Permanence du mercredi 21 Mai 2008
Publié le 16 Mai 2008
Sujet Thèmes du jour :
"La reconstruction après une cure"

Compte rendu :
Après sa sortie de cure il y a huit mois, Christine va bien et a retrouvé sa place dans la société sans difficulté. Elle n'a pas suivi de post cure ni de traitement. Elle n'avait pas perdu son travail et comme auxiliaire de vie, même alcoolisée elle était très appréciée. Maintenant elle reprend une vie normale sans alcool, elle sort, au début difficile parce qu'il lui était toujours proposé de boire un verre. Maintenant elle conduit ceux qui ont bu, c'est une motivation supplémentaire. Sa fille la trouvait pesante mais maintenant elle est rassurée. Par contre elle qui était toujours trop au service des autres est devenue un peu égoïste car elle pense à elle.
Gilles sorti de cure depuis trois semaines, revit. Il vient à l'association c'est le passage obligatoire pour se reconstruire. Tout d'abord, il s'est mis à l'informatique et rêve de remplacer Claude bis comme Webmaster du blog. Il est plein de projet : avec l'alcool il avait abandonné la peinture, la musique (nous lui connaissions pas de talents artistiques), il va s'y remettre, il n'a plus assez de temps pour faire tout ce qu'il veut faire. Son avenir est de pouvoir vivre avec sa fille dans un appartement, tous les deux. Pour l'instant il ne voit pas l'intérêt de fréquenter un psy, mais ne se l'interdit pas s'il sent que sa souffrance revienne à la surface. Il lui semble avoir fait une cure jusqu'au bout. Il nous dit qu'il avait, durant son alcoolisation, beaucoup travaillé sur lui-même et qu'en cure, les portes déjà entrouvertes ont pu l'être entièrement, il a même pu en ouvrir d'autres dont il ne pensait pas qu'elles pourraient être essentielles pour sa reconstruction.
A.M. très causante dès que son compagnon (qui est toujours dans le jugement) n'est pas présent, a fait une cure il y a trois ans, et après deux réunions avec nous elle se décide à repartir en cure. Encore une artiste, elle aime le théâtre où elle fait avec d'autres de l'improvisation avec et la danse, mais son compagnon ne la suit pas sur ce terrain, nous lui souhaitons qu'après sa cure elle aura la responsabilité de faire ce qu'elle a envie afin de se reconstruire sans une baguette derrière elle. Après sa première cure elle n'a pas pu ou pas voulu rejoindre l'association, nous lui conseillons de venir nous voir régulièrement d'ici deux mois. Pour l'instant elle est décidée, mais nous sentons son désir parce que maintenant elle suit un programme de cassette dans un CCAA.
Claude après plus de vingt ans d'alcoolisation, une crise de delirium tremens, a rejoint dès sa sortie un MaB, a été suivi pendant 18 mois par un médecin psychiatre, un médecin généraliste. A sa sortie de l'hôpital il ne savait pas quoi faire pour occuper les moments de boire et déboire, finalement une maquette a comblé ces temps de libre avant d'enfin se réouvrir sur l'extérieur par le sport, l'associatif, le syndicalisme, la politique avant de prendre des responsabilités dans son MaB. Le travail a été dur parce qu'il n'a pas retrouvé une place qui lui convenait dans une grande usine sidérurgique où pourtant il y avait de quoi lui trouver un boulot sympa. Ah les chefaillons, ils ne savent pas qu'ils peuvent faire de gros dégâts dans les esprits des travailleurs.
Arrive alors deux nouveaux, sous emprise alcoolique, plus ou moins légère. Ils troublent un peu le rythme de la discussion mais ont quand même des raisonnements plus ou moins sensés.
James a fait un cure à Illiers Combray, il est resté 3 ans ½ abstinent, vivant dans les vosges, décès d'un enfant divorce, retour à ses origines, Nice, rechute ou il touche le fond. A 33 ans, il se trouve trop jeune pour être abstinent toute sa vie. Mais son débit de parole, nous montre bien qu'il n'est pas bien dans sa peau.
Karim : 28 ans, la galère avec toutes les drogues, depuis trois ans a arrêté l'héroïne et la Cocaïne mais l'alcool a pris le relais. Il a le même raisonnement. A 28 ans il n'est pas envisageable de vivre une vie sans alcool. Le Psychologue le met dans des conditions de diminution de son alcoolisation, il est vrai que ce n'est pas notre philosophie, mais nous devons nous adapter à ce discours qui de plus en plus est employé chez les jeunes consommateurs dépendants.
Jean Jaques qui arrivent témoigne de ses 30 ans d'alcoolisation, depuis l'age de vingt ans, une cure à 20 ans, et ensuite quelques périodes d'abstinences, d'autres d'alcoolisation massive, des longues périodes de gestion de son alcoolisation avec l'Espéral et la rechute. Enfin, une cure il y a trois ans, la rencontre avec l'association, un suivi léger avec un psychiatre et maintenant il lui semble avoir retrouvé la route qu'il n'aurait jamais dû quitter mais la Vie en aurait jugé autrement. L'association est le lieu qui lui permet le mieux de se reconstruire.
Pierre après un passage à l'hôpital où il a vu « Gastro Entero Alcoolo », s'est arrêté après 40 ans d'alcoolisation (personne ne lui avait dit qu'il était alcoolo), a suivi son alcoologue chaque semaine pendant quelques mois, après le retour de ses enfants, de ses petits enfants font qu'il s'est reconstruit petit a petit et est venu rejoindre l'association qui parfait sa reconstruction.
Malheureusement il est atteint de polynévrite aiguë, il ne sent plus ses jambes.
Du coup Karim, se pose des questions et ne peut pas arriver à croire que l'alcoolisme peut amener à cette maladie des nerfs, il pose des tas de questions qui ne l'avaient même pas effleurées. Il se demande pourquoi aucun médecin ne lui a parlé des dégâts physiques qu'entraîne la consommation d'alcool.
Malgré l'arrivée de 2 nouveaux, cette réunion a été très constructive pour que chacun se souvienne que la reconstruction se fait jour après jour et pour chacun de façon différente.
/image%2F1565259%2F20220408%2Fob_d9a052_logo-sansas-color-n-4.bmp)