Permanence du mercredi 24 Décembre 2008

Publié le 19 Décembre 2008

 

Sujet  Thèmes du jour :

"Alcool et solitude"

Compte rendu
Ce soir jour de réveillon, nous ne sommes pas trop nombreux, nous déplorons l'absence de plusieurs habitués dont on a plus de nouvelles depuis quelques semaines (à contacter), Madeleine, qui nous a dit la semaine dernière qu'il lui arrivait parfois de boire une petite lampée est absente aussi. Nous nous étonnons également de l'absence de Martine qui n'est pas venue depuis plusieurs semaines. Par contre Gilou est là, il s'est bien repris et attend son départ en post cure a mi janvier à VIRAC.
Après une dégustation de chocolat nous commençons le thème du jour. Difficile aujourd'hui mais quand même plein d'enseignements.
J.J. pense que quand on est guéri de l'alcool, les fêtes de fin d'année se passent bien, parce qu'on est bien dans sa tête, maintenant les fêtes ne sont plus un problème car il a fait le tri de ses amis et relations et les connaît bien. Du temps de ses nombreuses réalcoolisations, ses périodes d'abstinence, il avait beaucoup de difficultés à appréhender ces jours qu'il ne considérait pas de joie parce que dès le début de la soirée il était déjà « cassé ».
Christiane se souvient d'Alberte qui ne pouvait pas supporter les fêtes, car, marié à un Espagnol, la fête était pour les hommes et les femmes se morfondaient à la cuisine. Elle a rechuté une fois parce qu'elle détestait la fin de l'année, pour arriver à tenir le coup, elle se mettait à l'Espéral quinze jours avant et pouvait passer ces fêtes dans la morosité mais au moins sans alcool. Elle était fière de nous le raconter en début d'année, quand nous faisions la fête entre nous et sans alcool, elle se sentait alors très très bien.
J.J. lui arrêtait l'Espéral pour pouvoir boire tout son soul. Il était chargé de faire la cuisine, il picolait car l'alcool était à profusion à côté de lui. Il pense que son émotion de la fête était la plus forte.
Christiane se rappelle, il y a une vingtaine d'année où Mme N., qui arrivait à être sans alcool une partie de l'année, ne pouvait pas passer les fêtes sans boire car c'est elle qui invitait ses enfants pour Noël, mais elle ne pouvait résister au stress, à la pression, à l'émotion et ses fêtes étaient toujours une catastrophe. Ses enfants étaient très perturbés, son mari peut-être, elle était mortifiée et ses enfants mettaient plusieurs mois avant de revenir vers elle.
Papy doit maintenant faire des choix, les gens l'invitent pour être un modérateur, mais lui préfèrerait rester seul, il se sentirait mieux. La fête a été durant trop longtemps un calvaire où il était mis de côté à cause de son alcoolisation que maintenant il préfèrerait la solitude. A l'époque c'était ses enfants qui l'obligeaient à venir. Il n'aimait pas les chants de Noël, il avait une très grosse appréhension des fêtes et des chants de Noël. Chez lui, Noël commençait avec deux mois d'avance car sa femme était dans l'éducation nationale. Jusqu'à onze ans, il a cru au père Noël et le soir de la fête il vidait les verres des convives.
Maintenant il n'est pas invité par la famille, mais la semaine dernière il a fêté ses cinq ans d'abstinence. Il pense maintenant que ses enfants ont compris son alcoolisation. Ses enfants savent qu'il n'aime pas les fêtes et finalement il est heureux qu'ils ne l'invitent pas. Mais ils sont fiers de leur père.
Un petit aparté, initié par Abdel qui voudrait savoir comment arrêter l'alcool. On revient dix ans en arrière, mais nous lui expliquons les pistes qu'il pourrait prendre pour l'arrêt. Plus question de cure en milieu hospitalier, ni de sevrage qu'il juge inopportun car il en a déjà fait tellement qu'il ne pense pas que ce soit la solution.
Nous lui répondons qu'il est le seul à avoir la réponse car pour lui, il lui faut prendre une décision, celle d'avoir le désir intense de ne plus boire. Ensuite, rencontre avec un médecin du CCAA, qui pourra l'aider durant les premiers jours car il a peur du sevrage. Nous lui confirmons que nous serons plus heureux que lui, le jour où il aura compris, il n'aura plus cette douleur de manque du matin, son soi-disant manque d'équilibre du soir quand il ne boit pas.
Puis nous revenons à la solitude et Abdel, nous dit que ce soir il préfère être seul plutôt qu'être avec la famille qui va boire devant lui. Il passera ce soir seul.
J.J. nous dit qu'il a été dix ans sans faire la fête et il préférait la solitude, maintenant il fait la VRAI fête, avec de VRAIS amis, avant, la fête ce n'était que l'alcoolisation, la cuite, les lendemains qui déchantent, la gueule de bois, les médicaments pour se remettre sur pied.
Gilou nous dit aujourd'hui que la fête, c'était l'alcoolisation, maintenant il préfère être seul, au moins il ne pense pas que les autres « s'amusent !!! ». Maintenant il va à Couleur Café, à Emergence et bientôt VIRAC. Il s'aperçoit que sans alcool, l'ambiance à la maison est tout autre, surtout qu'avec l'alcool il était violent.
Lolo trouve que c'est ennuyeux de ne pas faire la fête car c'était le moment de bien boire et de bien manger !!! Mais il sait aussi que, s'il se laisse entraîner, l'alcoolisation suivra et que tout le travail fait depuis six mois serait anéanti. Il sait que pour éviter la solitude, il y a des tas d'associations qui font un repas, mais il préfère être seul. Emergence fait un repas, Couleur Café fait un repas, le secours populaire, le secours catholique aussi mais il préfère être seul.
Lolo nous dit qu'il faut que ses relations soient changées et J.J. lui rappelle que Untel, sur le port de Villefranche est abstinent depuis des années et malgré ses soixante dix ans, c'est lui qui amarre les bateaux aux quais, en plongeant, même dans l'eau froide. Bon exemple pour lui.

Rédigé par SANSAS

Publié dans #Les fêtes

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article