Permanence du mercredi 04 Février 2009

Publié le 31 Janvier 2009

Sujet  Thèmes du jour :
"l’Amitié dans l’association"


Compte rendu
Nous avons débuté la réunion par un texte sur l'Amitié, trouvé sur VSA (forum internet : Vivre Sans Alcool) et quelques mots ont marqué l'assemblée :
Soutien, Ami, contre la solitude, Amour, être à l'écoute de l'autre, diplomatie, ne pas blesser, être ses yeux, ses oreilles, l'indifférence, respect de la parole.
Mais ce qui a été frappant c'est la réaction de J.J. qui à la fin de la lecture a dit que durant la lecture il a très fortement pensé que l'alcool nous apportait aussi une partie de cela d'une manière différente. Pendant des années nous avons considéré l'Alcool comme un Ami (qui nous faisait du mal). Mais l'Amitié que dont c'est le thème aujourd'hui, il le voit totalement différemment que celui qu'il croyait être à l'époque où il consommait beaucoup. Il faut maintenant que l'amitié soit désintéressée.
Papy sait maintenant qu'il faut connaître l'autre, tu fais, par Amitié, ce que tu peux pour l'aider. Du temps de son alcoolisation, il n'arrivait pas à se faire d'amis, c'est à l'assos qu'il trouve, enfin, une amitié de groupe. Il n'avait pas connu d'amitié ailleurs parce que, de part son métier, il a beaucoup bougé.
J.J. L'amitié c'est donner pour donner et elle doit être fidèle. La fidélité étant un gage de sa continuation.
Papy a perdu un ami à cause de l'alcool : ils buvaient ensemble leur petite bière et ensuite il partait alors que lui continuait. Quand son ami s'est aperçu qu'il était alcoolique, il l'a laissé tomber. Après sa cure, il a essayé de reprendre contact, mais il a senti qu'un lien s'était brisé et ils ne se voient plus que pour se dire bonjour, bonsoir.
J.J. pense que la vraie amitié est d'accepter la différence de l'autre, la reconnaître et l'apprécier.
Cédrick contrairement a Papy avait un très bon ami durant son alcoolisation, lui a changé en arrêtant l'alcool, son ami pas, mais leur amitié est restée intacte.
Louis a de bons amis, il n'est pas abuseur et c'est lui qui a ouvert sa porte aux autres même dans ses périodes d'alcoolisation. Alcoolisé ou pas, tout le monde savait qu'il n'y avait pas de clef sur sa porte, qu'elle était toujours ouverte. Maintenant sans alcool, c'est toujours le même scénario.
Christiane parle d'Abdel qui vient d'arrêter de consommer depuis 3 semaines, il va mieux, réfléchi et fustige ses excuses pour reprendre l'alcool. Nous connaissons Abdel depuis douze ans, malgré ses périodes sans et les autres avec alcool, l'amitié qui s'est liée depuis est restée intacte, il admet qu'il n'a jamais été rejeté et qu'il y a toujours eu le contact entre l'association et lui. Il pense que c'est par amitié que nous l'avons trimbalé dans tout le département pour se faire soigner à de multiples occasions. Même alcoolisé, il remercie que la parole ne lui ait jamais été confisquée, même si parfois il était énervé.
Claude bis a trouvé des amis à la Turbie, ils l'ont hébergé, ils ont cherché à l'aider, ils ne connaissaient pas l'alcoolisme, ils ont eu du mal le reconnaître quand il est arrivé d'Annecy, mais s'ils n'avaient pas été là, c'est lui qui ne serait plus là. Dans l'association, il a trouvé les mots qui lui permettaient de leur expliquer l'alcoolisme (alcool 0, par exemple), maintenant le lien s'est resserré. Il y avait aussi des relations à la Turbie qui ne comprenaient pas, c'est encore auprès de l'association qu'il venait se ressourcer pour leur expliquer. Maintenant, ils ont tout compris. Le premier Noël après sa cure ces personnes lui avaient mis sous le sapin, du bon vin, du très bon Porto, des bonbons à la liqueur, Claude bis les a laissés sous le sapin. Ils n'ont pas compris alors, mais leur amitié a été transcendée quand ils ont su pourquoi il avait refusé leur cadeau.
Madeleine, revient sur le contact qu'elle a avec un petit vieux à qui elle fait la soupe, ce n'est pas de l'amitié, elle le regrette car ça lui ferait du bien d'avoir un ami qui puisse l'écouter. La gestuelle ne fait pas partie du contact....
Gaël est en parfaite Amitié avec J.J., ils se sont connus au service militaire, ils ont fait le peloton de sous off ensemble. Ils ont encore gardé le contact quelques années à Brest et se sont retrouvés 23 ans plus tard dans un bistrot de la rue Bonaparte à Nice, et leur Amitié est revenue comme aux premiers instants.
Le déclic pour se soigner et trouver les lieux c'est J.J. qui lui a donné la route à suivre, le véritable déclic pour se soigner ça a été sa Fille et sa Mère. Il retrouve au sein de l'association J.J. et les autres qui l'écoutent. Il n'était pas bavard mais depuis quelques temps, contacts réguliers obligent, il est devenu intarissable quand on lui donne la parole.
Madeleine, sent que l'association est le seul lieu amical où elle peut s'exprimer librement devant une assemblée, elle peut écouter les conseils mais quant à les appliquer c'est plus difficile quand elle est à l'extérieur.
Karine trouve dans notre association le moyen de comprendre l'alcoolisme, des moments de partage. Elle verrait plus notre assemblée comme une fraternité.
Cédrick avait réussi à arrêter l'alcool pendant 3 semaines et c'est son père qui lui a proposé à nouveau de l'alcool qui l'a fait rechuter. Il pense que ce n'était peut-être pas volontaire pour le faire rechuter. Maintenant, après explications en tête à tête, il a compris.
Karine qui ne connaît pas l'alcoolisme s'étonne que nous sommes, ceux qui sont soignés, à alcool zéro. ? Alors c'est comme pour la cigarette ? Explication rapide de l'abstinence totale et définitive.
Claude rappelle qu'il est rentré à l'hôpital en delirium tremens après l'arrêt de l'alcool d'une semaine, il est resté alors une autre semaine sous perfusion. L'amitié dans l'association a été vraiment le moteur de sa guérison (avec le médecin généraliste et le psychiatre) car ils ont su le cocooner, lui donner tous les renseignements sur l'alcool, lui proposer des pistes. Depuis trente ans Claude continu à revoir régulièrement le responsable de cette association qui lui a mis le pied à l'étrier de la guérison.
Karine se pose encore des questions sur la tolérance à l'alcool. Pourquoi certains boivent beaucoup et ne sont pas dépendants et d'autres qui boivent moins deviennent dépendants ?
Chantal lui répond que justement c'est la tolérance à l'alcool qui est le signe de la dépendance.
J.J. lui est devenu dépendant, tout comme Claude, dès les premiers verres. Il n'y a pas eu de passage de la tolérance à la dépendance. Il faut croire que ce n'est pas si rare que cela, il n'est pas nécessaire, comme beaucoup pensent, qu'il faut passer par l'habitude de boire pour devenir dépendant.
Cédrick 31 qui vient d'arriver nous raconte sa rencontre avec sa dulcinée et sa dépendance à l'alcool. Du coup, comme elle l'a encouragée, il a pris rendez vous avec le CCAA de l'Archet II. Il pense qu'un jour elle viendra avec lui à l'association car il y a des problèmes d'alcool dans sa famille, mais elle ne consomme pas du tout d'alcool, donc pas de problème pour lui.
Il insiste sur le fait qu'il va au CCAA non pas pour elle mais avec elle. Il se rend maintenant compte qu'il ne pouvait plus se mentir sur son alcoolisation, il se trouvait souvent gonflé. Il met les choses en place pour les régler car il en avait marre d'être prisonnier.
Chantal nous parle d'une Amie qu'elle a connue et fréquentée de nombreuses années, la communication a fini par se rompre, elle se renferme sur elle-même, elle a honte. Le mari de cette amie ne l'a pas rappelée, elle n'a plus son adresse, elle s'enferme dans sa maladie. Chantal le regrette mais ne peut rien contre ce lien qui se distend.
Cedrick 31 se pose la question de savoir quel est le rôle d'un ami, est-ce que ce n'est pas seulement de la tolérance vis-à-vis de l'autre. Et qu'est-ce que l'Amitié. Il est vrai qu'il n'a pas assisté à toute la réunion et aurait pu se faire une opinion sur la réalité de l'Amitié.

 

 

Rédigé par SANSAS

Publié dans #La permanence

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