Permanence du mercredi 03 Décembre 2008

Publié le 29 Novembre 2008

Sujet  Thèmes du jour :
 Entendre parler d’alcool :

"Malade et après le soin."


  Compte rendu

Claude avant la cure était gêné d'entendre parler d'alcool parce que à chaque fois il pensait que c'était à lui qu'était adressé les paroles désagréables sur les consommateurs excessifs. Pendant sa cure, la difficulté a été quand le médecin a parlé ALCOOL zéro, ce qu'il ne pouvait entendre car il ne pensait pas pouvoir vivre sans alcool. Juste après la cure, en dehors de l'association, dès qu'il entendait parler d'alcool, il pensait que c'était un jugement que l'on pensait de son passé. Après quelques mois, c'est lui qui a commencé à parler alcool.
Martine pense qu'actuellement, se priver d'alcool c'est encore une punition, ne pas pouvoir c'est une hérésie. Maintenant elle le vit très mal, surtout qu'elle est sous anxiolytique pour palier au manque. Il faut ajouter que Martine n'est pas aidée, elle ne peut suivre une psychothérapie parce que son compagnon ne la lâche pas d'une semelle et l'infantilise, il la suit même dans le bureau du psychologue. Veut-il faire une thérapie familiale ? (le médecin)
Claude lui répond que la difficulté actuelle est normale puisqu'elle n'est sortie de cure que depuis six mois et que son mieux être reviendra seulement au bout d'un an. Martine est gênée par la publicité, elle nous répète qu'elle est frustrée de ne plus boire.
Bridget pense aussi que c'est une injustice car elle a toujours aimé l'alcool et pourquoi la dépendance est-elle descendue sur elle ?
Comme Bridget travaille comme serveuse dans un restaurant, J.J. lui dit que l'alcool altère le goût des aliments, il n'y a rien de mieux que de consommer une douzaine d'huitres (il est Breton de Nice) avec un verre d'eau parce que le vin blanc dénature le goût de l'iode. Il a eu aussi, comme tous, une période de frustration, la mode est maintenant venue une habitude. Tout ce qui se dit maintenant sur la dangerosité de l'alcool amènera une prise de conscience de tous et quand les mentalités auront changé et que la conduite automobile sera autorisée avec alcoolémie zéro, il faudra bien que chacun se plie aux décisions politiques comme il a été fait pour la cigarette. Claude rappelle que la loi Evin a été votée en 1991 et que l'interdiction de la cigarette dans les lieux publics n'a été appliquée que depuis un an.
Jean trouve qu'actuellement, la société nous impose le vin avec les produits et que nous avons perdu tout esprit critique. Nous sommes comme des moutons de Panurge.
Abdel ne se voit pas manger un couscous sans un verre ou une bouteille de vin rouge.
Martine nous dit qu'elle a aimé l'alcool dès qu'elle y a goûtée, très très jeune.
Christiane nous rappelle que quand nous allons faire des informations dans les centres de cure, une majorité des patients ne peuvent admettre l'alcool zéro et pensent que ils ne pourront plus manger que des biftecks. Tout cela est la suite de l'imposition de vin dans la cuisine française. Pas une recette dans un livre sans que l'alcool soit présent. On a l'impression que cette obligation ne peut-être admise à cause de notre culture surfaite du bon vin.
J.J. pense que si on consomme de l'alcool c'est parce que l'on ne connaissait pas le produit et ce qu'il pouvait engendrer. Il constate que dans les restaurants on consomme de moins en moins de vin, sur les tables il voit beaucoup de consommateur d'eau.
Jean nous fait part de son expérience de commercial où tous les jours, il n'y a pas si longtemps, avec les clients, il fallait faire une bonne bouffe, accompagnée avec de bons vins. Maintenant cette mode a changé et les personnes veulent pouvoir travailler l'après midi en ayant les idées claires et le ventre pas trop gonflé.
Christian, cuistot de son métier, pense que l'on ne pourra jamais se passer d'alcool dans la cuisine. Un steak au poivre flambé au cognac ne pourra être remplacé par un Big Mac. Mais Christian admet que s'il avait continué à boire, il n'aurait pas un appartement, en location à lui tout seul, il traînerait encore dans la rue. Il reconnaît que la croyance populaire qu'un alcool, puisqu'il est cuit, ne reste pas dans l'aliment, lui est totalement opposé à cette croyance très répandue dans nos mentalités.
J.J. est persuadé qu'il y a actuellement un changement de mentalité chez monsieur tout le monde.
Fredo qui vient pour la première fois, envoyé par un médecin de l'hôpital St Roch, le Docteur Martinez, pense que tant que l'abstinence est un problème, il y a un fort risque de rechute, il est jeune et s'étonne de trouver que des personnes guéries de plus trente ans, nous lui rappelons que nous avons eu, pendant un certain temps, un jeune de dix huit ans, qui est venue pendant six mois et qui a enfin trouvé la stabilité alors qu'il se murgeait trois fois par semaine. A notre contact il a réussi à comprendre que l'on pouvait très bien vivre sans alcool.
Nous visionnons maintenant le témoignage de Josiane, que nous avons beaucoup côtoyée dans le groupe, qui est passée sur la trois dans « @ la carte » et la discussion s'embarque sur les difficultés qu'elle rencontre surtout après que ses enfants aient préféré vivre chez une tante. Nous ne la sentons pas encore prête à faire la démarche, mais peut-être que de s'être confiée à la caméra, cela pourra être un déclic pour continuer vers l'abstinence totale et définitive.
Martine a du mal à parler avec son médecin, elle n'ose pas lui dire qu'elle a été malade alcoolique, alors il lui prescrit des médicaments avec de l'alcool dedans et elle n'ose pas lui en faire la remarque.
Claude bis lui répond qu'il avait tellement peur de prendre ce genre de médicament qu'il demandait au médecin et ensuite il se faisait confirmer par le pharmacien. Peur de la rechute.
Cedrick, quand on lui parlait d'alcool ou qu'on lui en offrait, si c'était des inconnus, il leur disait qu'il était allergique à l'alcool et il n'a jamais eu de remarque sur cette allergie. Mais pour d'autres ça ne leur convient pas de trouver cette excuse.
Martine nous dit que quand elle est chez elle l'alcool ne lui dit rien, mais dès qu'elle sort, il y a Casino, Intermarché et Carrefour et elle craint ces enseignes parce qu'elle est attirée par le rayon Alcool. Elle a essayé le Champony, la bière sans alcool, les bitters, les cocktails sans alcool, tout lui rappelle sa maladie qu'elle a du mal à admettre. Nous conseillons à Martine d'en parler à son psychologue, mais pas en présence de son compagnon qui la surveille jusque dans le cabinet du médecin. C'est lui qui devrait se faire suivre pour une psycho individuelle. Mais elle est trop dépendante de lui.
Claude bis lui dit que quand il est sorti de cure, il contournait le rayon alcool pour ne pas être confronté au produit et un jour, à peu près un an, sans s'en apercevoir, il s'est trouvé au milieu du rayon alcool et il n'a pas paniqué et s'est sentit bien. Depuis il n'a plus peur de ce rayon et tout se passe bien. Il faut dire aussi que quand il est sorti de cure ses Amis de la Turbie voulaient fêter sa guérison avec une bouteille de champagne, il s'est sauvé et ces amis ont mis plusieurs mois à comprendre que alcool zéro, c'était alcool zéro.
Pour répondre à Martine, Fredo lui dit que son médecin alcoologue, lui a bien recommandé de changer son mode de vie : plus d'apéritifs qui puissent lui rappeler le goût, la couleur, la présentation de ses alcools préférés. Il faut savoir se discipliner dans un nouveau mode de fonctionnement.
Après l'arrêt de l'alcool et avec toutes les infos que nous avons eu, nous n'entendons plus du tout le même discours qu'avant, durant notre maladie. La bouteille a été cassée dans notre tête et ce qui était noir avant est devenu blanc après la compréhension de notre maladie.
Gilles qui est en attente d'une post cure mais qui est encore sous alcool et psychotropes, trouve qu'au CSST où il va tous les jours il ressent une overdose de paroles sur l'alcool. Pour SANSAS parler d'alcool lui est une aide mais en même temps il en est dérangé. Mais quoi faire pour lui ?
Fredo, qui a 26 ans, trouve que l'on parle beaucoup d'alcoolisation chez les jeunes et que s'en est trop car il faut qu'ils fassent leur apprentissage de la vie et transgressent quelques interdits.
Gilou pense qu'il faut en parler et avoir des informations mais dans les séries télévisées, il est gêné par tous ces acteurs qui boivent à longueur de temps.
J.J. lui fait remarquer que durant les prises de vue, les acteurs ont du thé dans leur verre parce que sinon ils ne pourraient pas tenir le tournage d'une scène complète.

Rédigé par SANSAS

Publié dans #La Maladie

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