Permanence du mercredi 25 Février 2009
Publié le 21 Février 2009
Sujet Thèmes du jour :
"Savoir écouter et désir de parler"
Compte rendu
Jean commence tout de suite à parler de l'écoute en posant la question : pendant la maladie ou après les soins ? Car pour lui durant la maladie il ne peut y avoir d'écoute puisque le malade ne veut et ne peut écouter.
Gérard, qui a fait deux cures, dont la première plus ou moins contre son gré, nous dit que pendant la cure il était obligé d'écouter car finalement en psychothérapie de groupe, même si tu as décidé de ne rien dire à un moment tu es obligé de réagir. Il réfléchissait beaucoup pendant que les autres parlaient, c'était la partie écoute et ensuite il pouvait s'exprimer, c'était son désir de parler.
Avant la cure il ne pouvait pas écouter ni parler parce que très souvent il ne se rappelait plus de ce qu'il avait fait la veille au soir.
Claude bis se rappelle qu'il avait une carapace autour de lui et que quiconque voulait lui parler, lui n'était pas en mesure de comprendre ni de répondre. Une Amie de sa mère, Monique, qu'il aime beaucoup maintenant, a certainement essayé de rentrer dans son contexte quand il était en HDT à l'hôpital psy d'Annecy, mais lui n'était pas en mesure de l'entendre puisque son seul objectif était de pouvoir se procurer de l'alcool, même en hospitalisation, ce qu'il a toujours réussi à faire.
Abdel nous dit que même en cure il est difficile d'écouter et de parler, parce que l'environnement ne s'y prête pas.
J.J. a toujours eu besoin de parler de ses détresses même alcoolisé car il y avait un tel stress en lui qu'il était obligé de parler pour faire baisser sa pression intérieure. Maintenant, depuis qu'il vient à l'association, il a besoin de parler de son mal-être passé mais ce n'est pas un désir mais une nécessité. Il pense que beaucoup de malades qui sortent de cure ne veulent surtout pas parler de leur alcoolisation en espérant avoir conjuré le mauvais sort qui les avait envoutés, mais ils ont tort car la parole est libératrice, ce qu'il a mis longtemps à comprendre.
Jean pense que c'est à partir du moment où le malade peut parler librement de sa maladie qu'il arrive à s'en sortir.
Pierre nous dit qu'il n'avait pas envie d'en parler, mais vu sa verve actuelle, nous pensons que ce désir est enfin venu.
Claude bis nous dit que tant qu'on ne veut pas parler de son mal-être c'est que l'on n'est pas bien. C'est comme le chien qui veut se mordre la queue.
Gérard, avant de rejoindre l'association, deux ans après sa deuxième cure, en parlait parfois pour essayer d'aider les autres à se sortir de ce problème. Il pense aussi que tant que l'on n'est pas soigné on ne peut plus écouter les autres.
Louis a eu beaucoup de mal à parler durant son séjour en cure, manque de confiance en lui et envers ses compagnons de soin. En venant à l'association, il a envie d'écouter mais pas forcément de parler, mais ça lui fait du bien de venir et dans huit jours il part en post cure à Val Pyrène et il espère que, avec ce changement il reviendra tout neuf avec le désir de parler. Pour lui, venir à l'association est comme une thérapie. C'est le principe de la thérapie de groupe, où il n'y aurait pas de thérapeute. En cure il n'avait surtout pas le désir de parler devant les autres de son mal-être.
Claude bis, en cure à Nice a refusé la thérapie de groupe, il ne pouvait parler qu'avec quelqu'un en qui il faisait confiance, ce qui s'est passé quelques jours avant sa sortie avec une grande discussion en tête à tête avec la psychologue. Il lui manquait un tas de renseignement et c'est SANSAS qui lui a apporté des réponses à ses questions.
Catherine a du mal à pouvoir parler de sa période d'alcoolisation avec ses filles, il n'y en a qu'une qui l'écoute, il faut dire qu'elle a fait une école d'aide soignante et qu'elle est venue avec SANSAS faire un témoignage dans nos interventions scolaires. Une de ses filles n'a rien compris à l'alcoolisme et l'autre préfère ne pas en parler.
J.J. Pendant des années a refusé d'aller dans une association, il en a testé plusieurs, tant à Brest qu'à Nice et finalement c'est pour aider Gaël qu'il est venu nous voir et finalement maintenant, il pense qu'il ne pourrait plus s'en passer parce qu'il se sent le besoin d'écouter et beaucoup de parler.
Claude ter voulait venir à SANSAS avant d'aller en cure mais nous avions changé de local de sorte qu'il ne nous a pas trouvé (avec soulagement) et c'est le psychologue du Calme qui lui a donné nos coordonnées en l'encourageant vivement à nous rencontrer afin de calmer son tempérament. Maintenant il lui arrive, sans pudeur, à en parler avec ses amis de randos. Par contre il ne veut surtout pas en parler avec des gens qui boivent trop. Il ne parle pas de son alcoolisation avec ses enfants, mais eux lui demandent quand même s'il continue à venir aux réunions. Il a été heureux quand son fils lui a dit qu'il était fier de lui.
J.J. enchaîne en disant que son père est rassuré de savoir qu'il continue à venir à SANSAS.
Claude ter a réussi à parler de la maladie au patron du bar où il s'alcoolisait, ça lui fait du bien parce que ça le revalorise à ses yeux. A sa famille il leur a appris ce qu'était l'alcoolisme et, à son beau frère qui lui offrait du Champony ainsi qu'aux enfants, il lui a expliqué qu'il ne fallait surtout pas donner de l'alcool aux enfants.
Chantal quand elle fait des remarques pour dire « pas d'alcool aux enfants » est offusquée parce qu'il faut vraiment insister afin que les personnes n'en donnent pas.
Gérard voit quand même une nette évolution de la société vers une amélioration de la santé : alcool, tabac, graisse. En effet J.J. nous parle de l'article qu'il nous a envoyé par Internet : un verre d'alcool par jour est nocif pour la santé et est cancérigène. Enfin il a un article sur une enquête sérieuse démontrant la nocivité de l'alcool alors qu'une majorité de Média minimise les dangers de l'alcool du fait d'un très fort lobbying de la part des alcooliers.
Christian pense que si nous voulons parler à un malade alcoolique, il ne faut pas lui parler d'alcool mais de sa souffrance ou de son mal-être. Il pense que le malade sera plus réceptif à la parole du mal-être qu'à celle de l'alcool qu'il prend comme un médicament.
J.J. pense la même chose et ajoute que d'écouter l'autre est encore mieux que de parler, car c'est dans l'écoute que tu peux arriver à comprendre l'autre. Au Calme en arrivant on enlève tous les psychotropes pour que ton cerveau ne soit pas embrumé et que tu puisses entendre, que tu puisses être à l'écoute. En prenant des cachets ou de l'alcool on entend pas ce qui se dit.
Jean nous parle de l'écoute en général, il pense que peut de gens sont en écoute, C'est la Société qui est autiste. Pour le malade alcoolique c'est encore pire alors l'entourage baisse les bras et laisse le malade dans son état. Catherine nous raconte que sa fille a demandé à Jean « comment peux-tu encore la supporter » et Jean lui a répondu « mais qu'est-ce que tu veux que je fasse ». C'est là tout le fossé qui sépare le malade de sa propre famille.
Cedrick 31 arrive après son travail et veut parler de ce qui s'est passé cette semaine. Il a rencontré le docteur Raphaëlla au CCAA de l'Archet II qui n'a pas hésité à lui conseiller de s'arrêter de boire sans passer par une semaine de sevrage en milieu hospitalier. Elle lui a prescrit un petit anti dépresseur, et Aotal et il s'est arrêté depuis lundi. Ca se passe bien, il est conscient que de nous avoir écouté pendant quatre mois a été le moteur qui lui a permis de suivre les conseils du médecin. Par contre, il n'a pas eu d'envie quoiqu'il lui reste un peu de rosé chez lui. Nous lui conseillons de le jeter dans l'évier, mais il n'est pas convaincu, car lundi soir il a cassé ses habitudes, après le repas, un demi verre de rosé, télé etc.. là il a changé l'ordre des choses sans prendre ce verre de rosé.
Gérard, « il faut se dire que chaque jour de gagner est une victoire sur soi-même »
Abdel aujourd'hui ne sait pas ce que sera demain mais trouve qu'il est bien sans alcool (il s'est arrêté depuis plus d'un mois.)
Louis nous explique que lors d'une hospitalisation pour un sevrage à l'hôpital Saint Roch, comme il tremblait, le médecin lui a fait administrer un quart de vin rouge et quand l'infirmière est venue avec un verre de vin, lui a répondu que la prescription était un quart de vin. Il y a encore du travail à faire même envers les médecins.
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