Permanence du mercredi 01 Octobre 2008

Publié le 27 Septembre 2008

Sujet  Thèmes du jour :
"Comment les proches vivent-ils la maladie alcoolique"

Compte rendu
Gilles après sa rechute se laisse aller, il n'arrive plus à prendre décision, même de venir nous voir et pourtant il sait que nous ne le jugerons pas. J. J. l'a amené au CSST, il devait y retourner (seul) il n'a pas jugé utile d'y retourner malgré un rendez vous en bonne et due forme. J.J. nous dit que l'alcool l'a infantilisé et qu'il lui faut en permanence quelqu'un derrière lui. Abdel est optimiste et pense qu'il s'arrêtera tout seul, comme lui, quand ce sera sa décision.
Paul vient pour la première fois, il s'est arrêté avec l'aide d'un psychiatre, il est venu pour voir, il semble intéressé et reviendra probablement la semaine prochaine, et pourquoi pas avec sa compagne.
Puis nous commençons notre thème hebdomadaire.
Brigitte pense que son mari souffre de la voir s'alcooliser régulièrement, ses filles lui en veulent d'avoir réussi à tenir six semaines sans alcool et d'avoir rechuté, elles pensent qu'elle ne veut pas faire l'effort de recommencer. En voyant leur souffrance, elle s'en veut mais ne peut pas. Nous lui faisons confiance, mais il n'y a que par la fréquentation régulière de Sansas, qu'elle arrivera à comprendre qu'elle est malade (ce qu'elle admet seulement du bout des lèvres) et que le médical est un passage obligatoire pour guérir.
Christiane explique qu'elles ne peuvent pas comprendre qu'elle ait repris l'alcool.
B. nous dit aussi qu'elle est obligé parfois de s'arrêter quelques jours parce que quand elle boit elle ne mange pas et que pour vivre il lui faut manger. La voir boire c'est vraiment une souffrance pour eux. Elle nous demande de parler un jour du regard du malade vis-à-vis de ses proches et nous approuvons, ce sera un thème très bientôt.
Pour Martine, c'est très difficile de s'arrêter, elle a été habituée à voir boire dans sa famille et maintenant parce qu'elle a fait une cure elle est guérie donc il n'y a plus de problème donc pas de souci pour ne pas reprendre.
Chez Catherine, ses enfants ont eu un rejet de l'alcool et aucune ne consomme un tant soit peu de l'alcool
Paul, lui, dit que c'est docteur Jekill et Mister Hide, l'alcool lui faisait peur. Sa compagne avait peur que son mari devienne alcoolique comme ses parents et ses beaux parents. Elle a très peur de son alcoolisation. Depuis cinq ou six mois il a compris qu'il ne maitrisait plus sa consommation, il buvait surtout le soir. Durant le W.E. il était souvent Ivre alors elle l'a secoué, l'a menacé. IL a compris qu'il était temps de faire quelque chose.
Sophie nous dit que son entourage ne disait rien mais il lui arrivait parfois de descendre une bouteille de rhum en 1 h ou 2 heures. Rachel, sa sœur, présente à la réunion nous dit qu'elle a toujours supportée l'alcoolisation de sa sœur parce qu'elle avait vécu le problème avec sa mère. Elle a vu sa sœur se détruire mais savait que le soin passait seulement par la volonté de Sophie, elle ne se sentait pas le droit d'entrer dans sa maladie, finalement Sophie a pris sa décision en descendant très bas. Rachel nous confie qu'elle a eu peur quand elle a accueilli sa sœur chez elle, mais elle savait qu'elle devait lui tendre la main. Maintenant elle a retrouvé sa So So de sa jeunesse.
Christiane a donné sa confiance à Claude dès qu'il a pris la décision de se soigner, elle pense que cette confiance était réciproque. La guérison est passée par elle mais elle pense que plus de 80 % de sa prise de conscience est venue de lui et avec sa confiance il est arrivé à s'en sortir.
Claude Ter nous dit que si l'entourage est méfiant il y a des chances pour que cela se termine par une rechute
Rachel fait confiance car elle sait qu'elle ne peut rien changer aux décisions de sa sœur, elle ne fait que l'accompagner. Elle se trouve bien à Sansas et sa soeur fait 60 kms chaque mercredi pour venir à la réunion, c'est peut-être le gage de la réussite même si nous continuons à l'encourager à continuer à voir le médical.
Chantal pose la question de savoir si l'entourage n'est pas le miroir du malade.
Rachel connaît et elle ne veut surtout pas reproduire le schéma qu'elle a connu avec sa mère. L'alcool est une maladie qui se soigne, dont on guéri et qu'il n'y a pas que celui qui est malade alcoolique qui peut s'en sortir. Il fallait que Sophie passe ce cap pour venir chez elle. Son compagnon ne pouvait pas l'aider.
Il y a déjà quatre ans elle lui a dit qu'elle était malade de l'alcool mais il ne l'a pas cru et pensait qu'elle était envoutée, il voulait qu'elle rencontre un marabout. (Les parents d'Abdel ont eu une réaction identique)
Maintenant son compagnon est fier d'elle, mais il faut que chacun fasse l'effort pour se retrouver.
Martine a toujours été au rosé durant son alcoolisation, mais elle se sentait très bien, elle aidait au service, aidait à servir les kirs. Comme elle ne buvait pas d'alcool fort donc elle n'était pas alcoolique. Maintenant après son arrêt elle vit très mal la suspicion de son compagnon, elle se sent surveillée, 24/24 heures. La confiance est écornée. Maintenant elle compense son arrêt de l'alcool par des achats (des babioles dit-elle) compulsif. Elle ne peut pas entrer dans un magasin sans en ressortir avec quelque chose en main, ça lui est fortement reproché par son compagnon.
P. a vécu en parallèle avec sa famille, il lui était impossible de travailler chez lui. Il ne pouvait pas rester là. LA MERE commandait, livré à lui-même, il a compensé avec l'alcool.
Christiane se rappelle qu'elle avait peur de parler de son alcoolisation à Claude de peur de le mettre en colère. C'est très difficile de parler d'alcool à un alcoolique car il ne veut et ne peut écouter et n'accepte pas le dialogue.
P. nous dit que ses enfants ne comprenaient pas ces comportement, surtout qu'il était toujours loin de chez lui, maintenant ils comprennent et vivent pas trop loin dans le Var près de Fayence.
J.J. pense que le commun des mortels ne connaît pas la maladie alcoolique et dit à Pierre que c'est lui-même qui a généré son alcoolisme et que cela ne provient pas de sa compagne de ses enfants mais d'une profonde douleur qui provenait probablement de son enfance. P. n'a pas fait de psychothérapie et ne sait pas d'où provient son alcoolisme.
Claude rappelle qu'il ne faut surtout pas confondre les causes de son alcoolisme et les déclencheurs qui provoquent cette alcoolisation massive. On en revient à la souffrance.
Abdel nous dit que tout allait bien avec son ex femme et que c'est l'alcool qui l'a fait divorcer. Son père a du mal à supporter son alcoolisme mais sa mère est désolée de voir son fils malade mais avec sa sœur à lui, elles ne le laissent pas tomber et elle doit souffrir au moins autant que lui de son alcoolisation. Depuis trois mois, ça va.

Rédigé par SANSAS

Publié dans #La famille

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