Permanence du mercredi 24 Septembre 2008

Publié le 20 Septembre 2008

Sujet  Thèmes du jour : 

"Les moyens pour retrouver le goût de vivre"

 Compte rendu

Comme à toutes nos permanences nous commençons par prendre des nouvelles des uns et des autres.
Nous apprenons avec tristesse la rechute de Gilles qui avait pourtant fait un gros travail sur lui-même, mais son éloignement durant trois mois a été fatal. Certains pensent qu'il n'avait pas fait une très bonne cure parce qu'elle était plutôt pour faire plaisir que pour lui-même. Nous espérons tous le revoir très bientôt à la permanence.
Sophie a repris son travail, mais les contacts avec la famille de son compagnon sont difficiles car ils sont toujours derrière elle pour savoir si elle a pris ses médicaments, si elle va bien, si elle va mal etc... Il est nécessaire qu'elle gère ses émotions... Pas facile dans ce contexte surtout qu'elle s'est arrêtée seule et qu'elle n'a pas les outils appris en cure pour se gérer.
Elle ne connaît pas la relaxation.
Nous lui conseillons de revoir vite un médecin alcoologue qui pourra la comprendre et la conseiller.
Jean Jacques lui dit qu'il faut savoir relativiser les relations avec son entourage. Lui quand ça va mal il s'en va faire, même s'il n'est pas croyant, un pèlerinage au sanctuaire de Laghet car il y retrouve apaisement et sérénité.
Puis nous venons au sujet du jour. Cédrick aime être seul mais il ne faut pas que cela dure et il pense que très vite il faut reprendre des activités quelqu'elles soient afin que le vélo ne tourne plus dans sa tête. Maintenant il va dans une salle de sport pour lever des altères, faire des agrès, de la marche sur tapis (pas de vélo parce que c'est pas bon pour ses articulations). Il s'occupe et a plein d'autres centres d'intérêt. Bientôt un stage de formation de chauffeur de car afin de pouvoir assurer ses besoins vitaux.
Sophie se sent stressée au travail mais refait du sport pour expulser toutes ces toxines intellectuelles et physiques. Quand elle s'est mise à boire elle a arrêté le sport mais depuis elle s'y est remise.
Claude remet sur le tapis son histoire de maquette, le sport, la rencontre avec un mab, le changement de médecin, son suivi durant plus d'un an par un psychiatre, son investissement dans l'associatif qui lui a permis de retrouver une joie de vivre avec une aide immense de son épouse.
Il semble que le sport soit une aide commune pour retrouver la joie de vivre, Martine aussi s'est remise au sport bien qu'elle ne puisse plus en faire autant car elle a trouvé du travail.
Pour retrouver son goût de vivre il ne faut pas s'isoler dit P. qui en sortant du service de GASTRO ENTERO ALCOOLO s'est refermé sur lui-même et c'est quand il a recommencé ses sorties qu'enfin il a retrouvé ce goût pour la vie. La peinture l'a beaucoup aidé.
Sans se concerter plusieurs nous disent qu'ils ont évité le rayon « alcool » dans les magasins et c'est quelquefois conseillé dans les centres de soins.
P. avait une vénération pour son toubib et c'est après qu'il s'est aperçu qu'il ne lui avait jamais parlé de soins, de modération ou d'arrêt d'alcool malgré ses 1850 gamma GT . Il nous dit que nous sommes des gens fragiles et que si on a des problèmes dans la vie, la tête remet toujours l'alcool au centre de notre réflexion, mais si nous savons maîtriser nos émotions , nous sommes capables, et heureusement, de succomber à ce désir.
Sophie nous dit qu'elle a replongé à chaque coup dur et pense qu'en fréquentant notre association, semaine après semaine, elle sera capable de résister et retrouvera ce goût de vivre qui lui manquait tant.
Jean Jacques nous raconte son histoire du club Med, après cinq ans d'abstinence, il a décidé de pouvoir reboire modérément, juste une ou deux bières par soir. Mal lui en a pris, pendant trois jours ça a pu aller, puis la ration a augmenté, pour arriver malheureusement au bout de son expérience. C'est facile de s'arrêter nous dit-il mais le plus difficile est de tenir et ne pas reprendre.
Martine sent que sa famille est heureuse de son arrêt de l'alcool, elle se sent rassurée et tachera de venir le plus souvent possible à l'assos pour pouvoir s'exprimer. Jean Jacques est heureux de vivre maintenant depuis qu'il a compris d'où venait cette compulsion pour l'alcool, mais la condition sine qua non est bien entendu : alcool zéro. Mais J.J. se trouve en marge de la société parce qu'il fait parti des 10 % de Français qui ne consomment pas d'alcool. Il trouve qu'il ne peut plus participer comme avant aux festivités. Petit murmure désapprobateur des présents et Cédrick renchérit que pour lui, il n'est pas mal à l'aise dans son rôle d'abstinent.
J.J. pense que l'on met beaucoup de moyens en œuvre pour s'arrêter, c'est par ce travail sur soi que l'on y arrive et puis sans s'en apercevoir tout à coup on se sent bien avec le goût de vivre et de vivre pleinement et heureux.
Claude explique les étapes à franchir après l'arrêt de l'alcool tel qu'il a pu le constater avec beaucoup de personnes qui sont parvenus à alcool zéro.
Le premier mois est très difficile parce qu'il y a le sevrage, les rêves, les flash alcool, des désirs intenses de reprendre un verre. Après ce premier mois, cela devient plus facile parce que les rêves s'estompent, les flash alcool sont de plus en plus espacés, on retrouve un peu de joie de vivre, notre entourage retrouve un tout petit peu de la confiance tout en étant très vigilent et souvent trop, ce qui est agaçant. Vers le troisième mois, un coup de fatigue, probablement que le corps se souvient qu'on l'a abreuvé pendant des années et que ce produit lui était indispensable, il ne faut surtout pas négliger cet état de fatigue qui peut ramener à la rechute. Si nécessaire, voir un médecin pour qu'il fasse passer ce coup de semonce, vitamines, magnésium, sang de bœuf, tout est bon pour rétablir cet équilibre. Ce coup de fatigue ne dure pas très longtemps. Vers le sixième mois, on retrouve souvent ce même état de fatigue, à traiter de la même façon.
ATTENTION, vers le huitième mois arrive le temps du questionnement : « est ce que j'étais vraiment dépendant, et si je reprenais un verre, il y a huit mois j'ai arrêté facilement l'alcool, pourquoi ce ne serait pas comme cela maintenant, allez, juste un petit verre ça ne peut pas me faire de mal», surtout n'écoutez pas ce chant des sirènes car nous savons tous qu'un verre, c'est un verre de trop et que la rechute est la conséquence de ce petit verre.
Puis arrive l'anniversaire de l'arrêt, moment difficile parce que nous avons vécu pendant des années où les anniversaires étaient de moments de fête et que la fête tournait toujours autour de l'alcool. Méfi comme disent les méditerranéens !!!, c'est pourquoi, à Sansas, nous souhaitons les anniversaires de naissance, pour bien montrer que l'on peut très bien passer un anniversaire avec un gâteau et devant un café ou un verre de menthe à l'eau ou de jus d'orange.
Le passage au dix huit mois est le passage important où l'on se sent guéri et où l'alcool n'est plus un problème.
Cédrick nous dit qu'il se reconnaît dans cette explication et que le plus dure a été le problème du questionnement, mais sa réponse était déjà toute prête dans sa tête et il rajoute que ce qui favorise la rechute est l'isolement. Il s'est investit dans le bricolage.
Nous faisons bien attention et le disons, nous ne sommes pas des thérapeutes, nous ne faisons pas une thérapie de groupe, mais exprimons nos pensées, nos sentiments pour le mieux être de chacun. J.J. modère un peu cette expression car il pense qu'en thérapie de groupe, le psychologue n'est pas là pour soigner mais pour diriger le groupe dans une cohérence efficace.

Rédigé par SANSAS

Publié dans #Abstème

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