Permanence du mercredi 27 Mai 2009
Publié le 23 Mai 2009
Sujet Thèmes du jour :
"Alcoolisme: Qui est victime?"
Le malade, la famille, le patron.
Compte rendu :
Gaël revient de post cure à Virac en Ardèche où il n'y que des hommes. La post cure est gérée par la Croix Bleue.
Il y a des points positifs et des points négatifs mais 90 à 95 % des points sont positifs pour lui.
Le logement avec des chambres à deux durant le premier mois. Après cela, en fonction de sa mutuelle, les patients peuvent avoir une chambre seule avec ou sans cabinet de toilette.
Pour les patients il y a trois groupes :
Le premier qui est dans l'obligation de se soigner par injonction judiciaire.
Le second groupe est constitué de personnes qui sont là sans savoir pourquoi.
Le troisième, ce sont les personnes qui ont envies de s'en sortir et participent au mieux aux activités proposées.
Personnel. La nuit il n'y a qu'un seul gardien
Le médecin est là deux jours par semaine et il faut prendre rendez vous avec lui pour le voir
L'entretien est fait par les curistes.
Quand le cuistot n'est pas là, peu souvent, ce sont les curistes qui font la cuisine.
Activités les patients sont de service le premier mois : entretien, repassage, bricolage, restauration (salle et cuisine).
Le mois suivants il y a les ateliers et les groupes de parole, le psychologue est également présent et il est possible d'avoir des entretiens individuels. Pour les ateliers, il est possible de faire des travaux sur bois, fer ou du jardinage, cuir et du dessin.
Le centre étant en pleine campagne, il y a possibilité de faire des sorties en groupe et accompagné, il y a aussi des sorties au village. Une fois par semaine une sortie est organisée en minibus à Aubenas ou à Alès le samedi après midi. Ces sorties sont trop courtes parce que Virac est un coin perdu, dès que les courses sont faites il faut déjà penser au retour.
Service religieux : est obligatoire entre guillemet, il est vrai qu'il n'est pas obligatoire d'y assister mais fortement recommandé et encouragé. Comme chez les protestants il y a beaucoup de chants que Gaël n'a pas chantés.
Au réfectoire, c'est la foire d'empoigne à chaque repas parce que seul son porte serviette indique sa position à table, ceci pour que chacun change de place tous les jours.
Il a pris du Seresta durant son séjour mais a refusé l'aotal car il pense que ce produit ne sert à rien.
J.J. nous rappelle que les cures sont faites pour resocialiser les personnes et que si il y a de la surveillance, de la vie de groupe, une vie en société c'est pour remettre sur pied un ensemble de personnes qui n'avaient plus de repères dans la société. Il pense que Gaël n'est pas allé à Virac pour guérir mais pour se mettre au vert. Nous connaissons plusieurs personnes qui y sont allés et sont revenus enchantés : Remy, Daniel entre autre.
Gaël nous rapporte que il y a des rassemblements des anciens tous les deux ans, invitation écrite par le centre, et qu'il ira probablement dans deux ans parce que la prochaine à lieu ces jours ci.
Puis nous prenons le cours de notre thème.
Claude bis nous dit que le malade n'est pas conscient de son état ne peut donc être victime mais ceux qui le ressentent le plus c'est la famille car, comme le dit J.J., le malade rend la vie impossible à la famille.
Christiane pense que la famille est complètement désorganisée, ne peut plus fonctionner de manière ordonnée et est donc la première victime de la maladie du malade, c'est bien simple, beaucoup de couple divorce parce que le lien s'est perdu entre les membres de la famille.
Gérard nous dit que sa femme étant décédée, sa fille avait honte de son père, si elle avait pu le cacher elle l'aurait fait, elle avait peur, était très angoissée. Maintenant que son père est bien dans ses pompes, elle est aux anges.
Pour Abdel, nous qui sommes les empêcheurs de tourner en rond, nous qui sommes les buveurs nous sommes victimes mais il rajoute que tout le monde est victime, la famille en particulier, quand il était au plus mal personne ne l'a laissé choir, sa mère, sa sœur l'ont toujours encouragé pour se soigner. Maintenant s'il a arrêté c'est parce qu'il s'est cassé une côte ou deux en faisant une crise d'épilepsie.
Papy nous fait part de sa réflexion en pensant que la famille ne peut pas vous renier tandis que le patron qui vous a surpris en état d'ivresse vous met, ni une ni deux, à la porte. Pourtant il est bien, placé pour savoir qu'il n'a pas vu ses enfants grandir du fait de son alcoolisation mais maintenant ses enfants sont très contents de le voir en bon état et le contact est rétabli entre lui, ses enfants et petits enfants.
J.J. dans la famille il englobe aussi les animaux domestiques, en particulier les chiens, qui peuvent pâtir de notre alcoolisation car les maîtres peuvent être violents vis-à-vis de leur bête. Le chien peut se rendre compte de la maladie de son maître.
Gaël dit que l'on ne peut faire de la prohibition vis-à-vis de l'alcool et en interdire la vente mais l'alcoolique est victime du produit alcool. Il en est presque à personnaliser l'alcool parce que Chantal pense que l'on ne peut pas être victime d'une chose mais de quelqu'un. Elle n'arrive pas à comprendre le sens de notre interrogation sur la victimisation de l'alcoolique par rapport au produit qu'il ingurgite.
Christiane lui rappelle que l'on peut être victime d'un tremblement de terre donc d'un événement ou d'une chose et pas seulement par rapport à un autre être.
J.J. nous rappelle que l'alcool a été utilisé surtout pour oublier les tracas de la vie, les peines engendrées par la vie et au début on l'aime parce qu'il est euphorisant. Au bout du troisième verre on n'a oublié pourquoi on buvait et on ne se rend plus compte de rien. Les jeunes utilisent l'alcool pour leur effet et non pour le bon goût de l'alcool. On est bien victime du produit parce que nous n'avons pas pu le gérer mais ce sont les alcooliers qui nous ont incités à utiliser l'alcool pour ce qu'il n'était pas.
Abdel rappelle qu'il y a des fêtes où les gens ne viennent pas parce qu'il n'y a pas d'alcool.
Papy pose la question : est-ce que le patron peut être victime de l'alcoolisation d'un de ses employés ?
J.J. en a subit les désagréments de l'exclusion à cause de son alcoolisation.
Papy pense qu'il est victime des chantiers où il a travaillé en mauvaise état mais que le patron ne peut garder quelqu'un qui boit.
Christiane se rappelle d'un employé que le patron nous a envoyé, à la permanence de Cannes, pour se soigner car il était très social et voulait que son employé puisse mieux vivre, il nous a laissé les mains libres pour le faire soigner et nous a affirmé qu'il le reprendrait dès sa sortie de cure. Ce patron était donc victime de l'alcoolisation de son employé, car il l'avait formé et le voyait s'enfoncer dans l'alcoolisme.
Pour J.J. il y a beaucoup de machine qui sont dangereuses : fraiseuses, tours, tour à bois etc.. Et le patron ne peut pas risquer un accident et est obligé de licencier, le patron et l'employé sont doublement victimes de l'alcool.
Papy pense que sur le plan familial, tout le monde est victime, car si tu te caches pour boire, tu te coupes d'eux et si par hasard tu ne te caches pas ce sont eux qui ne te respectent plus.
A Martigues Christiane a travaillé avec une femme qui avait eu un père alcoolique, qui en a beaucoup souffert car quand son père était trop violent, elle tapait sur les conduites du radiateur et la voisine venait l'extirper des mains d'un père violent. Après que sa mère eut divorcé, elle a complètement coupé les relations avec ce père et n'a même pas assisté à ses obsèques quand il est décédé. Elle se sentait vraiment victime et dans sa vie d'adulte, elle s'est mariée à un homme qui est devenu alcoolique et son sentiment de victime a été encore plus fort, elle est restée avec lui pour élever ses enfants mais elle disait qu'elle ne finirait pas ses jours avec lui et que dès que ses enfants quitteraient la maison elle le quitterait également. Toute sa vie cette femme a été victime du produit alcool qui a envahit sa vie de jeune fille et ensuite de femme adulte.
Chantal nous expose son sentiment sur les liens qui relient les êtres humains, même inconsciemment, et nous explique pourquoi, une femme peut être attirée par une personne qui, sans le savoir, était déjà malade alcoolique et qu'elle ne le savait pas. Les situations se reproduisent souvent sans que les personnes qui reproduisent s'en aperçoivent. C'est souvent transgénérationnel et se fait à l'insu de la personne. Il y a des points communs et donc une attirance. Pour réparer il faut un lien à quelqu'un d'autre, car les victimes ont besoin de se réparer.
/image%2F1565259%2F20220408%2Fob_d9a052_logo-sansas-color-n-4.bmp)