Permanence du mercredi 13 Février 2008
Publié le 10 Février 2008
Sujet Thèmes du jour :
"Alcool et habitudes sociales et culturelles"
Compte rendu :
Etant un mouvement d’anciens buveurs avec la présence de personnes qui n’ont pas encore arrêter l’alcool, ce mot est rapidement été transformé en alcoolisme, dépendance, abstinence.
Tout allait bien, c’est vrai je consommais mes deux ou trois verres par jour, je m’en contentais et brusquement, il y a deux ou trois ans ma consommation a augmentée rapidement pour devenir une bouteille, et maintenant je ne peux plus m’arrêter, je suis dépendante mais pas encore prête pour être « enfermée pendant 28 jours ». Ce n’est donc pas une habitude ni sociale ni culturelle.
Dès que l’on devient dépendant quelle que soit son état de bien être ou de mal être, nous buvons pour nous conforter ou pour atténuer sa souffrance.
Mais en France, tout est occasion de boire, c’est un besoin culturel, on ne peut imaginer un apéritif sans alcool. Dans le nord ou en Bretagne l’alcool est omni présent. En y retournant on est obligé de voir toute la famille et c’est toujours autour d’un verre d’alcool (cidre ou vin ou la goutte) .
Dans le commerce, il est difficile de faire sans alcool, surtout quand on est barman ou barmaid. La convivialité fait que le contact se fait toujours autour d’un verre d’alcool, mais pour un malade alcoolique il est difficile de ne pas entendre les sirènes de l’alcool dans ces moments là. L’habitude sociale et culturelle fait parti du plaisir. La France est le pays du « pinard ». La fête est le meilleur de notre culture judéo chrétienne, le vin est le sang du christ, les noces de Cana où l’eau a été changé en vin. Cette culture est Européenne alors que dans d’autres pays ce sont le Kif, le canabis, l’opium ou la feuille de Coca qui permet d’oublier, dans chaque culture les difficultés de la Vie (faim, fatigue, douleurs etc…). Si tu n’es pas dépendant la convivialité avec l’alcool est bonne mais dès que la dépendance apparaît c’est l’isolement qui s’ensuit. A un certain moment on devient seul.
J.J. après une première cure à 23 ans quelques années d’abstinences (avec le gendarme Espéral, des rechutes sa vie se passe Espéral ou cure. Il y a trois ans en cure il a compris que il était à la recherche d’une chimère et que ce n’était pas l’abstinence qui devait être le but de la cure mais la recherche du bien être qui ne pouvait passer que par une abstinence totale, et que pour parfaire cette bien être sans alcool il devait passer par l’aide des autres et en particulier par la fréquentation de SANSAS.
Plusieurs se rappellent qu’ils faisaient des hiérarchies dans l’alcoolisation des autres, « lui bois plus que moi, je ne suis donc pas malade », mais finalement les alcooliques viennent de tous les milieux.
C. devait assister à un mariage samedi dernier, elle craignait d’y aller , la peur d’être tentée, elle s’est dit qu’avec les enfants présents elle devrait et pourrait tenir quitte à s’en aller. C’était un mariage Marocain et il n’y avait pas une goutte d’alcool, les personnes présentent se sont amusés, elle a participée à toute la fête où la joie était transparente.
Il y a un demi siècle, on connaissait très peu les dégâts que pouvaient faire l’alcool, cet alcool a été sacralisé et C. nous a dit que le vin était festif et que s’il n’y avait pas d’alcool dedans ce serait formidable. Mais il a oublié que si l’alcool était zéro dans le vin, personne n’en prendrait (ce n’est vulgairement que du jus de raisin. Il y a quelques années une entreprise a fait du vin à 0°, il a fait faillite.
On est devenu alcoolique par « habitude » (probablement pas) l’alcool cherchant a atténuer une souffrance qui date probablement de l’enfance et qu’un déclencheur a fait que pour atténuer cette souffrance l’on a trouvé le médicament adéquat, l’alcool : psychotrope, somnifère, destressant, calmant (il a toutes les qualités que nous cherchons)
Nous terminons notre réunion en parlant de l’alcoolisation des jeunes qui boivent de plus en plus jeunes (grave parce que le cerveau n’est pas encore formé), mais certains pensent que les nouvelles boissons telles que Smirnoff, desperados, j’en passe et de meilleures, sont une nouvelle habitude culturelle ce que contestent certains, ces produits étant mis sur le marché que pour faire consommer de l’alcool pour les plus jeunes et les jeunes filles.
La biture express est une nouvelle mode culturelle !!! pour certains (surtout les non alcooliques présents à la réunion), une catastrophe pour les autres.
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