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7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 14:23

Sujet  Thèmes du jour :
Comment vivez vous maintenent
 par rapport au temps de votre dépendance...???

Heureux
comme un poisson dans l’eau
ou
un scaphandrier sans air ?

Compte rendu :
Nous saluons d'abord la présence d'Héloïse, élève psycho, qui vient dans notre groupe pour la première fois car elle s'intéresse actuellement à l'alcoolisme qui pourrait être un sujet pour sa thèse à la fin de sa maîtrise.
Nous faisons une rapide présentation des personnes présentes afin qu'elle puisse se faire une idée du public que nous accueillons et qui assiste à ces réunions.
Claude explique, un peu longuement son parcours où petit à petit l'emprise de l'alcool est devenu de plus en plus prenant, tant dans sa vie privée que professionnelle. Son alcoolisation a été jouissive dès ses premiers contacts mais rapidement il est devenu une nécessité. Les groupes côtoyés étaient toujours ceux où l'alcool coulait à flot, dégradation rapide de la relation familiale qui se termine par un divorce, dégradation au travail où son patron lui laisse le choix implicite : l'alcool ou la porte. Il choisi, pour ne pas être licencié, de changer de patron, pour l'alcool il n'était pas question d'arrêter. Changement de lieu (Martigues au lieu de Paris, changement de travail, changement de compagne, changement d'amis !! tout aurait dû contribuer à l'arrêt de l'alcool mais la souffrance il l'a emporté avec lui. Huit ans de galère encore.
A l'arrêt de l'alcool, la première réaction fut la peur de la rechute alors il s'est enfermé chez lui pour faire cette fameuse maquette que tous les adhérents connaissent dans leur pensée, puis renaissance : sport, aide sociale, aide des autres à travers l'associatif, résurrection Claude est devenu un autre homme, peut être moins rigolard mais plus sympa pour les autres. Il a pu reprendre des responsabilités en plus des responsabilités au travail.
A Paris Cedrick vivait mal dans l'alcool, il fuyait les réalités, il a cherché pour se soigner mais n'a pas trouvé de structures adéquates pour l'aider, il fuit donc sa famille pour pouvoir prendre SA décision, celle qui lui appartient, le plus dur pour lui n'a pas été d'arrêter mais surtout de ne pas reprendre, A Paris il n'a pas pu interpréter leur aide. A Nice par contre sa rencontre avec le CCAA lui a permit de construire un projet avec une cure à Cabris en fin de parcours au bout de deux mois et demi.
Maintenant il vit bien, il s'est reconstruit, retravaille, a trouvé une compagne mais par rapport à son alcoolisation il lui manque ce point de gaieté qu'il déployait sous emprise alcoolique. Il admet que c'est une renaissance, il s'est reconstruit mais il a un manque de confiance en lui et il est toujours à la recherche d'une réponse. L'après alcool n'est pas idyllique, ce n'est pas parfait. Il s'y résigne mais en vouloir plus est un objectif normal de tout être humain.
Pierre trouve que c'est logique, dans l'alcool on veut toujours plus d'alcool à l'arrêt on veut toujours plus comme on le faisait dans l'alcool mais pour d'autres raisons.
Jean pense que quand on sort de l'alcool, on tombe dans la nouveauté, car dans l'alcool on est irresponsable car l'alcool masque la réalité, après la curiosité intellectuelle prend le dessus par rapport à la représentation de la réalité sous emprise alcoolique.
Gilles s'est souvent pris pour un déchet pendant son alcoolisation, tu te rends compte que tu fais mal mais tu ne peux faire autrement, tu sais que tu fais mal aux autres, parents, amis, enfants. Après mon accident, je me retrouve à Gorbio, loin de tout alcool, je suis hors alcool mais pas heureux. Depuis très longtemps j'avais en main tous les éléments pour me soigner mais je pensais que je pourrais le faire seul et maintenant c'est un bon résultat, après la rechute (parce que je me suis retrouvé avec de l'argent, j'ai rechuté).
Il avait passé des séjours plus ou moins long dans des établissements psychiatriques qui ne lui ont rien apporté quoiqu'après St Luc il soit resté 2 ans et ½ abstinent et ne comprend pas pourquoi. St François, hôpital psy, après St Christophe il est quand même resté 3 heures abstinent, un exploit dit-il.
La thérapie de groupe au CALME est vraiment le moyen qui lui a permit de se retrouver, il se trouve dans une dynamique positive, se reconstruit en faisant des tas de projets : peinture, musique, informatique, il espère pouvoir retravailler quelques heures pour améliorer l'ordinaire et pouvoir reprendre son indépendance. Jean Jacques l'avait travaillé en douceur au corps pour qu'il fasse quelque chose pour s'en sortir, il pensait qu'il faudrait qu'il ait un pépin pour prendre conscience. Son hospitalisation à Gorbio à fait le reste. Il a suivi ses conseils et maintenant en est très heureux. Il a mis le temps mais, il lui fallait ce temps pour que la cure soit une réussite.
James a été abstinent pendant 3 ans ½ après sa première cure à Illiers Combray, là ils vous réapprennent à vivre en égoïste, il avait réussi à se reconstruire. Un moment de faiblesse, dit-il, et c'est la déception, la reprise des verres, le divorce, la prison... Pour l'instant les projets sont faibles car il est encore dans l'alcool, il espère refaire du sport car il était de niveau élevé. « Je me suis auto mutilé avec l'alcool alors à moi de choisir. J'en ai marre d'en avoir marre, j'ai envie de renaître, trouver un appartement. Mais chaque chose en son temps », il aime dessiner et veut reprendre le dessein (encore un artiste à SANSAS). L'essentiel en ce moment c'est la bouteille, il faut qu'il en fasse son deuil. IL se sent seul à Nice mais toute sa famille lui a tourné le dos et habite dans les environs. Son but retrouver du lien.
A.M. Elle part en cure d'ici 5 jours et nous parle de son mal-être.
Tout ce que fait François est bien
Tout ce que je fais est mal
Il n'a que des qualités, moi je n'ai que des défauts. Elle n'a pas peur de lui, mais il est violent et finalement il sait qu'elle le craint. Ses réactions sont violentes. Il a été trop longtemps seul, il n'a pas eu l'habitude depuis longtemps de vivre avec quelqu'un, elle nous raconte ses relations avec humour : à la cuisine avec un saladier, dans la chambre avec la rainure du drap qui doit être comme ça et non comme ci. Elle va écrire les dix commandements de la salle de bain : gant de toilette ici, serviette pliée en quatre le revers par ici, la brosse à dent dans ce sens et le verre à dent dans l'autre .... Quel humour. Pour la première fois elle parle devant lui en notre présence pour lui montrer ce qu'elle est, quelques minutes plus tard il quitte la salle sans mot dire.
Pierre ne s'est pas rendu compte de son basculement, toujours chaud, il croyait vivre la vie ordinaire. 28 ans d'un Amour merveilleux, elle a fait la relation entre l'alcool et lui mais il n'a pas vu ses enfants grandir, je vivais dans un monde à part avec mes 4 à 5 litres de vin par jour. C'était de l'inconscience, vis à vis des copains j'étais bien avec eux. Je me suis leurré, je me suis satisfait d'une vie familiale que, finalement, je croyais intéressante et je cherchais des excuses pour boire. Mes petits enfants, je les découvre maintenant parce que mes enfants ne voulaient pas qu'ils me voient dans l'état où j'étais. Je ne les connaissais pas trop obnubilé par la bouteille.
Après l'arrêt de l'alcool, les copains de bar m'ont appelé « coca light » mais c'était plutôt flatteur pour moi alors que pour eux c'était plutôt méchant, je m'y suis habitué et eux aussi.
J'ai repris le dessin, je m'amuse à croquer, je refais de la peinture. Ma vie a complètement été chamboulée pour le bien être de tous, moi d'abord, les enfants et les petits enfants.
J.J. nous ré explique toute sa période de 20 ans (première cure) à 50 ans (dernière cure), il a vivoté sans s'effondrer parce qu'il a fait plusieurs cures avec quelques arrêts de l'alcool durant quelques mois voire quelques années, il a essayé de maîtriser son alcoolisation avec l'Espéral pendant des années, il a perdu plusieurs femmes qu'il adorait mais qui ne pouvaient le comprendre et le supporter enfin quand il a compris après une psychothérapie de groupe d'où venait son mal être, sa tête s'est remise en place, il travaille plus qu'avant mais au moins il sait pourquoi et sa vie a été complètement chamboulée : un appartement est quand même mieux qu'une barquasse dans la baie de Villefranche avec Gilles comme voisin qui pouvait tomber à la baille à chaque embarquement. La vie est belle à être vécue maintenant.

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31 mai 2008 6 31 /05 /mai /2008 10:43

Sujet  Thèmes du jour :
"Les prétextes pour ne pas se soigner"


Compte rendu :
Une petite discussion s'engage sur la prévention chez les jeunes, suite à une émission radio ce matin.
Nous sommes tous en colère car nous avons l'impression que l'on découvre l'alcoolisation chez les jeunes depuis quelques jours seulement. En plus notre NON AGREEMENT par le rectorat pour intervenir en milieu scolaire nous met dans tous nos états. Les politiques veulent interdire la vente d'alcool aux mineurs !!!N'est-ce pas déjà dans la loi ? Les alcooliers en prennent plein les dents mais que pouvons nous faire....à notre niveau : une journée de publicité d'alcool est le budget d'un an de la prévention en France.
Puis Abdel prend la parole sur le sujet proposé
Je n'arrive pas à rouler sans carburant, il me faut donc deux où trois bières pour démarrer la journée alors comment voulez vous que je fasse une démarche pour me soigner.
Ensuite le médecin du CCAA a changé, je connaissais bien la précédente et maintenant la nouvelle ne me connaît pas alors c'est repartir à zéro et j'en ai marre.
Si je décide de pas aller à Leclerc le matin pour chercher la bière, à deux heures je ne tiens plus alors il faut que j'y aille.
Maintenant je suis trop fatigué pour aller en ville pour faire des soins, alors j'attends.
Gilles lui propose de faire les démarches de soins durant son Carême, car à cette période il ne boit pas, alors il n'a pas envie de se soigner puisqu'il va bien. C'est un cercle vicieux.
Il nous dit qu'il a le diable dans la tête. Il est conscient de sa maladie mais ne comprend pas que lui rechute et que les autres tiennent le coup.
Il craint Dieu et à la fin du carême, il oublie.
D'après lui son destin était inscrit dans ses gènes dès sa naissance, donc il ne peut rien faire. Il pense que l'alcool qui le détruit est une fatalité.
Il nous dit qu'aujourd'hui ce n'est pas lui qui a parlé mais les bières qu'il a ingurgitées. Il ne comprend pas ce qui se passe dans sa tête.
Gilles lui qui ne parlait pas avant de se faire soigner est loquace à n'en plus finir.
Il remettait toujours au lendemain les décisions de se soigner. Un jour il s'est décidé : un sevrage obligé à Gorbio suite à une fracture du pied, six mois d'abstinence et plouff la rechute, c'est là que la décision est prise d'aller au CALME. Ce qui l'a incité c'est qu'en venant à SANSAS, il n'a jamais été jugé, il nous a étudié et nous a compris. Son soutien majeur, J.J. ne l'a jamais jugé mais l'a toujours conseillé. Pourtant il y a eu des tentatives St LUC où il a tenu son abstinence pendant 2 ans, ST Christophe : 3 heures et St François 10 mn.
Il pense que ces cliniques n'étaient pas faites pour soigner l'alcoolisme mais il ne comprend toujours pas qu'après St LUC il soit resté 2 ans sans alcool.
Quant au CALME, il s'est investit dans cette structure de soin, il a eu vraiment envie de revivre et de renaître. Il retrouve ses passions, il n'arrivait pas à remettre en route tous ses hobbies, maintenant c'est reparti, il retrouve sa façon de vivre qui lui plait. Artiste il était, Artiste il redevient
Claude malgré une biopsie qui lui donnait : foie pré cirrhotique, n'a pas eu d'explication par le médecin alors avec son foie qui n'était pas cirrhotique, il pouvait continuer à boire. Maintenant, il se pose la question de savoir est-ce que le médecin lui en a parlé ou c'est lui qui n'a pas entendu : il penche pour la première solution parce qu'ayant rencontré le médecin quelques années plus tard, il lui a posé la question et sa réponse a été : je pense que vous n'étiez pas prêt à entendre le message que je voulais vous faire passer (Hypocrite va).
Nous mettons en cause la probité des médecins qui n'osent pas ou n'ont pas le temps de s'occuper d'un malade encombrant comme l'alcoolique (mais n'a-t-il pas fait le serment d'Hippocrate ?)
Christine à changé de médecin traitant, elle lui a parlé ouvertement de son alcoolisme, il a très bien compris et fait tout pour l'amener aux soins, il faut dire qu'elle se soigne. C'est sa demande à elle qu'il a prise en compte.
Christine se donne des excuses pour ne pas se soigner comme elle voudrait, elle a deux enfants de 9 et 10 ans et elle craint pour elles. Et pourtant ce sont ses enfants qui l'encouragent mais elle reste quand même réticente...Elle se rend compte de plus en plus qu'elle met en danger son entourage et qu'elle doit faire des efforts pour arriver à vivre sereinement sans alcool.
Dès que l'on devient conscient que l'on est malade alcoolique, de toute façon on se sauvera car on saura s'en sortir. Pendant des années on se dit qu'on est alcoolo mais surtout pas comme les autres : l'alcoolo du coin de la rue. Moi je peux maîtriser, je ne culpabilise pas parce que je sais que je me maîtriserai, c'est tout ce cheminement qui nous empêche de nous soigner. La honte de reconnaître ses faiblesses, on se renferme sur soi.
J'ai le temps
J'en suis pas à ce stade
Demain on verra
Je me dégoûte alors j'agis.......mais au bout de combien d'années.
Gilles J'ai rencontré un médecin en rééducation qui m'a parlé d'alcool, Les mots qu'elle a utilisées m'ont permis de reprendre conscience et espoir, il n'est donc pas nécessaire d'être un spécialiste pour aider les autres. Les généralistes ne m'ont pas donné de pistes ou je ne les ai pas prises, pas prêt à entendre, pas envie de faire. Le problème alcool ne se résout pas par un sevrage, au CALME j'ai appris beaucoup plus que l'alcoolisme, la rencontre avec l'Autre. J'ai appris que l'expérience bonne ou mauvaise pouvait toujours être transformée dans le POSITIF. Au début, durant les 3 premières séances dans la bulle, j'ai surtout écouté les autres, ça a été très utile car cela m'a permis de ne pas me disperser. Il faut tomber au bon moment pour pouvoir et cela peut servir aux autres.
A.M. Quand on sort du CALME on ne voit plus son compagnon de la même façon et comme il n'a pas changé et n'a pas fait l'effort de me comprendre, elle s'est laissée aller parce qu'elle ne voyait pas l'intérêt de se battre pour l'autre qui n'y comprenait rien. C'est le couple qui doit faire l'effort, la personne qui vous abaisse fait reculer celui qui veut aller de l'avant et un jour : « a quoi bon, après tout achetons une bouteille ».
Sachant qu'il ne veut pas me laisser ma liberté, je n'avais plus envie de recommencer et puis la rencontre avec une Amie, j'ai retrouvé SANSAS et l'espoir de faire quelque chose. Dans deux semaines je suis à nouveau en cure. J'ai la volonté de faire puisqu'en cinq jours tous mes papiers étaient faits.
Nous connaissons son compagnon et savons qu'il y aura beaucoup de problèmes à la sortie parce qu'il est probablement malade lui aussi (mais pas de l'alcool), il parle beaucoup, il met sa compagne sous l'éteignoir et parle beaucoup, surtout de lui.
Marie que nous avons vu déjà il y a quelques dizaines de jours n'avance pas beaucoup, elle est suivie par un CSST, mais ne parle pas d'avenir mais des relations malsaines qu'elle côtoie avec un compagnon.
Ses excuses pour ne pas se soigner
Si je part mon compagnon va squatter mon appartement
Vivre dans la peur
Problèmes administratifs
Temps perdu à faire autre chose
Demande de CHRS
La rechute la terrorise mais....
Elle s'autorise à boire, en cachette tous les soirs, sa grande bouteille de bière.
Sujet intéressant parce que tous ont participés.

 

 

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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 13:07

Sujet  Thèmes du jour :
"Quel comportement avez vous devant une personne alcoolisée???"
(à la permanence ou ailleurs)


Compte rendu :

Nous entamons notre discussion sur le comportement de Karim qui est venu la semaine dernière. Le premier problème d'après Gilles qui a connu la toxicomanie est qu'il doit d'abord arrêter sa consommation de méthadone pour se sortir de l'alcool, surtout qu'il y a de l'alcool dans ce produit. Quand nous parlons de « l'autorisation du psycho de boire une bière par jour », chacun pense que ce n'est pas possible, nous avons du mal à admettre que ce chemin est, actuellement, la meilleure manière pour se stabiliser avant d'envisager une abstinence totale. Au Canada, ce système est testé avec plus ou moins de réussite, plutôt moins que plus mais ce n'est qu'un début. Cédrick soulève alors le fait de la dépendance ou non à l'alcool.
Puis nous passons au thème du jour qui est difficile a mener parce que chacun a une interprétation personnelle de la personne alcoolisée, ivre à tomber, ivre n'allant pas droit, ivre mais conscient, alcoolisé mais réfléchissant et sachant dans quel état il est.
Cédrick dès le début nous dit que lui fuit le malade qui ne peut comprendre ce qui se dit car il est trop alcoolisé : par exemple, il y a deux mois Serge est venu à la permanence alcoolisée, Cédrick a compris immédiatement que rien ne pourrait sortir de notre discussion et dès que nous avons parlé avec Serge, il a prétexté une course et est parti, il est vrai que c'était presque la fin de la réunion. Quand il apprend aujourd'hui le scandale que Serge a engendré parce qu'il ne pouvait admettre qu'il était dans la galère depuis vingt ans et que ce n'est pas nous qui allions lui apprendre à boire, Cédrick se dit qu'il a bien fait de partir parce qu'il aurait mal vécu ce comportement tout comme Gilles qui était prêt pour rentrer en cure a eu du mal a supporter ce comportement.
Mais il nous dit que s'il peut aider, il reste avec nous.
A.M. nous confirme que pour elle quand il y a agressivité, il n'y a pas de possibilité de discuter. Mais tout dépend des circonstances.
Nous rappelons l'histoire de Christian qui ne pouvait supporter, durant la permanence de personnes alcoolisées, finalement, il est resté un Ami, mais il n'est plus revenu à la permanence de peur de rencontrer d'autres malades alcoolisés. C'est l'effet miroir qui a joué pour lui, il nous a dit un jour : « tu vois, j'aurais pu devenir comme lui ...clochard dans la rue », il est vrai qu'à l'époque nous avons eu plusieurs cas de personnes très alcoolisées, Micka, Michel, Fabienne...
Pierre nous dit que cela le dérange d'avoir des contacts avec des malades alcooliques à l'extérieur, il a l'impression que dès qu'une personne alcoolisé a besoin de quelqu'un dans la rue, c'est toujours vers lui qu'il se tourne et pourtant ce ne doit être qu'une impression qui lui reste accroché à la peau.
Claude ter avait un copain de montagne au moment où ils buvaient ensemble, il reste encore en lien avec lui, mais les relations ne sont plus franches car quand il boit un verre d'orange, l'autre boit trois bières, le contact n'est plus le même parce qu'ils n'ont plus le même niveau psychologique. Il sent qu'il ne fait plus parti de son monde. Cet ami lui a dit un jour que maintenant il avait une vie saine et Claude craignait beaucoup son contact à sa sortie de cure. Maintenant, ce qu'il n'avait pas remarqué plus tôt, il s'aperçoit de la consommation excessive de bon nombre de ses amis de montagne.
Cédrick nous reparle de son père, il nous dit que durant les premiers verres il ne voit pas de changement dans son comportement et d'un seul coup, un verre de whisky et son comportement change
Christian est devenu totalement intolérant vis a vis de la personne qui consomme trop, cet effet miroir fait également son effet sur lui. Il se pose la question : « pourquoi, moi qui était un alcoolo invétéré, j'ai réussi à prendre conscience et à me soigne et je ne comprends pas qu'eux ne fassent pas comme moi ».
Jacqueline qui vient à la réunion régulièrement, n'a pas de problèmes avec l'alcool, la promiscuité la dérange mais elle est pleine de compassion pour le malade alcoolique ; Elle se pose la question de savoir pourquoi il ou elle en est arrivé là.
Gilles essaye d'expliquer à Jacqueline qu'elle ne peut pas avoir le même ressenti que celui qui a été malade. Lui peut arriver à se mettre à la place de celui qui est alcoolisé parce qu'il a été très loin dans son alcoolisation, il peut arriver à s'identifier à lui ce que ne peut faire Jacqueline, ce qu'elle admet volontiers.
A.M. a du mal a pouvoir regarder un alcoolique et elle nous fait un témoignage très émouvant, de son passé de jeune fille. Avec une Amie, elle a retrouvé son père, ivre mort sur le trottoir et elle n'a pas pu le dire à son Amie, par honte, par pudeur. Ce comportement d'alors est encore très vif et cette angoisse qui est apparu nous a laissé avec beaucoup de compassion pour elle, puis on père est décédé quelques temps plus tard après avoir bu une bouteille d'alcool à brûler. Elle doit rentrer en cure dans quinze jours et nous lui conseillons de parler de cet épisode de sa vie qu'elle n'a pas réussie à extraire de son cerveau. Nous ne sommes pas un groupe de thérapeute mais il est sûr que psychologiquement ce fait l'a extrêmement troublée. Elle culpabilise énormément car elle est restée dans le jugement et qu'elle ne comprend pas qu'elle n'ait pu pardonner.
Abdel était là aujourd'hui, nous craignons pour son intégrité physique, car nous l'avons vu dans un état, peu alcoolisé, mais délabrement physique important. Il a le visage bouffi par l'alcool, son discours ne change pas depuis 10 ans que nous le connaissons,il ne veut rien faire alors que nos encouragements sont insistants, mais nous ne pouvons malheureusement pas faire POUR lui, il DOIT faire, il ne veut pas ni ne peut. Abdel nous dit que devant quelqu'un d'alcoolisé, il ferait tout pour atténuer sa douleur. On sait que Abdel, sans alcool, a un cœur d'or.
Jean Jacques a de la peine et beaucoup de compassion pour les personnes alcoolisées. Quand il regarde dans un bar, il voit que tous les alcoolos se ressemblent, même comportement , même dégaine, même position au comptoir et il se dit que lui même était comme eux et il voudrait bien leur crier « mais, voyez moi, j'étais comme vous il y a quelques années. Regardez la différence ».
Le changement est important quand on arrête l'alcool, il est prêt à aider qui que ce soit pour qu'il sorte de l'alcool, il est vraiment dans l'aide des autres. Gilles ne dira pas le contraire.
 

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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 10:15

Sujet  Thèmes du jour :
"La reconstruction après une cure"


Compte rendu :

Après sa sortie de cure il y a huit mois, Christine va bien et a retrouvé sa place dans la société sans difficulté. Elle n'a pas suivi de post cure ni de traitement. Elle n'avait pas perdu son travail et comme auxiliaire de vie, même alcoolisée elle était très appréciée. Maintenant elle reprend une vie normale sans alcool, elle sort, au début difficile parce qu'il lui était toujours proposé de boire un verre. Maintenant elle conduit ceux qui ont bu, c'est une motivation supplémentaire. Sa fille la trouvait pesante mais maintenant elle est rassurée. Par contre elle qui était toujours trop au service des autres est devenue un peu égoïste car elle pense à elle.
Gilles sorti de cure depuis trois semaines, revit. Il vient à l'association c'est le passage obligatoire pour se reconstruire. Tout d'abord, il s'est mis à l'informatique et rêve de remplacer Claude bis comme Webmaster du blog. Il est plein de projet : avec l'alcool il avait abandonné la peinture, la musique (nous lui connaissions pas de talents artistiques), il va s'y remettre, il n'a plus assez de temps pour faire tout ce qu'il veut faire. Son avenir est de pouvoir vivre avec sa fille dans un appartement, tous les deux. Pour l'instant il ne voit pas l'intérêt de fréquenter un psy, mais ne se l'interdit pas s'il sent que sa souffrance revienne à la surface. Il lui semble avoir fait une cure jusqu'au bout. Il nous dit qu'il avait, durant son alcoolisation, beaucoup travaillé sur lui-même et qu'en cure, les portes déjà entrouvertes ont pu l'être entièrement, il a même pu en ouvrir d'autres dont il ne pensait pas qu'elles pourraient être essentielles pour sa reconstruction.
A.M. très causante dès que son compagnon (qui est toujours dans le jugement) n'est pas présent, a fait une cure il y a trois ans, et après deux réunions avec nous elle se décide à repartir en cure. Encore une artiste, elle aime le théâtre où elle fait avec d'autres de l'improvisation avec et la danse, mais son compagnon ne la suit pas sur ce terrain, nous lui souhaitons qu'après sa cure elle aura la responsabilité de faire ce qu'elle a envie afin de se reconstruire sans une baguette derrière elle. Après sa première cure elle n'a pas pu ou pas voulu rejoindre l'association, nous lui conseillons de venir nous voir régulièrement d'ici deux mois. Pour l'instant elle est décidée, mais nous sentons son désir parce que maintenant elle suit un programme de cassette dans un CCAA.
Claude après plus de vingt ans d'alcoolisation, une crise de delirium tremens, a rejoint dès sa sortie un MaB, a été suivi pendant 18 mois par un médecin psychiatre, un médecin généraliste. A sa sortie de l'hôpital il ne savait pas quoi faire pour occuper les moments de boire et déboire, finalement une maquette a comblé ces temps de libre avant d'enfin se réouvrir sur l'extérieur par le sport, l'associatif, le syndicalisme, la politique avant de prendre des responsabilités dans son MaB. Le travail a été dur parce qu'il n'a pas retrouvé une place qui lui convenait dans une grande usine sidérurgique où pourtant il y avait de quoi lui trouver un boulot sympa. Ah les chefaillons, ils ne savent pas qu'ils peuvent faire de gros dégâts dans les esprits des travailleurs.
Arrive alors deux nouveaux, sous emprise alcoolique, plus ou moins légère. Ils troublent un peu le rythme de la discussion mais ont quand même des raisonnements plus ou moins sensés.
James a fait un cure à Illiers Combray, il est resté 3 ans ½ abstinent, vivant dans les vosges, décès d'un enfant divorce, retour à ses origines, Nice, rechute ou il touche le fond. A 33 ans, il se trouve trop jeune pour être abstinent toute sa vie. Mais son débit de parole, nous montre bien qu'il n'est pas bien dans sa peau.
Karim : 28 ans, la galère avec toutes les drogues, depuis trois ans a arrêté l'héroïne et la Cocaïne mais l'alcool a pris le relais. Il a le même raisonnement. A 28 ans il n'est pas envisageable de vivre une vie sans alcool. Le Psychologue le met dans des conditions de diminution de son alcoolisation, il est vrai que ce n'est pas notre philosophie, mais nous devons nous adapter à ce discours qui de plus en plus est employé chez les jeunes consommateurs dépendants.
Jean Jaques qui arrivent témoigne de ses 30 ans d'alcoolisation, depuis l'age de vingt ans, une cure à 20 ans, et ensuite quelques périodes d'abstinences, d'autres d'alcoolisation massive, des longues périodes de gestion de son alcoolisation avec l'Espéral et la rechute. Enfin, une cure il y a trois ans, la rencontre avec l'association, un suivi léger avec un psychiatre et maintenant il lui semble avoir retrouvé la route qu'il n'aurait jamais dû quitter mais la Vie en aurait jugé autrement. L'association est le lieu qui lui permet le mieux de se reconstruire.
Pierre après un passage à l'hôpital où il a vu « Gastro Entero Alcoolo », s'est arrêté après 40 ans d'alcoolisation (personne ne lui avait dit qu'il était alcoolo), a suivi son alcoologue chaque semaine pendant quelques mois, après le retour de ses enfants, de ses petits enfants font qu'il s'est reconstruit petit a petit et est venu rejoindre l'association qui parfait sa reconstruction.
Malheureusement il est atteint de polynévrite aiguë, il ne sent plus ses jambes.
Du coup Karim, se pose des questions et ne peut pas arriver à croire que l'alcoolisme peut amener à cette maladie des nerfs, il pose des tas de questions qui ne l'avaient même pas effleurées. Il se demande pourquoi aucun médecin ne lui a parlé des dégâts physiques qu'entraîne la consommation d'alcool.
Malgré l'arrivée de 2 nouveaux, cette réunion a été très constructive pour que chacun se souvienne que la reconstruction se fait jour après jour et pour chacun de façon différente.
 

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11 mai 2008 7 11 /05 /mai /2008 11:18

Sujet  Thèmes du jour :
"Le droit au bonheur"

Compte rendu :
Le droit au bonheur est un sujet qui est intéressant mais la définition même du bonheur est sujet a caution et est difficilement définissable. Pour certains c'est une toute petite chose, un sourire, une compréhension de l'autre, un bon film de cinéma et pour d'autres c'est travail, santé, Amour, compagne ou compagnon, argent etc...
Nous sommes à peu près tous d'accord pour dire qu'il n'y a pas de malades alcooliques heureux et encore certains se rappellent les conn... faites sous emprise alcool et en rigole, ce n'est pas parce que l'on a un verre d'alcool dans le nez que l'on rigole pour se sentir heureux. Ce ne sont que des illusions du moment, tu crois être heureux mais en fait dès qu'arrive le manque, il n'y a plus qu'une chose qui compte c'est l'alcool, tout de suite.
L'alcoolique a son bonheur, à sa manière, mais pour nous c'est plutôt la souffrance.
Durant une journée ordinaire, le malade alcoolique avec deux verres de rosé se sent plus à l'aise, peut parler, peut draguer, il marche par séquence et en fin de journée finalement il est globalement malheureux.
Au départ de l'alcoolisation c'est boire pour faire la fête et dans la continuation, la fête a disparu, le manque est apparu et c'est plutôt la souffrance qui est apparue.
D'après Cedrick, son père est malade alcoolique car il boit tous les jours. Il se ment tous les jours mais il est heureux. Mais il a su dire un jour à Cédrick « tu es plus fort que moi car toi, tu as réussi à arrêter. Il pense qu'il est alcoolique parce que son comportement nui à sa famille quand il a sa dose d'alcool, mais pour lui il est parfaitement heureux dans sa vie. Quand il dit des méchancetés, il s'en veut mais il impose quand même ses opinions et ses décisions. Il aime la vie.
Il a été élevé dans l'alcool, le matin, au casse croûte, c'était la bibine, à midi apéritifs (plusieurs, au repas gros rouge, l'après midi idem et le soir en rentrant quand il lui semblait ne pas avoir sa dose, il savait qu'en allant chez le voisin, il boirait un ou deux apéros qui le mettraient en état. Il se dit alcoolique mais préfère continuer comme cela parce que finalement sa vie est réglée comme cela. Il se ment à lui même, mais accepte volontiers ce mensonge.
Un membre pose la question « est-il vraiment alcoolique dépendant ? pour Cédrick la réponse est « oui » car s'il n'a pas sa dose, il va la chercher et s'il n'a pas sa dose d'alcool il devient agressif.
Il est peut-être dans les 2 500 000 personnes qui sont buveurs excessifs et qui ne deviendront jamais alcoolo dépendants. La discussion est difficile parce que personne ne connaît le père de Cédrick qui reste sur ses positions à juste titre. Mai qui va à l'encontre de son expérience puisqu'il s'est fait soigner depuis 3 ans et demi et l'opinion des autres qui se sont fait soigner tous parce qu'ils en avaient mare d'en avoir mare.
Car si nous nous faisons soigner, ce n'est pas de l'alcool que nous nous soignons mais du mal-être qui a entraîné cette consommation pour oublier que l'on était mal. L'alcool était notre psychotrope. D'après Cédrick son père n'utilise pas l'alcool comme un médicament mais il ne peut s'arrêter de boire.
D'après lui, il voudra arrêter sa consommation au moment de sa retraite mais il ne pourra pas.
Pierre nous fait un témoignage émouvant sur sa consommation d'alcool, sa peinture, ses enfants qui ne voulaient plus le voir et sa résurrection après l'arrêt de l'alcool. Malgré ses quatre litres de rosé par jour il ne se sentait pas alcoolique. Tous le voyaient autour de lui sauf lui qui ne pouvait pas le voir ou le comprendre.
Le compagnon d'A.M. est arrivé alors et il avait besoin de parler, il a du mal à comprendre l'alcoolisme de sa compagne car seul la volonté peut arriver à la faire arrêter et a surtout envie de parler de lui. Le sujet sur le bonheur s'arrête donc là mais la discussion a été très intéressante sur la notion de bonheur et simili bonheur.

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4 mai 2008 7 04 /05 /mai /2008 11:31

Sujet  Thèmes du jour :
"Le droit au bonheur"

Compte rendu :

"REMPLACEMENT DU THEME PREVU"

Accueil d’une malade
Nous recevons aujourd'hui une femme, malade alcoolique, qui est déjà venue nous voir il y a trois ans avec son mari. Aujourd'hui c'est une de ses Amies qui la fait revenir vers nous.
Elle a fait une cure, a rechuté, elle nous dit qu'elle a tenu trois ans sans boire, son compagnon la frappe, elle cache ses bouteilles mais l'appartement est petit et elle fait des tas de stratégies pour cacher son breuvage préféré mais elle est toujours dans la crainte que son compagnon trouve et frappe.
Elle parle de sa vie qui a été un enfer depuis son plus jeune age et souhaite maintenant en finir avec l'alcool. La semaine prochaine elle rentre pour une semaine de sevrage à l'hôpital.
Qu'attend-t-elle de l'association ? L'accompagner vers la Guérison.
Même si le bonheur est parfois effleuré ce n'est pas l'objet de notre réunion aujourd'hui. Nous devons nous adapter aux situations et la situation d'A.M. est la plus importante aujourd'hui.
Nous la félicitons sur sa nouvelle prise de conscience, elle commence à comprendre qu'elle n'arrivera pas toute seule et a déjà pris contact avec un psychologue qui pourra la voir et la suivre après son sevrage.
Elle sait que nous sommes présents tous les mercredis, elle habite à deux pas et pourra venir nous voir toutes les semaines, ce que nous considérons comme indispensable pour elle. Nous lui conseillons de venir seule sans son compagnon qui est quelqu'un d'entier et qui n'a pas compris sa maladie il y a quatre ans et qui ne comprendra encore rien cette fois ci. Il faut qu'ELLE se prenne en charge.
Chacun son tour nous lui expliquons que ce n'est pas toujours facile d'arrêter mais qu'une majorité des présents ont mis plus d'un an pour s'en sortir.
Claude bis, trois cures ou post cure, un an de psychiatrie en HDT et puis la rencontre de Sansas qui lui fait prendre conscience de la maladie.
Cédrick n'a entendu parler de maladie que quand il s'est fait soigner au Calme, ce fut une révélation et il a tergiversé avant de venir nous rencontrer « parler alcool encore et encore, il n'en voulait plus » et pourtant il a senti le besoin de pouvoir se confier et maintenant il est fidèle.
J.J. 30 ans d'alcoolisation et comme il dit après trois ans où enfin il a compris sa maladie, il sent la nécessité de venir, même si ce n'est qu'un quart d'heure.
Claude 18 mois de rencontre avec un psychiatre, l'associatif et enfin une prise de conscience qu'il n'était pas nul, qu'il avait des possibilités et qu'enfin il pouvait les exprimer, le sport, association de locataires, prises de responsabilité dans et hors association.
Puis A.M. demande comment se fait-il que son compagnon qui lui dit qu'il l'aime ne peut pas l'aider, car aimer quelqu'un c'est faire confiance.
A.M. a peur de son ami et lui profite de la situation, Cédrick lui répond que elle ne peut atteindre un bonheur quelconque tant qu'elle est sous emprise alcoolique, car le malade peut avoir l'illusion du bonheur, mais ici personne ne connaît d'Alcoolique heureux.
A.M., très bavarde, nous dit que durant sa cure au Calme, elle avait été avertie que ELLE avait changé mais que son compagnon lui n'avait pas changé, ce sera à toi de t'adapter à son comportement, mais sans alcool tu en es capable. Surtout si tu es allée au fond de ta thérapie et que tu as compris pourquoi tu t'étais mise à boire.
Son souci, c'est qu'elle supporte très bien l'alcool mais comme il lui en faut, même pas beaucoup, elle redoute le manque et donc cache ses bouteilles. Pour elle sa consommation est festive mais il faut perdre, au moins pour une grande partie de la population, de dire que la fête signifie : ALCOOL
Il faut s'habituer à vivre sans alcool, et ce n'est pas facile dans une société où tout est prétexte à boire.
L'Amie de A.M. nous dit qu'elle a de la chance parce qu'elle ne supporte pas l'alcool : après deux verres, « je ne suis déjà plus moi, je suis malade »
Laurence que nous connaissons depuis déjà sept ans est dans une période difficile, elle a peur car elle baisse les bras devant son fils qui ne fait rien, boit, fume du cannabis et elle devient lasse avec cette peur de rechuter. Comme elle dit, je me laisse aller et je me fous de tout. Heureusement, elle a une satisfaction avec sa fille qui partait en « live » et qui s'est reprise depuis qu'elle a un nouveau copain. Malgré son travail et l'éloignement, elle essayera de venir nous voir, même si ce n'est pas longtemps.
J.J. arrive pour son quart d'heure avec nous (c'est son travail qui le retient (travailler plus pour ...aider un copain). Ses conseils sont toujours judicieux et il nous parle aujourd'hui du médical qu'il ne faut surtout pas négliger.
La semaine prochaine nous verrons si nous pouvons aborder le thème choisi pour aujourd'hui : le droit au bonheur.

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26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 13:29

Sujet  Thèmes du jour :
"Le bénéfice des associations d'anciens buveurs"


Compte rendu :
D'après Jean ces réunions aident à consolider l'abstinence. Des fois, c'est assez contraignant pour un conjoint car il y a beaucoup de redites lorsque ça fait longtemps qu'on fréquente l'association, ce qui n'est pas le cas pour l'ancien buveur.
Christian pense que la présence des uns et des autres est très utile, autant pour le malade présent qui est sorti de cure la veille que pour l'ancien qui a fait de multiples rechutes malgré la connaissance du mouvement depuis plus de 10 ans.
On se sent mieux de côtoyer des gens qui ont eu le même problème que nous car il se crée une sorte de connivence. Il est bon de pouvoir parler, être écouté, entendre le témoignage des autres car nous avons vécus des situations, non pas identiques mais semblables.
Pour Abdel, sa présence lui permet de ne pas consommer pendant quelques heures, et encore !, mais elle lui permet de renouveler sa tête. (Quand la remettra-t-il sur ses épaules ?)
Pour Olivier, la parole, le non jugement des autres, les « trucs » qu'on peut se donner les uns les autres (les micro doses, endroits à ne pas fréquenter, etc..). Quand on est abstinent depuis longtemps, on a tendance à ne se rappeler que les bons moments passés avec l'alcool, alors qu'avec l'association, on met sur la table surtout les mauvais moments et cela nous remet dans la réalité.
L'association permet de se récupérer palier par palier, c'est très important surtout si on a rechuté. N'est ce pas Christian, ta venue parmi nous t'a été très salutaire. Tu étais dans les vaps pendant quelques réunions et peu à peu tu es revenu à ton meilleur niveau.
Chantal se demande parfois pourquoi elle continue à venir, que l'on prenne de l'alcool ou que l'on n'en prenne pas, on est quand même tous liés par ma même problématique.
Le lien entre tous les participants est très important et très intéressant. Le lien c'est surtout de pouvoir parler LIBREMENT de l'alcool..
Jean, qui a connu Catherine en période alcoolisée et en longue période de soin (18 mois en Hôpital de jour) vient par solidarité pour Catherine, mais il est aussi heureux de rencontrer des personnes qu'il aime bien et qu'il apprécie.
En venant à l'association on peut parler de notre souffrance vis à vis des gens qui nous sont proches.
Christian pense qu'il ne s'en serait pas sorti s'il n'avait pas fréquenté Sansas et Couleur café (café sans alcool tenu pas SOS DI)
Au sein de l'association, on peut parler d'alcool sans animosité, sans reproche ce qu'il nous est pratiquement interdit de faire à l'extérieur, même avec des proches qui peuvent ne pas comprendre par manque d'information.
Cela nous permet de préserver notre espace.
Olivier, nous dit, qu'au début il venait pour ne pas embêter ses proches sur ces problèmes qu'ils pouvaient ignorer, maintenant, il vient, quand il le peut, pour se ressourcer, mais il faut dire qu'à SOS DI, il en voit tous les jours et que parfois il lui semble bon de décrocher et passer ses soirées avec sa petite famille au lieu d'être parmi nous. Nous le recevons 5 sur 5.
Pour Laurence, en tout premier lieu on se fait de Amis sur lesquels on peut compter en cas de petit coup de cafard (déprime dû à l'arrêt de l'alcool). Ca permet aussi de se positionner par rapport aux autres (on fait sa propre auto évaluation) et ceci permet de tenir même durant les passages délicats de la Vie (c'est l'effet stimulant)
Quand on vient pour la première fois, on voit des gens guéris et on peut se dire « pourquoi pas moi ».
Bienvenu à Karim qui vient pour la première fois et qui en principe devrait renouveler l'expérience alors qu'il sort d'un séjour à Saint Christophe.
J.J. : C'est nécessaire de venir, non pas en spectateur mais en acteur, et surtout y rester. Moi je n'y ai pas cru pendant plus de vingt ans ! Il ne faut surtout pas que l'on reste en dehors de l'alcool en pensant que tout va aller bien, c'est une utopie que de penser que l'alcool est une affaire réglée mais il nous rattrape toujours alors, il vaut mieux fréquenter une association qui vous permet de continuer à penser que vous étiez un malade de l'alcool et qu'il ne faut surtout pas y retoucher.
Laurence qui vient de passer le Cap des sept ans éprouve le besoin de venir car elle passe un mauvais moment actuellement : soucis familiaux surtout et l'alcool revient à la surface de ses pensées, elle est attirée et elle a peur de la rechute. La crainte de revivre ce qu'elle a déjà vécue la retient de ne pas re consommer.
Le contact avec l'assos est nécessaire et essentiel pour tenir le coup.
Le groupe est là et c'est important.
Olivier qui suit beaucoup de personnes malades alcooliques de par son métier, voit beaucoup de rechutes alors qu'il y a très peu de rechute à Sansas et qu'en général elles ne sont que de courtes durées parce qu'il y a une Amitié qui ne se dément pas dans le groupe et qui permet à ceux qui souffrent de trouver des êtres qui comprennent sa souffrance.
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19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 13:20
Sujet  Thèmes du jour :
"Relations avec le corps médical et paramédical."

Compte rendu :
Nous accueillons avec plaisir aujourd'hui Mélody, rédactrice du mensuel «Fem'infos» qui paraît sur les Alpes Maritimes et le Var. Elle doit préparer certainement un article sur l'alcoolisme et a participée activement à cette réunion..
Pour qu'elle nous connaisse nous faisons un rapide tour de table et Pierre nous présente son sevrage à l'Archet II, son déclic se passe à l'entrée du service « GASTRO... ENTERO... ALCOOLO... », Lui qui malgré ses quatre litres de vins ingurgités par jour ne se savait pas alcoolique. Après 5 jours le médecin l'a fait marcher dans le couloir, il a marché droit. Il lui a demandé également si les numéros des chambres étaient en progression ou régression, il lui a bien répondu alors le médecin lui a dit : « Alcool zéro » et depuis c'est alcool zéro depuis quatre ans.
Le médecin généraliste de Claude ter s'était aperçu de sa maladie mais il ne lui a rien dit : Claude était sportif, il partait dans le cirage après la cuite de la veille, se réveillait et cuvait pendant la marche d'approche et escaladait toute la journée et revenait vite à Nice pour étancher sa soif. Le médecin généraliste finalement ne sachant pas trop quoi faire l'a envoyé d'abord chez un psychiatre qui n'avait d'autre solution que les psychotropes, le généraliste l'a alors dirigé vers le CCAA où enfin il a rencontré compréhension et encouragement, un sevrage à l'hôpital de huit jours, six mois d'abstinence et rechute et finalement c'est la cure en milieu spécialisé, le Calme à Cabris, qui lui a permis de retrouver la sérénité même si durant son passage en milieu spécialisé, il a eu des problèmes relationnels avec son groupe.
C'est le médecin généraliste qui pose problème, il n'arrive pas ou ne sait pas ou ne veut pas prendre conscience de la maladie alcoolique. Il en connaît, à sa décharge que les conséquences de l'alcoolisme chronique qui lui ont été enseignées à la Fac de médecine.
Christian pense que le clientélisme y est pourtant pour quelque chose, car chaque fois qu'un médecin lui a dit qu'il avait un problème avec l'alcool il changeait de médecin. En plus il pense que l'alcoolisme n'est pas une maladie valorisante pour le médecin, il lui faut du temps, beaucoup de temps pour un avenir plutôt aléatoire. Il faudrait que le médecin généraliste passe deux consultations par alcoolo, alors sa salle d'attente deviendrait un enfer. Il voit en moyenne, au moins 3 patients par jour qui sont alcoolo dépendants mais il n'en détecte aucun.
Catherine nous dit que c'est son médecin généraliste qui l'a envoyée au centre spécialisé des Bruyères à Grasse, mais ce n'est pas sur son initiative mais c'est elle qui lui a dit qu'elle avait des problèmes avec l'alcool, le médecin n'osait pas lui en parler. C'est une amie qui lui avait dit qu'il fallait qu'elle fasse quelque chose parce qu'elle l'avait trouvée ivre morte. Mais contrainte et forcée, la rechute est vite venue. Sa fille ayant quittée la maison à ses dix huit ans, elle a commencé à comprendre que si elle ne faisait rien, elle perdrait ses deux autres filles et son mari. Elle est allée voir son psychiatre qui lui a proposé des jeux de rôle à l'hôpital Pasteur. Cela a duré 18 mois en hôpital de jour, elle a fréquenté l'assos durant cette période.
On sent très bien que les relations avec le corps médical sont très contradictoires : quand le médecin est un alcoologue avéré, il n'y a que des satisfactions, quand c'est un médecin qui ne connaît pas les addictions, le duel est à fleurets mouchetés, et il y a beaucoup d'incompréhension.
Je profite d'insérer le message de Christine qui bien que n'étant pas là a voulu nous faire savoir son point de vue : « médical ou paramédical ? Qu'elle est la véritable solution ? Je suis triste de ne pas être avec vous ce soir.
Cependant je pense que l'important est de trouver la bonne solution pour soi-même et comprendre son propre problème. Très difficile. Le mal est en nous et le mal fait très mal. C'est difficile d'abord de ce rendre compte et après de demander de l'aide, à un médecin. (Il y a beaucoup de médecins "traitant" qui ne savent pas ce qu'est une addiction) Alors je crois que nous avons, comme toute personne avec une addiction, un besoin médical.. Sans pour cela remplacer une alcoolisation avec des médocs ou autre. Mais il me semble parfois indispensable d'être vrai avec nous même. Même si c'est dur. Une psychothérapie, ou un autre choix, qu'importe. Trouver le moyen de s'en sortir est le but. Cependant nous sommes des entités, des identités, des êtres, uniques, et il existe des médecins et psychologues qui peuvent nous aider. Et aussi et surtout des assos "sansationelle" avec qui surtout, rien n'est tabou, tout le monde est accueilli tels que nous sommes. Merci à vous. »
René Gabriel nous dit que le généraliste a mis très longtemps à aborder le sujet de l'alcool avec lui, et ce n'est pas lui qui l'a envoyé en cure. Il se trouve toujours très bien dans les structures hospitalières, mais il a senti des psychologues très culpabilisateurs tant au Calme qu'au CCAA. Sa réaction a été très négative. Quant à son hospitalisation à la clinique psychiatrique de St François, il a eu des problèmes aussi avec le psychiatre parce que se sentant très bien, faisant plus d'activité qui ne lui était demandé, il a voulu donner un coup de main aux autres et les Psychiatre l'a repris en lui intimant l'ordre de ne plus s'occuper des autres mais de lui-même, ce que René Gabriel n'a pas supporté, il a bu un week-end sans que cela ne soit visible alors il a chargé la mule pour se faire éjecté de l'hôpital la semaine suivante. Depuis, il n'arrive plus à retrouver un équilibre car il est très dépressif et comme il dit, il est bipolaire c'est à dire maniaco-dépressif.
Son souhait actuel est d'aller en hôpital de jour pour essayer de régler ce problème alcool, mais on lui demande d'être abstinent avant d'entreprendre cette démarche. C'est le serpent qui se mord la queue. Ah ! ces médecins qui ne comprennent rien font beaucoup souffrir ceux qui sont déjà dans la souffrance. Il va tenter d'aller au CCAA pour devenir abstinent.
Quant à Jean Jacques, il a toujours vécu des situations conflictuelles avec les médecins généralistes, mais du moment qu'ils lui prescrivaient l'Espéral, cela lui suffisait. Il n'avait pas trouvé durant 30 ans un médecin digne de ce nom qui pouvait l'aider, seul le Calme lui a donné la solution : « ce n'est pas l'alcool qu'il faut supprimer, mais retrouver une nouvelle vie où l'on est heureux et cela passe par l'abstention d'un produit que l'on appelle ALCOOL. » Il n'arrivait pas à parler d'alcool avec son généraliste. Il ne pouvait pas en parler car il se heurtait à un mur d'incompréhension, il voulait l'Espéral mais 99% des médecins lui fournissaient avec dédain. Trop de rechute, malades inintéressants. Le généraliste a toujours cette fausse idée que l'alcoolique doit arriver à s'arrêter de lui même avec de la volonté, que s'il est malade c'est bien de sa faute, et en plus ils n'ont pas le temps de se former car ils travaillent trop pour gagner plus.
Claude bis a eu une mésaventure avec un médecin qui pourtant le connaissait bien en temps qu'ancien malade, il lui a fait une injection, pour soigner son dos, avec 80% d'alcool. Claude a eu, après trois ans d'abstinence, des tremblements des suées, du mal être important, des envies de reboire et il a compris en lisant la notice du produit. Depuis, il épluche les ordonnances du médecin afin de ne pas se faire piéger. Mélody pose plusieurs questions sur ces micro doses et elle n'en croie pas ses oreilles et pourtant que de rechutes avec ces micros doses.
Claude parle de son expérience vis à vis des laboratoires qui n'ont pas de produits substitutifs à l'alcool pour les prises de sang, alors il va avec sa topette de Béthadine.
Melody nous demande quelle prise en charge aux urgences (surtout chez les jeunes et les moins jeunes). Il n'y a pas de prise en charge, un alcoolique qui arrive avec les pompiers est mis à l'isolement pour dégriser et le lendemain est remis dehors sans avoir vu personne, pourtant c'est le lendemain quand le malade est à jeun qu'il y a une possibilité de dialogue, mais le service est toujours surchargé.
Conclusion : le malade alcoolique est très mal perçu chez le médecin généraliste et il doit lui même chercher la solution la plus adéquate pour se soigner. Heureusement des AS sont au courant et peuvent diriger vers des structures adapter. Mais combien vont voir des AS ?

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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 09:43

Sujet  Thèmes du jour :
"La souffrance des autres"

Compte rendu :
Aujourd’hui le sujet prévu a basculé vers la souffrance du malade.

Deux élèves psychologues étaient présentes à cette réunion, pour s’informer. Elles avaient suivi notre intervention à l’université et ont pu nous donner leur éclairage sur la souffrance après nous avoir bien écouté.

B. est arrivée alcoolisé, et à la moitié de la réunion c’est L. qui lui est dans un état épouvantable, alcoolisé, dans le déni et surtout en grave danger qu’il ne perçoit pas du tout. Il fait semblant de ne pas souffrir de son état mais nous voyons sa détresse dans son comportement.

B. a été hors alcool pendant cinq semaines,, elle s’est réalcoolisée une fois et les soucis de la Vie l’ont envahi. Des problèmes dans son commerce, des nouvelles de sa mère, la déception de ses proches ont amplifié sa rechute.

Pour quelqu’un qui n’est pas malade alcoolique il est difficile de se mettre dans la peau des autres.

Elle souffre, alors elle a abandonné tout traitement : Aotal ça ne sert à rien puisque j’ai rechuté, Seresta, j’étais dans le potage toute la journée alors je n’ai plus pris qu’un comprimé pour dormir car mon métier est fatiguant. J’avais rendez-vous chez le médecin et je n’y suis pas allé.

Sa souffrance est visible car elle ne parle que de cela.

Elle sent qu’elle fait souffrir sa famille mais ils n’arrivent pas à comprendre qu’elle ai pu rechuter.

Après la déprime du début, où elle se flagelle, arrive la colère. Ma mère était alcoolique et ses difficultés actuelles me font mal, je souffre. Je ne peux me soigner efficacement parce que si je ne travaille pas, ma famille aura du mal à vivre….

Nous connaissons tous ces comportements qui ne sont que des excuses pour se déculpabiliser de la souffrance qu’elle impose à son entourage. C’est réellement de l’auto flagellation.

Nous lui donnons quelques conseils, à elle de les suivre si c’est SA volonté : le CCAA est une structure qu’elle connaît, Christine y va régulièrement. Elle lui ré explique le fonctionnement. Elle lui explique le travail des psychologues, mais elle se sent mieux avec nous qu’avec les psys. Nos élèves psys lui explique le rôle du psy en général. Elle nous dit qu’elle aura rien à lui dire mais nous sentons bien que sa souffrance n’est pas feinte et qu’elle a un lourd passé qui ne pourra être résolu que par un professionnel.

Christine lui dit qu’elle respecte les autres et donc elle fait. Si elle se force à aller au CCAA c’est positif, donc va dans le sens de SA guérison.

Puis, calmée, B. revient sur sa famille qu’elle encense maintenant : « s’ils n’étaient pas là, je ne sais pas où j’en serais, mais certainement je serais plus mal, je m’alcooliserais beaucoup plus, la famille m’aide beaucoup ». Elle nous dit aussi qu’elle a du mal à gérer sa souffrance car elle a vécu la souffrance de sa mère qui continue à s’alcooliser. C’est une piste qui sera incontournable si elle veut vivre heureuse sans alcool, mais elle a le temps d’y penser et ce n’est certainement pas nous, juste usager pendant un certain temps de cette drogue qui pourront l’aider sur ce terrain. Nous ne sommes pas des thérapeutes.

Nous lui expliquons que cette souffrance ne peut être mise à plat que devant ou avec un psychologue qui lui a les techniques pour mettre à plat ses souffrances et pour qu’elle puisse vivre avec et sans alcool donc sans psychotrope pour la masquer.

Nous ressentons encore une grande réticence vis à vis des psys, car elle pense que c’est à elle à gérer celle ci et que c’est difficile.

Josiane a commencé à voir la souffrance de son fils que quand il est venu vivre chez elle, elle a souffert de le voir dans cet état de dépendance, elle ne connaissait pas la maladie alcoolique et c’est en venant à SANSAS qu’elle a eu la révélation de cette maladie. Elle a compris, mais pas encore avec le recul, les comportements de son fils.

Elle pensait que son fils n’avait aucune volonté, et c’est en venant nous voir qu’elle a compris qu’il était malade. Il est en cure en ce moment et elle ne sait pas encore quel va être son comportement à son retour surtout avec une relation tendue avec son père.

Puis nous abordons en fin de réunion la souffrance des autres.

Jean, après la rechute de Catherine ne savait pas trop quelle attitude adopter et le psychiatre lui a dit qu’il fallait qu’il fasse attention à lui car sa souffrance pourrait être catastrophique pour lui. L’entourage est très important car le conjoint peut être à un moment donné au bout du rouleau.

L’alcool détruit tout, il est insidieux et l’entourage est impuissant devant ce produit dont il ne connaît pas les effets dévastateurs puisque lui n’est pas malade, il pense souvent que le manque de volonté de son conjoint est la cause de son malheur.

Christiane est comme tous les conjoint(e)s, elle est pleine de lassitude.. Elle se rend compte qu’elle n’a pas de prise pour aider alors elle baisse les bras dans sa souffrance en se demandant quand cela cessera-t-il ?. Comme tous elle ne sait pas que l’alcoolisme est une maladie, que ça se soigne et dont on guéri. Alors, comme dirait Abdel : Inch Allah.

La famille encore une fois ne peut pas aider le malade en raison de l’affect qui trompe la réalité des faits : « Claude a eu de la chance de rencontrer les bonnes personnes, au bon moment, mais il a su saisir les mains tendus », ce qui n’est pas toujours le cas des malades.

On connaît le parcours de Jean Jacques qui a vivoté pendant 30 ans avec l’Espéral, avec quelques bonnes périodes. Mais maintenant qu’il est apte à analyser, il ne comprend pas qu’il ait pu utiliser, user et abuser de psychotropes à outrance. Mais maintenant qu’il est heureux sans alcool, il a une phobie de ces psychotropes qui lui ont fait perdre une partie de son existence. Il le dit, le redit et en parle à chaque réunion car il a fait souffrir les autres, il s’est soigné plusieurs fois pour ne pas tout perdre, mais il n’y a que depuis trois ans qu’il se sent serein devant l’alcool. L’associatif l’aidant à maintenir une abstinence heureuse.

En conclusion. Nous n’avons pas abordé le sujet de la souffrance des autres mais pendant deux heures nous n’avons parlé que de ce sujet mais vu par l’autre bout de la lorgnette. L’alcool fait souffrir tout le monde : malade, enfants, parents, conjointes, conjoints, amis et seule la guérison nous permet de passer au dessus de ces souffrances, de les accepter telles qu’elles sont et surtout les remettre à leur VERITABLE niveau.

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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 11:06
Sujet  Thèmes du jour :

"La prise de conscience, à jeun ou alcoolisée."

(le déclic)


Compte rendu :

Claude commence à raconter son parcours de prise de conscience. Il a arrêté de boire non pas parce qu'il voulait arrêter mais pour pouvoir aider sa femme à son retour de clinique. Le retour a été catastrophique car je suis tombé dans une profonde dépression avec impossibilité de faire quelque chose, le Delirium Tremens était déjà commencé. Passage aux urgences, puis direction illico vers l'hôpital psychiatrique. Là la véritable crise de DT est arrivée : des rats pleins la chambre, des rats sous mon matelas, des chats qui envahissent ma chambre, des bestioles horribles qui sortent des murs....
Puis l'interne vient me voir et me dit « Monsieur, vous êtes malade à cause de l'alcool, nous pouvons vous soigner, pour cela vous devez prendre un contrat moral de 28 jours avec l'hôpital : pas de sortie pendant trois semaines, assister aux réunions de groupe, suivre le traitement proposé, se plier au règlement de l'hôpital ». Enfin quelqu'un me disait que j'étais malade, que ça se guérissait et pour cela 28 jours d'hospitalisation. En deux secondes, mon accélérateur à neurones a fonctionné et j'ai répondu : OUI j'accepte. C'était le déclic. Depuis plus une goutte d'alcool avec l'aide des autres.
Catherine nous apporte son témoignage, car elle savait qu'elle avait un problème d'alcool mais elle savait qu'elle s'en sortirait quand elle voudrait. C'est une amie qui l'a trouvée un jour complètement ivre, elle savait qu'elle s'alcoolisait mais pas à ce point là. Cette amie a pris rendez-vous avec le médecin qui l'a envoyée aux Bruyères. Elle a suivi cette cure comme un tourbillon. Mais ce n'est pas elle qui avait pris la décision de se soigner. La première occasion, un accident grave de sa fille en voiture et c'est la rechute (maintenant elle n'est plus sûre que ce soit cet accident qui en soit la cause). Elle n'avait pas réalisé qu'elle était malade, le trou s'est ouvert devant elle, elle y a plongée. Puis sa fille aînée de 18 ans a quitté la maison en claquant la porte, et c'est à jeun ou plutôt dans une période de non alcoolisation qu'elle a eu un Déclic : « j'ai perdu une fille de dix huit ans, il y en deux autres qui suivent qui prendront le même chemin et Mon Mari que fera-t-il ? Elle a vu son psychiatre qui lui a proposé des psychodrames : elle a répondu : OUI car elle avait vraiment envie de s'en sortir.
Son Mari nous dit que ces dix huit mois de traitement en hôpital de jour à Pasteur ont été très difficile à vivre parce qu'il ne savait pas ce qui se passait. Elle ne voulait pas et surtout ne pouvait pas en parler même à son mari. Mais au moins il n'y avait plus d'alcoolisation.
Jean Jacques à une peur bleue des psychotropes qui l'ont toujours ramené au meilleur : l'alcool et il sait que dans la majorité des psychothérapies faites en ambulatoire le psychiatre prescrit des psychotropes, l'esprit est confus quand on prend cette médication.
Catherine a arrêté les psychotropes, d'un seul coup, avec un accord circonspect de son psychiatre mais elle avait mare de prendre ces produits et cela c'est très bien passé.
C'est également à jeun que Cédrick a décidé d'arrêter, nous verrons son histoire plus tard car Jean Jacques a envi de parler : Son déclic lui est venu du choc du départ de sa femme, il est tombé des nues et le lendemain il était en cure, mais la rechute a été dramatique et il a mis 20 ans pour s'en remettre. Il faut dire que il a pu gérer, si on peut appeler gérer son alcoolisation, avec l'Espéral, il le maniait avec dextérité et une connaissance que les inventeurs n'auraient pu imaginer. Le comprimé du lundi matin l'obligeait à tenir jusqu'au jeudi, le jeudi il pouvait se permettre un demi, le vendredi deux ou trois et le samedi et dimanche le tonneau. Il a réussi à vivre comme cela pendant 30 ans avec des épisodes de cure, des périodes d'abstinence. Il lui est arrivé de faillir au respect de l'Espéral et c'était la catastrophe : vomissement, emballement du cœur, rougeurs intenses du visage, mal être impossible à supporter. Son explication fait peur.
C'était un bras de fer entre l'Espéral et lui, il savait mais en avait mare d'en avoir mare alors parfois passage au CCAA, une cure et rebelote Espéral et bras de fer. Mais Jean Jacques était toujours mal, c'est pourquoi il se ré alcoolisait jusqu'au jour où il a trouvé le Calme qui lui a donné un truc : « le truc c'est d'être heureux sans alcool, mais il faut trouver pourquoi on a bu et, comme il dit, j'ai mis trente ans pour savoir et vivre heureux. Sansas l'y aide beaucoup et il ne veut surtout pas s'en éloigner. »
Olivier a quitté Paris pour venir se faire soigner à Nice et à son retour à Paris tout c'est bien passé jusqu'au jour ou il s'est dit que se serait pas mal de se retrouver le soir, dans un bon fauteuil, la musique à fond et un verre à la main. Cela n'a pas duré longtemps mais le déclic est venu rapidement « je ne peux pas revenir en arrière sans rien faire, coup de fil a Saint Christophe, retour à Nice, cure et depuis : un mariage, un enfant un travail qui le passionne, une VAE pour être bien dans sa place. Le bonheur quoi !
Claude bis : deux cures ou plutôt post cure après sevrage demandé par sa mère : Blétran et le Mont Blanc. A Blétran pas d'alcool jusqu'à la sortie où le premier bistrot l'a accueilli, au Mont Blanc, il s'alcoolisait pendant la post cure. Il savait la quantité maximum a consommer le soir pour être clean le lendemain soir à la prise de sang. La capuche de l'anorak était pas mal, assez grande pour contenir le flasc. Puis un an de psychiatrie en HDT (hospitalisation à la Demande d'un Tiers) puis hôpital de jour et Hôpital de nuit. Les médecins le mettent à la porte : incurable.
Il se retrouve à la Turbie, la bicyclette pour aller chercher son Rhum jusqu'au jour où une crise de polynévrite l'empêche d'aller chercher son breuvage. Histoire de vétérinaire, il se retrouve, à sa demande, à St Christophe. Son déclic s'est bien passé à jeun encore une fois. Durant la cure il a balisé parce que certains se ré alcoolisaient et dans son groupe ils sont restés deux à se serrer les coudes (ce sont les deux seuls qui ont réussis leur cure et qui sont maintenant heureux sans alcool). Là il trouve une psychologue qui lui propose une association d'anciens buveurs et heureusement car en sortant de cure ses amis de la Turbie veulent arroser sa sortie. Le mardi suivant il était à l'association et malgré tous les problèmes cela fait neuf ans qu'il tient le coup. C'est notre trésorier qui est très près des sous de l'association, il l'était moins quand c'était pour acheter une bouteille de rhum. Mais Basta, il préfère se voir comme ça.
Jean Jacques rappelle qu'en sortant de cure, on a peur, car on a vécu dans un cocon, protégé de toute part avec du personnel toujours à l'écoute, car à la sortie le produit est partout, Claude bis a été pendant un an à éviter le rayon alcool dans les super marchés.
JJ nous rappelle qu'on ne peut pas gérer l'alcool avec l'Espéral. On croit mais c'est une illusion.
Quant à Cédrick, tient, lui aussi a quitté Paris pour se soigner. Il a mis de la distance entre sa famille et lui, son, déclic, également dans une période, pas hors alcool mais alcool à l'étiage donc presqu'à jeun. Arrivé à Nice, vite le CCAA et attente de trois mois pour entrer au Calme pour arrêter alcool et cigarette, bien décidé dans sa tête. Just'avant de rentrer au Calme, à Grasse, à huit heure du matin, au bistrot de la gare : une cigarette et double wisky, puis une autre cigarette et double wisky et une autre cigarette et double Wisky et là il s'est senti prêt pour entrer se faire soigner. En sortant il n'a pas intégré SANSAS tout de suite parce qu'il avait mare d'entendre parler d'alcool, puis six mois après, l'envie, le mal être revenant il a poussé la porte de l'assos et depuis c'est un des plus fidèle.
Christian est parti avant de nous raconter son déclic mais ça viendra, nous avons le temps.
En conclusion, on peut dire que la majorité et même l'unanimité d'entre nous ont pris leur décision non pas quand ils buvaient mais quand ils étaient dans une période de non alcoolisation excessive. Nous ne dirons pas A JEUN, mais dans un état de NON ALCOOLISATION.

 

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Published by SANSAS - dans Abstème
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