Permanence du mercredi 21 Janvier 2009

Publié le 17 Janvier 2009

Sujet  Thèmes du jour :
"Alcool et ennui après cure"


Compte rendu

Gérard le premier en action, nous raconte qu'en sortant de cure, il a fallu qu'il soigne un cancer de la gorge, parce que durant sa cure une grosseur était apparue juste sous l'oreille. Et ensuite il a repris son travail qu'il est content d'avoir quitté par une retraite bien méritée.
Cedrick à eu besoin d'occuper son temps à la sortie de cure, il s'était éloigné de chez lui, loin de ses connaissances, il a pris un meublé d'abord, mais les temps libres étaient long et le sport l'a beaucoup aidé à supporter ce retour à la vie. En sortant de cure tu ne sais pas occuper tes loisirs et après quatre ans d'abstinence les journées sont trop courtes pour les vivres pleinement. Pour Cedrick, chaque fois qu'il avait un coup de blues, la promenade lui faisait un bien énorme, il a beaucoup marché durant cette période de sortie de cure. La promenade des Anglais, il en connaît tous les coins et les recoins.
Gérard pense qu'il est nécessaire d'avoir une vie affective après la sortie de cure car sinon, on peut s'enfoncer dans la déprime.
Papy, après quarante ans d'alcoolisation, a réappris à regarder les autres, il se mettait à la terrasse d'un café, devant un coca light, et il regardait les autres vivres, il avait perdu cette notion de voir les autres et cela lui faisait tout drôle de voir tout simplement la VIE. Alcoolisé il avait perdu la notion de l'autre. Et puis petit à petit il a recommencé à peindre. Maintenant il se promène beaucoup mais toujours avec un calepin pour croquer des scènes de la vie courante avant de les peindre.
Claude bis, durant la première année après sa sortie de cure s'est mis au vélo, et, aussi bizarre que cela paraisse, il a réappris à conduire, car il ne savait plus conduire qu'en état d'ivresse. Ensuite, il s'est mis à l'ordinateur, petit à petit puis en a acheter un, puis il l'a gonflé, il lui a rajouté un disque dur, il lui a mis de la mémoire supplémentaire et est devenu notre webmaster pour le blog SANSAS.
J.J. a fait plusieurs cures et chaque fois qu'il sortait il avait plein de projets dans la tête parce que à chaque fois c'était une renaissance. Il lui fallait retrouver une compagne parce qu'a chaque fois elles l'ont largué. Il avait son bateau à entretenir, donc il lui fallait de l'argent mais le travail ne l'a jamais rebuté et le boostait plutôt parce qu'il adore son métier et se plait au travail. Il y trouve du plaisir, de la satisfaction, il aime le travail bien fait. Alcoolisé, il se rend bien compte qu'il tournait à la moitié de sa valeur. Il comprend maintenant qu'il lui fallait quand même quelques mois pour retrouver son plein rendement.
Nous laissons Paul nous parler de son après cure car il a beaucoup de choses à dire.
En sortant de cure il était plein de bonnes volontés, il avait plein d'envies et s'était fixé des objectifs :
      - reprendre le travail après 18 mois de longue maladie
      - Traiter sa dentition qu'il ne s'était pas occupé durant sa période d'alcoolisation massive.
      - Se faire suivre par un psychiatre et aller dans un MaB
      - Trouver une occupation (la rando lui aurait plu)
Il n'a pas réussi à faire du sport, il trouvait trop dur de chercher un club de rando.
Il est revenu à son addiction au PC. Il est reparti dans un rythme identique à celui qu'il avait avant de rentrer en cure.
Ses relations avec son ex l'ont troublé, car elle aurait aimé, lui ne voulait plus, il a été déstabilisé.
Il y a quinze jours, il a craqué, s'est réalcoolisé mai a commencé à avoir peur.
Sur MSN, il a rencontré une femme à qui il avait raconté son histoire et il lui a parlé de sa rechute. Elle lui a fait la morale qu'il n'a pas trop supportée.
Il a appelé le centre de cure, où il est tombé sur une infirmière avec qui il a pu parler longuement, ils ont recherché d'où pouvait provenir cette réalcoolisation. Elle lui a conseillé de faire une cure de magnésium, ce qu'il a négligé. Il a retéléphoné au psychologue qui l'avait suivi durant la cure, contact excellent mais qui n'a pas été suffisant pour arrêter.
A son travail, il était suivi par un médecin du travail, connaissant les problèmes d'alcool, elle l'a bien aidé à prendre conscience qu'il fallait arrêter tout de suite.
Il est allé voir son médecin généraliste qui ne connaît pas très bien l'alcool, il lui a prescrit Révia et Aotal, du coup il s'est arrêté de boire depuis quarante huit heures. Il est culpabilisé par cette rechute et pense que c'est un échec, nous l'en dissuadons en lui expliquant que ce n'est qu'un palier vers le mieux être et il doit prendre un rendez vous avec un psychiatre qu'il connaissait déjà avant de faire sa cure.
Nous le sentons sur la voie de l'arrêt mais ce sera extrêmement dur pour lui. Il est devenu addict au PC. Il a un poste intéressant dans son boulot et n'a pas été mis au rancard malgré ses dix huit mois d'absence.
Arrive alors Pascal, que nous avons vu déjà il y a dix huit mois, il n'est pas en bon état, il n'a pas réussi à arrêter l'alcool malgré six mois de suivi dans un CCAA, il ne s'y sentait pas bien, et il était mal à l'extérieur, il met tout en échec. Il a la chance de ne pas avoir perdu son travail mais il est perdu dans sa tête. Il a du mal à admettre qu'il est dépendant de l'alcool parce qu'il arrive à s'arrêter une journée de boire quand il va faire du ski le dimanche.
Claude ter lui explique que pendant des années il a fait de la haute montagne tous les dimanches mais que la première chose qu'il prenait, en rentrant, c'était une cuite malgré quarante huit heures à l'eau fraîche des montagnes.
Cedrick 31, qui n'est toujours pas sorti de l'alcool explique, à mauvais escient, que Pascal a trouvé la solution à son problème puisque c'est la solitude qui le mine : plus de solitude plus d'alcool. Cédrick 31 ne se rend pas compte que la dépendance à l'alcool n'est pas qu'une question de mauvaise habitude. Pourtant depuis 3 mois qu'il vient nous voir, il se rend bien compte qu'il sera dans l'obligation de passer par le médical pour faire passer sa dépendance à l'alcool : c'est un long cheminement qui l'attend.
Christian dit à Pascal que pour avoir des amis il faut et il est nécessaire d'être clean. Soignes toi et après tu trouveras des amis, il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs.
J.J. dit à juste titre à Pascal que son problème, c'est la bouteille et que s'il veut en sortir c'est par la cure (qu'il refuse)
Paul : Pascal tu parles de dépression, j'étais dépressif chronique. Je mélangeais alcool et médicaments. J'ai fait un pétage de plomb comme Claude ter. L'association des deux est catastrophique. Alors que la cure est un package qui fait tout : sevrage de l'alcool, arrêt de l'alcool, compréhension de la maladie, relaxation, psychothérapie, retour vers l'autre. C'est peut-être quand même ce qu'il te faut. Il faut régler le problème dans sa totalité. C'est l'alcool qui a accumulé tous les aspects négatifs que tu nous décris.
J.J. explique que si on se soigne avec de l'alcool c'est pour aller mieux que plus mal. Et si on ne comprend pas ce processus on ne peut pas résoudre son problème et comme il faut faire quelque chose, le mieux est quand même de rencontrer des professionnels.
Cédrick 31 nous dit qu'il a réduit sa consommation d'alcool et que du coup il va mieux : le matin il se réveille bien, il dort mieux, il va mieux et n'a plus les conséquences violentes et veut revenir à une consommation modérée.
Mais il sait et le dit qu'un jour il lui faudra passer par les services médicaux mais ne se sent pas encore prêt.
J.J. lui explique qu'il suffit d'un déclencheur, dont il ne peut connaître l'origine, qui le renverra dans les cordes et qui lui permettra d'avancer vers les soins et le bien être de longue durée.

Rédigé par SANSAS

Publié dans #Abstème

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