Permanence du mercredi 18 Février 2009
Publié le 14 Février 2009
Sujet Thèmes du jour :
"Comment regagner la confiance"
Compte rendu
Avec la présence d'une nouvelle arrivante, nous faisons un rapide tour de table afin qu'elle sache où elle est tombée. C'est une stagiaire psychologue qui va faire un stage au CCAA et ensuite se destine aux addictions.
Babeth, qui a repris le chemin du CCAA et doit rencontrer pour la première fois de sa vie un psychologue, nous dit que la confiance avec sa famille a été perdue avec sa rechute et elle perd confiance en elle-même. Sa famille mettra un certain temps à recouvrer leur confiance en elle, bien qu'ils n'aient pas subit son alcoolisation mais plutôt son comportement qui changeait au fur et à mesure de son alcoolisation. Maintenant qu'elle s'est à nouveau arrêtée elle craint fortement une rechute.
Il n'y a jamais eu de scandale avec sa famille, ses enfants ne lui en parlaient pas mais maintenant ce n'est plus un sujet tabou.
Même s'ils reprennent confiance en elle il restera toujours un petit quelque chose qui restera : la peur de la rechute.
Il y a des phrases qui la vexent car leur confiance est ébranlée : « viens Maman dimanche.... il y a du jus d'orange à la maison. »
J.J. nous raconte qu'il allait beaucoup trop loin dans ses alcoolisations et que les deux femmes qu'il a eu avaient peur de lui parce qu'il pouvait devenir d'une violence inouïe sous emprise alcoolique, pas envers les personnes mais mobilier ou tout ce qui lui passait dans les mains. Un jour il a pris un fauteuil extrêmement lourd qu'il a envoyé dans la verrière en la fracassant, comment ne pas avoir peur d'un tel comportement.
Claudebis se souvient que sa mère qui voulait absolument le soigner, envoyé en cure dans deux endroits différents, l'a fait hospitalisé en HDT pendant un an à Annecy, a été tout surpris de l'accueil qu'il a reçu de ses amis à La Turbie, qui, connaissant son problème, lui ont dit « tu vois, la cave est là, tu peux boire toute la partie gauche de la cave, mais laisse nous la partie droite ». Sa surprise a été totale parce que sa mère fouillait systématiquement chez lui et jetait les bouteilles, ce qui ne l'empêchait pas d'avoir sa réserve dans le local des compteurs à eau. Cette confiance des amis de La Turbie a fait que dès que les symptômes de polynévrite sont arrivés, il est allé de lui-même au centre de désintoxication de Nice pour se soigner, et cela fait dix ans.
Par contre, sa compagne, et ça le mettait mal à l'aise, qui ne l'avait pas connu malade était super protectionniste et ça l'énervait parce qu'il avait pris son destin en main et qu'il n'avait pas besoin que d'autres essaient de le protéger.
J.J. a été plus souvent abstinent que buveurs, en raison de sa prise d'Espéral, mais il comprend parfaitement que ces femmes aient demandées le divorce, car c'était intenable chez lui et que toutes les promesses faites n'étaient pas tenues donc la confiance totalement perdue.
Babeth s'est levée ce matin en bonne forme mais comme elle en avait l'habitude l'envie de boire est revenue vers 14 heures. Elle recommence une abstinence mais ne supporte pas d'être obligée de prendre du seresta alors qu'elle sait que sans ce médicament elle ne pourrait tenir. Elle craint de perdre la confiance qu'elle sent en elle.
Gérard a eu une grosse déception à sa rechute après 1 mois de cure mais il dit « Ne cherchez pas la confiance tout de suite, elle reviendra petit à petit, alors que gonflé à bloc en sortie de cure, vous voudriez que la confiance revienne immédiatement » (parole d'un sage). La confiance est revenue, ceux qui ont soufferts à cause de notre alcoolisme mettront longtemps à retrouver cette confiance, mais avec le temps, les soupçons disparaîtront et sans s'en apercevoir, il y aura de nouveau cette confiance qui se sera installée.
J.J. n'a pas trop eu cette histoire de confiance à gérer parce que en sortant de cure, il se trouvait seul et changeait de lieu de vie de sorte que personne ne connaissait son passé. Sa philosophie maintenant est de dire, je ne suis pas certain du futur mais il dit que « celui qui s'est arrêté pendant vingt ans, ce sont vingt ans de gagné dans leur existence ».
Papy nous dit que ses enfants ont dit à leur mère qu'il s'en était sorti, qu'il allait très bien, mais son ex ne veut plus le revoir. Sans regret aucun.
On a besoin de se sentir heureux sans alcool. Ses enfants ne venaient plus le voir et faisaient un détour pour l'éviter, maintenant, la confiance est revenue, il voit ses petits enfants, cela suffit à son bonheur. Il regrette juste de s'y être pris trop tard car la polynévrite l'emmouscaille sérieusement.
Claude se souvient qu'en sortant en permission du centre de soin, son épouse l'a laissé aller chercher des cigarettes dans les bistrots qu'il avait l'habitude de fréquenter. Il s'étonne qu'elle lui ait fait une telle confiance. Elle répond qu'elle avait compris qu'il était seul à pouvoir s'en sortir, qu'il fallait qu'il se prenne en main, donc il fallait qu'elle se retire et surtout qu'elle lui fasse confiance.
Madeleine ne supporte pas d'être surveillée, son compagnon est toujours derrière elle, elle souhaite sa liberté, la solitude lui fait du bien. Elle a mal vécu son enfance, pas vécu du tout son adolescence et maintenant elle voudrait vivre sa vie de femme, elle y est entravée. Elle était bien quand elle travaillait dans le service à la personne, du lundi au vendredi sans personne pour la persécuter. Elle vivait heureuse.
Cédrick 31 pense que certaines personnes gagnent de la confiance quand nous faisons des démarches pour nous en sortir d'autres par contre en perdent.
Sa dulcinée a confiance en lui parce qu'il fait cette démarche au CCAA. Son patron, (il travaille dans une TPE (très petite entreprise)) est très content dans la démarche qu'il a entreprise. Il est décidé même d'en parler à quelques amis.
Il se rend compte que son alcoolisation lui fait perdre au moins 25% de ses capacités, mais il n'en peut plus, il ne s'attendait pas à devoir faire une cure de sevrage d'une semaine, mais il l'accepte s'il faut passer par là. Il n'a plus trop confiance en lui parce que c'est son corps qui réclame l'alcool, même plus sa tête.
S'ensuit une petite discussion sur arrêt de l'alcool et psychotrope, certains expriment la position de certains centres de cure où tous les psychotropes sont interdits sous peine d'interruption de cure, d'autres cures en prescrivent et les cures ambulatoires se font rarement sans prescription de psychotropes.
Gaël n'étant pas présent nous apprenons, mais savions qu'il devait partir ces jours ci, qu'il a rejoint le centre de post cure de Virac. Il nous faudra être vigilent pour que le CSST ne l'oublie pas en route, il faudra qu'il ait un point de chute à sa sortie de post cure.
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