Permanence du mercredi 17 Septembre 2008

Publié le 13 Septembre 2008

Sujet  Thèmes du jour : 

"Les dégâts de l’alcool"

 Compte rendu
 Avant de commencer notre thème du jour nous prenons des nouvelles de chacun. Sofia qui a arrêté depuis trois semaines se sent de mieux en mieux. Elle rêve de nouveau ce qui lui semblait ne plus être depuis qu'elle est devenue dépendante de l'alcool. Elle a peur maintenant de se trouver avec d'autres personnes qui lui feront la remarque qu'elle ne boit pas. Cédric lui conseille, cette idée provenant du Calme : à l'apéro tu n'as qu'à commander la première, comme cela personne n'aura rien à redire. Il faut changer ton schéma de vie car toi tu as changé mais les autres eux n'ont pas effectué ce changement. Tu verras que tes relations vont changer, il est nécessaire de se remettre en question et surtout changer ses habitudes. Rachel, sa sœur, est fière de ce qu'elle a fait et est très confiante dans l'avenir. Le difficile sera quand elle retournera dans son milieu familial et de travail.
Puis nous attaquons le sujet du jour
Claude est toujours étonné, ne cachant pas son alcoolisme d'il y a 28 ans, que les médecins, quand ils n'ont pas de réponse à ta maladie, se rabattent sur ton alcoolisme passé, c'est simple et au moins ils pensent à cette solution sans chercher plus loin. Quand il a eu une coxarthrose et qu'il a fallu opérer et mettre une prothèse de hanche, c'est peut-être dû à votre alcoolisme lui dit-il (mais si l'opération a raté et a été obligée d'être refaite un an plus tard, ce n'était pas l'alcoolisme mais bien la faute du chirurgien qui avait mal fait son travail).
Jean Jacques pense qu'il s'est arrêté trop tôt pour avoir des dégâts physiques, et que son alcoolisation a été souvent coupée par des périodes d'abstinences qui l'ont remis sur pied à chaque fois.
P. a bu tant qu'il a pu et un matin il n'a pas pu se lever. Il était complètement paralysé des hanches jusqu'aux orteils. Diagnostique du rhumatologue de l'Archet II (hôpital de Nice) : polynévrite aiguë. Il ne pouvait rien faire. Mais il l'a fait convoquer par le gastrologue et c'est là qu'il a vu en gros à l'entrée du service : GASTRO ENTERO ALCOOLO. Après les examens il avait un ulcère à l'estomac, de multiples polypes, 1850 GGT. Après huit jours de sevrage il pouvait remarcher. Il est encore traumatisé par le terme ALCOOLO qu'il a vu à l'entrée du service de Gastro.
Il a changé de médecin généraliste qui ne l'avait pas mis en garde mais il rajoute que le médecin lui a peut-être dit mais il ne s'en souvient plus, il le soignait pour la « goûte », l'ulcère à l'estomac, il soignait la bobologie (qui n'en était pas une) au fur et à mesure de ses douleurs. Il ne mettait que des rustines sur une jambe de bois.
Claude raconte son histoire avec le gastroentérologue qui lui avait prescrit une biopsie du foie et qui, après l'avoir analysée, lui a donné une lettre pour le médecin généraliste. Claude a ouvert la lettre et au milieu de mots barbares il a remarqué quand même une phrase : « foie
pré cirrhotique » qui ne l'a pas inquiété, s'il était pré cirrhotique c'est qu'il n'avait pas une cirrhose donc il pouvait continuer à boire. Ce que reproche Claude au médecin, c'est qu'il ne lui a jamais parlé d'alcoolisme, ni de moyens pour s'en sortir, mais que des conseils de modération sur la bière qu'il buvait en grande quantité.
Claude ter buvait seul dans les bistrots et chez lui pour s'achever, mais il lui est arrivé plusieurs fois de tomber dans la rue et de passer sa nuit dehors à cuver. Il ne croit pas avoir eu de dégâts importants parce qu'il a toujours fait des courses en montagne, il avait des douleurs le matin pour démarrer puis cela s'arrangeait dans la journée, mais il a quand même raté quelques randonnées parce qu'il ne pouvait pas se lever le matin. Il pense que s'il n'y a pas eu trop de dégâts c'est parce qu'il éliminait durant ses longues marches et escalades, ça lui permettait de reconstituer son stock d'endorphines naturelles. Alors le soir il repartait au bar.
« Buvez, éliminez », il se trompait de Pub.
Pour lui qui faisait de la compétition en kayak, il a pu comparer les temps avant et après la cure : il mettait 10 mn de moins après la cure qu'avant. Il restait les toxines dans le corps et c'est pourquoi il y avait cette différence de temps.
Comme beaucoup de malades alcooliques il a eu un ulcère à l'estomac, après un sevrage il a eu de l'irritation à l'estomac, il était énervé et surtout avait beaucoup de mal à supporter les enfants.
Cedrick s'est aperçu qu'il avait une hernie hiatale, avec des remontées gastriques, il a alors arrêté le café, le tabac, l'alcool et maintenant il n'a plus de problèmes de santé. Mais il a des séquelles psychologiques parce qu'il a cassé cinq camions, 5 voitures, il a été à deux doigts de la mort, mais comme il dit : « j'ai de la chance, parce que je n'ai jamais blessé personne sauf moi ». Mais quelle consolation d'être enfin guéri de cette maladie qui touche tant de personnes qui ne s'en aperçoivent pas ou qui ne veulent pas voir.
Sophie a également eu des accidents, mais comme Cédrick seule, ce qui n'a pas porté à conséquence sauf dans sa vie de couple.
J.J. a failli mourir dix fois, en tombant de son bateau, par des accidents de voiture, des positions dont il n'a même plus le souvenir parce que ce sont les autres qui lui ont raconté.
La réalité c'est que l'alcool diminue les moyens. Un soir de beuverie à plusieurs, il a décidé de partir en corse dans une tempête qu'ils n'auraient jamais dû vaincre tellement elle était violente. Tous avaient le mal de mer, ils avaient décidés de viser Calvi et se sont retrouvés à Saint Florent, ils ne savaient même pas comment ils y étaient arrivés. La mort était proche d'eux.
De même qu'en plongée, il aurait pu mourir 10 fois. Un jour pour descendre plus vite et plus loin il avait attaché une ancre à sa ceinture, et malgré ces beuveries mémorables, jusqu'à maintenant il n'a pas ressenti de dégâts physiques. Il pense qu'il ne rechutera plus tant qu'il viendra à l'association mais ....comme tous, il ne se sent pas à l'abri.
Claude bis n'a pas eu le temps de parler de sa polynévrite et pourtant elle le fait souffrir et régulièrement il est obligé de voir le spécialiste pour lui faire une piqûre afin de passer une année, presque tranquille, mais elle est douloureuse et il reporte ce traitement jusqu'au moment où il ne peut plus attendre : les fourmilles dans les jambes lui rappellent qu'il a abusé de l'alcool et qu'il y a des séquelles qui ne s'effaceront jamais.

Rédigé par SANSAS

Publié dans #Maladie lié

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