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16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 11:15

Sujet  Thèmes du jour :

"Comment reprendre une place sociale après la cure?"

 

Compte rendu

Claude explique sa sortie de cure et sa longue période avant de se retrouver à part entière dans la société.
« En sortant d'un sevrage finalement pas si mal réussi, j'ai dû faire face au dilemme : que faire pendant tout le temps d'alcoolisation et de desalcoolisation qui rythmait mes jours.
Ne sachant pas quoi faire j'ai entamé la fabrication d'une maquette de bateau (le soleil Royal). Ca m'enquiquinait parce que je n'étais pas assez minutieux pour ce genre d'activité mais j'ai tenu six mois.
Puis révélation : je pouvais faire quelque chose d'autre que picoler.
J'avais le MaB qui me prenait une fin d'après midi, je voyais le médecin une fois par semaine, mais pour moi ce n'était pas suffisant.
Au bout de six mois j'ai été au club de tennis au bout de ma rue et me suis inscrit au club, quelques leçons qui me prenaient des fins d'après midi, j'ai acheté un vélo, mais c'est fatiguant le vélo parce qu'il n'y a que des montées.
Il y avait un Comité de locataire où je me suis inscrit, au début j'ai fait quelques actions pour donner un coup de main à l'un ou à l'autre, et puis on m'a demandé de prendre des responsabilités légères : voir de temps en temps le patron des HLM pour exposer quelques problèmes et au bout d'un an ou deux, j'ai été élu président du Comité des locataires (ce n'est pas une mince tache parce qu'on se fait engue...er à longueur de journée.
Au sein de mon MaB j'ai pris aussi des responsabilités, locales, départementales, régionales, ce qui m'a permis de rencontrer des tas de personnes tant politiques que sociales. Je n'avais vraiment plus l'envie ou le temps de boire.
Mon insertion sociale était faite.
Hôpital, Mairie, centres sociaux, assistantes sociales, représentants des HLM, population de toute sorte, des gens biens et d'autres moins mais il fallait composer.
Ma maquette est restée en plan jusqu'aux Haubans, mais elle n'a jamais naviguée parce qu'il lui manquait les voiles »
Abdel, après une cure de 28 jours en 1997 a intégré notre MaB. Il n'arrivait pas a parler, soit par timidité soit par crainte de nos réactions, avant de faire cette cure il était maçon, il a bien tenté quelques expériences pour reprendre le travail pour augmenter son ordinaire, mais cela lui était très difficile. Il n'arrivait plus à faire le maçon, trop dur, il se sentait incapable de monter en altitude à cause du vertige qu'il maîtrisait en état alcoolisé. Il a pu faire des travaux de carreleurs. Il travaillait avec des gens qu'il connaissait, maintenant après de multiples rechutes il ne se sent pas capable de retravailler. Le MaB, sa famille sont ses liens sociaux.
J.J. carreleur de métier nous dit que ce travail de maçon est extrêmement difficile et très dur parce qu'au début on a mal partout et par l'habitude ce mal disparaît, mais l'alcool aide à supprimer ces souffrances. En sortant de cure il a tenté l'expérience de travailler dans l'immobilier mais c'était surtout pour des raisons alimentaires. De toute façon, il ne pouvait retrouver du travail que s'il faisait quelque chose pour se débarrasser de l'alcool. En tant que carreleur professionnel, 6 mois de travail permet de vivre une année complète. A 20 ans il ne savait pas tout ce qu'il sait maintenant à 50 ans. Le MaB lui apporte beaucoup
Cédrick en sortant de cure s'est lancé dans le sport à outrance : Ki Kong, ping-pong puis il a travaillé, s'est endetté pour acheter un appartement, très rapidement il est devenu président du syndic des propriétaires. Avec l'alcool il ne pensait pas pouvoir être capable de tant d'activités différentes.
Quand on est alcoolisé on se fait une montagne de tout, et dès que l'alcool disparaît on s'aperçoit que cette montagne n'était qu'un monticule.
Pour ne pas rechuter, il faut surtout être bien dans sa tête, un ami de notre MaB de Martigues, après quelques années d'abstinence a été confronté à de multiples problèmes : cancer de l'estomac, ablation de l'estomac donc grignotage à longueur de journée, mise à la retraite anticipée, sa fille, divorcée, un jour lui amène sa petite fille, ouvre la valise en vide le contenu au milieu du salon et s'en va en lui laissant sa petite fille. Il l'élèvera malgré ses maigres moyens et tachera de lui trouver une situation à cette petite écorchée vive. Jamais l'alcool n'est venu hanter ses journées, malgré toutes les démarches qu'il a dû faire. Sa resocialisation était obligatoire s'il voulait faire face à tous ces ennuis.
Patrick soigné depuis dix ans , adopte 3 enfants, habite une ferme à remettre en état dans l'Aveyron, Il tombe malade : leucémie dû au travail, sa femme le quitte, garde séparée des enfants dont il s'occupe une semaine sur deux. Il remet sur pied un MaB, il change, il devient président de l'association village et châteaux, il continue à se battre pour l'écologie, il devient meneur dans le nettoyage du site d'une centrale à charbon près de Decazeville, il est président des sinistrés des inondations dû au lot. Il rencontre préfets, autorités locales et départementales, aux dernières élections municipale il présente une liste. Sa resocialisation est complète de sorte que l'alcool n'est plus un problème, qu'il est derrière lui.
P. après son sevrage à l'hôpital : Gastro - Entero - alcoolo qui le traumatise encore, il s'est retrouvé tout seul, a lourdé tous les gens qui l'ennuyaient, il a été deux mois sans voir personne et en 2003 il a recommencer à sortir malgré une polynévrite sévère, après avoir lourdé tous ses compagnons de bourlingues. Il s'est trouvé tout d'un coup faible, il était devenu petit après avoir été le plus beau et le plus fort avec l'alcool.
Pour se reconstruire cela a été difficile car il se trouvait tout seul, toujours en révolte contre la société, il avait tout idéalisé, après son sevrage il s'est retrouvé moins que rien, Il s'est aperçu qu'il n'avait pas confiance en lui. C'est maintenant qu'il a envie de faire une prise de conscience. Le côté positif c'est qu'il n'avait plus de patron régulier, il a fait de l'intérim, c'était plus revalorisant pour lui.
Sur le plan familial, il était viré de la famille, il a fallu qu'il fasse ses preuves, ses enfants sont revenus petit à petit et maintenant ce sont les petits enfants qui ne connaissaient pas leur Papy. Les petits enfants venaient en catimini, maintenant la famille est reconstituée à plein, il aura même en pension sa petite fille pour l'année scolaire. Sa resocialisation a été difficile mais maintenant il est heureux de vivre. La société qu'il a rejeté est celle du temps de son alcoolisation, la société qui lui plait c'est celle de maintenant, sans alcool. Maintenant il vient à SANSAS pour retrouver une société nouvelle qu'il ne connaissait pas, c'est le partage de la sobriété.
Claude bis en sortant de cure a travaillé à Peille pour faire du débroussaillage. Avant il travaillait jusqu'à 16 heures pour picoler jusqu'à 18 heures, heure de débauche. Ce travail lui a permis d'acheter un tout petit ordinateur, mais pour ne pas dépenser d'argent il l'a fait devenir un ordinateur de course en ajoutant des mémoires, des disques durs, des sorties USB ; Alors qu'il ne connaissait pas l'informatique, il est devenu notre spécialiste, dépanne les uns et les autres, il est devenu le webmaster du blog. Sa resocialisation est passée par le MaB parce qu'il est devenu incontournable dans les infos à l'extérieur, c'est lui qui maintien l'unité du groupe est en contact avec tous, organise les sorties, est trésorier de l'association.
Il a été obligé d'abandonné un travail parce qu'il y avait une trop forte pression de certains pour le faire reboire.
Il a rencontré une compagne, ce qui l'a stabilisé, il était redevenu un homme comme un autre, l'alcool, alors, n'est plus un problème pour lui.
Il nous dit, qu'il a été chauffeur pendant quelques temps d'un chef de chantier qui n'avait plus de permis, il s'est aperçu alors qu'il était inconscient du temps où il buvait.
Lolo, qui est entré en sevrage cette semaine, doit faire une cure en service hospitalier, en suivant la sortie de sevrage. Il est soudeur, tuyauteur, Chauffagiste et pense trouver du travail dès sa sortie. Il aura du mal à se resocialiser car il vit seul sur un bateau en rade de Villefranche. Nous lui conseillons de faire une post cure qu'il ne juge pas nécessaire mais nous, si. Il lui faut certainement être hors alcool pendant un certain nombre de temps pour pouvoir se resocialiser, il est resté beaucoup trop longtemps hors de la société pour pouvoir s'y réintégrer facilement. Nous lui souhaitons tous un bon séjour dans les différents établissements qu'il va fréquenter.
 

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9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 10:23

Sujet  Thèmes du jour :
"Les soi-disant bienfaits de l’alcool sur le corps."


Compte rendu

Nous accueillons aujourd'hui Lolo pour la deuxième fois, quelle différence avec la semaine dernière ! sur ses faits et gestes et sa façon de penser. Depuis la semaine dernière, il sait qu'il est malade, il a rencontré un médecin, un éducateur spécialisé, il est allé dans un CCAA de l'hôpital, il rentre pour un sevrage en gastro - entero - alcoolo pour une semaine d'examen (la semaine prochaine) (Ggt, radio, fibroscopie, prises de sang..) et ensuite il enchaîne par une cure de 4 à 6 semaines en centre de cure de désintoxication. Le déclic, c'est fait à 100 à l'heure. Il en avait bien besoin, mais personne ne pensait que tout se déroulerait à ce rythme. Nous sommes tous fiers de lui .

Je tiens à remercier les membres de VSA auquel j'ai emprunté quelques posts sur le sujet du jour. En particulier, j'ai récapitulé :
                                                   Alcool bon pour le sang
                                                   Alcool bon pour les artères
                                                   Alcool ça détend
                                                   Alcool donne des forces
                                                   Alcool fait réchauffer
                                                   Alcool fait maigrir 
Claude bis nous explique que quand il buvait, il ne mangeait plus alors il maigrissait, par contre un autre grossissait avec l'alcool parce qu'il lui amenait des calories supplémentaires qui le faisait grossir.
Abdel nous rappelle que pour lui l'alcool lui faisait gonfler les yeux, mais il ne voyait pas mieux.
L'alcool réchauffe
Toutes ces affirmations sont largement utilisées dans le public mais nous savons, dans les associations que ce sont de fausses argumentations. : Tout le monde se souvient des St Bernard qui avaient le tonneau de rhum en collier pour aller chercher les naufragés de la neige. Désormais, la représentation à changé, ils ont plutôt une couverture autour du cou.
Toutes ces affirmations ont été inventées pour justifier la consommation de la population et les encourager à boire.
J.J. signale que pour tout le monde, un verre d'alcool, quel qu'il soit altère les facultés des personnes. Il serait donc souhaitable que l'alcoolémie au volant soit portée à 0 gr/litre de sang, ce que ne peut admettre les alcooliers.
On trouve toujours un Médecin, généralement du sud ouest, particulièrement proche des alcooliers pour vanter les mérites d'un verre de vin par jour qui serait bon pour la santé. Le Docteur Batel (célèbre alcoologue) nous dit que ces médecins oublient qu'il y a effectivement, peut-être, un bénéfice risque acceptable pour des HOMMES de 45 ans à 60 ans qui auraient un plus faible taux d'infarctus du myocarde, attention pas pour les FEMMES. Mais avec deux verres et plus le risque devient exponentiel par rapport au bénéfice.
Nous avons aimé les bons vins, pendant quelques années, ce n'était que du plaisir gustatif. Après notre consommation augmentant, notre pouvoir d'achat diminuant, ce n'est plus le plaisir gustatif que nous recherchions mais plutôt les effets de l'alcool pour se sentir mieux.
Pour la majorité de la population, disons nous, quand nous buvions du vin c'était l'alcool contenu dans cette bouteille que nous recherchions et non le goût, le tanin ou autre. Comme dit Cat, si cela avait été il suffirait de boire du jus de raisin. Nous aimons pas beaucoup parler des comportements mais P. nous dit que depuis qu'il a arrêté l'alcool il ne peut plus manger de fromage, Olive dit la même chose mais cela n'a duré que deux ans et que depuis il apprécie encore mieux le fromage qu'avant.
Lolo nous dit, mais il n'a probablement pas beaucoup testé ce comportement, que s'il n'y a pas abus c'est un plaisir de la table, tous sont d'accord avec cette vérité, mais Jean Jacques nous dit que ce sont des habitudes et après on arrive plus à s'en passer, il continue sa démonstration en parlant du sucre et du sel, il est difficile de se remettre en question et un diabétique obligé de supprimer son sucre dans le café, a un mal fou à le faire à cause de l'amertume et petit à petit il s'y fait et après c'est difficile de prendre du café sucré.
Cat. Obligée de manger peu salé, trouve tout beaucoup trop salé dès qu'elle va à l'extérieur, même les plats tout préparés.
Il nous est nécessaire de changer nos habitudes : Olive avait l'habitude de regarder les matchs de rugby à la télé avec quelques canettes de bière, maintenant son comportement a été difficile à changer à partir du moment où il est devenu abstinent.
Jean Jacques, pour éviter cette ambiguïté a arrêté en cure, en même temps la clope et l'alcool car dans son comportement les deux produits étaient associés.
Lolo nous raconte ses coups pendables de beuverie où, pour rejoindre son bateau (c'est son logement), il se déshabillait mais généralement oubliait ses fringues sur la berge et le lendemain, à jeun et devant tout le monde il était obligé d'aller chercher ses vêtements sur la plage.
Il nous reste des idées toutes reçues en effet quand nous parlons alcool et sexualité, chacun y va de son petit couplet : la bière très mauvais, par contre les autres alcools désinhibent. Tous sont d'accord quand même pour dire que bourré, ce n'est pas le pied.
P. dessinateur hors pair maintenant, dessinait, à trente ans, des cuisine à main levé, pour les clients, avec perspective, cela lui permettait d'être un excellent vendeur, mais dès que l'alcoolisation a commencé à grimper, il a commencé à mal dessiner, il était représentant mais finalement le soir il avait du mal à renter chez lui.
Depuis qu'il a arrêté de boire, il s'est remis petit à petit a redessiner et maintenant, il faut voir ses croquis pour croire qu'il fait ces dessins à main levé, on dirait de l'imprimerie.
Quant à Olive, il aimait écrire des poèmes quand il avait bien bu, mais il n'arrive plus à trouver l'inspiration depuis l'arrêt de l'alcool, il ne sait plus danser et pourtant sa femme voudrait qu'il apprenne le Tango, Jean Jacques va bien sûr l'encourager à venir le rejoindre aux cours de danse qu'il suit avec sa compagne.
Nous arrivons à parler alcool et médicaments, tous sont d'accord pour dire que les psychotropes amplifient les effets de l'alcool, nous sommes tous passés par cette association.
Claude bis nous rappelle qu'au Mont Blanc, un rhum avec beaucoup de médicaments était d'excellents anxiolytiques.
Abdel : equanil et alcool l'a rendu malade, mais pour s'en sortir le médecin lui a donné equanil et aotal et quand il a décidé, il s'est arrêté, attention, arrive le carême à la fin du mois et les jours sont long en ce moment.
Il y a quelques centres de post cure où le sport est un excellent dérivatif à tout ce qui est psychotrope : exemple de Val Pyrenne où il y a beaucoup de sport : escalade, VTT, balades en montagnes, etc....
Par contre plusieurs ont eu des difficultés avec le sommeil car l'alcool aidait à l'endormissement, certains n'arrivent pas à se passer de somnifère, d'autres ont abandonnés tout et dorment comme des bébés (mais pas toujours). Certains ont mis deux à trois ans pour s'en passer après des mois de Prosac et xanax. Claude n'arrive pas à se passer de somnifères et ce n'est pas faute d'avoir essayé, mais peut-être pas assez longtemps.
Abdel avec imovane dors très bien, c'est son médecin qui ne veut pas qu'il arrête.

 

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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 14:19

Sujet  Thèmes du jour :
"La condition sociale est-elle liée à l’alcoolisme."

 

Compte rendu
Thème très difficile à exprimer parce que nous sommes des malades alcooliques en différentes phases et nous savons tous, pour avoir rencontré d'autres personnes, que l'alcoolisme n'est pas lié à la condition sociale mais il reste des questions en suspend qui sont explicables.
Claude bis pense encore que son Rhum à 50 francs la bouteille n'est pas le même que celui qui était bu par son chef à 150 francs la bouteille.
Il lui fallait une explication pour ne pas rester sur ce malentendu, largement dispensé dans le société.
Qu'est ce qu'une boisson alcoolique ? C'est une boisson qui contient de l'alcool. La première différence est la concentration en alcool qui est le pourcentage d'alcool contenu dans la boisson, mais l'alcool est exactement le même que ce soit pour un vin, une bière, un pastis, un verre de champagne, un cognac, un whisky, ou un cidre ou un kirsch. C'est une molécule chimique : C2H5OH. Le reste de la boisson, c'est en grande partie de l'eau, des saveurs, du parfum, du tanin, des colorants et autres ingrédients. C'est pourquoi, nous supportons mieux tel alcool que tel autre parce que ce sont les adjuvants qui nous sont plus ou moins néfaste, mais pour nous comme nous sommes à alcool zéro, nous n'avons plus ces problèmes.
P. nous dit qu'il n'y a pas de différence entre une personne sans ressource et les personnes bien assises dans le société.
Il y a des habitudes tenaces qui nous influencent et qui disent que nous buvons beaucoup plus dans le nord que dans le sud. Claude, retrouve un article de France Soir du 20 mai 2008 qui parle des buveurs excessifs et en particulier de stress et précarité : « des différences géographiques sont également relevées. Ainsi, chez l'homme, la consommation à risque est plus élevée dans le Nord, le Sud Ouest, l'Ouest et la Méditerranée. Plutôt dans le nord pour les femmes. Et contrairement aux idées reçues, la condition sociale n'est pas toujours liée à l'alcoolisation excessive. Exemple : les femmes cadres se distinguent par une consommation à risque plus fréquente. »
Il y a des professions à risque qui entraînent plus à boire. Les habitudes de consommation sont différentes.
Un nouveau dans l'association pose la question de savoir quand on est alcoolique ? Plusieurs définitions sont données, mal être, plus de désavantages que d'avantages et finalement nous nous mettons d'accord sur la définition de Fouquet : «Est alcoolique celui ou celle qui a perdu la LIBERTE de boire un peu d'alcool »
Lolo qui est là pour la deuxième fois et qui fait des démarches pour arriver à se soigner, mais qui ne peut admettre que ce sera alcool zéro (impossible dit-il, un petit verre par ci par là et boire modérément) nous dit que sans occupation, on est plus tenté, mais il lui est répondu que nous avons tous eu de bonnes raisons de boire.
Il y a plus de personnes touchant le RMI que de PDG alcoolique, certainement mais il faut dire qu'il y a plus de RMISTE que de PDG mais la proportion de malades alcooliques dans ces deux cas est la même : 10% de buveurs excessifs et 5 % de malades alcoolo dépendants donc alcooliques.
Les conditions sociales nous ramènent vers l'alcoolisation et l'alcoolisme dans les pays étrangers : Allemagne, boivent beaucoup de bière mais en général c'est de la bière à 3 ou 4 degrés, mais dans notre inconscient reste la fête de la bière de Munich, mais elle n'a lieu qu'une semaine par an. En Angleterre, nous connaissons le bintje drinking, que les médias mettent en tête de leurs infos, mais c'est effectivement une catastrophe, mais rien ne nous dit qu'à 25 ans, cette frange de gros buveurs continueront. Au Canada, l'alcool est un monopole d'état et par là même la vente est sérieusement contrôlée, en plus les Canadiens sont à la pointe de la recherche sur les addictions et en particulier sur l'alcoolisme.
Il est toujours très dur de parler d'alcoolisme en France, il faut savoir qu'au début les centres d'alcoologies s'appelaient CHA (Centre d'Hygiène Alimentaire ) pour ne pas rebuter les personnes dépendantes, dix ans plus tard ces centres se sont appelés CHAA (Centre d'Hygiène Alimentaire et Alcoolique) et dix ans plus tard nouveau changement ils deviennent CCAA (Centre de Cure Ambulatoire en Alcoologie) quelques années plus tard il a été ajouté un A qui veut dire (et d'Addictologie), et maintenant ils vont devenir des CSAPA.
Monique nous ramène à notre sujet en nous disant que toutes les classes de la société sont touchées par l'alcoolisme, que l'on parle du SDF qui s'alcoolise fortement au PDG qui lui a un alcoolisme dit mondain avec plusieurs whisky par jour. Mais le résultat est le même, les personnes qui sortent de cure ont toujours rencontré des médecins, des ingénieurs, des prêtres et même des pilotes de ligne, n'oublions pas des professeurs des lycées et collèges qui sont submergés par le stress.

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26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 09:46

Sujet  Thèmes du jour :
"Les dangers sociaux de l’alcoolisme???"


Compte rendu

Claude Bis nous conte son passage en psy à Annecy, en HDT demandé par sa mère et son long passage de 6 mois en hôpital à temps plein, 3 mois en hôpital de jour et 3 mois en hôpital de nuit. Ensuite les médecins l'ont jugé incurable et il a été mis dehors. Il l'ont mis en longue maladie, il s'est retrouvé finalement sous curatelle sans savoir comment et trois ans plus tard en invalidité.
Quand finalement il a fait une cure, s'est sorti de l'alcool, il avait toujours ce fil à la patte de sa Curatelle et il lui a fallu plusieurs années pour enfin être libérée de la curatelle bien qu'elle fut très compréhensive et l'a bien aidé pour sortir de ce carcan.
Jean Jacques nous parle de son ami Lolo, qui a déjà tout perdu, qui va mal mais qui voudrait bien faire quelque chose à condition de pouvoir boire modérément à la sortie de soins. Il vit sur un bateau, il est déjà tombé plusieurs fois à l'eau et a un fort risque de noyade, il a été aux urgences de l'hôpital qui n'a pas jugé bon de l'hospitaliser, il est ressorti dégrisé mais le médecin ne comprend pas son problème alcool.
Pierre a connu dix sept employeurs, il se soignait à l'alcool mais ses employeurs ne voyaient pas cela d'un bon œil et à la fin de ses contrats temporaires il n'était jamais repris, quand il ne se faisait pas lourder pour alcoolisation pendant les heures de travail.
Maurice, qui travaillait dans une grosse unité de chimie au magasin, après s'être soigné a compris que son alcoolisation arrangeait bien son patron parce que chaque fois qu'il avait une prétention tant au point de vue salaire que situation, il lui faisait sentir que il n'avait pas son mot à dire dans les situations où il se mettait.
Son cas n'est pas isolé parce que Jojo nous dit qu'à carrefour, une employée est régulièrement ivre au travail mais que personne ne lui fait de remarque alors que c'est de notoriété publique.
C'est également le cas pour Claude, dans la sidérurgie qui, bien que travaillant sur un poste dangereux, le médecin du travail l'a laissé à son poste alors qu'il pouvait très bien le mettre inapte à des travaux en hauteur.
J.J. nous dit qu'il a eu un retrait de permis de 18 mois pour conduite sous emprise alcoolique, mais il pense que les contrôles sont beaucoup moins présents dans les Alpes Maritimes par rapport au nord ou en Bretagne, probablement pour ne pas décourager le tourisme, et tout le monde sait qu'ils sont placés le samedi soir au port, ou sur la promenade des Anglais à l'aéroport, alors les personnes alcoolisées évitent ses points stratégiques. Nous pensons également que les personnes alcoolo dépendantes savent où ils en sont dans leur alcoolisation et sont donc plus prudentes. Claude rappelle que le ministre de l'intérieur : Pons, avait dit un jour que les morts par accident étaient dus à 33 % par des personnes alcoolisées mais seulement à 11 % pour les personnes alcoolo dépendantes.
J.J., Claude, Claude bis pensent que leur divorce avaient peut-être à voir avec une trop grosse consommation d'alcool, insupportable pour la conjointe. Nous n'avons pas de témoignage de l'inverse.
Papé nous raconte que son épouse lui cachait ses enfants, s'il rentrait à 8h00 les enfants étaient couchés à 7h30, s'il rentrait à 7h30 ses enfants étaient couchés à 7h00 de sorte qu'il n'a pas connu ses enfants et surtout ne les a pas vus grandir, finalement à leur majorité les enfants sont tous partis et il les a redécouvert quand il était grand père et avait arrêté de boire, mais à petit pas, enfin il était redevenu fiable.
Après son arrêt de l'alcool Pierre s'est mis à son compte, il a eu un accident du travail qui a été pris à 100% par la sécu alors qu'elle n'aurait rien remboursée s'il avait été alcoolisé.
Monique, qui a commencé à boire à 42 ans, a été mise en invalidité par son médecin car elle ne voulait absolument pas être vue sous emprise alcoolique, c'était une trop forte honte pour elle.
Jean Jacques nous dit que tous ses soucis depuis l'age de vingt ans (il a fait une cure de désintoxication alcoolique à cet age) sont principalement dus à l'alcool. Il avait besoin de psychotrope pour vivre et quel meilleur psychotrope que l'alcool ?
Il a toujours travaillé, c'est ce qui lui a permis de vivre mais dans un moment de déprime particulier il a fait une T.S. Son gros avantage c'est qu'à l'époque, en arrivant à Nice il y avait trente demandes de carreleurs, alors il lui arrivait de faire 3 patrons par mois. A chaque fois qu'il arrêtait l'Espéral, il perdait : travail, femmes, argent. Il lui était impossible de gérer son alcool, alors il faisait une cure et repartait avec l'Espéral.
Il nous dit qu'il recherche le danger, son stress à lui et, pour la première fois depuis que nous le connaissons, il nous dit qu'il n'est pas sûr de ne pas rechuter et que c'est la raison impérieuse qui le pousse à venir à nos réunions.
Jojo a été obligée de quitter la maison parce que son père devenait violent avec l'alcool. Il ne pouvait supporter qu'elle vide les bouteilles de pinard dans l'évier quand elle les trouvait. Nous lui expliquons que c'était un crime de lèse majesté de vider ce nectar dans l'évier. Mais elle a du mal à comprendre le comportement de la personne alcoolique et de la personne guérie. Son compagnon lui rappelle que de nombreuse fois elle prend les devants quand l'alcool passe devant lui, il en est un peu vexé, elle s'en rend compte, mais c'est plus fort qu'elle.
Claude raconte une histoire qui s'est passé, au début de son aide aux malades alcooliques. Une malade, mère de deux enfants en bas ages, avait décidée de ne plus boire et nous demandait notre aide, nous avons fait en sorte qu'elle ne soit pas seule chez elle, à sa demande, pour ne pas boire. Au bout de trois jours de présence presque continuelle, elle a décidé d'aller chercher son fils à l'école, elle est revenue un quart d'heure plus tard. En partant Claude a ouvert le placard à compteur, il y avait 3 litres de rosé qui attendaient, ni une ni deux il a pris les bouteilles pour les jeter dans la première poubelle venue. Que n'avait-il fait, quand elle s'en est aperçue, ça a été le scandale dans l'immeuble. J'étais novice et ne connaissais pas bien le comportement de l'alcoolique alors que si on m'avait fait le coup je crois que j'aurais fait ce même scandale. J'ai appris, j'ai un peu compris l'alcoolisme, je ne ferai plus cette énorme bévue.

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19 juillet 2008 6 19 /07 /juillet /2008 13:21

Sujet  Thèmes du jour :
"Est ce que votre abstinence a modifié la consommation

 ou

Le comportement de vos proches?"


Compte rendu
 
Avant de commencer le thème nous laissons la parole à deux nouveaux et une sortie de cure il y a quelques jours.
Thomas et Robert viennent voir ce que c'est qu'un mouvement d'anciens buveurs mais ont peu de temps car l'accueil de nuit ferme à 6h30.
Martine elle nous raconte sont retour chez elle qui est extrêmement difficile, elle peut comparer ce qu'elle était et ce quelle voudrait être au sein de son couple après sa cure. Bien entendu rien n'a changé chez lui. Avant elle s'écrasait et faisait ce que lui décidait. Il n'y a pas d'alcool chez eux mais elle n'empêcherait pas son compagnon de boire un verre de temps en temps. Elle continue au CCAA mais, il la suit et c'est lui qui fait une psychothérapie et pas elle, nous lui conseillons d'en parler au médecin pour qu'elle puisse se soigner.
Il lui faudrait trouver du travail, mais si elle gagne un peu d'argent, il lui prend en tant que loyer et elle ne peut mettre de côté de l'argent pour habiter chez elle. Situation Kafkaenne.
Il faudrait qu'elle voie une A .S. mais en est-elle capable ?
Puis vient le thème de la semaine qui change vite de cible et passe de consommation à Comportement, mais pourquoi pas ?
J.J. peut difficilement parler du comportement des autres vis à vis de lui parce qu'il aurait fallu, après sa cure, vivre avec les mêmes personnes qu'avant. En général, il avait cassé toutes ses relations avant de faire le pas de se soigner.
P. au début est resté tout seul à son arrêt : « Astro - Entero - Alcoolo » l'avait marqué.
Il y a eu d'abord élimination de toutes les relations avec qui il picolait, très facile. Ses enfants étaient dans le Var et il ne les voyait que tous les trois mois, au départ ils étaient très suspicieux. Puis les enfants sont revenus chez moi et ils prenaient des nouvelles de temps en temps. Ensuite ils ont travaillé dans la maison et maintenant ils remettent en état l'appartement parce qu'il va avoir en pension sa petite fille qui fait des études à Nice. Il y a eu reprise en main du papy par les petits enfants.
Mes enfants ne boivent que de l'eau, sa femme leur ayant donné une éducation très stricte de ce côté là.
Robert, hollandais de toujours, parlant pas très bien français nous explique qu'en hollande il buvait 10 litres de bières par jour qu'il agrémentait avec des psychotropes et autres drogues. Il est devenu accroc aux médicaments. Il trouve que alcool et psychotrope c'est « kif kif ».Il pense que ce n'est pas sérieux de vouloir arrêter l'alcool sans arrêter les psychotropes.
C. Ter, comme P. avait son appartement dans un état lamentable car il n'y faisait plus rien, dans sa famille il n'y a pas de consommateurs, quand il a arrêté l'alcool, ils ont arrêté aussi leur consommation...pendant un mois.. Plus personne ne touche de l'alcool chez lui et si par hasard, il y a une bouteille qui est ouverte, celui qui l'a amené repart avec les restants de la bouteille. Il fait parti d'un groupe de sportif et certains continuent à boire du vin, il s'est aperçu que quelques uns ont réduit leur consommation. Il a en particulier un copain avec qui il s'alcoolisait au bar et il s'est aperçu que celui ci avant, buvait trois ou quatre ½ de bière et maintenant il en reste à un ½. Son beau frère s'est arrêté de boire devant lui et il l'a félicité quand il est sorti de cure et il fait très attention de ne pas le gêner avec des plats alcoolisés.
Plusieurs de ses amis de montagne et de kayak l'ont félicité après sa sortie de cure.
J.J. est gêné quand il s'aperçoit que des amis font attention à lui, alors que lui se considère comme normal, même abstinent.
Il a eu une femme qui n'avait aucune addiction et qui ne supportait pas qu'il ait arrêté de boire. Elle ne voyait la fête qu'avec l'alcool : elle buvait et c'est moi qui payait. Finalement, c'est moi qui l'ai foutue dehors, son arrêt de l'alcool était contre productif, il n'avait plus sa place dans ce milieu. Quand elle invitait quelqu'un, pour elle, elle ne pouvait trinquer avec quelqu'un qui ne buvait pas.
J.J. voulait manger des moules frites la semaine dernière au restaurant, il a eu du mal a trouver sans alcool parce que les sauces sont toutes préparées à l'avance.
Martine maintenant fait la bulle, mais sa sœur, qui ne boit pas , la traite comme l'alcoolique de service et elle en est très gênée. Son attitude lui déplait profondément.
Robert nous dit que c'est à lui seul de se sortir de l'alcool, c'est lui qui doit faire le travail pour s'en sortir.
Claude bis, au départ mes amis de la Turbie n'avaient rien compris, car à sa sortie de cure, ils voulaient arroser sa guérison. Après bien des explications ils ont compris et ils ont mis un frein à leur consommation personnelle.
Sa compagne s'est arrêtée de boire la 1ere année de leur rencontre mais, il lui a dit que si elle voulait boire elle pouvait le faire, alors elle boit un verre de temps en temps quand il lui est offert, mais elle avait peur pour lui dans les sorties car, la plupart du temps il y a des apéros sans autre chose que l'alcool, l'eau arrivait sur la table après. Elle était plus dérangée que lui.
Claude, par contre est très dérangé par les gens bourrés.
C Ter a une relation qui a cassée avec un ami parce qu'il ne supportait plus son alcoolisation. Il envoyait des vannes à longueur de temps finalement ils sont sur deux routes parallèles.
Martine termine la réunion en disant qu'elle aurait du mal maintenant (elle est sortie de cure il y a une semaine) dans un lieu où il y a de l'alcool.

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12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 13:51

Sujet  Thèmes du jour :
"L’importance du travail dans la reconstruction."

 

Compte rendu :
Dès le départ nous parlons de l'autorisation de mise sur le marché des canettes de « Red Bull » avec de la taurine incluse. Ce produit semble dangereux pour les jeunes car, d'après les alcoologues, ces produits amènent directement à l'alcool et probablement à de nouveaux dépendants. Ce produit est plein de caféine et J.J. se rappelle qu'il buvait beaucoup de café pour travailler et que le soir il lui fallait des somnifères pour dormir. L'alcool a été un de ses psychotropes.
Dans le sujet du jour nous avons autant parlé de l'alcoolisation pendant le temps de travail que de reconstruction après le travail mais le sujet a été très intéressant à traiter.
C II nous dit qu'elle n'avait pas de problème pendant son alcoolisation durant son travail, elle le faisait consciencieusement, personne ne s'est plaint mais elle avait beaucoup d'absences et ne pouvait continuer sur ce rythme et sa chef lui a demandé de faire quelque chose. Elle a fait une cure de 4 semaines. Maintenant elle ne manque jamais, est nettement moins fatiguée et tout le monde est content d'elle.
Pierre nous dit qu'il a triché avec son contrat, il pointait et allait boire un gorgeons par une porte arrière jusqu'au jour où il s'est fait surprendre, il a terminé son contrat de six mois et, hop, la porte était grande ouverte.
Abdel nous dit que sans l'alcool il était incapable de monter en haut des échafaudages durant son travail, mais admet qu'il n'a jamais essayé sans alcool. Il nous dit qu'il avait le vertige, « depuis que j'ai arrêté l'alcool je ne sais pas si je pourrais remonter. »
Claude reparle de sa grue de 60 m où il allait en tête de flèche en chantant du temps de son alcoolisation pour régler les fins de course et à l'arrêt de l'alcool, sa première montée a été difficile mais la descente vers le bout de flèche impossible. Il est revenu dans la salle des machines et s'est raisonné, alors il a refait le chemin de montée et descente. Pour lui c'était une victoire, il était capable et il était fier de lui. Ensuite, il était toujours le premier pour aller en bout de flèche, ce sont des sensations difficilement descriptibles. Le vide, la mer en dessous, le pied quoi !!!
Pierre nous dit qu'il avait le vertige depuis très longtemps et qu'avec l'alcool il arrivait à le vaincre mais après l'arrêt de l'alcool le vertige le reprenait et il était incapable de faire ce qu'il faisait avant, alcoolisé.
Jean Jacques, nous dit qu'il lui est impossible de ne pas travailler, alors de nombreuses fois il s'est arrêté de boire pour retravailler. Il pense qu'il y a incompatibilité entre le travail et l'alcool mais « je ne peux pas ne pas travailler ». L'alcool amène à des extrémités épouvantables, il a perdu de nombreuses fois son travail à cause de l'alcool, alors, espéral aidant, il s'arrêtait durant la semaine et pouvait travailler et se pintait le week end, alors c'est sa femme qui partait. « Le travail me redonne confiance, depuis plus de trois ans que j'ai arrêté l'alcool, le travail me redonne des satisfactions, rien n'est pire que l'inactivité ». Il dit à Abdel que il se donnait des soit disant raisons d'avoir mal au ventre pour s'autoriser à boire et calmer ses douleurs. Mais ce n'était que de l'autosuggestion.
J.J. se crée son environnement pour être heureux, mais de temps en temps l'alcool a été le plus fort et il a baissé les bras, à chaque fois, du jour au lendemain, il a tout perdu, il a baissé tellement les bras qu'il a voulu mourir et maintenant il trouve qu'il est important d'avoir, dans le travail un environnement apaisé.
Cat. Après un passage, presque forcé, au centre de cure des Bruyères s'est remise à travailler, l'angoisse du travail l'a fait rechuter car elle était en conflit direct avec son chef de service.
Avant de boire elle adorait son travail, il lui arrivait de faire 60 heures par semaine, dès qu'elle a commencé s'alcooliser son travail était devenu les travaux forcés. La rencontre avec une psychiatre la remise sur les rails après 18 mois de cure ambulatoire la remise sur les rails..
A.M. qui sort de cure avait déjà fait une cure et à sa sortie la première fois, elle n'a trouvé que des remplacements à faire, elle a végété dans son travail alors elle a fait un stage à l'AFPA (vieilles personnes et enfances) mais elle ne trouve pas de travail comme elle le souhaiterait, ce n'est que de faire des ménages et la rechute est venue après deux ans par manque d'activité plaisante. Le travail pour elle serait la meilleure reconstruction mais.... le travail n'est pas là.
Gilles, je travaillais à Bercy au ministère des finances, j'avais des responsabilités, mais pour prendre toutes les décisions j'étais obligé de boire, cela me donnait du courage puis l'alcool a pris le dessus. Après une cure de 28 jours, il espère qu'il retrouvera du travail car il est sûr que le travail complètera sa guérison et lui fera retrouver un équilibre.
Maintenant il reprend des activités en informatique et dans le dessein où il excellait. Il met le travail au même niveau que le plaisir.
Abdel travaillait avec son père sur les chantiers à côté de Draguignan, mais il avait besoin d'alcool et son père qui était très pratiquant a compris qu'il ne pourrait plus travailler avec lui, d'où un conflit difficile à régler, il a de la chance que sa mère et sa sœur ne l'abandonne pas. Mais il ne se voit pas retravailler. Il n'a pas du tout la même attitude que Jean Jacques.
Après ses différentes cures il a travaillé en Agence, mais changeait continuellement surtout après chaque sevrage ou cure complète, car les rechutes ont été régulières.
Maintenant il s'occupe de sa santé et va passer un check up à l'hôpital de l'Archet car cette dernière alcoolisation a dû faire des dégâts.
Claude bis, à sa sortie de cure a aussitôt été chauffeur pour un patron qui avait perdu son permis, cela a duré deux mois et lui a permis de reprendre contact rapidement avec le monde du travail, ensuite il a été jardinier, mais l'alcool l'a rattrapé avec une polynévrite dont il n'arrive pas à se débarrasser et un tassement de la colonne vertébrale dont il n'avait pas conscience durant son alcoolisation
C II nous dit qu'elle est devenue très égoïste, son travail a changé tout en étant le même mais elle pense beaucoup plus à elle maintenant qu'avant où elle était plutôt esclave des autres. Maintenant quand elle fait la fête c'est elle qui est chauffeur sauf pour quelques personnes irresponsables qui ne veulent pas être reconduites par une femme et qui se sentent, soi-disant, en état de conduire.

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5 juillet 2008 6 05 /07 /juillet /2008 13:11

Sujet  Thèmes du jour :
"L’importance de l’Amitié au sein du groupe"

 


Compte rendu :

Depuis 6 semaines Abdel s'est arrêté de boire. Nous avons longuement discuté quelle position avoir durant cette énième rechute, notre Amitié nous poussait à aller le voir, à le booster pour qu'il fasse quelque chose puis finalement nous avons décidé de ne rien faire afin que ce soit lui qui réagisse. Il a réagi et maintenant ne nous en veut pas du tout. Sa mère et sa Sœur ne l'ont pas laissé tomber, Il a bien remarqué que nous ne reprenions pas beaucoup de contacts avec lui, il ne nous en veut pas et dit que finalement le désir de revenir à SANSAS était important pour lui et qu'il ne pouvait pas revenir « bourré ». Il n'a jamais pensé que notre Amitié s'était émoussée, il a surtout pensé que c'était à lui de faire l'effort pour regagner cette distension de nos sentiments.
J.J. trouve que l'Amitié au sein du groupe existe mais à différent niveaux, il est certain qu'il a plus d'affinité avec certains qu'avec d'autres. Mais il faut savoir donner et prendre. Il est venu à l'assos à reculons car il ne savait pas qui il allait retrouver. Finalement c'est un ancien qu'il avait connu en cure qui l'a amené, ça lui a été salutaire, maintenant il ne manquerait une réunion sous aucun prétexte. Le séminaire que nous avons fait aux Houches lui a été salutaire parce que nous nous voyons dans d'autres circonstances, nos sorties durant l'été renforce cette Amitié déjà bien ancrée.
Claude bis trouve que l'Amitié est très importante au sein de l'association, parce que là nous rencontrons de véritables amis et pas les amis de bistrots qui ne sont finalement pas des amis mais des relations de bistrots.
P. est venu à SANSAS par hasard, il y a trouvé une liberté de paroles et trouve que c'est important de venir aux réunions pour parfaire sa guérison. Aujourd'hui, il ne voulait pas venir pour raisons personnelles mais quand il a su que nous parlions de l'Amitié il s'est arrangé pour venir parce qu'il voulait témoigner. Au départ il a fait des efforts pour venir mais maintenant c'est un plaisir d'être ensemble. C'est un partage permanent et le fait de partager est important pour renforcer cette Amitié. Il précise qu'il faut venir plusieurs fois pour vraiment apprécier le contact des uns et des autres. Il se souvient de ses premiers contacts où Christine II venait en mauvais état avant de partir en cure, maintenant, après l'avoir vue transformée, il est heureux d'avoir de ses nouvelles, car ayant quittée le quartier et vivant seule avec son enfant, elle peut difficilement venir nous faire partager sa joie de vivre, mais nous avons toujours de ses nouvelles.
Claude raconte sa sortie de cure et cette Amitié qui s'est créée avec le responsable de l'assos à Martigues et quand il passe à Istres, il ne manque jamais le plaisir d'aller le voir et ce sont des effusions de joies chaque fois qu'ils se voient. Vingt huit ans d'amitiés indéfectibles.
P. nous dit qu'il avait un grand ami durant son alcoolisation, il pensait que rien ne pourrait faire craquer cette Amitié, mais l'arrêt de l'alcool a fait craquer cet ami qui ne pouvait comprendre l'abstinence de son ami.
Durant le passage en centre de cure, l'amalgame du groupe fait croire à chacun que ce trajet commun amènera une amitié durable, mais rare sont les amis de cure qui deviennent des amis durablement parce que c'est un moment où il y a la recherche de s'en sortir, le travail de guérison à la sortie de cure distend ces amitiés qui n'étaient que fugaces et seulement un lien entre personnes dans la même galère.
Jean trouve que nos rencontres sont des actes de solidarité et de compréhension les uns des autres. C'est d'abord une ouverture d'esprit et ce n'est qu'après que vient l'amitié que chacun ressent. Nous avons l'exemple d'une amitié d'avant et après cure, Alain était ami d'olive durant l'alcoolisation d'Olive mais il ne pouvait qu'attendre qu'Olive se soigne et il l'a toujours suivi dans les hauts et les bas vers la guérison. Son amitié est restée très forte, il est devenu l'ami de la famille et parrain du bébé d'Olive. Amitié plus que durable.
P. a eu du mal à accepter la venue de G. parce qu'il était alcoolisé, il n'arrivait pas à le comprendre et pensait qu'il ne pourrait jamais l'apprécier et pourtant, après sa cure, G. est revenu complètement transformé ce qui a complètement changé le regard de P. vis à vis de G.
Il nous arrive parfois de mettre beaucoup d'amitié envers des personnes et, même sans rechute, nous voyons les liens se distendre et ces amitiés, non pas disparaître mais stagner. C'est souvent très dur pour le groupe parce que ce sont des liens forts qui disparaissent sans raisons apparentes.
Claude bis nous dit que s'il n'avait pas connu l'assos, il serait de nouveau au fond du trou, le contact, dès le début de sa venue s'est très bien passé, notre discours était identique à celui qu'il avait entendu en cure, il retrouvait des personnes qui avaient été comme lui et qui s'en étaient sortis, alors pourquoi pas lui. Au début il faisait 40 km pour venir assister aux réunions qui lui apportaient de semaine en semaine un mieux être, il a appris à nous connaître et finalement l'amitié a fait le reste, la guérison est arrivée, sa vie a changée et il est devenu un pilier de SANSAS. Comme il nous dit, il faut que la confiance règne pour que l'amitié s'installe.
Nos sorties de l'été, comme notre séminaire aux Houches permettent de renforcer l ‘amitié et probablement des ondes positives se transmettent entre nous. On tire tous dans le même sens, écoute, parole, transmission du savoir, confortent les liens qui nous unissent et confortent notre amitié.

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28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 12:12

Sujet  Thèmes du jour :
"L'importance des mots"


Compte rendu :

Tout d'abord nous accueillons Robert qui nous vient de Hollande avec un problème d'alcool, il a des difficultés à s'exprimer mais nous le sentons perdu pour faire des soins. Il veut d'abord nous connaître avant d'aller plus loin.
Puis nous abordons le sujet du jour où tout de suite sont évoqués les mots qui font mal : Ivrogne, soulot, alcoolique, soulard, pochtron, pochard. Brouhaha où tout le monde s'insurge sur ces termes qui ne veulent que blesser. Il y a beaucoup d'hypocrisie dans ceux qui les utilisent.
Pour les malades alcooliques il faut parler vrai.
Les personnes nient la souffrance des malades (exemple de Léotard)
En supprimant la notion de malade alcoolique et en la remplaçant par alcoolo - dépendance les médecins nient la maladie et reviennent à la notion de tare et de vice.
Claude cite VSA ou il est dit :
                   On ne dit plus balayeur mais technicien de surface
                   On ne dit plus aveugle mais déficient visuel
                   On n'est plus sourd mais malentendant
Aurions nous peur de parler vrai. C'est l'impression que nous ressentons quand on n'évite d'utiliser les mots vrais. Dans les MaB, nous parlons vrais.
Jean a fait une cure aux Bruyères puis à la Membrole (près de Tour), il a rechuté immédiatement mais a continué de venir aux réunions même alcoolisé (il pensait que ça ne se voyait pas) puis il a eu un accident, seul, de scooter, en se réveillant à l'hôpital le médecin lui a dit « vous saviez que vous aviez 2 gr d'alcool dans le sang » il lui a répondu « oui, mais vous ne le dites à personne » du coup il s'est arrêté, cela fait 8 ans déjà. Comme il dit, il a entendu le mot qu'il lui fallait. Cette simple phrase l'a mis face au mur et a provoqué ce déclic salutaire.
Les mots SANSAS, Vie Libre, alcoolique anonyme ou autres MaB, ces mots n'ont pas d'importance car ce sont les personnes qui sont dans ces structures qui peuvent tout entendre et tout comprendre du malade.
Il est peu évident de pousser la porte de ces mouvements parce que l'on ne sait pas ce qu'il y a derrière et s'il n'y aura pas de jugement.
« J'avais peur de dire que je suis alcoolique » car peur d'être jugé et pas compris, c'est le contraire qui s'est passé.
Robert nous dit qu'en Hollande, il y a plus de clinique que de café soit clinique de soins soit clinique psychiatrique. Il y a beaucoup de tolérance envers les alcooliques en Hollande, mais les gens jugent, mais il sait qu'il y a des alcooliques dans tous les milieux. Les soins sont remboursés comme en France avec l'équivalent de la carte Vitale.
Les médecins ont peur des mots et peur de parler d'alcoolisme. Claude en arrivant à l'usine de Fos a été obligé de passer des visites médicales annuelles : en 73, il buvait une canette de bière, en 74, il ne buvait plus rien, en 75, il buvait un quart de vin à midi et un quart de vin le soir, en 76...., en 77 .... En 80.... Il a prévenu qu'il avait fait une cure de désintoxication. Bien. Bien. L'année suivante s'était-il remis à boire ?, réponse non (bon équilibre, langue non chargée etc.. Alors le médecin lui a dit que depuis 1973 il mettait dans la marge : éthylique. Pourtant il avait la responsabilité de me permettre d'aller en bout de flèche des grues à soixante mètres du sol. Il n'osait même pas utilisé le mot de maladie alcoolique. Quand je lui ai proposé de faire de la prévention ou d'aider des personnes malades, il a été interloqué : « quoi, vous oseriez dire devant des gens qui peuvent vous reconnaître que vous étiez alcoolique ? ». Comment voulez vous faire de la prévention avec des engins pareils.
Abdel n'était jamais vexé quand on le traitait, d'alcoolo, de poivrot, d'alcoolique, mais si par hasard quelqu'un le traitait de « Squiri = alcoolique ou ivrogne en arabe » alors cela le faisait sortir de ses gongs car en arabe c'est une insulte, la bagarre. C'était une injure à Allah, sa culture en prenait un coup, sa religion (qui interdit l'alcool) était bafouée. Mais en Français ça n'avait pas d'importance, il n'était pas choqué. Mais il dit que si on se cache pour boire c'est pour que les autres ne vous voient pas, ne vous jugent pas et ne vous traitent pas d'alcoolique.
L'insulte par les mots est très dure à supporter, il est interdit d'être alcoolique mais l'alcool se trouve partout même au Maroc.
En provençal il y a un mot qui désigne le buveur c'est « Tchoucatoun », ce n'est pas une insulte, c'est quelqu'un qui ne peut pas se déplacer sans sa bouteille dans sa besace..
M. a été traité d'ivrogne, de sac à vin et ses neveux et nièces ont plutôt été dans le cas de prendre sa défense et de faire de la prévention en limitant les risques tandis que le reste de sa famille lui défendait de boire, mais de toute façon elle se cachait et avait un alcoolisme solitaire.
Dans sa famille, il y avait refus de parler de personne sensés être des gens bien, mais il y avait des alcooliques et ça ne se disait pas : après un décès c'était toujours « crise cardiaque.
Nous évoquons plusieurs fois les témoignages de VSA, ce qui fédère tout le monde c'est le choix des mots en fonction des lieux et des interlocuteurs.

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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 18:23

Sujet  Thèmes du jour :
"Qu'avez vous changé comme habitudes après l'arrêt de l'alcool..?"


Compte rendu :
Peu de monde à cette réunion, ça sent l'été, mais une réunion d'une très grande tenue.
J. qui ne peut venir
M. qui attend une cure et viendra nous voir après.
Jean et Catherine qui ne peuvent venir (grands parents obligent).
Gilles et sa Maman déjà dans les montagnes (il ne fait pourtant pas si chaud à Nice en cette fin juin).
Mais la présence est de qualité et Abdel est là pour nous réconforter de son arrêt, espérons définitif, de l'alcool. Cette fois ci il a morflé.
Claude bis après l'alcool, jamais il n'aurait pensé qu'il deviendrait un semi pro en informatique. Il a acheté un ordinateur à quatre sous pour débuter et en bricolant il en a fait une Mercedes., en plus il est devenu le Web master du blog, nous donne les statistiques de fréquentation tous les mois au C.A. (actuellement 850 personnes différentes sont venus nous visiter (c'est inespéré).
Christiane une conjointe parle aussi de sa sortie de l'alcool de son mari. Il a fallu que je change mes habitudes et puisque son mari ne buvait plus, par Amour, elle a arrêt é aussi l'alcool. Il a fallu qu'elle apprenne à faire la cuisine sans alcool. Elle a fait rase du passé et n'a jamais évoqué sa souffrance du passé, elle est restée dans le positif de l'arrêt d'alcool de son mari. Elle était gênée par les personnes qui encourageaient son mari à reboire un coup mais, par son tact, elle a toujours évité l'esclandre. Sa sœur a eu des problèmes d'alcool durant une période de sa vie, elle n'est pas intervenue pour ne pas se faire répondre « de quoi tu te mêles » mais elle lui a fait une lettre où les sous entendus ont été compris. De la délicatesse.
Claude bis revient sur son parcours. Il a complètement changé sa façon de travailler, il n'allait plus au bar pendant quelques temps mais au bout d'un an, il a fait une apparition dans son bar préféré et la serveuse s'est précipitée sur le demi avant qu'il ne commande un café et puisse lui expliquer. Avant l'arrêt, le bar me servait à draguer, maintenant il n'a plus besoin de cela. De toute façon, je m'en aperçois maintenant, tous les piliers de bistrots, dont je faisais parti, racontent des bobards à longueur de soirée et maintenant ils le gonflent. « Quand je pense maintenant que je faisais parti de cette bande de zouave. »
Maintenant je me suis stabilisé, j'ai trouvé une femme.
Claude nous reparle de son ordi, c'est sa façon de vivre pleinement sa guérison, P. déteste l'ordi et J.J. trouve cet engin merveilleux pour l'évasion que cela lui apporte, mais son frère jumeau, encore sous l'alcool, lui, déteste cet outil.
Après l'arrêt de l'alcool, l'ordi lui a permis, à travers MSN de faire des rencontres extraordinaires et même de draguer, « Je n'aurais jamais pu faire ces rencontres sous emprise alcoolique. Il se sent authentique à jeun devant son ordinateur et en plus il n'y a que l'échange et pas d'engagement personnel vis à vis de l'autre ». Il vibre en nous racontant ces rencontres qu'il qualifie d'extraordinaire. Maintenant, il adore voir les autres vivres, son plaisir c'est d'être à la terrasse d'un café et de regarder les gens passer. D'imaginer.
Il a peu fréquenté les bars durant son alcoolisation, mais il adore danser et avec sa compagne, il fréquente plutôt les salons de thé. Il pense qu'en fréquentant les bars, un jour il se trouverait sans le vouloir avec un verre à la main.
Je ne passe pas dans les rayons alcool des super marchés car, pour moi, ces produits sont des poisons avec une tête de mort dessinée dessus. Alors pas vu, pas touché. Il a un discours très véhément contre le vin et surtout contre les consommateurs et nous dit que sur dix consommateurs, 8 ne sont pas capables, avec un bandeau sur les yeux, de reconnaître un vin rosé d'un vin rouge. Le discours que l'on entend sur le vin est complètement décalé par rapport à la réalité du consommateur. A part quelques œnologues avertis.
Claude raconte l'histoire d'un représentant en whisky voisin de chez ses parents qui leur rendant visite , ses parents lui ont offert un whisky (acheté dans un super marché à prix moyen, et transvasé dans une bouteille de grand cru, ) comme connaisseur en alcool, il a trouvé ce produit d'une grande saveur. A faire rire tous les représentants en alcool qui sont pareils. A part le pastis qui change de couleur, les autres se font piéger.
Le lien avec la famille revient sur l'assemblée par l'intermédiaire de Chantal, elle, pense que pour les personnes non encore dépendantes (c'est à dire buveurs excessifs) ils peuvent arrêter l'alcool mais comme il y a souffrance, ces personnes trouveront un autre produit ou une autre forme de dépendance, car le problème de l'alcoolique est beaucoup plus profond que la dépendance physique que l'on a trop tendance à mettre en avant plutôt que la souffrance du malade.
Chantal qui n'a pas été alcoolique, peut entendre notre souffrance parce qu'elle a un lien étroit avec SANSAS depuis plusieurs années. Par contre Jean Jacques nous dit que son père ne peut pas arriver à comprendre, il a procréé des jumeaux et les deux sont tombés dans l'alcool et actuellement seul J.J. a mis 40 ans pour comprendre et arrêter sa conso. Ses parents souffrent mais n'arrivent et ne peuvent intervenir, c'est les plus mal placés pour aider car il reste cet affect qui brouille toutes les cartes.
Il y a six mois Cédrick nous affirmait que son père était malade alcoolique, depuis il a changé et nous dit que son père est probablement un buveur excessif, il se croit dans la normalité mais, par son comportement, maintenant Cédrick qui connaît bien les manières de se comporter, pense que son père ne peut pas s'avouer comme malade mais il lui dit quand même : « toi tu es plus fort que moi ». Il pense qu'inconsciemment il sait qu'il est malade et que pour arrêter l'alcool c'est l'inconscient qui donne la conscience au malade. Phrase très forte.
Pour Abdel, qui voulait absolument parler, il nous dit que il a changé ses habitudes. D'abord, la bière lui coûtait 9€60 par jour, maintenant il ne boit plus depuis quinze jours, L'habitude c'est comme un oiseau sans aile, maintenant il est un oiseau avec des ailes, et il se promène partout dans Nice. Il a changé plusieurs fois de boissons dans son existence. D'abord c'était le rosé, ensuite le Pastis, après il vient de terminer par la bière et maintenant c'est de l'eau.
Il prenait 7 litres de liquide par jour, il ne mangeait plus et pourtant il a pris 7 kgs.
Cédrick nous donne son parcours de la fin de son alcoolisation
« Tout d'abord j'ai changé de lieu, dans l'intention de me soigner, J'ai quitté Paris, les parents, les amis le travail, j'ai décidé de changer de Vie pour m'en sortir, plus de fête avec la famille, plus de boîtes de nuit, arrêt des restaurants où souvent les apéros étaient beaucoup trop long et trop court pour moi. En déménageant, en trois jours j'avais un appartement. J'avais l'adresse du CCAA, j'y suis allé ensuite j'ai attendu pendant 2 mois l'entrée au centre de cure. Il fallait que je m'y prépare.
Ensuite, j'ai évité les lieux où je pouvais re-consommer : pas de fête de la musique par exemple, j'ai repris des activités de sports et de loisirs que j'avais abandonné depuis quelques années, j'en ai trouvé d'autres car il faut remplacer le temps de boire et déboire, il faut changer sa manière de vivre. Changement dans l'alimentation : avant c'était du rapide, micro onde, avalé c'est fini. Maintenant je cuisine à nouveau, déguster, saliver, apprécier. Je renaît ».
Malheureusement, il regrette parfois le délire de l'alcoolisation d'un soir, le lâcher prise qui lui permettait de se lâcher, il lui manque, ce qu'il appelle le bonheur alors que nous le voyons heureux. Probablement la bouteille n'a pas finie d'être cassée dans sa tête.
Il termine en nous disant que l'alcool est la dernière et la plus dure des drogues. Toutes les autres, on arrive à s'en passer, peut-être pas aisément, mais la dernière qui reste c'est l'alcool, pas chère, en vente libre, que l'on trouve à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit.
Mais c'est la seule qui envahi tout le cerveau, qui n'a pas de substitution et que nous, ne savons plus utiliser.

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14 juin 2008 6 14 /06 /juin /2008 09:51

Sujet  Thèmes du jour :

                                       "Les dépressions, avant, pendant et après la maladie."

Compte rendu :
Djamel après six mois d'absence où il était venu cherché un passeport pour aller en cure nous revient très alcoolisé et nous raconte sa cure et sa rechute deux jours après sa sortie. Ce n'est pas de sa faute parce qu'il était dans un groupe mauvais avec 4 départs durant son séjour pour cause de sexe !!!(Difficile de le croire).
Pierre explique que si Djamel vient nous voir c'est parce que ici il peut parler, mais, à son téléphone qui sonne, il répond avec agressivité « oui, j'y suis et fout moi la paix ». Etait-il volontaire pour venir ?
Il explique qu'au CALME il y a du personnel compétent, intelligent mais il faut bien tomber. Il faut savoir s'aider soi-même Il faut savoir si l'on fait le travail pour les autres ou pour soi. Autrement on rate sa cure.
Kikoo : Il faut y aller pour soi, il a eu du mal parce que pendant trois jours, en bulle, il a pleuré.
Puis nous passons au thème du jour.
Cédrick était certainement dépressif avant de rentrer en cure, sa dépression s'est terminée durant sa cure. Mais depuis trois ans et demi, il a des hauts et des bas. Il s'était renfermé sur lui, et probablement ce sont des restants du mal être qu'il a ressenti jeune au Gabon, mais c'est probablement dans l'inconscient que cela se passe.
Marie est plutôt en déprime qu'en dépression, sa définition de la dépression est de ne plus avoir envie de vivre. Son médecin, quand elle était en clinique psychiatrique à la Costière lui a posé la question : « pourquoi ne pas m'avoir dit que vous buviez »
J'ai fait une cure à St Christophe et j'ai tenu quatre ans, j'ai fait ensuite une cure aux Bruyères et j'ai tenu cinq ans. Actuellement elle dit qu'elle n'est plus dépressive, mais il faudrait que je sois entourée, je vais à Emergence, j'y rencontre Olivier mais je ne veux pas voir le psychologue parce que c'est un homme. Je pourrais plus facilement m'exprimer avec une femme. Excuses pour ne pas faire de demande de cure, parce qu'elle n'a pas de médecin référent dit-elle.
Abdel. Nous revient, abîmé par six mois d'alcoolisation massive, mais depuis une semaine, il s'est arrêté, il s'aperçoit qu'il n'a plus mal au ventre et que finalement c'est pas si mal d'être abstinent. Pourquoi il s'est arrêté ? : « la semaine dernière j'allais chercher mon pétrole à huit heures du soir et le vigile m'a interdit d'entrer chez Leclerc parce qu'il était trop tard, alors j'ai vu que c'était un signe d'Allah, il voulait plus que je boive alors comme pour le carême, je me suis arrêté ». Il n'est pas encore bien mais il sent qu'il va vers le mieux-être, il reprend le tramway, va voir ses parents, il n'a plus peur de l'extérieur, je guéris et veux voir toutes les personnes qui peuvent m'aider. C'est pas la première fois qu'il s'arrête mais il pense, positivement que c'est la dernière parce qu'il n'y aura plus de rechute.
Catherine pendant son alcoolisation après la rechute dont elle ne connaît pas les raisons si ce n'est que sa cure aux Bruyères était plus ou moins forcée. Entre 2000 et 2002, elle n'a pas vu le jour et était en dépression extrême, son mari ne peut en parler parce que ça lui fait encore mal de se rappeler. Elle ne ressentait plus rien, plus envie de vivre, la seule façon de s'en sortir était de mourir. La rencontre de sa psychiatre qui lui a proposé une nouvelle thérapie en hôpital de jour a été son sauvetage. Un an et demi plus tard, elle ne se sentait plus déprimée et avait une envie de vivre, maintenant avec ses enfants et petits enfants elle voudrait que le temps soit extensible pour pouvoir le vivre plus profondément.
Durant ces deux années noires Catherine avait la volonté de mourir et fortement alcoolisée, je me suis défénestrée.
Abdel n'a pas envie de mourir mais de vivre pour pouvoir devenir grand père un jour ou l'autre (le vieux de 45 balais)
Jean mari de Catherine nous dit qu'il ne pouvait faire que de la présence auprès d'elle, mais il ne pouvait rien faire d'autre. Il a vu le médecin et c'est lui qui déprimait et le médecin lui a dit qu'il fallait qu ‘il se sauve lui. Il subissait en espérant. Son Psy lui a dit qu'il fallait qu'il sauve sa peau.
J.J. ne croyait plus en la guérison, finalement sa femme qu'il adorait en le quittant, lui a sauvé la mise. Il n'y a que nous qui pouvons nous en sortir, elle a baissé les bras au bout de dix ans, c'est ce qui m'a aidé à prendre conscience.
J'ai toujours bu (première cure à 20 ans) pour calmer un mal de vivre terrible. Mes Amours m'ont quittées dans une grande détresse pour moi., j'étais déprimé mais je ne savais pourquoi, je ne savais pas pourquoi je n'étais pas bien, car on se trouve des tas de raisons les unes plus farfelues que les autres.
Maintenant je zappe les problèmes, d'où la nécessité de ne plus prendre d'anti dépresseurs. IL faut savoir répondre à la déprime, j'arrive maintenant à me raisonner et il faut surtout trouver les parades : la Soma en étant une. C'est un outil merveilleux qui me permet de relativiser les problèmes, je peux me remettre en question. Le CALME m'a donné une boite à outil, à moi à l'utiliser à bon escient. L'arrêt total des anti dépresseurs qu'il prenait par poignée a été vraiment salutaire, depuis il les exècre et ne s'en porte que mieux, c'est bien simple, il en parle à toutes les réunions qu'il ne manquerait sous aucun prétexte (même un quart d'heure, s'il ne peut faire autrement).
J.J. était fragilisé par les tranquillisants et autres psychotropes qui ne lui servaient à rien, c'est au CALME où tout le monde est traité à la même enseigne qu'il a compris que l'arrêt de ces saloperies lui serait salutaire. Il les a arrêtés sans difficulté, ce qui est le cas de la majorité des curistes.
James est d'accord avec J.J., il a fait confiance aux médecins, mais quand il s'est retrouvé en prison, il a subit les psychiatres qui l'ont ré intoxiqué. Il a été pendant six mois sous anti dépresseurs. Ce qui m'a sauvé c'est le dialogue interne avec ma fille décédée. Il a diminué de lui même les doses de psychotropes qu'on lui infligeait.
Jos. Mère de Gilles, s'est aperçue de sa dépression après sa rechute du début d'année. Après sa sortie de Gorbio, j'ai ressenti intensément son mal-être. Je ne l'avais jamais vu comme cela (il faut dire qu'il habitait loin), je ne supportais plus de le voir comme cela, dans une détresse extrême. J'avoue que j'ai baissé les bras et que j'ai abandonné la lutte, il me semblait si bien en sortant de Gorbio, ce que contredit Gilles, car il sentait cette dépression envahissante, et si j'ai rechuté là, c'est parce que je n'étais pas bien, j'ai fui et je me suis fait rattraper par l'alcool. Il pense qu'il est important (à qui le dit-il) de rencontrer après l'arrêt de l'alcool d'anciens malades qui boostent les nouveaux venus.
James pense que la dépression et l'alcool sont des maladies qui se mordent la queue. Ma mère m'a lâché à cause de l'alcool parce que je continuais à boire, j'ai fait que du mal autour de moi. Paroles terribles de James : « on récolte ce que l'on a semé », il le dit sans animosité mais il a toute sa famille dans la région et tous lui ont tournés le dos. Après sa première cure, ma femme et ma mère sont revenues mais à la rechute tout le monde m'a tourné le dos.
Abdel nous dit que sa Mère ne l'a jamais abandonné et a même fait des actions inimaginables pour une femme musulmane pratiquante. Elle veut que j'arrête et elle sait que quand je suis abstinent je suis un fils modèle et que je suis bien dans ma peau.
Gilles clos la réunion par cette phrase « l'alcoolisme est un cercle vicieux, et on ne fait que tourner en rond à l'intérieur ».

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Published by SANSAS
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