Permanence du mercredi 20 Août 2008

Publié le 16 Août 2008

Sujet  Thèmes du jour :

"Comment reprendre une place sociale après la cure?"

 

Compte rendu

Claude explique sa sortie de cure et sa longue période avant de se retrouver à part entière dans la société.
« En sortant d'un sevrage finalement pas si mal réussi, j'ai dû faire face au dilemme : que faire pendant tout le temps d'alcoolisation et de desalcoolisation qui rythmait mes jours.
Ne sachant pas quoi faire j'ai entamé la fabrication d'une maquette de bateau (le soleil Royal). Ca m'enquiquinait parce que je n'étais pas assez minutieux pour ce genre d'activité mais j'ai tenu six mois.
Puis révélation : je pouvais faire quelque chose d'autre que picoler.
J'avais le MaB qui me prenait une fin d'après midi, je voyais le médecin une fois par semaine, mais pour moi ce n'était pas suffisant.
Au bout de six mois j'ai été au club de tennis au bout de ma rue et me suis inscrit au club, quelques leçons qui me prenaient des fins d'après midi, j'ai acheté un vélo, mais c'est fatiguant le vélo parce qu'il n'y a que des montées.
Il y avait un Comité de locataire où je me suis inscrit, au début j'ai fait quelques actions pour donner un coup de main à l'un ou à l'autre, et puis on m'a demandé de prendre des responsabilités légères : voir de temps en temps le patron des HLM pour exposer quelques problèmes et au bout d'un an ou deux, j'ai été élu président du Comité des locataires (ce n'est pas une mince tache parce qu'on se fait engue...er à longueur de journée.
Au sein de mon MaB j'ai pris aussi des responsabilités, locales, départementales, régionales, ce qui m'a permis de rencontrer des tas de personnes tant politiques que sociales. Je n'avais vraiment plus l'envie ou le temps de boire.
Mon insertion sociale était faite.
Hôpital, Mairie, centres sociaux, assistantes sociales, représentants des HLM, population de toute sorte, des gens biens et d'autres moins mais il fallait composer.
Ma maquette est restée en plan jusqu'aux Haubans, mais elle n'a jamais naviguée parce qu'il lui manquait les voiles »
Abdel, après une cure de 28 jours en 1997 a intégré notre MaB. Il n'arrivait pas a parler, soit par timidité soit par crainte de nos réactions, avant de faire cette cure il était maçon, il a bien tenté quelques expériences pour reprendre le travail pour augmenter son ordinaire, mais cela lui était très difficile. Il n'arrivait plus à faire le maçon, trop dur, il se sentait incapable de monter en altitude à cause du vertige qu'il maîtrisait en état alcoolisé. Il a pu faire des travaux de carreleurs. Il travaillait avec des gens qu'il connaissait, maintenant après de multiples rechutes il ne se sent pas capable de retravailler. Le MaB, sa famille sont ses liens sociaux.
J.J. carreleur de métier nous dit que ce travail de maçon est extrêmement difficile et très dur parce qu'au début on a mal partout et par l'habitude ce mal disparaît, mais l'alcool aide à supprimer ces souffrances. En sortant de cure il a tenté l'expérience de travailler dans l'immobilier mais c'était surtout pour des raisons alimentaires. De toute façon, il ne pouvait retrouver du travail que s'il faisait quelque chose pour se débarrasser de l'alcool. En tant que carreleur professionnel, 6 mois de travail permet de vivre une année complète. A 20 ans il ne savait pas tout ce qu'il sait maintenant à 50 ans. Le MaB lui apporte beaucoup
Cédrick en sortant de cure s'est lancé dans le sport à outrance : Ki Kong, ping-pong puis il a travaillé, s'est endetté pour acheter un appartement, très rapidement il est devenu président du syndic des propriétaires. Avec l'alcool il ne pensait pas pouvoir être capable de tant d'activités différentes.
Quand on est alcoolisé on se fait une montagne de tout, et dès que l'alcool disparaît on s'aperçoit que cette montagne n'était qu'un monticule.
Pour ne pas rechuter, il faut surtout être bien dans sa tête, un ami de notre MaB de Martigues, après quelques années d'abstinence a été confronté à de multiples problèmes : cancer de l'estomac, ablation de l'estomac donc grignotage à longueur de journée, mise à la retraite anticipée, sa fille, divorcée, un jour lui amène sa petite fille, ouvre la valise en vide le contenu au milieu du salon et s'en va en lui laissant sa petite fille. Il l'élèvera malgré ses maigres moyens et tachera de lui trouver une situation à cette petite écorchée vive. Jamais l'alcool n'est venu hanter ses journées, malgré toutes les démarches qu'il a dû faire. Sa resocialisation était obligatoire s'il voulait faire face à tous ces ennuis.
Patrick soigné depuis dix ans , adopte 3 enfants, habite une ferme à remettre en état dans l'Aveyron, Il tombe malade : leucémie dû au travail, sa femme le quitte, garde séparée des enfants dont il s'occupe une semaine sur deux. Il remet sur pied un MaB, il change, il devient président de l'association village et châteaux, il continue à se battre pour l'écologie, il devient meneur dans le nettoyage du site d'une centrale à charbon près de Decazeville, il est président des sinistrés des inondations dû au lot. Il rencontre préfets, autorités locales et départementales, aux dernières élections municipale il présente une liste. Sa resocialisation est complète de sorte que l'alcool n'est plus un problème, qu'il est derrière lui.
P. après son sevrage à l'hôpital : Gastro - Entero - alcoolo qui le traumatise encore, il s'est retrouvé tout seul, a lourdé tous les gens qui l'ennuyaient, il a été deux mois sans voir personne et en 2003 il a recommencer à sortir malgré une polynévrite sévère, après avoir lourdé tous ses compagnons de bourlingues. Il s'est trouvé tout d'un coup faible, il était devenu petit après avoir été le plus beau et le plus fort avec l'alcool.
Pour se reconstruire cela a été difficile car il se trouvait tout seul, toujours en révolte contre la société, il avait tout idéalisé, après son sevrage il s'est retrouvé moins que rien, Il s'est aperçu qu'il n'avait pas confiance en lui. C'est maintenant qu'il a envie de faire une prise de conscience. Le côté positif c'est qu'il n'avait plus de patron régulier, il a fait de l'intérim, c'était plus revalorisant pour lui.
Sur le plan familial, il était viré de la famille, il a fallu qu'il fasse ses preuves, ses enfants sont revenus petit à petit et maintenant ce sont les petits enfants qui ne connaissaient pas leur Papy. Les petits enfants venaient en catimini, maintenant la famille est reconstituée à plein, il aura même en pension sa petite fille pour l'année scolaire. Sa resocialisation a été difficile mais maintenant il est heureux de vivre. La société qu'il a rejeté est celle du temps de son alcoolisation, la société qui lui plait c'est celle de maintenant, sans alcool. Maintenant il vient à SANSAS pour retrouver une société nouvelle qu'il ne connaissait pas, c'est le partage de la sobriété.
Claude bis en sortant de cure a travaillé à Peille pour faire du débroussaillage. Avant il travaillait jusqu'à 16 heures pour picoler jusqu'à 18 heures, heure de débauche. Ce travail lui a permis d'acheter un tout petit ordinateur, mais pour ne pas dépenser d'argent il l'a fait devenir un ordinateur de course en ajoutant des mémoires, des disques durs, des sorties USB ; Alors qu'il ne connaissait pas l'informatique, il est devenu notre spécialiste, dépanne les uns et les autres, il est devenu le webmaster du blog. Sa resocialisation est passée par le MaB parce qu'il est devenu incontournable dans les infos à l'extérieur, c'est lui qui maintien l'unité du groupe est en contact avec tous, organise les sorties, est trésorier de l'association.
Il a été obligé d'abandonné un travail parce qu'il y avait une trop forte pression de certains pour le faire reboire.
Il a rencontré une compagne, ce qui l'a stabilisé, il était redevenu un homme comme un autre, l'alcool, alors, n'est plus un problème pour lui.
Il nous dit, qu'il a été chauffeur pendant quelques temps d'un chef de chantier qui n'avait plus de permis, il s'est aperçu alors qu'il était inconscient du temps où il buvait.
Lolo, qui est entré en sevrage cette semaine, doit faire une cure en service hospitalier, en suivant la sortie de sevrage. Il est soudeur, tuyauteur, Chauffagiste et pense trouver du travail dès sa sortie. Il aura du mal à se resocialiser car il vit seul sur un bateau en rade de Villefranche. Nous lui conseillons de faire une post cure qu'il ne juge pas nécessaire mais nous, si. Il lui faut certainement être hors alcool pendant un certain nombre de temps pour pouvoir se resocialiser, il est resté beaucoup trop longtemps hors de la société pour pouvoir s'y réintégrer facilement. Nous lui souhaitons tous un bon séjour dans les différents établissements qu'il va fréquenter.
 

Rédigé par SANSAS

Publié dans #Exclusion

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