère.

Il pense qu’il était pire en sortant, en se réalcoolisant, qu’avant de partir en cure.

Après son séjour au Mont blanc, il buvait moins qu’en y entrant, mais ce n’a été que pendant quelques temps.

En entrant à Blétrant il savait qu’il reboirait en sortant. Il avait été obligé de se soigner mais ce n’était pas lui qui avait pris la décision.

Après sa sortie d’une année à l’hôpital psy, sa mère lui a demandé ce qui lui ferait plaisir. Il a répondu qu’il souhaitait retourner sur la Côte d’Azur, ce qui fut fait. Il se rend compte maintenant que c’était un acte d’Amour maternel, cette proposition. C’est ce qui l’a sauvé.

Le comportement des amis de la Côte d’Azur n’était pas du tout ce qu’il avait connu auparavant. Tout de suite ils lui ont dit que dans la cave il pouvait boire tout ce qu’il voulait, sauf les bouteilles de droite. Six mois plus tard, il se faisait soigner, et n’a pas rechuté.

Il sait maintenant que ses amis le surveillaient et se dit qu’heureusement il ne s’en n’est pas aperçu.   

 

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 16:52

    Sujet Thèmes du jour

"les maladies liées à l’alcool"

 

    Compte rendu :

Paulin pense que plusieurs maladies sont liées à l’alcool : le délirium tremens, cancer du tube digestif.

J.J. pense avant tout aux problèmes circulatoires qui bouchent les artères et qui entraînent souvent des opérations pour les déboucher mais qui peuvent aller jusqu’à l’amputation.

P. La maladie la plus connue de l’alcoolique est la cirrhose du foie qu’il a eu la chance de ne pas contacter mais il lui reste des bossages sur le foie qui sont dus à un excès de bile.

Il pense que son pancréas n’a pas été touché.

Sur le plan cardiaque, il lui est resté quand même un souffle au cœur.

Bien entendu comme beaucoup de malades alcooliques il a eu un ulcère du duodénum et il lui a fallu six ans pour que les cicatrices disparaissent.

Il a eu une polynévrite, c’est la gaine des nerfs qui durcit et les nerfs ne coulissent plus dans les gaines d’où une douleur pour marcher. Maintenant encore il ne sent plus ses jambes.

Il a aussi des problèmes de vessie parce que son corps était habitué à 5 litres de liquide et maintenant il n’a plus besoin autant de liquide et la vessie n’y comprend rien.

Sur le plan neurologique, il décroche souvent.

Sur le plan psychiatrique, il a eu des moments difficiles, pendant très longtemps il voyait de l’eau couler sur les murs de son appartement, il avait des hallucinations.

Josiane n’a pas eu de maladies dues à l’alcool.

J.J. nous explique qu’il a eu des problèmes dentaires.

Abdel a toujours pensé que l’alcool guérissait et c’est un terme qui fait peur.

Il avait des vomissements le matin et surtout dans les derniers temps de son alcoolisation.

Maintenant il s’aperçoit qu’il n’a plus la santé qu’il avait avant sa dépendance à l’alcool

Il s’aperçoit également que sa mémoire à été touchée.

Annette lui pose la question que quand il buvait, il ne pensait pas à toutes ces douleurs et elle demande s’il avait peur d’avoir toutes ces maladies.

Gérard lui refuse de penser aux maladies qu’il aurait pu avoir s’il avait continué de boire.

P. n’est pas comme les autres.

J.J. on voit les autres qui sont malades mais on ne voit pas son propre corps. IL a fait cinquante rechutes donc les maladies n’avaient pas d’accroche sur lui.

Bob, quand il était hospitalisé à la Costière le médecin a prescrit des électrochocs mais il est probable que ce n’était pas lié à l’alcool.

Abdel, à l’arrêt de son alcoolisation il était très nerveux.

Lino, pense que ses neurones ont morflées, il a beaucoup de trous de mémoire.

J.J. nous dit que pour lui aussi a des problèmes de perte de mémoire.

P. une fois, a Aix en Provence, il s’est complètement perdu. Il a laissé sa voiture en plan mais a été au commissariat pour la retrouver. Il pense que c’est un traumatisme dû à un choc nerveux.

P. n’a également pas échappé aux maladies de l’alcool.

Le foie a morflé, il a eu une cyanose c'est-à-dire un gros foie. (le foie gras humain)

Il a fait de l’acide urique avec le vin rouge, avec les articulations enflées. Avec le rosé il a eu des poussées inflammatoires sur les articulations et en particulier sur les hanches.

Bien entendu, comme tout malade alcoolique, il a eu des problèmes digestifs avec certainement sa flore intestinale déréglée.

Comme tous ceux qui se sont exprimés, il a eu des problèmes de mémoire. Pas de recomposition des circuits neuronaux. Maintenant il pense que ces circuits se refont à d’autres endroits mais peut-être pas tous. Mais il faut du temps.

Paul a eu un ulcère à l’estomac alors qu’il ne buvait pas encore avec excès.

Mais le médecin a fait une échographie du foie qui était déjà touché.

Abdel, un de ses voisins avait un très gros ventre et il a appris plus tard que c’était de l’ascite dans le ventre conséquence d’une cirrhose.

Gérard aurait dû avoir peur des maladies puisque sa femme était décédé à cause de l’alcool. Mais finalement, il n’y a que deux ans qu’il a commencé a être conscient qu’elle était décédée à cause de l’alcool. Il était dans le déni car ils buvaient tous les deux.

Antoine s’étonne que les médecins, actuellement mettent tous ses désagréments physiques sur le compte de l’alcool : infarctus (deux fois), diabète, arthrose, pancréatite chronique, mal aux pieds, mal au dos. C’est trop simple mais très facile, il n’y a pas besoin de chercher la cause réelle de ces maladies.

Alain trouve que cette réunion a été traumatisante car tous pensent que tout ce qui est arrivé dans la vie est à cause de l’alcool.

C’est la chienlit.

Vous ne voudriez pas que tous vos désagréments soient la conséquence de votre consommation d’alcool.

 

 

 

 

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 18:11

    Sujet Thèmes du jour

"Regrettez-vous votre expérience avec l’alcool"

 

    Compte rendu :

Et si je n’avais pas bu qu’est-ce qui se serait passé ?

Annie : l’alcool c’est festif en période rose. Elle a profité de l’alcool qui lui a permis d’oublier ses soucis journaliers.

Gérard l’alcool lui permettait d’avoir un certain équilibre. Maintenant il se sent guéri de cette maladie.

Paul lui se sent en rémission.

Annette pour les regrets, Annette répond : « ne regrette pas parce que, si tu n’avais pas bu, peut-être tu ne serais plus là pour nous raconter ton histoire. »

P. pourrait se passer d’alcool, mais surtout maintenant il n’en veux plus et n’en bois plus, c’est simple dit-il.

Bob, si je n’avais pas bu d’alcool j’aurais certainement mieux vécu, mais il y a toujours le problème qui le poursuit : qui a bu boira.

P. le mal est toujours regrettable, pour lui, en rémission, il ne regrette surtout pas d’avoir consommé et d’avoir trouvé le chemin de l’arrêt. Il est heureux d’avoir rencontré les personnes qui l’ont aidé à s’en sortir.

Il vit sa vie.

Il regrette le mal qu’il s’est fait à lui-même et qu’il a pu faire aux autres.

Il aurait pu en mourir. Heureusement dans la vie il y a une justice.

J.J. L’alcool nous a rendu service, c’est indéniable mais ce n’est pas l’alcool qui nous a rendu malheureux. Il trouve que l’alcool a été pour lui un produit miracle.

Paul, chacun peut le voir avec sa sensibilité et heureusement qu’il y a l’alcool pour cautériser les blessures géantes.

P. dit qu’il vaut mieux un gorgeons que de se jeter par la fenêtre.

Medim, on n’a pas le choix mais il nous reste quand même notre libre-arbitre.

Gérard, devant un problème de la vie, il y celui qui choisira l’alcool et celui qui choisira un autre chemin pour s’en sortir.

P. dans une clinique, il ya le professeur qui responsabilise le patient et celui qui s’appuiera sur les medocs.

J.J. le mésusage est accidentel mais pour nous cet accident se produit à chaque fois que l’on rencontre l’alcool. Chez les jeunes, une grande partie de ceux-ci s’arrêteront de boire quand ils rencontreront la vie active, seule une minorité continuera dans ce processus d’alcoolisation.

Bob a rencontré un psychiatre qui se soignait de son alcoolisme.

P. l’alcool lui a permis d’aborder les gens en souffrance, avec humilité. Il sait que ce n’est pas facile de s’en sortir l’alcool et son abstinence lui ont permis d’apprendre à aimer.

Annette pense que maintenant, dans les écoles d’infirmières (les IFSI), on apprend aux élèves à ne pas manquer de respect aux malades même les malades alcooliques. Ce qui n’est pas toujours vrai.

Bob a détruit une partie de sa famille et de lui-même. Il est content d’en être sorti. Les soucis l’ont fait boire.

Il n’a plus d’amis.

Il avait des problèmes, mais maintenant il ne perd plus ses clés car il oublie tous ses problèmes

Abdel ne regrette rien de son passé d’alcoolique car il a passé des bons et des mauvais moments avec l’alcool.

Il buvait pour ne plus penser. Il a fait connaissance avec la police, ils lui ont passé les menottes, il a connu beaucoup d’infirmières sympas qu’il n’aurait pas connu sans l’alcool.

Alain, trouve qu’il n’y a pas de réponse à la question initiale. On n’a été plutôt hors sujet.

J.J. a dit que le blog n’était plus vivant et la réponse est la même pour chacun. On s’y perd. Les réponses qui ont été données sont un peu courtes.

Medim, Merci à l’alcool. Il ne regrette pas d’avoir consommé mais il regrette d’avoir fait du mal.

 

 

 

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 13:14

    Sujet Thèmes du jour

"Réunion avec élèves infirmiéres de Menton"

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 10:10

    Sujet Thèmes du jour

"L’abstinence familiale"

 

    Compte rendu :

Introduction par André, abstème depuis plus de dix ans après une cure de désintoxication en milieu psychiatrique.

Qu’entend-t-on par abstinence familiale ? C’est l’abstinence du conjoint du malade alcoolique.

L’alcoolisme est au départ un problème individuel mais devient vite un problème familial. Un climat de méfiance, d’insécurité et d’angoisse apparaît avec les problèmes d’alcool.
L’alcoolisme est une maladie à part entière, dont la souffrance est contagieuse au sein de l’entourage.

La problématique alcool est d’autant plus complexe qu’elle concerne le conjoint.

Le malade alcoolique s’est enfermé dans sa maladie et il a souvent rompu le dialogue avec son conjoint. L’alcool diminue la capacité d’analyse des éléments et situations. Le malade alcoolo dépendant est dans l'incapacité de comprendre les états mentaux des autres.

Durant sa maladie le malade fait souffrir son conjoint et quand il est soigné il voudrait bien que celui-ci fasse comme lui et arrête de boire.

C’est très égoïste, mais nous avons vu dernièrement que l’alcoolique peut être égoïste à sa sortie de cure afin de se préserver dans l’abstinence.

Ce n’est pas systématique et beaucoup de conjoints ne veulent pas d’une abstinence qu’ils n’auraient pas souhaitée : « c’est l’autre qui est malade, mais pas moi alors pourquoi me priver d’un plaisir que l’autre n’a pas pu ou pas su se préserver ?». C’est une réaction bien compréhensible de la personne non malade. Cependant beaucoup de conjoints qui ne voulaient pas arrêter de boire, y viennent après quelques mois ou quelques années parce que l’abstinence peut devenir contagieuse.

Mais qu’est ce qu’implique une abstinence du conjoint ?

Bien entendu une abstinence totale même si elle n’est pas obligatoire pour des raisons médicales comme le malade alcoolique, le conjoint n’a pas développé dans son cerveau la THP.

Cela permet au conjoint abstinent volontaire de faire attention à la nourriture de l’autre qui a une obligation médicale, pour ne pas rechuter, de s’abstenir de toute consommation d’alcool. Cela lui permettra aussi de comprendre plus facilement la difficulté de faire attention jour et nuit aux produits qui contiennent de l’alcool.

Par contre il n’aura pas à faire tout le temps attention aux microdoses comme c’est le cas pour le malade alcoolique qui risque sa peau à chaque fois qu’il consomme, même une microdose d’alcool, mais il lui faudra intégrer ce phénomène de microdose afin de ne pas soumettre l’ancien malade à ces microdoses.

Pourquoi une abstinence familiale?

A chacun de nous d’y réfléchir et par notre témoignage de donner son point de vue, qui ne sera pas identique pour chacun mais qui pourra être une réflexion sur l’abstinence familiale.

 

Pour ma part, après ma cure, mon épouse a voulu être sympathisante du mouvement d’anciens buveurs dont je faisais parti alors, parce qu’il ne lui avait pas été proposé un autre chemin pour m’aider, mais c’est de son propre chef, en en discutant l’un avec l’autre, qu’elle s’est affichée comme abstinente volontaire.

Elle dit elle-même que cela ne lui était pas d’une grande difficulté puisqu’elle n’était pas dépendante mais que par Amour pour son mari, elle faisait la même démarche que lui car elle avait souffert de sa maladie mais elle l’encourageait dans sa recherche de mieux être qu’il manifestait.

Médim, sa compagne a arrêté de boire quand il est sorti de cure quoique lui lui ait demandé de continuer à boire avec modération car elle n’avait pas été malade et qu’il n’y avait aucune raison qu’elle s’arrête de boire alors  que lui n’avait pas réussi à maitriser sa consommation d’alcool. Elle a également supprimé tout ce qui était boisson alcoolique de la maison.

Annie, son compagnon a presque arrêté de boire depuis qu’elle a fait sa cure, ceci chez elle mais elle ne sait pas ce qu’il fait à l’extérieur. Cependant elle lui a demandé de ne plus l’embrasser quand il avait consommé de l’alcool car elle est très écœurée par le produit. Il s’est aperçu tout seul qu’il avait tendance à trop boire, c’est pourquoi il boit beaucoup moins à l’extérieur mais elle n’est pas là pour le contrôler.

Gérard, sa compagne ne boit jamais d’alcool même avant qu’il ne l’a connaisse. Mais il est persuadé qu’il aurait aimé qu’elle s’arrête de boire si elle avait bu au moment de son arrêt.

J.J. ses compagnes ont toujours beaucoup bu. Il faut l’accepter même si il était dérangé par ce comportement. Maintenant cela le gène moins que ce ne fut.

Paulin, sa femme buvait ¼ de verre en mangeant, maintenant elle a complètement arrêté même si à l’occasion, à l’extérieur, chez des amis, elle s’octroie l’autorisation de boire ¼ de verre en mangeant.

Paul ses enfants et sa femme n’ont jamais bu alors pas de difficulté ni pour elles ni pour lui.

Lino, ne buvait pas à la maison et il n’y a jamais de vin à la maison alors l’abstinence familiale ne se pose pas.

Annette, En ne buvant pas, nous sommes quand même obligées de faire très attention aux microdoses : faible quantités d’alcool dans les aliments.

Annie, le dimanche elle sort du vin, mais ses enfants n’y touchent pas, car ils préfèrent d’autres boissons alcooliques.

Médim vit avec des gens qui boivent.

Antoine, ses amis, en sortant de cure, croyaient qu’il était guéri et qu’il pourrait boire comme tout le monde c'est-à-dire modérément. Il a fallu qu’il rencontre l’association pour confirmer l’abstinence totale et définitive. Finalement ils n’ont pas arrêté de boire mais ils font beaucoup plus attention maintenant

Médim, ça a été un plaisir, maintenant il ne peut plus, c’est fini. Point barre. mais il a quand même fait une tentative d’alcoolisation, une cuite depuis sa cure, il a vu qu’il partait en déguenille, alors ç a été sa dernière cuite.

 

Nous avons accueilli 5 étudiants, étudiantes à l’école d’infirmière de Menton qui préparent un exposé sur alcool des jeunes et soins. Nous avons fait un tour de table de présentation des présents (une vingtaine), elles et ils se sont également présentés. Quelques questions et nous nous sommes décidés à leur consacrer une permanence où ils pourront poser toutes les questions qu’elles souhaitent posées afin de parfaire leur exposé, également elles souhaitent faire un petit film sur le témoignage d’un buveur guéri.   

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 19:50

    Sujet Thèmes du jour

   "Alcool et solitude"

 

    Compte rendu :

Voyons tout d'abord ce qu'est la solitude:

La solitude (de solus) est l'état, ponctuel ou durable, d'un individu seul.

Seul : qui n’est engagé dans aucun rapport avec autrui.

La solitude peut être décrite comme une souffrance sociale,                            un mécanisme psychologique alertant un individu d'un isolement       non-désiré, et le motivant à chercher une connexion sociale,                 ou au contraire une déconnection de son univers.

Les causes :

Contrairement à ce que chantait  Bécaud, "La solitude, ça n'existe pas", de nombreux événements pouvant survenir dans la vie d'un être humain, tels que deuil, séparation, maladie, naissance d'un enfant, etc.…,  peuvent être cause de "solitude".

Que l'on soit physiquement seul ou pas, c'est surtout l'état psychologique qui fait la "solitude" d'une personne.

C'est en fait un sentiment qui résulte d'un autre sentiment affectif, (manque d'intérêt, manque d'amour, isolement social), pouvant parfois apparaître comme futile, tel  "le mal du pays" ou un simple manque de communication, qui peut plonger un individu fragilisé dans une profonde détresse, un désarroi.

Les effets :

La solitude chronique est une condition menaçante pour la vie du malade. Une étude montre que la solitude intervient parmi les causes de cancer, spécialement pour ceux qui cachent leur solitude au monde extérieur. Elle intervient également comme source d'accident vasculaire cérébral et de maladies cardiovasculaires.

La solitude est liée à la dépression, et un facteur déclenchant courant pour le suicide. Les individus socialement isolés peuvent avoir une qualité de sommeil médiocre voire faible.

La solitude est également liée à des troubles schizoïdes (troubles de la personnalité), dans lesquels un individu peut subir une aliénation (dépossession de l'individu, perte de maîtrise de ses forces propres).

La solitude  joue un rôle important dans l'alcoolisme et la toxicomanie.

En 2011, le gouvernement français choisit comme grande cause nationale la lutte contre la solitude, à la demande du collectif associatif "Pas de solitude dans une France fraternelle".

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L'alcoolisme:

 

C'est l'addiction à l'alcool (éthanol) contenu dans les boissons alcoolisées, précisément l'absence du sentiment de satiété : "j'ai assez bu". L'Organisation mondiale de la santé  (OMS) reconnaît l'alcoolisme comme une maladie et le définit comme des «troubles mentaux et troubles du comportement» liés à l'utilisation d'alcool.

La progression dans le temps est l'une des caractéristiques majeures de cette addiction. L'usage sans dommage (appelé usage simple) précède l'usage à risque et l'usage nocif (sans dépendance), puis enfin la dépendance. L'alcool est une substance psycho-active à l'origine de cette dépendance, mais elle est également une substance toxique induisant des effets néfastes sur la santé. L'alcoolodépendance est à l'origine de dommages physiques, psychiques et sociaux.

 

Alcool et solitude :

 

L'acte de boire, ne pouvant ni se dire, par pudeur souvent, ni se laisser voir, le secret et la solitude finissent par s'imposer. Il serait bon alors de se confier à quelqu'un, famille ou médecin. Mais plus c'est nécessaire, plus c'est impossible.

Quand le besoin est permanent, l'obéissance au corps est aussi complète que la soumission de l'esprit, le secret et la solitude finissent par s'imposer.

Une culpabilité entraînant un état de dépression perturbe constamment la relation avec les autres. En même temps que l'évidence d'une surconsommation ne trompe personne, le patient persiste dans ses dénégations

Le patient se retrouve donc dans un couloir et plus il avance, plus il se sent seul, lâché par ceux qui l'entouraient auparavant.

Plus il se sent seul, plus il boit, et plus la solitude s'installe.

Interviennent alors les troubles liés à cette solitude, les troubles liés à la maladie, et la spirale de la dépression l'entraine vers le fond. Ce n'est que par la prise de conscience qu'il en sortira.

Le traitement commence par le sevrage, accompagné d'une, voire plusieurs thérapie, du recours à un groupe de parole, de préférence Sansas. Une cure de désintoxication aura pour but d'allier  sevrage et thérapies.

La solitude, est le principal facteur de risque pour et dans l’alcoolisme,  et de rechute après sevrage.


Nombre de paramètres cliniques et sociaux sont  associés à ce risque: c’est le cas de la dépression, des troubles du sommeil, d’un niveau de scolarisation peu élevé, de l’existence d’antécédents nombreux d’hospitalisations pour sevrage, d’antécédents d’alcoolisme familial,     de l’installation, tôt dans l’existence, d’une dépendance à l’alcool,         du fait de vivre seul, d’être sans emploi, ou celui d’avoir « lâché » un traitement.

La vulnérabilité des alcooliques face au stress psychosocial a, en outre, et même si les résultats des études ne sont pas homogènes, été évoquée comme facteur contributif au risque de rechute de l’alcoolisme.

 

En conclusion:

 

Solitude = dépression= alcoolisation= isolement= vulnérabilité =abandon= impuissance=détresse=

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 10:13

    Sujet Thèmes du jour

"Alcool et malbouffe"

 

    Compte rendu :

Je développerai mon propos à partir d’un rapide aperçu anthropologique et sociologique pour en venir à une définition de la malbouffe et en parcourir les liens et similitudes avec l’alcool et ses conséquences. Précisons que cet écrit reproduit de façon topique un exposé  oral improvisé au fil de la plume à l'occasion d'une réunion associative. Il comporte à ce titre les limites du style qui lui sont propres, notamment en matière de référencement. Il ne dédouane donc pas son lecteur d'une recherche et d'une réflexion personnelles afin de s'en approprier, avec esprit critique, les divers aspects et de les approfondir.

 

I. Anthropologie et sociologie :

 

A l’époque préhistorique l’homme ne mangeait pas tous les jours et se nourrissait principalement de la viande provenant de sa chasse, nourriture hautement périssable. Notre métabolisme est donc génétiquement programmé pour faire face à cette situation de jeune forcé par voie de stockage de graisses. Ce mécanisme est toujours encré dans l’homme moderne et a traversé les âges.

Notre époque contemporaine est venue modifier considérablement, ces 50 dernières année,s nos habitudes alimentaires, changement auquel nous n’avons pas laissé le temps à notre organisme de s’adapter.

En effet, en quelques années, la société de confort et de consommation nous a projetés dans un monde où l’activité physique est devenue décroissante et notre ration alimentaire inversement croissante tant d’un point de vue quantitatif que qualitatif. Il s’en est suivi un déséquilibre alimentaire non sans conséquences pour notre santé. Le phénomène s’est amplifié avec les 30 glorieuses, période faste de plein emploi, d’amélioration des techniques de cuisson, de conservations, de démocratisation dans l’accès aux électroménagers de toute sorte (réfrigérateur, télévision…). Là où l’organisme était en déficit alimentaire il est aujourd’hui devenu en surplus, sans perdre pour autant sa capacité de stockage parce que conservant en mémoire ces périodes de disette ancestrales. Le corps stocke au cas où. Le phénomène est amplifié dans les régimes alimentaires médicalement non suivis, particulièrement ceux « hyper-protéiques », qui génèrent le syndrome bien connu du yo-yo.

Quant à l’alcool, l’on trouve trace de boissons fermentées dès 4000 ans avant JC. Les boissons alcoolisées ont donc, de mémoire d’homme, toujours fait partie des différentes cultures, autochtones ou importées, et civilisations, pour autant que les conditions étaient réunies.

Un constat s’impose à notre ère contemporaine : le déséquilibre entre pays sous alimentés et surabondance dans d’autres, avec toutefois un point commun : la malnutrition tue. En effet, pour le sujet qui nous concerne, en France, nous pouvons déplorer le décès d'environs 80 000 personnes par an  liés à l’obésité et 50 000 à l’alcool. Nous sommes largement au dessus des causes de décès survenus lors d’accidents de la route et des cancers. C’est dire qu’il y a un enjeu sanitaire et social important.

 

II : Définition de la mal bouffe :

 

Il me paraît important de bien définir ce qu’est la mal bouffe. Au sens commun relayé à grand renfort de médias, la malbouffe désignerait exclusivement un produit alimentaire issu de productions industrielles (plats préparés à l’avance, fast food…) trop gras, trop sucré et pauvre en vitamines et autres nutriments.

Je pense raisonnable d’étendre cette définition limitative et de lui donner un sens plus large comme « mauvaise alimentation » ou « déséquilibre alimentaire ». Car il n’y a pas,  en soi, de mauvais aliment. Aucun aliment comestible (= non toxique) n’est mauvais. Il plaît ou ne plaît

pas (selon les époques, les us et coutumes, les habitudes alimentaires, les civilisations…). Par contre, il y a une bonne et une mauvaise alimentation : c’est  à dire qu'il y a d’une part une alimentation qui nous nourrit physiquement, physiologiquement (psychologiquement aussi à travers la notion de plaisir gustatif et festif, répondant en cela un à besoin vital naturel) ;il y a  d’autre part une alimentation qui nous « endommage », nous « détériore » de l’intérieur, là aussi sous les trois aspects physiques, « neuro-physiologiques » et psychologiques. 

 

Explication : un homme dépense environ 2400 kcal/jour. Une femme 1900. Il leur faut donc une alimentation en conséquence. Mais pas seulement. Il leur faut également une alimentation équilibrée c'est-à-dire fournir à l’organisme ce dont il a qualitativement besoin en termes de protéines, glucides, lipides, vitamines, oligoéléments etc…Le problème est qu’aujourd’hui, notre alimentation est totalement déséquilibrée. Nos rythmes de vie ont changé. Nous nous dépensons beaucoup moins aujourd’hui qu’il y a 50 ans. Et la France citadine de nos jours n’est plus la même que la France rurale d’antan. Nous mangeons plus en dépensant moins de calories. De plus, la qualité de nos aliments n’apportent pas de plus-value, contrairement à ce que l'on serait tenté de penser, dans la mesure où nos organismes sont, même aujourd’hui, carencés du fait de ce déséquilibre alimentaire qualitatif (trop gras, trop sucré, trop d’alcool).

 

A cette distinction près que l’alcool est tout de même un neurotoxique et ne peut être honnêtement classé dans la catégorie des aliments (même si la médecine elle-même a pu considérer un temps que l’alcool faisait partie de la ration alimentaire!) car : 1° notre organisme n’en a pas besoin ;   2° : il est certes très énergétique mais très pauvre du point de vue alimentaire. Alcool = sucre = graisses stockées. Notre organisme est certes capable de métaboliser une certaine qualité d’alcool (le foie et le cerveau transforment chimiquement l’alcool en acide acétique – vinaigre – qui s’élimine ensuite par les voies naturelles). Mais il s’agit d’une tolérance. L’organisation mondiale de la santé fixe la limite inférieure d’une consommation excessive et dangereuse à trois doses standard/jour ou 21/semaine (verre standard : 10 cl de vin à 12%/vol = 25 cl de bière à 5%/vol =  4 cl de whisky à 40%/vol).

La consommation d’alcool doit donc plutôt se regarder d’un point de vue psychosocial. En effet, il est principalement lié à la fête, même s’il est aussi utilisé dans la préparation alimentaire tantôt comme conservateur, tantôt pour ses qualités aromatiques.

 

A cette précision près, la malbouffe peut donc se résumer dans le fait de sur-consommer ou sous consommer toute sorte d’aliment et de boisson ou produits assimilés comestibles  conduisant à un déséquilibre alimentaire et à une maladie.

 

            III. Liens entre alcool et malbouffe :

 

Nous l’avons compris, l’alcool n’est pas, à proprement parler,  un aliment ; mais nos habitudes alimentaires ont fait qu’il s’est introduit dans notre alimentation et contribue ainsi au déséquilibre alimentaire général en raison de son fort pouvoir énergétique (de 80 à 240 kcal la dose standard !!! sans aucun apport nutritionnel).

 

Ainsi, quel lien peut on faire entre alcool et « malbouffe » ?

 

Tout d'abord, postulons que cette question ne concerne de toute évidence que les seuls consommateurs excessifs d'alcool car nous pouvons affirmer, en l'état des connaissances de la médecine actuelle, qu'un seul verre-dose d'alcool par jour ne fait ni plus ni moins de dégâts qu'un ou deux carrés de chocolat. C'est une consommation de sucre, certes, mais sans conséquence pour un sujet en bonne santé.

 

Ceci étant précisé, alcool et nourriture ont un rapport d'interdépendance et se comportent  comme des aimants : tantôt ils se rejettent l'un l'autre, tantôt ils s'attirent. C'est à dire que, dans le premier cas, le malade alcoolique, obnubilé par le produit, va limiter dangereusement la consommation de tout aliment. Il dira parfois de lui même qu'il « mange liquide ». Il maigrit et souffre, en autres,  d'importantes carences alimentaires . Dans l'autre cas, cela se passe à l'inverse. Profitant des vertus apéritives de l'alcool (comme le sucre, le piment...), il va vouloir combler sa sensation de faim, aidé parfois en cela par des amuses gueules démesurément salés qui vont le faire consommer la boisson pour (pense-t-il) se désaltérer. Dans le même genre, il y a aussi un autre phénomène bien connu : le syndrome « du pain, du vin , du Boursin ». Pour finir le pain, on reprend un « peu » de fromage, pour finir le fromage on reprend un « petit » verre de vin, pour finir le vin on reprend un « bout » de fromage, pour finir le fromage on reprend un « morceau » de pain etc etc etc... c'est un cercle non vertueux dans lequel s'enferment tant de personnes !  Cela conduit à l'hyperphagie.

 

 

 

Souvenons-nous que l'homme a besoin de se nourrir pour vivre (pas de boire de l'alcool). S'il ne se nourrit pas, il meurt. L'homme peut aussi, culturellement, désirer agrémenter ses repas de boissons alcoolisées. Selon les habitudes, l'alcool peut paraître indispensable au bon déroulement d'une fête. Ainsi, ce n'est pas tant l'aliment ou le produit qui sont en cause mais bien le comportement c'est à dire le mésusage de l'aliment ou du produit. C'est un point commun à la malbouffe et à l'alcool consommé de façon excessive.

 

 

 

L'hyperalcoolémie et l'hyperphagie chroniques trouvent ainsi leur origine dans un troubles du comportement, avant de devenir des maladies, dont on peut imaginer que l'origine psychique peut être comparable. La psychanalyse et la psychiatrie nous ont apprit que certains troubles psychologiques proviennent d'un traumatisme affectif subi et refoulé (voire simplement fantasmé), dont le sujet se rend parfois même inconsciemment complice (cf bénéfices secondaires). Cela peut être lié au syndrome du doudou (l'objet traditionnel par excellence) remplacé, dès le plus jeune âge, pour les enfants dont les parents ne contrôlent pas l'alimentation par un aliment, et, pour les adolescents et jeunes adultes, c'est à dire dès que le jeune homme ou le jeune adulte n'a plus la bride sur le cou, par des consommations de boissons alcoolisées, de tabac ou produits stupéfiants. Bref, par un produit transitant par la bouche afin de satisfaire son besoin d'oralité.

 

 

 

C'est le tronc commun des fumeurs, de buveurs et des hyperphagiques. Ce faisant, ils pensent dissimuler leur angoisse existentielle et la réduire au silence. Ils utilisent le produit ou la nourriture comme médicament, détournés de leur usage premier. C'est ce que je nomme le mésusage. Et ce mésusage aboutit peu à peu à un comportement de type addictif dans lequel le sujet montre qu'il perd le contrôle. D'avoir voulu trop (et mal) contrôler ses émotions en les ignorant, il est devenu dépendant d'un produit. Cette attitude semble pouvoir se révéler très tôt comme tard à l'âge adulte.

 

 

J'ai découvert, au gré de mes séjours en milieux spécialisés, un autre lien particulier entre alcool et malbouffe : la perte de contrôle chronique et irréversible sans assistance médicale et psychologique. En effet, l'un des mécanismes bien connus de la dépendance alcoolique est la dépendance chimique à un produit endogène : la THP produite par le cerveau pour compenser   l'utilisation massive d'endorphines nécessaires à la métabolisation de l'alcool .  C'est de cette substance dont est dépendant le malade alcoolique. Et le cerveau en conserve la mémoire à vie. Dès qu'il détecte la moindre dose d’alcool (ingéré de quelque manière que ce soit, y compris dans l'air ou sur la peau), il remet en place le système de défense THP. On dit qu'il

remet « l'usine » en marche. C'est pour cette raison que le malade alcoolique, une fois sevré et traité en cure, devra s’astreindre à vivre « alcool zéro » s'il ne veut pas rechuter.

 

 

 

Un peu de la même manière, le tissus adipeux (masses graisseuses constituées de cellules graisseuses considéré aujourd'hui comme un organe à part entière) conserve, pour les raisons évoquées plus haut, la mémoire de la suralimentation et, surtout, de la disette qui lui fait « peur », c'est à dire qui lui fait redouter une nouvelle période de privation. D’où le « bonus » de poids acquis après un régime amaigrissant non stabilisé. Autrement dit, l'organisme stocke les graisses, au lieu d'en éliminer le surplus, dans des cellules que l'on peut vulgairement comparer à des poches. Lorsque ces poches se vident à l'occasion d'un régime amaigrissant, elles ne s'éliminent pas mais demeurent en place, vides et prêtes à se remplir aussitôt à la moindre occasion. Le malade hyperphagique guéri devra, à vie, contrôler son alimentation.

 

 

 

Ainsi pouvons-nous constater, pour l'alcool et la malbouffe que le corps garde tout en mémoire et se tient prêt à la réactivation. C'est, dans un cas comme dans l'autre, un système de défense incontrôlable et non modifiable.

 

 

 

Dernière similitude : les conséquences, à terme, sur la santé.

 

 

 

Pour l’obèse comme pour l'alcoolique, certaines atteintes d'organes et maladies sont communes. Les maladies du foie (qui peuvent aller jusqu'à la nécrose, voire l'amputation des jambes). Le diabète (qui peut aller jusqu'à l’insulinodépendance, voire l'amputation des pieds), Les maladies cardio vasculaires. Les maladies articulaires (simplement suspectées pour l'alcoolique). Les troubles neurologiques. Les troubles sexuels.

 

 

 

En résumé, alcool et alimentation, dont les conséquences d'un mésusage chronique sont l'alcoolisme (alcoolodépendance) et l'obésité, ont, dans leur forme détournée de leur objectif premier et raisonnable, toutes deux des origines conjointement anthropolo-socio-historico-culturelles et psychologiques, parfois communes. Les dommages qu'ils créent sur l'organisme sont, à terme, s'ils ne sont pas traités médicalement,  mortels.

 

 

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 11:54

    Sujet Thèmes du jour

"l'Abstinence totale & définitive"

 

    Compte rendu :

Introduction par Henri

 

            Pourquoi ce titre du thème d’aujourd’hui ? Parce que régulièrement il faut rappeler ce postulat de personnes dépendantes à l’alcool, mais qui peut s’appliquer à toutes les dépendances.

 

            Quatre termes importants dans cette phrase et ce thème : Abstinence, dépendance, totale et définitive. Regardons ce qui se cache derrière ces mots.

 

            D’abord la dépendance, nous en parlons régulièrement dans nos réunions parce que la grande majorité des adhérents à SANSAS sont des personnes qui ont été dépendantes à l’alcool. Et sa définition fournie par le professeur Fouquet : est dépendant à l’alcool toute personne qui a perdu la liberté de se passer d’alcool. Le déni de dépendance a été traité la semaine dernière et c’est difficile d’admettre sa dépendance avant de s’être soigné. Beaucoup plus facile quand on a fait une cure car on comprend le processus.

 

            L’abstinence et sa définition du petit Larousse : « c’est l’action de s’interdire certains aliments, certains plaisirs ». Cette définition est souvent mal perçue par les malades alcooliques parce que cela signifie que l’on doit se passer de quelque chose, il a souvent une connotation religieuse et est souvent attribué à carême ou Ramadan. C’est pourquoi nous aimons bien, mais peu utilisé par les médecins, les médias ou les abstinent le mot « abstème » qui a pour définition : « qui s’abstient de boissons alcooliques pour des raisons religieuses, morales ou médicales. » C’est bien notre cas mais qui n’a plus de connotation religieuse.

 

            Comment devient-on dépendant ? Certains sujets, quand ils ont eu une consommation à risque, c'est-à-dire plus de 3 verres standards par jour pour un homme ou plus de 2 verres standards pour une femme ou encore plus de 4 verres standards en une occasion, peuvent fabriquer une substance, au niveau du cerveau, que l’on appelle la THP (Tetra  hydro papaveroline), c'est-à-dire : tetra = 4, hydro = OH et papaver oline) papaver est le nom latin du pavot, du pavot on extrait l’opium et l’un des principes actifs de l’opium est la morphine ou l’endorphine. La morphine calme la douleur donc le malade alcoolique, qui n’a pas envie de souffrir, s’alcoolise pour recréer cette substance. Et à fur et à mesure qu’il y a fabrication de THP, l’endorphine naturelle disparaît, donc le malade se trouve dans l’obligation de consommer. Plus il boit plus il a besoin de boire. Ceci est bien le dispositif de la dépendance.

 

            Quand on arrête l’alcool, il y a une semaine de difficile, il y a, de nouveau, création d’endorphine et au bout de huit jours il n’y a plus nécessité de consommer d’alcool. C’est le sevrage.

 

            Mais le sevrage n’est pas l’aboutissement puisqu’il est nécessaire de ne plus recommencer de boire pour ne pas créer de THP. Il est souvent nécessaire de faire une cure de désintoxication, car, quand nous buvons, nous essayons de calmer une angoisse et qu’il faut arriver à comprendre pourquoi. Seule une psychothérapie permet de trouver d’où provient cette angoisse, cette douleur que l’on calme.

 

            Totale, pourquoi totale ? C’est parce que, une toute petite quantité d’alcool recrée de la THP dans le cerveau et le processus se réenclenche, le laboratoire du cerveau se remet en route et, comme auparavant plus on boit et plus on doit boire.

 

            Et définitive, pourquoi définitive ? Parce que une semaine, un mois, un an, dix ans vingt ans après l’arrêt de l’alcool, si nous remettons de l’alcool, même une toute petite quantité d’alcool, dans le cerveau, lui se rappelle de tout : l’alcool lui a fait du bien durant une période de sa vie, en voilà à nouveau, eh bien recommençons à consommer. C’est la rechute certains appellent cela une réalcoolisation.

 

            C’est la même chose. C’est un cercle vicieux.

 

            Maintenant à vous à expliquer votre abstinence totale et définitive, les difficultés à accepter, les bienfaits de cette abstinence, l’encouragement que nous pouvons faire à ceux qui ne peuvent pas s’abstenir,

 

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