Permanence du mercredi 11 Février 2009

Publié le 7 Février 2009

Sujet  Thèmes du jour :
"Difficulté d’être abstinent dans la vie quotidienne"


Compte rendu
Madeleine se demande pourquoi elle était si bien en centre de cure et que une fois sortie, elle recommence à avoir pleins d'envies.
C'est là dès le début qu'intervient cette difficulté d'être abstinent à la sortie de cure. Dès qu'elle est sortie de cure elle a eu envie de boire du rosé.
J.J. lui répond qu'il ne faut pas aller se faire soigner pour arrêter l'alcool mais il faut y aller en ayant le profond désir d'aller bien en sortant, l'alcool n'est que la conséquence du mieux être. Quand on va se soigner on est mal dans ses baskets, le rôle de la cure c'est de te faire sortir avec le bien être, alors, il n'y a plus besoin de rosé pour calmer tes angoisses.
Abdel, redevenu abstinent (avec une côte cassée suite à une crise d'épilepsie due à l'arrêt sans aide médical) se demande toujours quelles sont les causes de son alcoolisation. Il se dit sans problème, mais, en été quand il fait chaud une bonne bière le rafraichit bien. Nous lui faisons remarquer que sa dernière rechute a eu lieu en novembre quand il faisait déjà frais, qu'il est capable de tenir sans alcool durant le carême, et que la rechute revient après quelques semaines, c'est bien dans sa tête que cela se passe.
J.J. a rechuté dix fois ou plus, l'Espéral lui a permis de se maintenir, en état de mal être, sinon il ne serait pas là pour nous le raconter. Si j'ai replongé c'est à chaque fois parce que j'avais un problème, mais je n'avais pas résolu le problème initial. Madeleine, tus ais bien que tant que tu seras avec ce compagnon tu seras dans le mal-être et que tu n'arriveras pas à en sortir, car tu te complairas dans ce mal-être.
Jean pense qu'elle suscite son compagnon dans cette emprise qu'il a sur elle, il te prend pour son enfant avec tout ce que cela comporte comme idées reçues. De toute façon tu fais tout mal, dit-il.
Madeleine sait qu'elle n'est pas assez autonome, il faut qu'elle cherche à se passer de lui (chez le psy, il l'accompagne dans le cabinet, chez le généraliste, il l'accompagne dans le cabinet, pour faire les course, il l'accom... de toute façon elle ne sait pas les faire, il la suit partout pour lui reprocher tout ce qu'elle fait.)
J.J. tu comprends quand même que c'est lui le problème et pas l'alcool, à toi à prendre tes responsabilités, à te prendre en charge, à Vivre pour toi. Actuellement il est nécessaire que tu sauves ta peau. Va voir une association, va voir une assistante sociale (elles sont là pour régler des situations semblables).
Christian n'éprouve pas de difficulté à être abstinent, mais quand on le pousse dans ses retranchements, il s'aperçoit finalement que ce n'est pas si aisé que cela, mais il à peu de contacts avec les personnes extérieures, ses fréquentations sont plutôt Sansas et des gens qui ne l'incitent pas à consommer.
Jean, qui est conjoint d'une malade fréquentant l'association, pense que le problème est en soi, et tant qu'on n'a pas régler son compte avec soi-même il est difficile de lutter. Il y a probablement deux niveaux où nous devons travailler. Le premier est physiologique (faire la fête ou non et savoir s'abstenir) et le deuxième est psychologique et celui-ci ne peut-être réglé que médicalement, sa compagne a suivit une cure ambulatoire de 18 mois avant de dénouer l'écheveau de son mal-être.
J.J. nous fait part de ses rechutes, c'est tellement bon de consommer quand on n'est pas bien, Il se rappelle qu'en prenant un jour l'avion pour Djerba, sa décision était prise de boire une bière en arrivant à destination, ce qu'il avait préparé c'est effectué, il a tenu une huitaine de jours à boire modérément, puis ça a été la descente aux enfers.
A 24 ans il a fait sa première cure, mais au bout de cinq ans il avait oublié les dégâts dus à l'alcool, il n'avait alors pas réglé ses problèmes. Sa vie a été un bras de fer continuel entre boire ou ne pas boire. Maintenant à 54 ans, il a réglé, par sa psychothérapie, ses problèmes de mal-être, il ne ressent plus de stress et se trouve heureux de vivre sans alcool.
Gaël nous dit que ce qui est paradoxal c'est que sans alcool, il vit bien, mais dès que le mal-être se réinstalle, l'alcool est le premier médicament vers lequel il se tourne. Il faut que les problèmes de la vie soient équilibrés car quand on n'en peut plus « après tout on s'en fiche de rechuter.
J.J. quand on replonge, c'est une déception totale. L'arrêt c'est souvent le déclic. Il a de la chance d'être encore en vie car sans l'Espéral il serait probablement mort car il n'aurait pas eu tous ses moments de répits.
Gaël nous dit qu'il fréquente tous les jours un CSST et que beaucoup de personnes qui le fréquentent n'en peuvent plus parce que les produits qu'ils prennent les anesthésient. Le psychiatre lui a dit qu'il était en bonne voie mais que tout seul, c'est dur. Il envisage, après la post cure de faire des petits boulot à domicile, il pense que pendant un certain temps il continuera à fréquenter le CSST car, il veut parachever les discussions qu'il a avec le psycho, l'assistante sociale, le psychiatre, les éducateurs, le médecin.
Louis n'éprouve pas de difficultés particulières, cela fait six mois qu'il est sorti de l'alcool, et ses cauchemars ont disparu, il espère qu'ils ne reviendront pas.
Gérard après deux cures, il lui semble avoir réglé ses problèmes de mal-être et n'a pas trop de difficultés pour être abstinent, il faut se surveiller avec une épée de Damoclès au dessus de sa tête. Notre vie n'est pas facile, mais ni plus ni moins que ceux qui n'ont pas eu de problème d'alcool. Il craint la rechute, et il sait qu'il a très mauvais caractère, mais maintenant, il peut se promener, faire ce qu'il ne pouvait pas faire avant ses cures. Il sent que depuis l'arrêt de l'alcool sa vie est plus difficile mais il sait aussi qu'il ne PEUT plus boire.
J.J. va dans son sens, car on vit dans un monde alcoolisé. C'est difficile de voir les autres boires modérément et soi-même ne pas pouvoir faire comme eux. C'est agaçant, dit-il. Il ne regrette pas l'euphorie due à l'alcool mais ce qui le dérange, c'est la gêne qu'il procure aux autres. Il faut dire que J.J. est ultra sensible et que le monde autour de lui compte beaucoup. Il veut être transparent vis-à-vis des autres.
Ce qui a beaucoup gêné Catherine c'est le comportement, vis-à-vis d'elle de personnes qui étaient malades alcooliques.
Madeleine nous dit que chez le papy qui l'emploie c'est très difficile, elle ne veut pas être méchante, elle ne peut pas se mettre en colère. Tous lui disent qu'elle ne doit pas se laisser faire, ça n'a rien à voir avec la distinction. Dans les situations pénibles elle a souvent des tentations, pour elle l'alcool est un médicament qui calme ses maux.
Cedrick 31 arrive tout émoustillé car les premières décisions sont prises. Il va faire un sevrage de huit jours en milieu hospitalier. Il a vu une infirmière au CCAA de l'Hôpital, sa peur était grande de faire un sevrage, peur du Delirium tremens, peur de la crise d'épilepsie. Nous en avions parlé mais maintenant qu'il a été mis devant les faits, il ne pensait pas qu'une proposition de cet ordre lui serait faite si rapidement. Il évolue en bien dans l'approche de sa maladie et sa dulcinée le suit dans sa démarche ce qui le conforte. Il a réduit de beaucoup sa consommation : pas le nombre de verre mais la quantité qu'il mettait dans chaque verre. Il fait un trait à chaque fois qu'il boit un verre
Gaël lui demande s'il avait une telle dépendance pour devoir faire un sevrage de huit jours, il lui répond qu'il avait peur de s'arrêter. Et Gaël de rajouter, après huit jours tu seras bien physiquement mais c'est après, c'est là que le travail commence. La dépendance psychologique.
Cédrick 31 se sait en prison et veut s'en sortir, il a fumé beaucoup de cannabis mais depuis l'été dernier il a arrêté cette consommation. Il pense qu'il a vécu très bien et qu'il s'est laissé enfermer dans un idéal qu'il ne pouvait plus supporter.
Il a arrêté le cannabis sans difficulté, mais sa consommation d'alcool a augmenté et s'est accélérée jusqu'au moment où il a décidé que cela suffisait avec les addictions. L'habitude est venue quotidienne, il veut voler maintenant seul et sans produit pour l'aider. Le CCAA l'a félicité pour sa détermination, sa venue à Sansas, sa démarche vers le CCAA et son acceptation d'une cure de sevrage.

Rédigé par SANSAS

Publié dans #Abstème

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