Permanence du mercredi 15 Avril 2009

Publié le 10 Avril 2009

Sujet  Thèmes du jour :

"Pourquoi l’abstinence fait-elle peur?"


Compte rendu
Il y a deux nouvelles personnes qui assistent à la réunion : Pierre et Nini, ils sont alcoolisés tous les deux et viennent chercher une solution à leur problème d'alcool, le thème est donc, non pas laissé de côté, mais entre bien dans le cadre de leur demande.

Nous faisons donc un tour de table pour présenter les personnes présentes, ensuite Pierre ne veut rien dire, mais c'est dans nos conventions, ne parle que celui qui veut bien. Nini nous dit qu'elle sort d'un sevrage à l'archet II et que dès sa sortie elle s'est réalcoolisé car elle est très dépressive.

J.J. L'alcool est un refuge donc l'abstinence ne me faisait pas peur. Les problèmes ne se surmontant pas, l'alcool fait oublier ces problèmes.

Il a appris à connaître ses souffrances avec son frère jumeau et il pensait que ses problèmes venaient de cette gémellité. En fait ses problèmes étaient en lui et il faut trouver la cause de cette souffrance afin d'arrêter son alcoolisation  et quand après sa psychothérapie il a mis le doigt dessus, c'était totalement inattendu. Je ne comprenais pas pourquoi je buvais, puis un jour j'ai trouvé la bonne thérapie au bon moment et j'ai trouvé les raisons de mon mal-être. Mais la cause n'est pas unique et si on sort de la dépression, on a plus d'angoisse, plus besoin de comprimé pour dormir, plus besoin de psychotrope pour aller mieux.

Catherine pense qu'il faut changer de psy jusqu'au moment où on trouve qu'il y a osmose et qu'il vous comprend et que vous avez envie de vous confier.

Nini est en grande déprime, l'alcool lui aide à supporter toutes ses souffrances, elle se sent coupable, coupable de la mort de son père, coupable de la mort de son frère, coupable de la mort de son grand père.

Papy lui dit de faire attention car avant tout il faut qu'elle aille mieux.

Nini n'a pas envie d'avoir envie.

Papy nous raconte comment il a réussi à s'en sortir en passant comme Nini, en sevrage à l'Archet II. Il a commencé à vouloir aller mieux pour lui avant de renouer les liens avec sa famille.

Philou dit à Nini qu'elle passe son temps à repasser le film de sa vie, qu'elle entretien sa douleur et a l'air de se complaire dans cette douleur.

Christiane lui dit que quand les malades arrivent en cure, les psychos leur disent qu'il faut penser à eux, car il faut s'interroger sur soi et non sur ce que pensent les autres.

Nini dit que toutes les personnes qui vont mal autour d'elle l'appellent au téléphone pour parler de leur souffrance et de leurs soucis.

J.J. : « quand on n'est pas bien, on est inefficace pour s'occuper des autres. Et c'est une facilité d'écouter les autres car pendant ce temps on ne s'occupe pas de soi, mais on est vite rattrapé par son mal-être. »

Papy lui dit qu'elle est encore consciente mais que plus elle va avancer, plus elle va aller vers l'alcool.

Philou « si tu attends un médicament miracle, tu continueras à boire parce qu'il n'y a pas de médicament miracle et que si tu veux t'arrêter réellement il faut que cela vienne de toi et non pas par des artifices externes. »

Christian lui dit qu'elle cherche un petit peu de bonheur avec l'alcool mais il faut qu'elle fasse attention parce que la vie est de plus en plus dure et il y aura de plus en plus de prétextes pour boire.

Philou : « Il faut que tu arrives à t'aimer, arrêtes de te haïr, arrêtes de te flageller, tous les êtres humains font des erreurs mais il ne faut pas persévérer dans cette voie. »

Nini nous dit qu'actuellement son but est d'avoir envie d'avoir envie.

Christiane : « Nini aujourd'hui tu as fait un pas, un petit pas mais tu sais que cela vaut le coup de s'accrocher, beaucoup ont fait ce premier pas, mais il faut que tu persévères. »

Nini : «  Je suis complètement dépassée par les événements »

J.J. lui dit que pour arriver à s'en sortir il faut qu'elle suive un traitement au long cours et lui dit aussi que quand il s'alcoolisait c'était une connerie et que lui était le connard. Il faut absolument que ta volonté se fortifie, il faut que tu choisisses les personnes que tu côtoies, mais tu sais que tous les gens qui vont en cure ont un point commun : la dépression.

Abdel nous dit aussi que quand il arrête l'alcool, il a peur, il a peur de ses propres réactions, l'alcool le rend agressif alors il a peur parce qu'il n'a pas confiance en lui.

Catherine  L'abstinence fait peur parce qu'on a peur du manque. En général on est conscient que l'on est alcoolique mais on se soigne vers quarante ans

J.J. nous dit que la dépendance vient vite et que lui était certainement dépendant à 23 ans, âge de sa première cure.

Papy n'avait pas peur de l'abstinence mais il avait peur de changer de vie. Il est rentré à l'hôpital, c'est là qu'il s'est rendu compte qu'il allait dans un service d'alcoologie « gastro   Enterro   alcoolo » mais ce qui l'a intéressé c'est qu'il se faisait soigner gratuitement, c'est son rhumatologue qui lui a dit. En sortant le médecin de l'hôpital lui a dit qu'il ne fallait plus boire d'alcool, lui a donné rendez vous avec le CCAA de l'Archet II. Son problème majeur était ses jambes, car il faisait de la polynévrite. La réalité c'est de vivre.

Claude bis, c'est pendant la cure qu'il a commencé à flipper. Il a eu une longue discussion avec la psychologue, à sa cinquième semaine d'hospitalisation, de Saint Christophe parce qu'il avait peur de la sortie. Il se demandait comment il allait pouvoir faire à sa sortie pour vivre sans alcool. Il avait déjà fait de multiples tentatives : une cure à Bletran, une autre au Mont Blanc à Assy (où il continuait à boire), un an en psychiatrie (6 mois en HDT et six mois en hôpital de jour et hôpital de nuit) puis déclaré incurable, le médecin baissait les bras. Sa cure à Saint Christophe était librement consentie les autres avaient été faites sous la pression de sa Mère. Il a refusé la psychothérapie de groupe, mais voulait s'en sortir, mais a fait un sevrage, de la sophrologie, de la relaxation, il a créé un livre sur son passé (quelques feuilles avec l'aide d'une infirmière). Ils sont rentrés à huit dans son groupe et deux seulement ont terminé la cure (ces deux là sont abstinent depuis dix ans). Elle lui a suggérer de rencontrer un mouvement d'anciens buveurs parce qu'il ne l'avait jamais fait.

Il a eu peur en retournant chez ses amis de La Turbie parce que, ne connaissant pas l'alcoolisme, ils lui ont proposé de fêter sa guérison avec du Champagne, il s'est sauvé vite fait pour ne pas consommer et attendait avec impatience la mardi pour se faire confirmer, abstinence totale et définitive, par une association d'anciens buveurs.

Pour rester abstinent, il restait loin de l'alcool parce qu'il en avait peur. Sur les bouteilles il s'imaginait qu'il y avait une tête de mort dessinée dessus comme si c'était un poison, en fait c'était bien un poison pour lui.

Christian a eu peur de rechuter, la peur de ne pas tenir.

Abdel ne pouvait pas parler dans la « Bulle » au Calme, parce qu'il avait peur de ne pas être compris. Il a rencontré une psychologue au CCAA de la rue Gioffredo à Nice, mais il avait peur de lui parler mais il a quand même continué à la voir.

Papy a encore peur de rechuter même après quatre ans d'abstinence, alors qu'il a retrouvé toutes ses facultés de dessiner, il revoie ses enfants et petits enfants, sa vie a totalement basculé à partir de son abstinence.

Abdel nous dit que son corps est saturé d'alcool et qu'il n'est plus attiré par le produit, mais de temps en temps il a l'impression qu'il marche plus droit quand il est alcoolisé que quand il ne l'est pas. Cette fois ci, il a eu très peur parce que, probablement, il a fait une crise d'épilepsie chez lui et qu'il s'est cassé une côte que l'a fait énormément souffrir pendant son arrêt de l'alcool.     

 

 

Rédigé par SANSAS

Publié dans #Abstème

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J
Nos réunions sont faites sans prétention aucune mais qui ont servi à beaucoup de personnes qui s'en sont sortis. C'est trop facile de se cacher dans l'anonymat ayons le courage de nos opinions et de nos actes.
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A
Nini aujourd'hui tu as fait un pas, un petit pas mais tu sais que cela vaut le coup de s'accrocher, beaucoup ont fait ce premier pas, mais il faut que tu persévères.<br /> <br /> Nini, n'écoute pas ces gens incompétents
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