Permanence du mercredi 19 Août 2009
Publié le 13 Août 2009
"Que feriez-vous en cas de rechute?"
Compte rendu :
Pour une majorité d’ente nous il y a eu une ou plusieurs rechute puisqu’environ 70% des personnes soignées rechutent au moins une fois. Quel a été votre comportement : fatalisme, désabusé, battant, coupable ? Et quelle a été votre réaction face à cette rechute.
Nous constatons sur les 12 présents que seulement 50 % du groupe a rechuté. Est-ce l’effet du groupe puisque ceux qui n’ont pas rechuté sont venus directement aux réunions à leur sortie de cure, où est-ce le hasard ?
Cedrick qui n’a pas rechuté pense que s’il rechutait (mais pour l’instant il ne l’envisage aucunement et ne voit pas ce qui pourrait le faire rechuter), il se mettrait immédiatement minable, il boirait la bouteille de whisky d’un seul trait. Il boirait énormément pour en être malade et se sentir dans l’obligation de refaire un parcours de soin.
Papy moustache a bu sa dernière goutte d’alcool le 13 décembre 2003 à Magnan (quartier de Nice), à Carlonne il s’est achevé avant d’entrer en sevrage à l’Archet II. Depuis plus une goutte et sa polynévrite lui rappelle tous les jours qu’il ne peut plus boire sous peine de mort. Il est retourné dans ces bistrots ou il avait bu sa dernière goutte et maintenant il est appelé par tout le monde « coca light ».
Claude n’a pas rechuté depuis 29 ans mais en sortant de cure il avait fréquenté un Mouvement d’anciens buveurs dont les membres lui ont donné les bases pour parvenir à une abstinence heureuse d’où sa guérison. Mais il s’est aperçu qu’il fallait faire très attention. En retournant au Bar du 14 juillet à Martigues, il y a une dizaine d’année, le serveur lui a immédiatement proposé une bière alors que durant dix ans il lui avait servi des diabolos et des cafés et qu’il avait mis au courant les serveurs qu’il avait arrêté de boire. C’est « du pousse au crime. »
Abdel nous dit que maintenant s’il rechute, il faut qu’il prévoie le cercueil avant de repartir vers l’alcool. Sa côte cassée lui a servi de leçon. Mais sa motivation est extrême surtout en cette période de Ramadan qui débute.
Gérard a rechuté immédiatement en sortant de cure. Cela a été d’abord très modéré, ensuite il eu un sentiment de gâchis. Il s’est progressivement enfoncé dans la rechute et il a mis quatre mois pour prendre la décision de refaire une cure car il ne voulait pas manquer le travail. Ces collègues se sont aperçus de son mal être mais ne lui en ont jamais parlé, mais il faisait très attention de ne pas boire durant ses heures de travail, juste deux ou trois verres de rosé entre midi et deux heures. Et les vacances suivantes il est retourné au CALME et est venu à l’association dès sa sortie de cure (il nous avait connus avant sa première cure.)
Abdel a fait de nombreux sevrages, toutes les cures de la région au moins deux fois, mais il a toujours réussi à s’arrêter au moment du carême et la rechute revenait une dizaine de jours après, mais c’était toujours lui qui décidait parce qu’il avait soif. Parfois pour se donner bonne conscience il nous dit que il va mieux quand il boit, sa tête ne tourne pas, il marche mieux, il n’a plus mal au ventre, alors que nous constatons et lui disons le contraire. La dernière rechute il buvait une bouteille de pastis par jour et de nombreuses bières pour faire passer le goût du pastis.
Beaucoup d’entre nous buvaient dans les cafés pour avoir le sentiment d’appartenir à un groupe la sortie de cure était alors difficile parce que nous ne pouvions plus nous associer à ce groupe qui nous avait aidé à vivre même en mauvais état.
Claude ter a fait un sevrage d’une semaine à l’Archet II mais a rechuté au bout de six mois quand il a recommencé à boire de la bière sans alcool (piège), puis bière normale, mais il n’a pas ressenti de culpabilisation.
Il a fait alors un « deal » avec le Dr Laroche et il a tenu six mois sans consommer, il a rechuté et là le médecin lui a conseillé un sevrage à l’Archet II, et ensuite une cure au Calme, ensuite il est directement venu à SANSAS et depuis il va bien. Avant d’entrer au Calme il avait été à la « fameuse réunion du jeudi » avec sa sœur qui a essayé de lui dire qu’il n’était pas un alcoolique comme ceux qui se soignaient là, qu’il n’était pas comme eux, qu’il faisait de la montagne, qu’il n’avait pas besoin de venir se soigner là. Il n’a pas répondu à l’appel des sirènes, il est rentré au Calme car il s’est retrouvé dans le miroir de ceux qui étaient présents au centre de la réunion.
Au retour à son travail, il a eu quelques difficultés à se réintégrer, il y a eu fatalité et coïncidence mais il s’est retrouvé dans une ambiance stressante mais aucune envie de recommencer. Il a repris à fond le sport : kayac de mer, montagne avec des potes. Il pense que ses première expériences de rechute font qu’il ne recommencera pas, il se sent suffisamment fort pour ne pas rechuter, car s’il rechutait il aurait un sentiment affreux de culpabilité, d’échec. Il essaierait de ne pas se sentir coupable, coupable d’être malade comme il lui a été seriné au Calme, mais aurait vraiment peur du mal qu’il engendrerait envers ceux qui ont confiance en lui et qui l’aiment.
Papy moustache nous redit que ce serait l’horreur s’il rechutait.
Gérard pense que plus le temps passe moins il lui semble avoir de risque de rechuter, mais on oublie vite sa maladie et ses mauvais souvenirs. On essaye d’oublier sa souffrance.
Abdel se dit et dit à Papy moustache que tous les deux ont bu leur quantité maximale pour toute une vie.
Alain pense que la rechute survient, d’après ce qu’il comprend de tous nos témoignages depuis cinq ans, parce que nous avons l’impression d’être guéri. Il pense qu’il y a plusieurs maladies en nous et que chacun a sa façon de se soigner. Si le problème a été pris à l’envers, il y a risque de rechute et de culpabilité.
Papy nous dit que chaque cas d’alcoolisme est différent.
Alain, nous dit qu’en sortant de cure chacun est responsable de lui-même, mais est un récidiviste en puissance. Tout comme on a fait un choix de s’arrêter et de se soigner, il faut également faire un choix d’une vie nouvelle, il faut garder la certitude que notre choix était le bon.
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