Permanence du mercredi 12 Août 2009
Publié le 8 Août 2009
"L'Amitié peut-elle aider à guérir"
Compte rendu :
Claude, nous connaissons bien une association dont le maître mot est l’Amitié, malheureusement nous n’y avons peu rencontré cette amitié : un putsch à la tête de l’Assos, un comptable qui part avec la caisse, des scissions de régions entières, les Amitiés entre les uns et les autres n’étaient pas toujours sincères (au moins en PACA, car peu de contacts avec les autres régions), la compétition aux nombres d’adhérents (réels ou fictifs), ce n’était pas du tout l’idée maîtresse du fondateur de cette association, la compétition pour prendre la place de l’autre, l’envie, la médisance pour être calife à la place du calife. Ce n’était pas de l’amitié bien que nous ayons gardé quelques amis sincères (deux ou trois) dans cette association au niveau local.
Par contre nous connaissons également bien les Alcooliques Anonymes qui comme leur nom l’indique incite à l’anonymat donc pas au contact direct et amical entre les membres et pourtant leur action est très positive et ils peuvent s’enorgueillir de beaucoup de guérison, mais l’amitié, nous semble-t-il, n’est pas dans leur mode de fonctionnement quoiqu’à travers d’autres associations nous ayons gardé des amitiés sincères avec certains membres des A.A..
Dans notre association, créée il y a six ans, l’amitié est le ciment qui nous uni tous, il faut dire qu’internet et les téléphones gratuits nous ont permis de garder des contacts incessants depuis la création. Nous ne sommes pas repliés sur notre réunion du mercredi soir. Nos sorties dominicales, quand on peut) permettent de mieux nous connaître et mieux nous apprécier.
Papy a été obligé de quitter toutes les personnes qu’il croyait amis avant de s’arrêter, et il pense que c’est pour cela qu’il a réussi à s’en sortir.
Cédrick renchéri en pensant que les personnes que nous croyions être des amis n’étaient en fait que des relations de boisson, maintenant Papy, tu rencontres des personnes qui t’apportent quelque chose et que tu aimes bien.
Christiane répète un peu la même chose à l’encontre de Papy où il n’y avait pas d’amitié avec les gens avec qui il consommait.
Joëlle nous dit que ce n’est que quand on est dans la mouise qu’on se rend compte des amitiés qui nous entourent.
Christiane nous dit que l’amitié nous implique vers l’autre et que si l’on porte une amitié à quelqu’un ce n’est certainement pour attendre quelque chose en retour.
Abdel nous dit que sa vie est tournée vers le calendrier et que pour rien au monde il raterait une réunion Sansas du mercredi (même cette semaine où il y avait l’équipe de France qui jouait contre les iles Feroé, il était là.). Il se sent mieux maintenant depuis qu’il se soit cassé une côte avec une crise d’épilepsie en tombant dans son appartement.
Nous discutons un peu des amitiés éphémères qui se lient dans les centres de cure, les curistes sont heureux d’être ensemble parce qu’ils jouent aux cartes, sortent ensemble, le passage des adresses est souvent un rituel mais cet amitié née dans la souffrance ne tient généralement pas. Pour Cédrick c’est un rapprochement entre personnes qui ont vécues des choses similaires, mais les causes sont différentes. Le fait d’être dans un centre finalement ne permet pas de lier d’amitiés concrètes et durables. La seule qu’il a gardée est Jean Jacques parce qu’il l’a retrouvé à Sansas et c’est là que l’amitié a pu commencer. Le choix de venir dans l’association est un choix personnel et non imposé qui permet de lier des relations durables et amicales.
Christian pense qu’au Calme il n’est pas possible de créer une amitié sincère. Il fait le rapprochement avec le club Med où il ne se crée pas d’amitiés parce que ce n’est qu’un bon ou mauvais moment que l’on passe ensemble. Il rajoute que dans l’amitié, si on ne se voit pas souvent, l’amitié se dissout d’elle-même : « loin des yeux, loin du cœur ».
Quand tu penses amitié sérieuse et solide, tu penses à celui qui, s’il te voit dans l’embarras t’aidera quelque en soit le prix. En général ce n’est pas celui que tu attendais.
Cédrick pense que si on attend quelque chose en échange de notre amitié on risque fort d’être déçu.
Madeleine parle de l’arrêt à la sortie du Calme où il y a deux semaines d’arrêt de travail. Cédrick dit ce que le Calme dit : si il y a deux semaines d’arrêt c’est parce que les curistes ont besoin de se retrouver car il faut faire le point sur soi-même et qu’en plus le travail intellectuel du Calme est fatiguant et il faut absolument se reposer pour repartir du bon pied. Les tentations sont là, les problèmes qui sont restés derrière soi vous ressautent à la figure, il faut y faire face dans la sérénité. Certains ne voudraient pas quitter ce cocon et le fait de vouloir rester c’est la sécurité qui est recherchée.
Nous revenons sur les accidents et les hospitalisations même si ce n’est pas le sujet du jour mais nous ne sommes pas obnubilés par un sujet précis, celui ou celle qui veut parler a la parole à tout moment de notre discussion.
Papy a eu un accident où il est resté durant 17 jours à l’hôpital et ce qui l’a requinqué ce sont les six semaines qu’il a passé en maison de repos à Sclos le Conte (maison de repos aux alentours de Nice).
Madeleine, suite à une triple fracture ouverte à la cheville et malheureusement un staphylocoque doré qui est venu s’infiltrer dans la plaie, les deux mois passés à l’hôpital lui ont permis de stabiliser sa consommation d’alcool, malheureusement en revenant chez elle les problèmes ont repris et aidante comme elle est, elle ne peut pas ne pas aider ses voisines pour faire les courses.
Christiane lui rappelle qu’elle est malade et qu’il faut qu’elle se blinde dans l’indifférence vis-à-vis des autres, il sera toujours temps de faire du bénévolat plus tard quand elle sera à nouveau bien dans sa peau. Heureusement sa petite rechute a été jugulée partiellement en allant revoir le CCAA, mais il faut absolument qu’elle devienne, pendant quelques temps EGOISTE. Christiane lui dit qu’il faut savoir doser et distiller son amitié et Madeleine se fait abuser par des gens qui profitent de sa gentillesse et de sa générosité de cœur.
Claude bis, ce sont de véritables amis qui l’ont aidé à s’en sortir. Quand ils l’ont accueilli chez eux, ils n’ont pas cherché à le faire moins boire (comme sa mère faisait en vidant les bouteilles dans l’évier). Maintenant ils sont presque devenus des parents adoptifs. Eux et lui sont restés fidèles à cette amitié. Ils devaient probablement connaître les problèmes liés à l’alcool parce que c’est leur patience qui a fait qu’il soit parti se faire soigner à Saint Christophe. Il était grand temps qu’il se soigne. Mais cette Amitié est une amitié qu’il ne pourra jamais oublier.
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