Permanence du mercredi 01 Juillet 2009

Publié le 27 Juin 2009

Sujet  Thèmes du jour :
"Les médecins que nous avons rencontrés

&

l'alcool"

Compte rendu :
Abdel pendant quelques années a rencontré un médecin, dans son quartier, qui fumait pendant la consultation et en plus il suppose qu'il devait avoir une bouteille cachée dans son bureau. De toute façon il est mort depuis et pas de vieillesse !!! Il lui disait qu'il devait avoir la Volonté de s'arrêter.

En 1978 Claude avait été envoyé, par le généraliste chez un gastroentérologue qui a décidé de faire une biopsie du foie. Il ne lui a pas donné le résultat mais a remis une lettre à donner au généraliste. Comme le résultat l'intéressait au premier chef, il a ouvert l'enveloppe. Que des termes incompréhensibles sauf une phrase dont il se souvient « foie pré cirrhotique », qu'il a immédiatement interprété : « si le foie est pré cirrhotique c'est qu'il n'y a pas de cirrhose donc il peut continuer à boire ». Le médecin généraliste a quand à lui décrété qu'il fallait qu'il boive un peu moins de bière. Finalement Claude s'est soigné en 1980 suite à un delirium tremens parce qu'il avait voulu arrêter tout seul comme un grand. Il ne savait pas qu'il était malade, à première vu, le médecin non plus et le gastroentérologue n'a pas osé aborder le problème qu'il devait connaître.

Gérard n'a eu de l'info sur l'alcoolisme qu'en venant d'abord nous voir et ensuite au centre de cure du CALME, mais son médecin généraliste ne lui en a jamais parlé.

Catherine en a parlé avec son médecin généraliste parce qu'elle l'avait mis sur la piste et ensuite les examens ont confirmé, mais il connaissait quand même l'alcoolisme car il avait des dossiers pour rentrer en centre de cure des « Bruyères » à Grasse.

Gérard revient un tout petit peu sur son médecin parce qu'il lui avait quand même parlé d'un centre de cure à St Christophe mais sans savoir ce qui s'y passait.

Claude bis pense que même à Saint Christophe les soignants sont démotivés parce que trop peu de malades suivent sérieusement leur cure, dans son groupe de huit, ils ne sont sortis, après six semaines, que deux et ce sont les deux seuls qui ont tenus le coup.

Cédrick, les médecins généralistes ne lui ont jamais parlé de maladie. Il est allé de lui-même au CCAA de Saint Germain en Laye qui lui ont donné l'adresse du CCAA de la rue Gioffredo à Nice et de là il a pu faire ses soins au CALME à Cabris. Quand il est retourné quelques années plus tard au CCAA de Saint Germain en Laye, les soignants étaient très heureux de le voir en si bon état et il a dû raconter son passage au CALME.

Gérard pense que le malade devrait en parler au médecin mais par contre il se reprend en disant que quand tu n'es pas clair ce n'est pas possible de parler au médecin, c'est le chien qui se mord la queue.

Christiane rappelle que quand nous sommes arrivés à Nice, notre généraliste n'avait qu'un seul malade de l'alcool et c'était son mari, alors que les statistiques parlant il rencontre tous les jours au moins 2 deux malades alcooliques.

J.J. pense que les médecins ne pensent pas que l'alcoolisme est une maladie, donc il n'y a rien à traiter juste d'encourager la volonté du malade pour s'arrêter. Il suffit d'arrêter de boire, il peut réparer les ulcères à l'estomac, les intestins qui partent en vrille, les « crises » de foie.

Christiane se pose quand même la question de savoir pourquoi le médecin dit « arrête de boire » mais ne dit jamais « arrête ton cancer ».

Louis avait demandé à son médecin de l'hospitaliser pour se soigner de son alcoolisme et le médecin n'a jamais voulu le faire. Il pouvait seulement l'hospitaliser pour dépression.

J.J. pendant des années a pris de l'Espéral, et chaque fois qu'il changeait de région ou de médecin, celui-ci ne connaissait pas ce produit et était très souvent obligé de consulter son Vidal. Et leur réponse était invariablement « Vous voulez guérir alors arrêtez de boire ».

Gérard nous dit que maintenant les généralistes en parlent davantage parce qu'on en parle beaucoup pour la sécurité.

Quand Claude est renté, en 1973 dans une usine sidérurgique, le médecin du travail l'a consulté et tous les ans il y avait une visite médicale et à chaque fois il posait la question, « qu'est ce que vous buvez et fumez vous ? ». Les réponses de sa part étaient variables mais c'était toujours, une bière par ci par là, un quart de vin à table. Après s'être soigné Claude lui en a fait part. Un an plus tard il l'a testé, langue, équilibre et Claude lui a dit qu'il ne buvait toujours pas. Il l'a fait asseoir et lui a énuméré ses consommations avouées depuis 1973 et lui, mettait invariablement dans la marge : « éthylique », mais il ne lui en a jamais parlé et en plus il l'a laissé aller sur les ponts roulants et les grues alors que son devoir de protection devait de l'interdire. Claude a demandé à l'époque de changer de médecin du travail.

Catherine rappelle que nous faisons des informations dans les écoles d'infirmières et d'aides soignantes et plusieurs fois l'information n'était pas obligatoire parce qu'elle risquait de traumatiser une élève ou deux dont un parent était malade alcoolique. Quelle sera leurs réflexions quand, dans leur métier, elles rencontreront un malade de l'alcool ?

Claude bis, à Annecy, son médecin lui donnait des médicaments qu'il prenait avec l'alcool mais ce médecin était rassurant puisqu'il lui disait « On y arrivera ». Après sa cure il a rencontré plusieurs médecins qui s'y connaissaient plus ou moins, il y en a même un qui lui a demandé « Comment avez-vous fait ? Parce que j'ai mon coiffeur qui n'y arrive pas ». Le médecin qui l'a suivi après à Nice, bien qu'étant au courant, il lui fallait faire très attention aux ordonnances qu'il lui prescrivait parce qu'il y avait invariablement de l'alcool dans ses médicaments. Maintenant quelque soit le médecin il fait gaffe et ça lui réussi puisqu'il y dix ans qu'il est sorti de l'alcool.

Nous nous étonnons que les médecins ne détectent pas les malades à leur faciès, leur odeur, leur haleine parce que comme disent Cédrick et Papy nous sommes des détecteurs ambulants.

Claude raconte les contacts particuliers qu'il a pu entretenir avec les soignants de l'hôpital psychiatrique de Martigues et parle souvent du Docteur Godard qu'il n'aimait pas durant les soins mais qu'il a pu apprécier après. Claude leur dit qu'il parle souvent d'eux dans les réunions et ces soignants ont également répondu qu'il était une de leur référence. Cela fait plaisir à entendre.

Nous terminons cette réunion en écoutant les états d'âme de Cédrick, tout lui tombe sur le dos depuis quelques jours. Au travail qu'il risque de perdre, sa compagne qui le quitte, sa grand-mère qui est en fin de vie et trois amis qui étaient dans le vol qui s'est écrasé dans les Comores. Il avait besoin d'en parler et s'aperçoit qu'il a bien fait de ne plus boire, la roue tourne mais malgré ces catastrophe il assume. C'est en cure qu'il a compris qu'il fallait extérioriser ses émotions pour pouvoir les assumer. Il sait que repicoler ne serait pas une solution car il perdrait sa lucidité. Il assume maintenant et, cet état d'esprit, il ne l'avait plus avant de se faire soigner. Courage Cédrick.

Rédigé par SANSAS

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