Permanence du mercredi 10 Septembre 2008
Publié le 6 Septembre 2008
Sujet Thèmes du jour :
"L’estime de soi"
Compte rendu
Nous remercions Jonathan qui nous autorise à utiliser un post qu'il a mis sur le forum VSA et qui résume une partie de ce que nous pensons en grande majorité. Texte en conclusion.
Dès le début du débat , Catherine voudrait que l'on traite la différence entre l'estime de soi et l'estime des autres.
Un des intervenant nous rapporte qu'il voyait le monde beaucoup plus beau qu'il n'était dans la réalité de sorte que lui se sentait bien dans ce monde et il ne se posait surtout pas la question de savoir s'il s'aimait ou pas. Mais à fur à mesure de son alcoolisation il perdait son estime personnelle. Et J.J. d'ajouter mais quand on arrête l'alcool enfin on retrouve sa fierté.
En consommant on se surestime dit P . car en état d'ébriété on arrive pas à faire de différence entre la bêtise et la réflexion. Mais maintenant je me rend compte que cet estime de moi était sur dimensionné et dépassait sa capacité de réflexion. Dans l'alcool, il donnait une mauvaise appréciation de la Vie, c'est dans cet esprit qu'il pouvait avancer. C'est lui qui s'estimait trop alors que les autres avaient certainement une autre opinion. On revient à la réflexion du début « estime de soi et estime des autres. »
P. a une façon très particulière de voir l'estime de soi, il le voit avec le prisme de l'autre.
Catherine était appelé GMC par son mari avant de consommer l'alcool à outrance, son estime de soi, après la rechute a été bien ébranlée puisqu'il lui a fallu dix huit mois d'hôpital de jour pour retrouver la guérison et redevenir GMC et être bien dans sa peau donc guérie et ayant retrouvé l'estime d'elle même et celle de son entourage. Mais elle se rappelle quand même que sa fille aînée est partie de la maison à ses dix huit ans et qu'il lui a fallu plusieurs années pour retrouver sa confiance et son retour à des sentiments forts entre mère et fille.
J.J. sait que l'alcool nous met en échec et dans l'impossibilité de faire quoique que ce soit. Tu fais n'importe quoi, ce ne peut être de l'estime de soi mais une altération de l'esprit. On prend conscience au fur et à mesure des échecs mais on recommence quand même et à chaque fois c'est le même processus. J.J. peut en parler car il a fait sa première cure à vingt ans, il est passé quatre fois en centre de cure il a tenu parfois des années sans alcool mais sans estime pour lui, avec l'espéral qui le maintenait hors alcool : semaine travaillée, week end alcoolisé, puis ainsi de suite. Plusieurs femmes l'ont quitté à cause de sa consommation, mais il se détestait à ce moment là mais continuait quand même son alcoolisation. Le travail était le moteur qui le maintenait à flot, après trop d'alcoolisation il perdait son travail, il s'alcoolisait de plus en plus et finalement il passait par un centre de cure pour se remettre à flot. Maintenant c'est SANSAS qui le maintien et surtout sa compréhension, en psychothérapie des causes de sa maladie.
P. bien que s'estimant apte, a fait 17 patrons, mais dans son alcoolisation c'était toujours le patron qui n'y comprenait rien, lui était un surhomme impossible à faire des bêtises. A chaque fois il a été viré mais ne s'apercevait pas que c'était lui qui fonctionnait pas mais ses patrons qui n'y connaissaient rien. Il se voilait la face.
Puis sont arrivés Sofia et Rachel sa sœur (non malade alcoolique). Nous avons donc fait un tour de table rapide pour qu'elles sachent qui nous étions, et Sofia, qui avait arrêté l'alcool depuis huit jours nous a expliqué son trajet pour arriver à arrêter l'alcool. Elle vient de Mougins (30 Kms de Nice), mais elle a commencée à voir un alcoologue, à l'hôpital de Cannes, elle est retournée voir le 17 l'équipe soignante en alcoologie du service à Cannes. Elle devait y rencontrer une psychologue, le médecin, une infirmière, elle essaye pour l'instant la cure ambulatoire sans pour autant fermer la porte à une éventuelle hospitalisation en centre de cure. Chacun donne son avis sur la manière dont chacun a fait pour s'en sortir ce qui donne à Sofia des pistes qui peuvent l'aider. Elle y a vu le médecin alcoologue qui lui a conseillé d'arrêter aussi les somnifères qui sont une autre sorte de toxicomanie, mais il la dirige vers un autre alcoologue de ville pour qu'elle puisse le rencontrer plus souvent et surtout en dehors de ses heures de travail. Elle pense pouvoir aussi arrêter la cigarette parce que son Ami ne veut pas qu'elle fume. Discussion autour de ce sujet où toutes les opinions sont émises mais la seule à pouvoir prendre sa décision c'est elle même.
Puis nous avons le plaisir d'accueillir Brigitte que nous n'avions pas vu depuis longtemps à la permanence mais que beaucoup ont rencontré durant l'été dans son commerce. Elle est arrivée alcoolisée en pleurant, mais après avoir séché ses larmes, elle essaye de nous expliquer les difficultés qu'elle rencontre pour pouvoir faire une cure de désintoxication : son commerce tourne en famille et si un membre manque, tout s'effondre. Elle souhaiterait pouvoir partir qu'une quinzaine de jour à cet endroit mais ce n'est pas possible car le contrat est de 29 jours, pas un de plus pas un de moins.
Elle nous parle un tout petit peu de sa vie , des relations avec sa mère. Le texte de Jonathan (VSA) arrive à point et nous lui lisons ce texte très recherché et qui est dans la continuité des paroles de Brigitte et de notre débat sur l'Estime de soi..
Post de Jonathan
L'estime de soi est un sujet qui m'interpelle ...beaucoup...car c'est l'une de nos «fondations» une de nos souffrance aussi...le regard sur soi...l'amour de soi...
Comment « grandir » quand les « fondations » vacillent à chaque regard, mot, ou tout ce qui peut représenter le regard d'autrui posé sur soi...avec un jugement qui nous « semble » ou qui peut être « dévalorisant » et qui nous fait mal....car trop fragile en nous...
Car nos « fondations » ne sont tout simplement pas ce qu'elles auraient du être...
On voudrait tellement être aimer, pour ce qu'on est...on a tellement peur du ...rejet...De se sentir seul...abandonné...Vous pouvez « essayer » de « construire » la plus belle des « maisons » « en apparence » sur des «fondations »...qui n'en sont pas...et à la moindre « secousse » la maison va se fendre en deux...pour ne pas dire ...s'effondrer...C'est une métaphore, assez facile à transposer...Très difficile de « se » reconstruire après ce genre d'épreuve....
MAIS TOUT A FAIT POSSIBLE ET POUR CHACUN D'ENTRE NOUS!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Un regard, un mot, une situation, qui fait mal a TOUJOURS une « origine » dans notre prime enfance... (Nos fondations...) Une « situation », « émotion » déjà vécu, et qui a fait mal...très mal...mais que "peut être" on a oublié...Cet amour, étant tout jeune, que l'on aurait aimé avoir, reconnaissance et acceptation de qui nous sommes...et que nous n'avons pas eues...
Une souffrance déjà vécue dans notre prime enfance, et sur laquelle, nous avons mis « un filtre » pour ne plus souffrir et continuer d'avancer dans la vie...avec nos blessures...
Une blessure « profonde », demande une « béquille » pour pouvoir avancer...continuer à avancer...se faire accepter...VIVRE...on voudrait tellement VIVRE !!!!!!!!!!
Une métaphore de plus....mais on sait tous ici ce qu'est ....une béquille...pour l'avoir consommé...
Nous n'avons pas été « préparés » à affronter la vie adulte...tout simplement....car comment avoir confiance en soi, si nos parents ne nous l'ont pas donnée...
Cette image de soi tellement positive que rien ne peux nous faire peur...car nous avons une force en nous, un regard et un amour de nos parents indéfectible, qu'elle que soit la situation...
Je sais aujourd'hui que je ne l'ai pas reçue...je suis né dans un espace de « non - vie »...il m'a fallu plusieurs décennies pour le comprendre...et une autre pour le guérir...
Car la QUALITE PARENTALE, la seule qui soit, prépare l'enfant à être un jour adulte...
Je sais que beaucoup d'entre vous diront.. « Mes parent étaient et sont extraordinaire...peut être quelque défaut, mais qui n'en as pas... »D'autres diront même... « Ils m'on beaucoup aimé...ils n'étaient qu'amour... » Alors pourquoi vous qui êtes « nés dans l'amour », ne vous aimez vous pas, pour ce que vous êtes...des être merveilleux...on vous l'a dit et prouvé ...non.. C'est la REALITE si on nous l'as appris...Ce n'est pas un JUGEMENT de nos parents, juste OUVRIR les yeux sur une réalité...LA QUALITE PARENTALE..
La « construction » de nos fondations...et qui les a construites... : nos parents, dans notre prime enfance...ce qu'ils nous ont transmis...Je suis le premier à avoir dit pendant des années à toutes les personnes que je côtoyais dans ma démarche de développement personnel... « Mes parents sont EXTRAORDINAIRE... » (Je le croyais vraiment...). Oui à la hauteur de mes faiblesses, et de mon refus d'ouvrir les yeux...
Aujourd'hui, je m'aime...beaucoup...j'aime la vie...énormément...et le « regards des autres» ne me touche plus....plus du tout....Et depuis peu, j'aime VRAIMENT mes parents, pour ce qu'ils sont....tout simplement ce qu'ils sont, responsables, mais pas coupables, ils m'ont juste transmis ce qu'ils ont reçu...Aujourd'hui, Je sais qui je suis, un homme, construit sur ses fragilités, qui à découvert en lui une force incroyable...l'amour de soi .. et donc, l'amour de la vie...tout simplement...Personne ne peut rien contre cela.....personne...il fait toujours soleil en moi, quelque soi la situation...
Si UN l'a fait, TOUS....TOUS VOUS POUVEZ Y ARRIVER...
Je vous le souhaite à TOUS...
Merci Jonathan pour ce témoignage si juste et si poignant. Notre réunion se termine sur cette note d'espoir pour tous.
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