Permanence du mercredi 20 Mai 2009
Publié le 16 Mai 2009
Sujet Thèmes du jour :
"Les différentes cures"
Compte rendu :
Papy nous dit que pour sa première cure, il avait été voir un rhumatologue qui devait-être en cheville avec le service alcoologie de L'Archet II, après l'avoir reniflé, dit-il, il lui a donné rendez-vous pour hospitalisation au service de Gastro-Entero-alcoolo de l'Archet. Il ne savait pas qu'il allait faire une cure de sevrage. Pendant quatre jours il était dans le coma, il faisait un sevrage hospitalier, au bout de ses quatre jours, le Médecin, Van der bieke, l'a fait marcher dans le couloirs pour lui dire que maintenant il marchait droit et que son champ visuel était redevenu normal. Au bout d'une semaine il est ressorti, après avoir vu la diététicienne qui lui avait dit « maintenant plus une goutte d'alcool », et le médecin qui lui avait prescrit des médicaments dont il ne se rappelle que l'Aotal et un médicament pour la polynévrite. Il pense qu'il avait encore des médicaments pour la tension et pour le cholestérol et certainement des antis anxiolytiques, des calmants et des antidépresseurs parce que ces potions ont été diminuées à fur et à mesure qu'il rencontrait le médecin. D'abord trois fois par semaine, ensuite deux puis une fois. Maintenant il y retourne tous les six mois pour s'entendre dire « nickel - Chrome ».
A l'époque il a refusé de rencontrer le psychologue que lui proposait le médecin, il ne voyait que la diététicienne qui lui a dit de se méfier des micros doses.
Il s'est aperçu qu'il avait perdu quarante ans de sa vie en consommant.
Maintenant il ne prend plus que des médicaments pour sa tension, pour le cholestérol ainsi que du paracétamol pour sa polynévrite (c'est un anti douleur bien nécessaire pour son cas.)
Cédrick, à qui nous souhaitons un bon anniversaire, avait demandé à faire une cure dans la région Parisienne où il habitait, mais le psychologue lui a signifié qu'il n'y avait pas de cure pour son cas dans la région. Il a décidé de s'expatrier vers Nice, et là, il a rencontré la bonne personne au bon moment, Stéphane Duphil, au CCAA de la rue Gioffredo, qui lui a conseillé la cure du « Calme » à Cabris. Il s'est inscrit, a attendu deux mois car il était sur la liste d'attente, à téléphoné tous les vendredis pour confirmer son désir de faire une cure.
Quand il est rentré, vers le 15 décembre, il a été enchanté par le cadre, l'environnement était bénéfique, l'organisation matérielle et physique, quatre à table mais de groupes différents, pas de télé, isolement quant aux communications téléphonique. Il n'a pensé qu'à lui pendant quatre semaines.
La psychothérapie de groupe a été extrêmement bénéfique pour lui, dès la première « bulle », il a parlé une demi-heure en pleurant pendant vingt cinq minutes. Le choix de parler le premier a été très bien pour lui. Il a en général du mal à parler à cause de sa timidité naturelle, mais durant les deux mois d'attente, il s'était bien préparé et son chemin était tout tracé.
Maintenant il fait du Chi Gong pour remplacer la soma.
Abdel nous dit qu'au Calme il a rencontré des personnes qui venaient de toute la France et de toute condition sociale : médecins, ingénieurs, commerciaux, ouvriers, employés, chômeurs.
Cédrick nous dit qu'il a pris des photos depuis l'établissement montrant la splendeur du cadre, vues des montagnes jusqu'à la mer avec le lac de St Cassien en contre bas.
Cedrick ne s'est pas senti enfermé au Calme malgré le « contrat moral » dit-il alors que c'est un « contrat d'efficacité thérapeutique » disent les psychologues du Calme. Il a suivi les conseils à la lettre et n'a pas gardé de contacts avec les curistes qu'il a côtoyés durant sa cure.
A la question sur les somas (relaxation adaptée), il répond qu'il y a différentes somas, les somas couchées, assises, debout, à l'intérieur et à l'extérieur, elles sont différentes mais complémentaires.
La bulle, appelée comme cela parce que c'est un bâtiment spécifique qui a une forme circulaire, avec une ouverture à l'entrée et un vasistas sur le dessus, à l'intérieur une dizaine de poires pour s'asseoir, mur blanc. En raison de sa forme, même un chuchotement est entendu par tous. Les patients peuvent dire tout ce qui les concerne sans que cela soit répété à l'extérieur, c'est un lieu privilégié durant la cure et il y a douze séances de psycho de groupe, la dernière étant le jour de la sortie.
Gérard est passé par le même circuit, il a été satisfait parce que la cure était, pour lui, synonyme de « hôpital psychiatrique ». Il était allé deux fois à la « fameuse » réunion du jeudi pour voir comment cela se passait.
Après cette cure il n'a pas fait de relaxation chez lui.
Il a rechuté rapidement car il n'avait pas suffisamment participé à sa première cure. Il en a fait une seconde un an après sa première cure. Il a fait ses deux cures en été parce que, étant dans l'enseignement, il ne manquait pas son travail pour se soigner. La cure était la première étape vers la guérison.
A Cabris il n'y a la possibilité que de faire deux cures, sinon il faut aller, pour la troisième, à Illiers - Combray.
J.J. qui a été également au Calme pense qu'il n'a pas été au bout de sa psychothérapie, mais il s'est aperçu que environ la moitié des curistes ne sont pas aussi motivé qu'il n'était.
Gérard nous dit que la première semaine on ne fait rien, juste atterrir, ce sont les plus anciens qui servent les nouveaux
Cédrick allait à la cuisine pour le Rab
Claude bis a fait plusieurs cures avant de s'en sortir, Blétran où il ne pensait qu'à la sortie pour se ré alcooliser, il avait été envoyé par sa mère mais n'était pas volontaire, le programme était le même qu'au Calme. Au Mont Blanc où il n'était pas volontaire encore une fois, il a très vite trouvé le joint pour se ré alcooliser durant la cure malgré les dépistages par éthylotests. A l'hôpital psy d'Annecy, six mois en HDT (Hospitalisation à la Demande d'un Tiers) et six mois en hôpital de jour et de nuit, il continuait à s'alcooliser. C'est quand il a décidé de s'en sortir et qu'il s'est guéri en allant à Saint Christophe à Nice. Il était dans un pavillon de l'hôpital psychiatrique, il y avait des barreaux aux fenêtres, il n'était pas dans un cadre satisfaisant mais désirait que ce soit la dernière cure.
J.J. pense que le cadre n'est pas important que le désir intense est plutôt gage de réussite mais Cedrick n'est pas d'accord car il pense que le cadre met en condition pour une meilleure compréhension de soi, tandis que pour J.J. ce sont l'encadrement et les soins qui sont les plus importants.
Claude bis nous dit qu'il y a dix ans, du temps où le Père Laroche était le directeur, les soins se rapprochaient de ceux du Calme. Il y avait des infos, de la psychothérapie de groupe qu'il n'a pas voulu suivre, des activités diverses et variées, de la relaxation. Le personnel était très motivé, ce qui ne semble plus être le cas maintenant. Il reproche l'enfermement pendant six semaines tandis que Gérard nous dit qu'au Calme les sorties étaient autorisées sous condition : être trois au minimum, ne pas se quitter d'une semelle, être présent aux repas et à toutes les activités internes.
Au Calme Gérard a beaucoup écouté en psycho et n'a pu parler qu'après, en écoutant la souffrance des autres il a pu rechercher la sienne.
J.J. a trouvé des affinités avec quelques patients en cure mais certainement pas de l'Amitié. Il y a des choses très lourdes qui sont dites en psychothérapie dans la bulle. Tout le monde est à l'écoute de l'autre sachant qu'il n'y aura pas de continuation à la sortie de cure. C'est un cadre confidentiel. Comme tout le monde s'appelle par son prénom les curistes ne connaissent pas le nom de famille des autres.
J.J. la force du groupe est de pouvoir entendre des expériences que l'on ne pourrait pas entendre dans les réunions de Sansas car nous ne sommes pas un groupe thérapeutique. Il dit que quand deux ou trois personnes vous disent des vérités que vous ne pouvez admettre, à un moment vous êtes obligé de vous rendre à l'évidence de la justesse de leur analyse.
Louis nous reparle de Val Pyrène d'où il est revenu il y a trois semaines (voir compte rendu du 29 avril 2009). Après être passé en sevrage à l'Archet II, il avait rejoint Val Pyrène. Tous les vendredis il y avait une réunion générale et les entrants et les sortants devaient expliquer soit leur motivation soit la suite qu'ils comptaient donner à la sortie de leur séjour de six semaines. Il y avait de la psychothérapie de groupe par dix environs, beaucoup de crapahutage, le cadre était, comme pour Cédrick, important dans sa prise en charge, le personnel d'encadrement également très agréable. Seul tu n'arrives pas à t'en sortir mais la dynamique de groupe fait que tout le monde avance au même rythme.
Claude, il y a trente ans, à fait une cure en hôpital psychiatrique à Martigues après y être rentré en état de Delirium Tremens. Après avoir été informé par un interne Psychiatre (docteur Lobo) qu'il avait un problème d'alcool, qu'il pouvait le soigner à condition de rester, avec un contrat moral, 28 jours en hospitalisation. Claude a accepté. Il est resté une semaine sous perfusion dont 3 jours en état de délire, bestioles dans la chambre qui sortaient des murs, des rats, des chats sur son lit, angoisses intenses, peur de l'avenir.
Il y avait trois ou quatre alcooliques hospitalisés en même temps que lui et ce sont eux qui créaient l'ambiance car les autres étaient des dépressifs, des illuminés, des personnes âgées que les enfants avaient placées pour être soulagés.
Il y avait une réunion avec tout le personnel soignant tous les vendredis, chacun ayant la parole. Trois où quatre fois il y a eu une réunion avec le psychiatre, deux infirmiers et infirmières, c'est à une de ces réunions que le médecin lui a dit que dorénavant c'était abstinence totale et définitive. Il y avait une salle de sport, une salle de danse pour le soir, une bibliothèque, des visites autorisées tous les jours l'après midi et Christiane venait le voir.
A la fin de son hospitalisation le médecin psychiatre (docteur Godard) lui a demandé de venir en consultation à l'extérieur, Claude y a souscrit et est allé le rencontrer au centre médical de la rue zien. Cela a duré dix huit mois de consultation hebdomadaire avec, durant les six derniers mois, des séances de relaxation avec une psychologue, fraîchement sortie de ses études en cours du soir et par correspondance. Entre temps Claude avait rencontré un mouvement d'anciens buveurs qui lui a donné tout ce qu'il devait savoir pour parvenir à la guérison et vivre une abstinence heureuse.
L'aotal n'existait pas mais Claude a eu un traitement médical à la sortie pour calmer ses angoisses : calmants et antidépresseurs qu'il a pris pendant quelques mois.
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