Permanence du mercredi 16 Avril 2008

Publié le 13 Avril 2008

Sujet  Thèmes du jour :
"La souffrance des autres"

Compte rendu :
Aujourd’hui le sujet prévu a basculé vers la souffrance du malade.

Deux élèves psychologues étaient présentes à cette réunion, pour s’informer. Elles avaient suivi notre intervention à l’université et ont pu nous donner leur éclairage sur la souffrance après nous avoir bien écouté.

B. est arrivée alcoolisé, et à la moitié de la réunion c’est L. qui lui est dans un état épouvantable, alcoolisé, dans le déni et surtout en grave danger qu’il ne perçoit pas du tout. Il fait semblant de ne pas souffrir de son état mais nous voyons sa détresse dans son comportement.

B. a été hors alcool pendant cinq semaines,, elle s’est réalcoolisée une fois et les soucis de la Vie l’ont envahi. Des problèmes dans son commerce, des nouvelles de sa mère, la déception de ses proches ont amplifié sa rechute.

Pour quelqu’un qui n’est pas malade alcoolique il est difficile de se mettre dans la peau des autres.

Elle souffre, alors elle a abandonné tout traitement : Aotal ça ne sert à rien puisque j’ai rechuté, Seresta, j’étais dans le potage toute la journée alors je n’ai plus pris qu’un comprimé pour dormir car mon métier est fatiguant. J’avais rendez-vous chez le médecin et je n’y suis pas allé.

Sa souffrance est visible car elle ne parle que de cela.

Elle sent qu’elle fait souffrir sa famille mais ils n’arrivent pas à comprendre qu’elle ai pu rechuter.

Après la déprime du début, où elle se flagelle, arrive la colère. Ma mère était alcoolique et ses difficultés actuelles me font mal, je souffre. Je ne peux me soigner efficacement parce que si je ne travaille pas, ma famille aura du mal à vivre….

Nous connaissons tous ces comportements qui ne sont que des excuses pour se déculpabiliser de la souffrance qu’elle impose à son entourage. C’est réellement de l’auto flagellation.

Nous lui donnons quelques conseils, à elle de les suivre si c’est SA volonté : le CCAA est une structure qu’elle connaît, Christine y va régulièrement. Elle lui ré explique le fonctionnement. Elle lui explique le travail des psychologues, mais elle se sent mieux avec nous qu’avec les psys. Nos élèves psys lui explique le rôle du psy en général. Elle nous dit qu’elle aura rien à lui dire mais nous sentons bien que sa souffrance n’est pas feinte et qu’elle a un lourd passé qui ne pourra être résolu que par un professionnel.

Christine lui dit qu’elle respecte les autres et donc elle fait. Si elle se force à aller au CCAA c’est positif, donc va dans le sens de SA guérison.

Puis, calmée, B. revient sur sa famille qu’elle encense maintenant : « s’ils n’étaient pas là, je ne sais pas où j’en serais, mais certainement je serais plus mal, je m’alcooliserais beaucoup plus, la famille m’aide beaucoup ». Elle nous dit aussi qu’elle a du mal à gérer sa souffrance car elle a vécu la souffrance de sa mère qui continue à s’alcooliser. C’est une piste qui sera incontournable si elle veut vivre heureuse sans alcool, mais elle a le temps d’y penser et ce n’est certainement pas nous, juste usager pendant un certain temps de cette drogue qui pourront l’aider sur ce terrain. Nous ne sommes pas des thérapeutes.

Nous lui expliquons que cette souffrance ne peut être mise à plat que devant ou avec un psychologue qui lui a les techniques pour mettre à plat ses souffrances et pour qu’elle puisse vivre avec et sans alcool donc sans psychotrope pour la masquer.

Nous ressentons encore une grande réticence vis à vis des psys, car elle pense que c’est à elle à gérer celle ci et que c’est difficile.

Josiane a commencé à voir la souffrance de son fils que quand il est venu vivre chez elle, elle a souffert de le voir dans cet état de dépendance, elle ne connaissait pas la maladie alcoolique et c’est en venant à SANSAS qu’elle a eu la révélation de cette maladie. Elle a compris, mais pas encore avec le recul, les comportements de son fils.

Elle pensait que son fils n’avait aucune volonté, et c’est en venant nous voir qu’elle a compris qu’il était malade. Il est en cure en ce moment et elle ne sait pas encore quel va être son comportement à son retour surtout avec une relation tendue avec son père.

Puis nous abordons en fin de réunion la souffrance des autres.

Jean, après la rechute de Catherine ne savait pas trop quelle attitude adopter et le psychiatre lui a dit qu’il fallait qu’il fasse attention à lui car sa souffrance pourrait être catastrophique pour lui. L’entourage est très important car le conjoint peut être à un moment donné au bout du rouleau.

L’alcool détruit tout, il est insidieux et l’entourage est impuissant devant ce produit dont il ne connaît pas les effets dévastateurs puisque lui n’est pas malade, il pense souvent que le manque de volonté de son conjoint est la cause de son malheur.

Christiane est comme tous les conjoint(e)s, elle est pleine de lassitude.. Elle se rend compte qu’elle n’a pas de prise pour aider alors elle baisse les bras dans sa souffrance en se demandant quand cela cessera-t-il ?. Comme tous elle ne sait pas que l’alcoolisme est une maladie, que ça se soigne et dont on guéri. Alors, comme dirait Abdel : Inch Allah.

La famille encore une fois ne peut pas aider le malade en raison de l’affect qui trompe la réalité des faits : « Claude a eu de la chance de rencontrer les bonnes personnes, au bon moment, mais il a su saisir les mains tendus », ce qui n’est pas toujours le cas des malades.

On connaît le parcours de Jean Jacques qui a vivoté pendant 30 ans avec l’Espéral, avec quelques bonnes périodes. Mais maintenant qu’il est apte à analyser, il ne comprend pas qu’il ait pu utiliser, user et abuser de psychotropes à outrance. Mais maintenant qu’il est heureux sans alcool, il a une phobie de ces psychotropes qui lui ont fait perdre une partie de son existence. Il le dit, le redit et en parle à chaque réunion car il a fait souffrir les autres, il s’est soigné plusieurs fois pour ne pas tout perdre, mais il n’y a que depuis trois ans qu’il se sent serein devant l’alcool. L’associatif l’aidant à maintenir une abstinence heureuse.

En conclusion. Nous n’avons pas abordé le sujet de la souffrance des autres mais pendant deux heures nous n’avons parlé que de ce sujet mais vu par l’autre bout de la lorgnette. L’alcool fait souffrir tout le monde : malade, enfants, parents, conjointes, conjoints, amis et seule la guérison nous permet de passer au dessus de ces souffrances, de les accepter telles qu’elles sont et surtout les remettre à leur VERITABLE niveau.

Rédigé par SANSAS

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article