Permanence du mercredi 03 Juin 2009

Publié le 30 Mai 2009

Sujet  Thèmes du jour :
"La rechute"

Compte rendu :
Catherine pense que sa première cure n'a pas été volontaire car poussée par la famille et l'entourage. Elle n'a pris conscience des bienfaits de la cure qu'à la fin de sa cure , elle n'est donc pas allée au bout de la psychothérapie, elle pense  que c'est la raison pour laquelle elle n'a pu faire face à la première contrariété, sa rechute étant arrivée peu de temps après sa sortie de cure.

Pour J.J., il pense qu'il a été faible toute sa vie, mais une explication d'une seule rechute n'est pas suffisante pour expliquer le pourquoi du comment. Celui qui se croit à l'abri ne l'est certainement pas et si une « cata » nous arrive, souvent nous ne pouvons faire face et il peut y avoir rechute. Pour lui, il a pu analyser ses rechutes successives et en tirer les conséquences, il y a eu un cheminement d'effort sur lui-même et beaucoup de personnes l'ont aidé à comprendre.

Il nous dit également que chez les pros de l'alcoolisme, ils disent que « la rechute fait partie de la guérison » mais rajoute immédiatement qu'il n'est pas nécessaire de rechuter pour guérir.

Christiane fait part de son sentiment que la rechute doit être très dure pour la famille qui a fait confiance en son malade.

J.J. nous dit bien qu'il ne sait pas pourquoi il a rechuté mais qu'un jour, sans raison apparente il s'est dit : « et merde, je rebois ».

Gérard ne sait pas pourquoi il a rechuté mais il pensait être à l'abri et ne faisait plus attention.

Gigi est ressorti de cure depuis 3 mois, mais il a consommé durant sa cure, il n'a pas trop bien compris que l'abstinence totale était nécessaire pour aller mieux. Mais il nous dit quand même, qu'en sortant, ayant retrouvé du travail, les collègues ont voulu arroser cela et lui ne voulait pas faire voir qu'il était abstinent car il avait honte de lui-même.

Claude ter est parti en Corse durant quatre jours pour faire du kayak en groupe. Il y avait des apéros réguliers et souvent sans produits autre que l'alcool. Pour lui il en a ressenti une certaine gêne, il n'a pas rechuté mais il ne se sentait pas bien. A un moment il a envisagé de prendre un verre d'apéro dans la main, sans le désir de boire, mais pour faire comme tout le monde et reposer après le verre plein sur la table.

Gigi était SDF, après sa sortie de cure, il a trouvé du travail et il était tellement content qu'il a rechuté car il ne pensait pas que le premier verre lui serait fatal.

Claude ter n'a jamais rechuté mais il a ressenti la honte de ne pas boire.

Christiane lui dit qu'il a le droit d'être différent et que ce n'est pas une tare d'être abstinent.

Claude ter lui répond que c'est difficile car il est gêné par rapport à la convivialité du groupe. Il ne pouvait pas communier entièrement avec les autres.

J.J. lui dit que nous avons tous eu des moments comme ceux là et que lui, s'il a rechuté plusieurs fois, c'est généralement parce qu'il avait oublié qu'il était abstinent. La seule façon, c'est d'être toujours vigilent.

Claude ter s'est senti frustré de voir la bouteille dans du beau sable blanc, elle passait de main en main, chacun prenant une rasade en passant et quand il a eu cette bouteille dans la main, la passer sans y boire, a été très frustrant.

Gigi quand il a commencé à reboire, a cru qu'après un verre il pourrait s'arrêter. Le soir il a quand même rebut une bière, le lendemain il a arrêté, mais quinze jours plus tard il a repris une bière, puis deux puis trois puis le tonneau.

J.J. nous dit qu'il faut toujours se dire que l'alcool est un poison pour nous, et Claude rappelle que Claude bis et Cédrick voient une tête de mort sur les bouteilles d'alcool chaque fois qu'elles se présentent à eux.

Claude ter nous dit qu'au Calme, les thérapeutes disent qu'il faut faire une cure de magnésium quand il y a rechute, cela atténue le processus de manque et permet de se ressaisir sans trop de difficulté.
J.J. pense que c'est un leurre mais que si cela marche c'est une bonne chose  et Claude lui répond que nous ne sommes pas des professionnels et que nous devons suivre à la lettre ce que nous disent les pros afin de se maintenir dans un état de vigilance maximum.

Gaël lui ne comprend pas comment il a pu rechuter.

Claude ter nous dit qu'il a analysé son comportement lors de sa sortie en Corse, car il n'arrive pas à comprendre qu'il ait pu penser « un petit verre avec eux , pourquoi pas », pour ne pas être exclu car il sentait une certaine forme d'exclusion, car il coupait la chaîne de l'amitié en ne buvant pas quand la bouteille était dans ses mains.

J.J. lui dit que Jean, qui n'a jamais eu de problème d'alcool, qui n'aime pas l'alcool ne se trouve pas gêné pour passer la bouteille quand il n'en n'a pas envie.

Catherine répond à Claude ter que c'est une forme de culpabilité qu'il entretien à l'insu de son plein gré.

Claude ter renchéri en disant qu'il se sent gêné et coupable de ne pas boire et qu'il a l'impression de désintégrer le groupe qu'il fréquente et qui l'accueille en son sein.

Alain qui n'a jamais eu de problème avec l'alcool et qui, lui n'aime pas du tout l'alcool (sauf les « mon chéri », pense que pour nous le problème de la rechute et de l'abstinence est très complexe car il y a toujours recherche du plaisir de boire, c'est la nostalgie qui nous fait revenir en arrière.

J.J. la rechute vient du fait d'une grande déprime, c'est pour se flinguer, par dépit amoureux ou non, tout est excuse, mais à la fin c'est une catastrophe.

Claude rappelle que Victor avait fait une cure à Saint Christophe, il se sentait bien, il est retourné à Paris, a repris son travail, au bout de huit mois il se sentait super bien alors il a repris un verre, il pensait qu'il n'avait pas été alcoolique, qu'il s'était arrêté facilement en cure, qu'il ne devait pas être dépendant il y a huit mois, qu'il s'arrêterait facilement après le premier verre. Mais ce premier verre en a amené d'autres, au début c'était très cool d'écouter la musique à fond, les doigts de pied en éventail. Dès qu'il s'est aperçu de sa descente aux enfers, rapidos, il a retéléphoné à Saint Christophe, il est revenu se soigner et depuis il est heureux de vivre sans alcool. Sa vie a changé et il est heureux.

J.J. pense la même chose.

Alain voit l'abstinence comme sa compagne voyait l'Oxygène. Elle ne voulait pas monter dans la voiture de pompiers s'il n'y avait pas d'oxygène. Il se représente l'alcoolique comme étant en manque comme le manque d'oxygène de sa compagne.

Abdel voulait de temps en temps s'arrêter de boire, mais il ne le pouvait pas parce que l'alcool était le plus fort.

Gigi nous dit que pendant la pose cigarettes, il a eu envie d'aller se chercher une bouteille de bière, mais par respect pour nous et pour lui-même aussi, il ne l'a pas fait et en est fier. Il vient de s'arrêter et c'est la raison de sa présence parmi nous.

J.J. pour nous malades alcooliques il n'y a pas trente six chemins, soit la descente aux enfers, soit l'arrêt total d'alcool. Abstinence totale et définitive difficile à admettre quand on s'engage dans un processus de soins.

Gaël a fait quatre cures, la première il a été abstinent durant deux ans, bêtement, dit-il, il a repris une bière qui  lui en a fait boire quatre le lendemain et après cela a été la Bérézina. Les autres rechutes, il s'est toujours posé la question de savoir si une bière lui ferait du bien et il était certain que cela pourrait marcher. Mais à chaque fois c'était la rechute. Il n'arrive pas à s'expliquer ses rechutes : cure faite par nécessité, fatigue en fin de cure, mauvaise santé. En sortant de la post cure de Virac il a parfois des envies pressantes, mais il se raisonne et finalement ces envies disparaissent au bout de cinq minutes. Il se dit qu'il faut absolument qu'il évite le premier verre. Il veut changer ses habitudes, faire des efforts et ne pas attendre tout des autres, il veut arriver à la plénitude. Il faut qu'il trouve rapidement un logement, mais il ne faut pas que ce logement lui arrive tout rôti dans la bouche, nous insistons pour qu'il cherche sans que ce soit les autres qui cherchent pour lui.

Claude bis se dit que malgré ses cures il n'a pas fait de rechute, à Bletran il était contraint et forcé, on lui avait dit que s'il quittait la cure il faudrait qu'il la paye quand même, alors il est resté et se jurant bien qu'à la sortie, le premier bistrot serait pour se rincer la dalle. Quant au Mont Blanc, il a pu s'abreuver comme il voulait, il y avait un contrôle tous les soirs à dix neuf heures et les curistes savaient la quantité maximum à prendre le soir et le matin pour être clean au moment de l'alcooltest. Il n'a donc pas rechuté. Après ses cures, il espérait pouvoir boire modérément comme tout le monde. En sortant de Saint Christophe, il y a dix ans, il a eu des envies mais le refuge de l'associatif lui a permit de passer tous les obstacles sans faillir. L'assos lui a permit de maintenir son abstinence et d'être heureux de vivre maintenant sans alcool.

Rédigé par SANSAS

Publié dans #La Maladie

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