Permanence du mercredi 10 Décembre 2008
Publié le 5 Décembre 2008
Sujet Thèmes du jour :
"Comment apprendre à dire non"
Compte rendu
La réunion débute par un petit communiqué sur ce soi-disant médicament miracle (le Baclophène) guérissant de la maladie alcoolique. Monsieur Ameissen auteur d'un livre sur ce sujet (en tête des ventes actuellement) se réfère à une publication de la SFA (Société Française d'Alcoologie). Mais il n'en lit qu'un paragraphe. Claude fait lecture du communiqué de La SFA signé du docteur Daoust (présidente de la SFA.) qui rappelle les règles de prescription d'un médicament. Discussion autour de ce médicament car quelques personnes de l'assemblée seraient bien tentées de l'utiliser puisqu'il « guéri de l'alcoolisme ». Les personnes tentées sont plutôt dans un semi déni et recherchent une solution de facilité pour arrêter la consommation d'alcool. Nous les en dissuadons, mais qu'ils fassent l'essai et si l'effet placébo fonctionne alors grand bien leur fasse.
Puis nous prenons le débat prévu pour cette réunion.
Catherine a été obligée de se mettre en pétard, le jour du mariage de sa fille car sa fille voulait faire boire une gorgée de champagne à sa petite fille de 1 an. Il a fallu qu'elle la mette sous sa responsabilité en lui expliquant (pas d'alcool avant 15 ans). Son autre fille enceinte, voulait boire elle cette coupe de champagne et Catherine a eu du mal à lui expliquer le SAF car, une coupe de champagne, ce n'est pas de l'alcool ? N'est-ce pas.
Gilou qui va mieux cette semaine en attendant de partir en post cure à Virac, nous dit qu'il dira facilement non, pour l'apéritif mais s'il y a encore de l'alcool il se sauvera pour mettre de la distance entre l'alcool et lui. Et il ajoute « sans regret », espérons ....
Claude bis, nous rappelle que quand il est sorti de cure en juin (il y a dix ans), ses amis, en toute confiance, lui avaient proposé de fêter sa guérison au champagne, bien entendu il avait refusé, mais la peur l'avait fait fuir. Au Noël suivant, les cadeaux sous le sapin, c'était une bouteille de Porto et une boite de «mon Chéri ». A nouveau il s'est sauvé, mais là il avait compris que c'était vraiment alcool zéro. Ses amis se sont habitués depuis et eux aussi ont compris, ils ne feront plus de bourde de ce côté-là et même ont diminué leur propre consommation.
Claude se rappelle qu'en sortant de cure et en reprenant le travail, les apéros seraient durs à supporter parce que, il n'y avait que du Pastis sur la table. Il a été surpris de ne plus être invité à ses apéros, mais le chef de bureau était un alcoolique qui avait fait plusieurs cures, avait rechuté plusieurs fois, continuait à consommer mais se doutait qu'il avait fait un sevrage et le protégeait de la tentation en l'éloignant (sympa de la part d'un chef), mais au bout de six mois Claude a voulu participer et a donc demandé qu'il y ait du jus de fruit. Au départ ça a été deux petites bouteilles de jus de fruit, puis c'est installé un compromis, sans parole, où il y avait Pastis ou jus de fruit à l'apéro, tous se sont aperçu que tout le jus de fruit partait et que le Pastis diminuait moins vite. Premier acte de prévention réussi. Il y avait plusieurs personnes qui prenaient du Pastis parce qu'il n'y avait que cela, mais qui ont été content de pouvoir dire non au Pastis, à 11 h du matin, et oui au jus de fruit.
Oliver dont c'était l'anniversaire, et qui devait partir plus tôt pour manger le gâteau pas trop tard avec sa petite, pense qu'il n'est pas facile de dire non en sortant de cure, nous sommes tellement fragile, écorchés vifs, surtout psychologiquement, il pense qu'il faut se préparer mentalement et s'auto suggérer les bonheurs sans alcool et tous les mauvais moments passés sous alcool.
Madeleine a de gros problèmes pour dire non car elle subit son abstinence comme une frustration, une pénitence. Elle est allée à inter marché, elle a regardé ce qu'elle pourrait bien boire qui ne soit pas de l'alcool, elle s'est promenée dans le rayon en pensant aux apéritifs et aux apéros sans alcool, mais ils lui rappelaient trop les boissons alcoolisées. Elle a alors acheté du sirop de Framboise, mais elle n'a pas su le doser de sorte que ce n'était pas bon à boire. Elle nous ressort son passé dans des terres viticoles, le Vin, patrimoine de la France et touti quanti...
Oliver nous rappelle que pendant des années, on nous a rabattu les oreilles pour boire un litre et demi à deux litres d'eau par jour, mais finalement depuis très peu de temps les savants se sont aperçus que le corps demandait l'eau qu'il avait besoin (mais pas les marchand de flotte). Il nous dit qu'il fait plus attention à son anniversaire d'abstinence qu'à celui de naissance. Petit débat autour de ce sujet.
Cedric31, toujours pas abstinent, avance dans son processus d'abstinence, mais actuellement il est dans l'apprentissage de l'absence d'alcool. Il y réfléchit, c'est un questionnement et actuellement il essaye de réguler sa consommation en sachant qu'il lui faudra passer par l'étape suivante : arrêt total de l'alcool.
Il n'est pas encore en état d'esprit pour dire NON. Il profite des derniers moments, mais ne s'arrêtera pas avant les fêtes. Par contre maintenant il est capable de ne pas boire durant la fête parce qu'il doit prendre le volant après, mais ce n'est pas la peur du gendarme. Il a peur du sevrage parce qu'après se sera « plus jamais » mais il accepte l'accompagnement médical et psychologique au moment où lui le décidera. Au départ il pensait pouvoir s'arrêter seul, mais sa participation depuis plus d'un mois à nos réunions, lui ont fait comprendre que ce n'était pas si simple que cela.
Madeleine pense que les fêtes vont être dures parce que manger du foie gras avec de la Salvetat, ou du fromage avec un verre d'eau ou des coquillages sans vin blanc, ce n'est pas le pied. Nous lui rappelons la discussion de la semaine dernière où nous avons parlé des méfaits de l'alcool sur le goût des produits, la saveur de l'iode dans les huitres, le goût d'un bon Calandos sur les papilles (je m'en lèche les babines en l'écrivant)
Claude bis nous dit que sa compagne, durant les fêtes, prend un verre de vin en mangeant, mais il trouve qu'elle « pue l'alcool » après. En corse elle s'est déchaînée, parce qu'il y avait toujours l'apéro gratuit et le pousse café aussi, alors elle s'ingurgitait sa part plus la sienne c'est-à-dire double consommation et comme elle n'avait pas l'habitude de consommation, l'après midi n'était pas triste. Après sa cure, les collègues de travail le narguaient avec leur verre de vin ou d'apéro, il a donc quitté cette place. La première année de son abstinence, il pouvait dire non, mais s'il y avait insistance alors, il se sauvait pour ne pas succomber à l'appel psychique.
Madeleine ne sait pas dire non, en rien, alors c'est d'autant plus difficile avec l'alcool que psychologiquement elle y est encore très accrochée. Il y a deux personnages en elle : celui qui se révolte devant l'injustice et celui qui ne sait pas dire non, alors elle en a plein le dos d'être si ambivalente. Elle est gentille par nature et elle pense que ce n'est pas le bon truc pour elle, elle voudrait parfois pouvoir être méchante et en colère. Mais elle ne sait pas le faire. On lui a mis une étiquette dans le dos et elle n'arrive pas à s'en défaire. On lui donne les tâches les plus ingrates à faire et ensuite on lui reproche, on l'infantilise et elle se laisse faire parce qu'elle ne sait pas dire non.
Papy, hier, s'est trouvé à la laverie avec une personne qui manifestement aimait l'alcool et qui n'arrivait pas à faire marcher la machine à laver, il l'a aidé et ensuite, l'autre lui a proposé d'aller boire un coup. Il lui a demandé alors à combien de litre de rouge il était, ce n'était pas lui qui buvait mais sa compagne. Dans la conversation il lui a glissé que lui, il y a cinq ans, il en était à cinq litres de vin par jour. Il a fait sa B.A. par une information.
Ensuite il nous dit qu'après son sevrage, il ne voulait pas sortir pour ne pas boire, cela a duré quatre ou cinq mois et après il s'est mis au coca light et maintenant dans son quartier tous ceux qui le connaissent l'appellent « coca light ».
Il s'est dressé à dire non et plaisante en nous disant que même le jour de son mariage, il n'a pas réussi à dire « NON ». Plaisanterie ? Peut-être pas...Il s'est aperçu que beaucoup de monde s'habituent à dire OUI par faiblesse.
/image%2F1565259%2F20220408%2Fob_d9a052_logo-sansas-color-n-4.bmp)