Permanence du mercredi 18 Juin 2008
Publié le 14 Juin 2008
Sujet Thèmes du jour :
"Les dépressions, avant, pendant et après la maladie."
Compte rendu :
Djamel après six mois d'absence où il était venu cherché un passeport pour aller en cure nous revient très alcoolisé et nous raconte sa cure et sa rechute deux jours après sa sortie. Ce n'est pas de sa faute parce qu'il était dans un groupe mauvais avec 4 départs durant son séjour pour cause de sexe !!!(Difficile de le croire).
Pierre explique que si Djamel vient nous voir c'est parce que ici il peut parler, mais, à son téléphone qui sonne, il répond avec agressivité « oui, j'y suis et fout moi la paix ». Etait-il volontaire pour venir ?
Il explique qu'au CALME il y a du personnel compétent, intelligent mais il faut bien tomber. Il faut savoir s'aider soi-même Il faut savoir si l'on fait le travail pour les autres ou pour soi. Autrement on rate sa cure.
Kikoo : Il faut y aller pour soi, il a eu du mal parce que pendant trois jours, en bulle, il a pleuré.
Puis nous passons au thème du jour.
Cédrick était certainement dépressif avant de rentrer en cure, sa dépression s'est terminée durant sa cure. Mais depuis trois ans et demi, il a des hauts et des bas. Il s'était renfermé sur lui, et probablement ce sont des restants du mal être qu'il a ressenti jeune au Gabon, mais c'est probablement dans l'inconscient que cela se passe.
Marie est plutôt en déprime qu'en dépression, sa définition de la dépression est de ne plus avoir envie de vivre. Son médecin, quand elle était en clinique psychiatrique à la Costière lui a posé la question : « pourquoi ne pas m'avoir dit que vous buviez »
J'ai fait une cure à St Christophe et j'ai tenu quatre ans, j'ai fait ensuite une cure aux Bruyères et j'ai tenu cinq ans. Actuellement elle dit qu'elle n'est plus dépressive, mais il faudrait que je sois entourée, je vais à Emergence, j'y rencontre Olivier mais je ne veux pas voir le psychologue parce que c'est un homme. Je pourrais plus facilement m'exprimer avec une femme. Excuses pour ne pas faire de demande de cure, parce qu'elle n'a pas de médecin référent dit-elle.
Abdel. Nous revient, abîmé par six mois d'alcoolisation massive, mais depuis une semaine, il s'est arrêté, il s'aperçoit qu'il n'a plus mal au ventre et que finalement c'est pas si mal d'être abstinent. Pourquoi il s'est arrêté ? : « la semaine dernière j'allais chercher mon pétrole à huit heures du soir et le vigile m'a interdit d'entrer chez Leclerc parce qu'il était trop tard, alors j'ai vu que c'était un signe d'Allah, il voulait plus que je boive alors comme pour le carême, je me suis arrêté ». Il n'est pas encore bien mais il sent qu'il va vers le mieux-être, il reprend le tramway, va voir ses parents, il n'a plus peur de l'extérieur, je guéris et veux voir toutes les personnes qui peuvent m'aider. C'est pas la première fois qu'il s'arrête mais il pense, positivement que c'est la dernière parce qu'il n'y aura plus de rechute.
Catherine pendant son alcoolisation après la rechute dont elle ne connaît pas les raisons si ce n'est que sa cure aux Bruyères était plus ou moins forcée. Entre 2000 et 2002, elle n'a pas vu le jour et était en dépression extrême, son mari ne peut en parler parce que ça lui fait encore mal de se rappeler. Elle ne ressentait plus rien, plus envie de vivre, la seule façon de s'en sortir était de mourir. La rencontre de sa psychiatre qui lui a proposé une nouvelle thérapie en hôpital de jour a été son sauvetage. Un an et demi plus tard, elle ne se sentait plus déprimée et avait une envie de vivre, maintenant avec ses enfants et petits enfants elle voudrait que le temps soit extensible pour pouvoir le vivre plus profondément.
Durant ces deux années noires Catherine avait la volonté de mourir et fortement alcoolisée, je me suis défénestrée.
Abdel n'a pas envie de mourir mais de vivre pour pouvoir devenir grand père un jour ou l'autre (le vieux de 45 balais)
Jean mari de Catherine nous dit qu'il ne pouvait faire que de la présence auprès d'elle, mais il ne pouvait rien faire d'autre. Il a vu le médecin et c'est lui qui déprimait et le médecin lui a dit qu'il fallait qu ‘il se sauve lui. Il subissait en espérant. Son Psy lui a dit qu'il fallait qu'il sauve sa peau.
J.J. ne croyait plus en la guérison, finalement sa femme qu'il adorait en le quittant, lui a sauvé la mise. Il n'y a que nous qui pouvons nous en sortir, elle a baissé les bras au bout de dix ans, c'est ce qui m'a aidé à prendre conscience.
J'ai toujours bu (première cure à 20 ans) pour calmer un mal de vivre terrible. Mes Amours m'ont quittées dans une grande détresse pour moi., j'étais déprimé mais je ne savais pourquoi, je ne savais pas pourquoi je n'étais pas bien, car on se trouve des tas de raisons les unes plus farfelues que les autres.
Maintenant je zappe les problèmes, d'où la nécessité de ne plus prendre d'anti dépresseurs. IL faut savoir répondre à la déprime, j'arrive maintenant à me raisonner et il faut surtout trouver les parades : la Soma en étant une. C'est un outil merveilleux qui me permet de relativiser les problèmes, je peux me remettre en question. Le CALME m'a donné une boite à outil, à moi à l'utiliser à bon escient. L'arrêt total des anti dépresseurs qu'il prenait par poignée a été vraiment salutaire, depuis il les exècre et ne s'en porte que mieux, c'est bien simple, il en parle à toutes les réunions qu'il ne manquerait sous aucun prétexte (même un quart d'heure, s'il ne peut faire autrement).
J.J. était fragilisé par les tranquillisants et autres psychotropes qui ne lui servaient à rien, c'est au CALME où tout le monde est traité à la même enseigne qu'il a compris que l'arrêt de ces saloperies lui serait salutaire. Il les a arrêtés sans difficulté, ce qui est le cas de la majorité des curistes.
James est d'accord avec J.J., il a fait confiance aux médecins, mais quand il s'est retrouvé en prison, il a subit les psychiatres qui l'ont ré intoxiqué. Il a été pendant six mois sous anti dépresseurs. Ce qui m'a sauvé c'est le dialogue interne avec ma fille décédée. Il a diminué de lui même les doses de psychotropes qu'on lui infligeait.
Jos. Mère de Gilles, s'est aperçue de sa dépression après sa rechute du début d'année. Après sa sortie de Gorbio, j'ai ressenti intensément son mal-être. Je ne l'avais jamais vu comme cela (il faut dire qu'il habitait loin), je ne supportais plus de le voir comme cela, dans une détresse extrême. J'avoue que j'ai baissé les bras et que j'ai abandonné la lutte, il me semblait si bien en sortant de Gorbio, ce que contredit Gilles, car il sentait cette dépression envahissante, et si j'ai rechuté là, c'est parce que je n'étais pas bien, j'ai fui et je me suis fait rattraper par l'alcool. Il pense qu'il est important (à qui le dit-il) de rencontrer après l'arrêt de l'alcool d'anciens malades qui boostent les nouveaux venus.
James pense que la dépression et l'alcool sont des maladies qui se mordent la queue. Ma mère m'a lâché à cause de l'alcool parce que je continuais à boire, j'ai fait que du mal autour de moi. Paroles terribles de James : « on récolte ce que l'on a semé », il le dit sans animosité mais il a toute sa famille dans la région et tous lui ont tournés le dos. Après sa première cure, ma femme et ma mère sont revenues mais à la rechute tout le monde m'a tourné le dos.
Abdel nous dit que sa Mère ne l'a jamais abandonné et a même fait des actions inimaginables pour une femme musulmane pratiquante. Elle veut que j'arrête et elle sait que quand je suis abstinent je suis un fils modèle et que je suis bien dans ma peau.
Gilles clos la réunion par cette phrase « l'alcoolisme est un cercle vicieux, et on ne fait que tourner en rond à l'intérieur ».
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