Permanence du mercredi 08 Avril 2009

Publié le 3 Avril 2009

 

Sujet  Thèmes du jour :

"Le déclic"

  Compte rendu

Gérard explique son parcours d'arrêt : une cure au CALME et sortie au mois d'octobre, se sentant bien au bout de quelques temps, il pense qu'il pourra gérer son alcool, il reprend donc un verre puis deux et la bouteille, au bout de trois mois il sent qu'il ne peut plus continuer, il rappelle le CALME, refait une cure et est clean depuis maintenant trois ans. En 2005 il avait déjà fréquenté l'association et revient depuis six mois parce qu'il sait que c'est une aide au maintien de l'abstinence.

J.J. : si vous voulez vous en sortir il est nécessaire de le faire pour vous et surtout pas pour une femme, pour son patron, pour récupérer son permis de conduire....Parce que ça ne marche pas.

Filou, si tu continues à boire, tu n'arriveras pas à arrêter tout seul, il te faudra une aide, quel qu'elle soit.

Papy dans le déclic, il y a une prise de conscience. Après son sevrage il s'est rendu compte que finalement il allait bien. Il avait donc plus de motivation pour continuer l'arrêt.

Filou lui dit qu'il a compris a partir du moment qu'il entrait dans un service où il était écrit « alcoolo » et pour le réaliser il fallait que tu sois sans alcool. Quand tu bois, tu en rigoles, mais quand tu es tout seul tu ne trouves pas d'issu à ton mal-être.

Papy se demande quand même qu'est ce qui a été le déclencheur.

Cédrick, s'il n'y a pas de déclencheur c'est parce que nous n'avons pas compris ce qui nous fait souffrir.

J.J. est persuadé que personne ne sait d'où vient la souffrance mais que les douleurs tu ne les oublies pas.

Christiane lui demande qu'est ce qui fait qu'il peut retrouver sa souffrance

J.J. réplique immédiatement  que la psychothérapie lui a permis de trouver l'origine de sa souffrance, surtout la thérapie de groupe parce que le témoignage d'un autre te rappelle des circonstances de ta vie que tu avais pu oublier. Le psychologue est présent pour canaliser le groupe et non pas pour soigner. Il ne croit pas à la psychothérapie individuelle pour soigner un alcoolique, face au psychologue ou au psychiatre, il n'est pas possible de dire ce qui va mal, tandis que la souffrance de l'autre te fait avancer dans ta propre histoire. Si on a été forcé de s'arrêter il n'est pas possible que tu t'impliques assez pour retrouver l'origine de ta souffrance.

Cédrick s'est décidé après avoir cassé 7 voitures et 2 camions (maintenant il est chauffeur de bus transportant des passagers, il n'a eu aucun accident depuis l'arrêt de l'alcool). Quand il a quitté Paris c'était pour s'arrêter de boire. Il était mal avec l'alcool et se rendait compte qu'il allait à la catastrophe. Il a rencontré les bonnes personnes au bon moment. En arrivant à Nice, Stéphane au CCAA qui l'a dirigé vers le CALME, les psychos de ce centre et ensuite l'association SANSAS qui lui permet de maintenir son abstinence. Il a pris conscience qu'il fallait qu'il fasse quelque chose dans un moment de lucidité. Mais c'était important.

Claude bis fuyait pour continuer à boire, tandis que Cédrick fuyait ou plutôt partait pour se soigner.

Christiane explique que Claude a compris en quelques secondes quand le médecin s'est penché sur lui durant son delirium et lui a dit qu'il avait un problème avec l'alcool, qu'il était malade et qu'il y avait moyen de se soigner. Ensuite c'est son implication dans les soins qui lui ont permis de s'en sortir : médecin généraliste, psychiatre, association d'anciens buveurs. Il n'a pas eu de thérapie de groupe mais un désir intense de s'en sortir sa thérapie pour se soigner était de mettre en place une stratégie d'éloignement de l'alcool, physique et psychologique.

Christian pense qu'il y a plusieurs déclics. Il s'est réellement soigné quand dans sa tête il s'est dit qu'il en avait marre de toutes ces conneries. Il dit qu'il ne peut décrire le fait de vouloir s'arrêter que c'est au plus profond de lui-même sans pouvoir faire partager ce sentiment, ce désir. Mais l'alcool le chatouille encore quelquefois car il se dit : « Pourquoi lui il boit et n'a pas de problème alors que moi je ne peux plus ».

J.J. : « la vie est injuste ».

Cédrick dit qu'il est difficile de décrire le déclic parce que nous sommes tous, ici, à avoir dit plusieurs fois et même de nombreuses fois : «  Ce soir j'arrête !!! » non suivi d'effet alors qu'une fois on a donné une réponse à ce souhait.

Christian a pris conscience parce qu'il est allé dans un groupe de paroles qui l'a managé,  lui a trouvé une cure, l'a pris en charge à la sortie (logement et activités), l'association ADS, à Nice, lui a tendu la main, il a su la saisir. Véritable miracle vu son parcours ultra chaotique.

Gérard n'a pas eu de déclic mais il sentait qu'il ne vivait pas une vie ordinaire et normale, il savait qu'il n'était pas bien. Après avoir essayé plusieurs fois de s'arrêter, il a cherché de l'aide. Cette aide est venue quand il a eu conscience qu'il ne pouvait pas arrêter tout seul. Après sa rechute il a fallu encore tout un travail pour qu'il se rende compte qu'il avait besoin de refaire une cure.

Papy ne s'acceptait plus, il ne pouvait même plus se regarder dans une glace, quand il a accepté d'être aidé, alors il a réussi.

Christiane rappelle qu'ici tout le monde comprend l'alcoolisme, le groupe est bien au courant de la maladie ce qui n'est pas souvent le cas à l'extérieur.

J.J. à 23 ans s'est arrêté de boire en faisant une cure pour récupérer sa femme dont il était follement amoureux, il a tenu quand même cinq ans, il a rechuté, elle est reparti, de là est devenu son parcours chaotique avec périodes sans alcool, espéral , arrêt, reprise. Le mieux pour lui est de vivre avec quelqu'un qui ne boit pas.

Claude bis ne sait pas s'il est rentré en cure parce que, à cause d'une polynévrite, il ne pouvait aller chercher sa boisson favorite, ou la peur de ne plus pouvoir marcher. Le groupe de huit avec qui il devait faire sa cure s'est désagrégé rapidement, car plusieurs réalcoolisation en cours de cure, ils ne sont restés que deux en fin de parcours. Les deux tiennent sans alcool depuis dix ans. La polynévrite lui a permis de comprendre qu'il était vraiment malade, il a eu une thérapie de groupe mais n'a pas voulu y participer, rebelle déjà.

J.J. pense que les jeunes ont plus de chance que nous les anciens, parce qu'il y a quand même beaucoup de prévention, des campagnes chocs : tu t'es vu quand t'as bu, non moi je ne bois pas trop mais aller voir untel, qu'est ce qu'il boit.

Il y a quand même un grand changement dans les mentalités, mais nous nous rendons quand même compte que nous sommes marginalisés parce que nous ne consommons plus.

 

Rédigé par SANSAS

Publié dans #Abstème

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A
Christiane explique que Claude a compris en quelques secondes quand le médecin s'est penché sur lui durant son delirium et lui a dit qu'il avait un problème avec l'alcool, qu'il était malade et qu'il y avait moyen de se soigner. Ensuite c'est son implication dans les soins qui lui ont permis de s'en sortir : médecin généraliste, psychiatre, association d'anciens buveurs. Il n'a pas eu de thérapie de groupe mais un désir intense de s'en sortir sa thérapie pour se soigner était de mettre en place une stratégie d'éloignement de l'alcool, physique et psychologique.
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P
Salut !<br /> <br /> Juste pour exprimer à tous ma reconnaissance pour l'accueil que vous avez réservé à mon amie et à moi-même mercredi dernier. Ca ne m'étonne pas de vous. Merci encore et à bientôt.<br /> <br /> Philippe et Véronique
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