Permanence du mercredi 14 Janvier 2009
Publié le 10 Janvier 2009
Sujet Thèmes du jour :
"Alcool et timidité"
Compte rendu
Nous accueillons un nouveau : Balein, le retour d'autres, la mère d'un adhérent qui lit, depuis la Bretagne notre Blog chaque semaine, (déçue d'avoir été 2 semaines sans CR du blog) et nous pouvons reprendre la timidité que nous avions effleurée la semaine dernière.
J.J. pense que l'alcool a aidé beaucoup d'entre nous à approcher le sexe opposé car l'alcool nous désinhibait. Le rapport à l'autre était beaucoup plus facile avec, que sans alcool.
Madeleine ne se rappelle pas qu'à quinze seize ans elle était timide, c'est à l'âge adulte qu'elle a commencé à avoir des angoisses pour aller vers les autres.
Christiane rappelle que Claude avait besoin de sa bière pour aller voir son chef de service et que suite à l'arrêt de l'alcool, il lui a fallu se faire violence à chaque fois qu'il devait rencontrer un supérieur. Ceci s'est atténué avec le temps mais n'a jamais disparu.
J.J. était obligé de boire simplement pour aller voir son dentiste et chaque fois qu'il avait des démarches plus ou moins douloureuses.
Bridget quand elle n'est pas bien elle boit et quand elle est bien elle boit aussi. Elle se rend compte que sa démarche vers l'abstinence est la seule solution, qu'elle a du mal à envisager. Maintenant elle nous dit qu'elle s'analyse et que viendra le temps où elle verra un professionnel de la communication : un psychologue.
Christiane se souvient d'une Amie, à Martigues, qui arrivait à ne pas boire pendant des semaines, mais dès qu'elle invitait ses enfants à déjeuner, son angoisse était telle qu'il lui fallait un remontant, mais elle allait jusqu'à l'ivresse, et c'était catastrophique pour ses relations familiales.
Claude bis ne se croyait pas timide mais maintenant il s'aperçoit que quand il allait voir un client, pour vendre, il avait plus de bagout avec alcool que sans.
Claude pense qu'il était dépendant dès 22 ans, et il se rappelle que, dans son métier d'ascensoriste, il était obligé de se déstresser avant d'aller voir un client qui ne voulait pas payer son contrat d'entretien, mais après l'entrevue il était obligé de boire pour atténuer la pression interne qu'il avait ressenti. Malheureusement il fallait voir dix clients par jour, plus les autres occasions pour boire, et la dépendance pour corolaire.
Madeleine, en fonction de ses relations ne peut pas arriver à comprendre qu'il faudrait qu'elle devienne abstinente. Bridget enchaîne que son but est bien l'abstinence car l'alcool devient de jour en jour et de plus en plus un médicament.
J.J. rappelle quand même que 90% de la population consomme de l'alcool, seul 10% n'en consomme pas et dans les 90% il y a 10 % qui sont buveurs excessifs (ça ne veut pas dire grand-chose car où commence l'excès ?) et que dans ces 10 % il y en a la moitié qui est alcoolo-dépendant donc malade à soigner. Dans les Alpes Maritimes : 1 000 000 de personnes, 100 000 buveurs excessifs, 50 000 alcoolo-dépendants. Et 60 lits de soins spécialisés dans le département, avec des temps d'attente de plusieurs mois. Comment arriver à bout de ce fléau ?
Papy était à quatre dans sa fratrie, tant qu'ils sont restés entre eux, il n'était pas timide, puis en 10ème il a été confronté aux autres et c'est à ce moment là qu'il est devenu timide car son petit cercle s'est ouvert, il pense que quand on naît dans un milieu ouvert on reste ouvert aux autres quelque soit l'âge. Il pense que c'est, en raison de l'éducation qu'il a reçu qu'il est devenu timide.
Gaèl sent que sans alcool il est incapable de parler mais que dès qu'il est sous alcool, sa parole se délie. La timidité qu'il ressent est une grande souffrance et la personne sensible se sent dans l'obligation de ne pas embêter autrui.
Bridget se souvient qu'un petit rien la faisait monter sur ses grands chevaux.
Christian n'a jamais invité une fille à danser, sa timidité l'en empêchait, les seules fois où il a dansé, ce sont les jeunes filles qui l'avaient invitées et encore il fallait qu'il ait bu un bon coup pour accepter et leur marcher sur les pieds. Il pense être perdant dans la timidité mais il ne pouvait pas s'en passer.
Jean pense que qu'il y a une grande différence dans les relations familiales mais pas dans la relation avec la personne.
Balein sans alcool il était très réservé, mais au travail pour être plus sûr de lui il lui fallait de l'alcool.
Madeleine ne peut pas faire grand-chose sans boire car elle a peur, elle est angoissée mais dès qu'elle a bu, elle se sent la plus belle, la plus forte, la plus intelligente et peut déplacer des montagnes. Elle devient sûre d'elle. Elle n'arrive pas à vivre autrement.
Bridget sait que si elle a quelque chose d'important à faire, elle ne peut pas boire et ne veut surtout pas boire car elle sait que son alcoolisation se voit très facilement.
Papy pense qu'on arrive à vaincre sa timidité quand on veut tenir sa place. Quand on boit on arrive plus à tenir cette place. Il pense, probablement à tord, que la plupart des artistes boivent pour avoir l'inspiration. Il connaissait un chirurgien qui s'alcoolisait pour opérer car sinon il tremblait. Ce chirurgien faisait probablement parti des 5 % d'alcoolo dépendants que nous avons définis plus haut.
J.J. pense qu'on n'est jamais totalement guéri. En effet nous sommes tous allergiques à l'alcool et une goutte nous fait repartir à zéro.
Bridget : à un moment donné, on est obligé d'arrêter de consommer car on ne peut plus gérer sa consommation. Pour elle la timidité n'est qu'un prétexte. C'est vrai que Bridget est probablement pas timide telle que nous la connaissons, mais une individualité ne fait pas une unanimité.
J.J. croit qu'il faut tout perdre pour arrêter. Quand on boit, on est nul, quand on arrête on devient super.
Abdel, qui vit une vie très chaotique avec l'alcool, a du mal à se rappeler ses bons et ses mauvais moments, il pense que sa timidité était atténuée avec l'alcool
J.J. lui répond qu'avec l'alcool on se démolit, et Abdel n'en a pas conscience.
Havane se dit souvent dégoutée par le produit alcool mais l'attirance est trop forte pour elle et elle ne peut arrêter.
Jim philosophe nous dit que de toute façon avec ou sans alcool on meurt quand même, pour certains c'est quand même le plus tard possible.
Bridget nous dit que nous ne sommes pas tous égaux devant l'alcool, un alcoolique n'a pas de limite, il va même jusqu'à voler pour se procurer son produit.
Jim pense qu'avec la timidité, cela doit être très difficile de voler pour boire. Mais Jim ne connaît pas la souffrance de quelqu'un qui est en manque.
Havane nous dit que de toute façon, on peut trouver de l'alcool à des prix très bas.
Bridget : boire enlève toutes les facultés. On ne vit plus on survit.
Abdel qui travaillait dans le bâtiment, était dans l'obligation de boire pour faire certaines tâches, en particulier en hauteur. Il n'aurait pu les faires sans un produit qui lui enlevait la peur et la timidité de refuser. Et maintenant comment font les maçons qui sont surveillés par les chefs de chantier ? Ils montent sur les flèches des grues sans alcool.
Jim : on a qu'à interdire la production et la vente d'alcool
Unanimité C'est totalement impossible, tous se rappellent de la prohibition en Amérique et pourquoi priver 80 % de la population qui consomme modérément de l'alcool. C'est l'excès qui nous a amené à nous soigner. De toute façon, la population trouverait le moyen d'en fabriquer artisanalement, de toute façon les archéologues ont trouvé des traces d'alcool il y a 8000 ans, et nous ne sommes pas plus bêtes que nos ancêtres.
J.J. nous dit qu'il faut trouver le moyen d'être heureux sans consommer, si on n'est pas heureux, ce n'est pas la peine d'arrêter, mais il faut savoir que le chemin est long et difficile.
Christiane nous dit qu'il faut retrouver la joie de vivre sans alcool.
Cédrick 31 qui vient nous voir depuis plus de deux mois dans une démarche de soins et d'abstinence nous dit qu'il se sent de plus en plus prisonnier de l'alcool et qu'il est conscient de sa dépendance et la colère continue à monter contre lui-même. Il nous dit et nous en acceptons l'augure qu'il est proche de faire les démarches pour se soigner.
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