Permanence du mercredi 09 Avril 2008

Publié le 6 Avril 2008

Sujet  Thèmes du jour :

"La prise de conscience, à jeun ou alcoolisée."

(le déclic)


Compte rendu :

Claude commence à raconter son parcours de prise de conscience. Il a arrêté de boire non pas parce qu'il voulait arrêter mais pour pouvoir aider sa femme à son retour de clinique. Le retour a été catastrophique car je suis tombé dans une profonde dépression avec impossibilité de faire quelque chose, le Delirium Tremens était déjà commencé. Passage aux urgences, puis direction illico vers l'hôpital psychiatrique. Là la véritable crise de DT est arrivée : des rats pleins la chambre, des rats sous mon matelas, des chats qui envahissent ma chambre, des bestioles horribles qui sortent des murs....
Puis l'interne vient me voir et me dit « Monsieur, vous êtes malade à cause de l'alcool, nous pouvons vous soigner, pour cela vous devez prendre un contrat moral de 28 jours avec l'hôpital : pas de sortie pendant trois semaines, assister aux réunions de groupe, suivre le traitement proposé, se plier au règlement de l'hôpital ». Enfin quelqu'un me disait que j'étais malade, que ça se guérissait et pour cela 28 jours d'hospitalisation. En deux secondes, mon accélérateur à neurones a fonctionné et j'ai répondu : OUI j'accepte. C'était le déclic. Depuis plus une goutte d'alcool avec l'aide des autres.
Catherine nous apporte son témoignage, car elle savait qu'elle avait un problème d'alcool mais elle savait qu'elle s'en sortirait quand elle voudrait. C'est une amie qui l'a trouvée un jour complètement ivre, elle savait qu'elle s'alcoolisait mais pas à ce point là. Cette amie a pris rendez-vous avec le médecin qui l'a envoyée aux Bruyères. Elle a suivi cette cure comme un tourbillon. Mais ce n'est pas elle qui avait pris la décision de se soigner. La première occasion, un accident grave de sa fille en voiture et c'est la rechute (maintenant elle n'est plus sûre que ce soit cet accident qui en soit la cause). Elle n'avait pas réalisé qu'elle était malade, le trou s'est ouvert devant elle, elle y a plongée. Puis sa fille aînée de 18 ans a quitté la maison en claquant la porte, et c'est à jeun ou plutôt dans une période de non alcoolisation qu'elle a eu un Déclic : « j'ai perdu une fille de dix huit ans, il y en deux autres qui suivent qui prendront le même chemin et Mon Mari que fera-t-il ? Elle a vu son psychiatre qui lui a proposé des psychodrames : elle a répondu : OUI car elle avait vraiment envie de s'en sortir.
Son Mari nous dit que ces dix huit mois de traitement en hôpital de jour à Pasteur ont été très difficile à vivre parce qu'il ne savait pas ce qui se passait. Elle ne voulait pas et surtout ne pouvait pas en parler même à son mari. Mais au moins il n'y avait plus d'alcoolisation.
Jean Jacques à une peur bleue des psychotropes qui l'ont toujours ramené au meilleur : l'alcool et il sait que dans la majorité des psychothérapies faites en ambulatoire le psychiatre prescrit des psychotropes, l'esprit est confus quand on prend cette médication.
Catherine a arrêté les psychotropes, d'un seul coup, avec un accord circonspect de son psychiatre mais elle avait mare de prendre ces produits et cela c'est très bien passé.
C'est également à jeun que Cédrick a décidé d'arrêter, nous verrons son histoire plus tard car Jean Jacques a envi de parler : Son déclic lui est venu du choc du départ de sa femme, il est tombé des nues et le lendemain il était en cure, mais la rechute a été dramatique et il a mis 20 ans pour s'en remettre. Il faut dire que il a pu gérer, si on peut appeler gérer son alcoolisation, avec l'Espéral, il le maniait avec dextérité et une connaissance que les inventeurs n'auraient pu imaginer. Le comprimé du lundi matin l'obligeait à tenir jusqu'au jeudi, le jeudi il pouvait se permettre un demi, le vendredi deux ou trois et le samedi et dimanche le tonneau. Il a réussi à vivre comme cela pendant 30 ans avec des épisodes de cure, des périodes d'abstinence. Il lui est arrivé de faillir au respect de l'Espéral et c'était la catastrophe : vomissement, emballement du cœur, rougeurs intenses du visage, mal être impossible à supporter. Son explication fait peur.
C'était un bras de fer entre l'Espéral et lui, il savait mais en avait mare d'en avoir mare alors parfois passage au CCAA, une cure et rebelote Espéral et bras de fer. Mais Jean Jacques était toujours mal, c'est pourquoi il se ré alcoolisait jusqu'au jour où il a trouvé le Calme qui lui a donné un truc : « le truc c'est d'être heureux sans alcool, mais il faut trouver pourquoi on a bu et, comme il dit, j'ai mis trente ans pour savoir et vivre heureux. Sansas l'y aide beaucoup et il ne veut surtout pas s'en éloigner. »
Olivier a quitté Paris pour venir se faire soigner à Nice et à son retour à Paris tout c'est bien passé jusqu'au jour ou il s'est dit que se serait pas mal de se retrouver le soir, dans un bon fauteuil, la musique à fond et un verre à la main. Cela n'a pas duré longtemps mais le déclic est venu rapidement « je ne peux pas revenir en arrière sans rien faire, coup de fil a Saint Christophe, retour à Nice, cure et depuis : un mariage, un enfant un travail qui le passionne, une VAE pour être bien dans sa place. Le bonheur quoi !
Claude bis : deux cures ou plutôt post cure après sevrage demandé par sa mère : Blétran et le Mont Blanc. A Blétran pas d'alcool jusqu'à la sortie où le premier bistrot l'a accueilli, au Mont Blanc, il s'alcoolisait pendant la post cure. Il savait la quantité maximum a consommer le soir pour être clean le lendemain soir à la prise de sang. La capuche de l'anorak était pas mal, assez grande pour contenir le flasc. Puis un an de psychiatrie en HDT (hospitalisation à la Demande d'un Tiers) puis hôpital de jour et Hôpital de nuit. Les médecins le mettent à la porte : incurable.
Il se retrouve à la Turbie, la bicyclette pour aller chercher son Rhum jusqu'au jour où une crise de polynévrite l'empêche d'aller chercher son breuvage. Histoire de vétérinaire, il se retrouve, à sa demande, à St Christophe. Son déclic s'est bien passé à jeun encore une fois. Durant la cure il a balisé parce que certains se ré alcoolisaient et dans son groupe ils sont restés deux à se serrer les coudes (ce sont les deux seuls qui ont réussis leur cure et qui sont maintenant heureux sans alcool). Là il trouve une psychologue qui lui propose une association d'anciens buveurs et heureusement car en sortant de cure ses amis de la Turbie veulent arroser sa sortie. Le mardi suivant il était à l'association et malgré tous les problèmes cela fait neuf ans qu'il tient le coup. C'est notre trésorier qui est très près des sous de l'association, il l'était moins quand c'était pour acheter une bouteille de rhum. Mais Basta, il préfère se voir comme ça.
Jean Jacques rappelle qu'en sortant de cure, on a peur, car on a vécu dans un cocon, protégé de toute part avec du personnel toujours à l'écoute, car à la sortie le produit est partout, Claude bis a été pendant un an à éviter le rayon alcool dans les super marchés.
JJ nous rappelle qu'on ne peut pas gérer l'alcool avec l'Espéral. On croit mais c'est une illusion.
Quant à Cédrick, tient, lui aussi a quitté Paris pour se soigner. Il a mis de la distance entre sa famille et lui, son, déclic, également dans une période, pas hors alcool mais alcool à l'étiage donc presqu'à jeun. Arrivé à Nice, vite le CCAA et attente de trois mois pour entrer au Calme pour arrêter alcool et cigarette, bien décidé dans sa tête. Just'avant de rentrer au Calme, à Grasse, à huit heure du matin, au bistrot de la gare : une cigarette et double wisky, puis une autre cigarette et double wisky et une autre cigarette et double Wisky et là il s'est senti prêt pour entrer se faire soigner. En sortant il n'a pas intégré SANSAS tout de suite parce qu'il avait mare d'entendre parler d'alcool, puis six mois après, l'envie, le mal être revenant il a poussé la porte de l'assos et depuis c'est un des plus fidèle.
Christian est parti avant de nous raconter son déclic mais ça viendra, nous avons le temps.
En conclusion, on peut dire que la majorité et même l'unanimité d'entre nous ont pris leur décision non pas quand ils buvaient mais quand ils étaient dans une période de non alcoolisation excessive. Nous ne dirons pas A JEUN, mais dans un état de NON ALCOOLISATION.

 

Rédigé par SANSAS

Publié dans #Abstème

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Commenter cet article
C
Sujet du 09/04/08 "Déclic"<br /> J'espère venir demain. ( à voir en fonction organisation perso avec les filles= En tt cas vaste sujet.La prise de concience est, je crois, au départ dans l'alcoolisatttion au bout d'un moment donné.Trop mal être. Alors? Quand enfin réaliser, dans le sens vouloir le comprendre, agir sur ce mal être pour pouvoir le combattre? Encore aussi une vaste étape. Mais, en état d'alcool voulons nouss vraiment, avons nous la capacité à ce moment là. Et en état de manque c'est à la fois la "cata" et aussi enfin une porte vers une pseudo liberté...Oui il faut y croire. C'est long, très très long, difficile, parfois horrible. Je ne crois pas à grand chose, et cependant l'espoir et l'entraide sont des valeurs de base de beaucoup de croyances{entre autres!!!=.Essayons dans nos échanges, nos mots, nos maux, de trouver la complicité de cette paix, cette entr'aide qui nous relie. Sans"juges". Simplicité. Le déclic peut alors -être trés proche. Avec ou sans *Il faut s'accrocher pour décrocher ce fameux déclic. <br /> Petite parenthèse de ce jour. A +<br /> Chris
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