Permanence du mercredi 04 Juin 2008
Publié le 31 Mai 2008
Sujet Thèmes du jour :
"Les prétextes pour ne pas se soigner"

Compte rendu :
Une petite discussion s'engage sur la prévention chez les jeunes, suite à une émission radio ce matin.
Nous sommes tous en colère car nous avons l'impression que l'on découvre l'alcoolisation chez les jeunes depuis quelques jours seulement. En plus notre NON AGREEMENT par le rectorat pour intervenir en milieu scolaire nous met dans tous nos états. Les politiques veulent interdire la vente d'alcool aux mineurs !!!N'est-ce pas déjà dans la loi ? Les alcooliers en prennent plein les dents mais que pouvons nous faire....à notre niveau : une journée de publicité d'alcool est le budget d'un an de la prévention en France.
Puis Abdel prend la parole sur le sujet proposé
Je n'arrive pas à rouler sans carburant, il me faut donc deux où trois bières pour démarrer la journée alors comment voulez vous que je fasse une démarche pour me soigner.
Ensuite le médecin du CCAA a changé, je connaissais bien la précédente et maintenant la nouvelle ne me connaît pas alors c'est repartir à zéro et j'en ai marre.
Si je décide de pas aller à Leclerc le matin pour chercher la bière, à deux heures je ne tiens plus alors il faut que j'y aille.
Maintenant je suis trop fatigué pour aller en ville pour faire des soins, alors j'attends.
Gilles lui propose de faire les démarches de soins durant son Carême, car à cette période il ne boit pas, alors il n'a pas envie de se soigner puisqu'il va bien. C'est un cercle vicieux.
Il nous dit qu'il a le diable dans la tête. Il est conscient de sa maladie mais ne comprend pas que lui rechute et que les autres tiennent le coup.
Il craint Dieu et à la fin du carême, il oublie.
D'après lui son destin était inscrit dans ses gènes dès sa naissance, donc il ne peut rien faire. Il pense que l'alcool qui le détruit est une fatalité.
Il nous dit qu'aujourd'hui ce n'est pas lui qui a parlé mais les bières qu'il a ingurgitées. Il ne comprend pas ce qui se passe dans sa tête.
Gilles lui qui ne parlait pas avant de se faire soigner est loquace à n'en plus finir.
Il remettait toujours au lendemain les décisions de se soigner. Un jour il s'est décidé : un sevrage obligé à Gorbio suite à une fracture du pied, six mois d'abstinence et plouff la rechute, c'est là que la décision est prise d'aller au CALME. Ce qui l'a incité c'est qu'en venant à SANSAS, il n'a jamais été jugé, il nous a étudié et nous a compris. Son soutien majeur, J.J. ne l'a jamais jugé mais l'a toujours conseillé. Pourtant il y a eu des tentatives St LUC où il a tenu son abstinence pendant 2 ans, ST Christophe : 3 heures et St François 10 mn.
Il pense que ces cliniques n'étaient pas faites pour soigner l'alcoolisme mais il ne comprend toujours pas qu'après St LUC il soit resté 2 ans sans alcool.
Quant au CALME, il s'est investit dans cette structure de soin, il a eu vraiment envie de revivre et de renaître. Il retrouve ses passions, il n'arrivait pas à remettre en route tous ses hobbies, maintenant c'est reparti, il retrouve sa façon de vivre qui lui plait. Artiste il était, Artiste il redevient
Claude malgré une biopsie qui lui donnait : foie pré cirrhotique, n'a pas eu d'explication par le médecin alors avec son foie qui n'était pas cirrhotique, il pouvait continuer à boire. Maintenant, il se pose la question de savoir est-ce que le médecin lui en a parlé ou c'est lui qui n'a pas entendu : il penche pour la première solution parce qu'ayant rencontré le médecin quelques années plus tard, il lui a posé la question et sa réponse a été : je pense que vous n'étiez pas prêt à entendre le message que je voulais vous faire passer (Hypocrite va).
Nous mettons en cause la probité des médecins qui n'osent pas ou n'ont pas le temps de s'occuper d'un malade encombrant comme l'alcoolique (mais n'a-t-il pas fait le serment d'Hippocrate ?)
Christine à changé de médecin traitant, elle lui a parlé ouvertement de son alcoolisme, il a très bien compris et fait tout pour l'amener aux soins, il faut dire qu'elle se soigne. C'est sa demande à elle qu'il a prise en compte.
Christine se donne des excuses pour ne pas se soigner comme elle voudrait, elle a deux enfants de 9 et 10 ans et elle craint pour elles. Et pourtant ce sont ses enfants qui l'encouragent mais elle reste quand même réticente...Elle se rend compte de plus en plus qu'elle met en danger son entourage et qu'elle doit faire des efforts pour arriver à vivre sereinement sans alcool.
Dès que l'on devient conscient que l'on est malade alcoolique, de toute façon on se sauvera car on saura s'en sortir. Pendant des années on se dit qu'on est alcoolo mais surtout pas comme les autres : l'alcoolo du coin de la rue. Moi je peux maîtriser, je ne culpabilise pas parce que je sais que je me maîtriserai, c'est tout ce cheminement qui nous empêche de nous soigner. La honte de reconnaître ses faiblesses, on se renferme sur soi.
J'ai le temps
J'en suis pas à ce stade
Demain on verra
Je me dégoûte alors j'agis.......mais au bout de combien d'années.
Gilles J'ai rencontré un médecin en rééducation qui m'a parlé d'alcool, Les mots qu'elle a utilisées m'ont permis de reprendre conscience et espoir, il n'est donc pas nécessaire d'être un spécialiste pour aider les autres. Les généralistes ne m'ont pas donné de pistes ou je ne les ai pas prises, pas prêt à entendre, pas envie de faire. Le problème alcool ne se résout pas par un sevrage, au CALME j'ai appris beaucoup plus que l'alcoolisme, la rencontre avec l'Autre. J'ai appris que l'expérience bonne ou mauvaise pouvait toujours être transformée dans le POSITIF. Au début, durant les 3 premières séances dans la bulle, j'ai surtout écouté les autres, ça a été très utile car cela m'a permis de ne pas me disperser. Il faut tomber au bon moment pour pouvoir et cela peut servir aux autres.
A.M. Quand on sort du CALME on ne voit plus son compagnon de la même façon et comme il n'a pas changé et n'a pas fait l'effort de me comprendre, elle s'est laissée aller parce qu'elle ne voyait pas l'intérêt de se battre pour l'autre qui n'y comprenait rien. C'est le couple qui doit faire l'effort, la personne qui vous abaisse fait reculer celui qui veut aller de l'avant et un jour : « a quoi bon, après tout achetons une bouteille ».
Sachant qu'il ne veut pas me laisser ma liberté, je n'avais plus envie de recommencer et puis la rencontre avec une Amie, j'ai retrouvé SANSAS et l'espoir de faire quelque chose. Dans deux semaines je suis à nouveau en cure. J'ai la volonté de faire puisqu'en cinq jours tous mes papiers étaient faits.
Nous connaissons son compagnon et savons qu'il y aura beaucoup de problèmes à la sortie parce qu'il est probablement malade lui aussi (mais pas de l'alcool), il parle beaucoup, il met sa compagne sous l'éteignoir et parle beaucoup, surtout de lui.
Marie que nous avons vu déjà il y a quelques dizaines de jours n'avance pas beaucoup, elle est suivie par un CSST, mais ne parle pas d'avenir mais des relations malsaines qu'elle côtoie avec un compagnon.
Ses excuses pour ne pas se soigner
Si je part mon compagnon va squatter mon appartement
Vivre dans la peur
Problèmes administratifs
Temps perdu à faire autre chose
Demande de CHRS
La rechute la terrorise mais....
Elle s'autorise à boire, en cachette tous les soirs, sa grande bouteille de bière.
Sujet intéressant parce que tous ont participés.
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