Permanence du mercredi 16 Juillet 2008
Publié le 12 Juillet 2008
Sujet Thèmes du jour :
"L’importance du travail dans la reconstruction."
Compte rendu :
Dès le départ nous parlons de l'autorisation de mise sur le marché des canettes de « Red Bull » avec de la taurine incluse. Ce produit semble dangereux pour les jeunes car, d'après les alcoologues, ces produits amènent directement à l'alcool et probablement à de nouveaux dépendants. Ce produit est plein de caféine et J.J. se rappelle qu'il buvait beaucoup de café pour travailler et que le soir il lui fallait des somnifères pour dormir. L'alcool a été un de ses psychotropes.
Dans le sujet du jour nous avons autant parlé de l'alcoolisation pendant le temps de travail que de reconstruction après le travail mais le sujet a été très intéressant à traiter.
C II nous dit qu'elle n'avait pas de problème pendant son alcoolisation durant son travail, elle le faisait consciencieusement, personne ne s'est plaint mais elle avait beaucoup d'absences et ne pouvait continuer sur ce rythme et sa chef lui a demandé de faire quelque chose. Elle a fait une cure de 4 semaines. Maintenant elle ne manque jamais, est nettement moins fatiguée et tout le monde est content d'elle.
Pierre nous dit qu'il a triché avec son contrat, il pointait et allait boire un gorgeons par une porte arrière jusqu'au jour où il s'est fait surprendre, il a terminé son contrat de six mois et, hop, la porte était grande ouverte.
Abdel nous dit que sans l'alcool il était incapable de monter en haut des échafaudages durant son travail, mais admet qu'il n'a jamais essayé sans alcool. Il nous dit qu'il avait le vertige, « depuis que j'ai arrêté l'alcool je ne sais pas si je pourrais remonter. »
Claude reparle de sa grue de 60 m où il allait en tête de flèche en chantant du temps de son alcoolisation pour régler les fins de course et à l'arrêt de l'alcool, sa première montée a été difficile mais la descente vers le bout de flèche impossible. Il est revenu dans la salle des machines et s'est raisonné, alors il a refait le chemin de montée et descente. Pour lui c'était une victoire, il était capable et il était fier de lui. Ensuite, il était toujours le premier pour aller en bout de flèche, ce sont des sensations difficilement descriptibles. Le vide, la mer en dessous, le pied quoi !!!
Pierre nous dit qu'il avait le vertige depuis très longtemps et qu'avec l'alcool il arrivait à le vaincre mais après l'arrêt de l'alcool le vertige le reprenait et il était incapable de faire ce qu'il faisait avant, alcoolisé.
Jean Jacques, nous dit qu'il lui est impossible de ne pas travailler, alors de nombreuses fois il s'est arrêté de boire pour retravailler. Il pense qu'il y a incompatibilité entre le travail et l'alcool mais « je ne peux pas ne pas travailler ». L'alcool amène à des extrémités épouvantables, il a perdu de nombreuses fois son travail à cause de l'alcool, alors, espéral aidant, il s'arrêtait durant la semaine et pouvait travailler et se pintait le week end, alors c'est sa femme qui partait. « Le travail me redonne confiance, depuis plus de trois ans que j'ai arrêté l'alcool, le travail me redonne des satisfactions, rien n'est pire que l'inactivité ». Il dit à Abdel que il se donnait des soit disant raisons d'avoir mal au ventre pour s'autoriser à boire et calmer ses douleurs. Mais ce n'était que de l'autosuggestion.
J.J. se crée son environnement pour être heureux, mais de temps en temps l'alcool a été le plus fort et il a baissé les bras, à chaque fois, du jour au lendemain, il a tout perdu, il a baissé tellement les bras qu'il a voulu mourir et maintenant il trouve qu'il est important d'avoir, dans le travail un environnement apaisé.
Cat. Après un passage, presque forcé, au centre de cure des Bruyères s'est remise à travailler, l'angoisse du travail l'a fait rechuter car elle était en conflit direct avec son chef de service.
Avant de boire elle adorait son travail, il lui arrivait de faire 60 heures par semaine, dès qu'elle a commencé s'alcooliser son travail était devenu les travaux forcés. La rencontre avec une psychiatre la remise sur les rails après 18 mois de cure ambulatoire la remise sur les rails..
A.M. qui sort de cure avait déjà fait une cure et à sa sortie la première fois, elle n'a trouvé que des remplacements à faire, elle a végété dans son travail alors elle a fait un stage à l'AFPA (vieilles personnes et enfances) mais elle ne trouve pas de travail comme elle le souhaiterait, ce n'est que de faire des ménages et la rechute est venue après deux ans par manque d'activité plaisante. Le travail pour elle serait la meilleure reconstruction mais.... le travail n'est pas là.
Gilles, je travaillais à Bercy au ministère des finances, j'avais des responsabilités, mais pour prendre toutes les décisions j'étais obligé de boire, cela me donnait du courage puis l'alcool a pris le dessus. Après une cure de 28 jours, il espère qu'il retrouvera du travail car il est sûr que le travail complètera sa guérison et lui fera retrouver un équilibre.
Maintenant il reprend des activités en informatique et dans le dessein où il excellait. Il met le travail au même niveau que le plaisir.
Abdel travaillait avec son père sur les chantiers à côté de Draguignan, mais il avait besoin d'alcool et son père qui était très pratiquant a compris qu'il ne pourrait plus travailler avec lui, d'où un conflit difficile à régler, il a de la chance que sa mère et sa sœur ne l'abandonne pas. Mais il ne se voit pas retravailler. Il n'a pas du tout la même attitude que Jean Jacques.
Après ses différentes cures il a travaillé en Agence, mais changeait continuellement surtout après chaque sevrage ou cure complète, car les rechutes ont été régulières.
Maintenant il s'occupe de sa santé et va passer un check up à l'hôpital de l'Archet car cette dernière alcoolisation a dû faire des dégâts.
Claude bis, à sa sortie de cure a aussitôt été chauffeur pour un patron qui avait perdu son permis, cela a duré deux mois et lui a permis de reprendre contact rapidement avec le monde du travail, ensuite il a été jardinier, mais l'alcool l'a rattrapé avec une polynévrite dont il n'arrive pas à se débarrasser et un tassement de la colonne vertébrale dont il n'avait pas conscience durant son alcoolisation
C II nous dit qu'elle est devenue très égoïste, son travail a changé tout en étant le même mais elle pense beaucoup plus à elle maintenant qu'avant où elle était plutôt esclave des autres. Maintenant quand elle fait la fête c'est elle qui est chauffeur sauf pour quelques personnes irresponsables qui ne veulent pas être reconduites par une femme et qui se sentent, soi-disant, en état de conduire.
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