Permanence du mercredi 25 Juin 2008
Publié le 21 Juin 2008
Sujet Thèmes du jour :
"Qu'avez vous changé comme habitudes après l'arrêt de l'alcool..?"
Compte rendu :
Peu de monde à cette réunion, ça sent l'été, mais une réunion d'une très grande tenue.
J. qui ne peut venir
M. qui attend une cure et viendra nous voir après.
Jean et Catherine qui ne peuvent venir (grands parents obligent).
Gilles et sa Maman déjà dans les montagnes (il ne fait pourtant pas si chaud à Nice en cette fin juin).
Mais la présence est de qualité et Abdel est là pour nous réconforter de son arrêt, espérons définitif, de l'alcool. Cette fois ci il a morflé.
Claude bis après l'alcool, jamais il n'aurait pensé qu'il deviendrait un semi pro en informatique. Il a acheté un ordinateur à quatre sous pour débuter et en bricolant il en a fait une Mercedes., en plus il est devenu le Web master du blog, nous donne les statistiques de fréquentation tous les mois au C.A. (actuellement 850 personnes différentes sont venus nous visiter (c'est inespéré).
Christiane une conjointe parle aussi de sa sortie de l'alcool de son mari. Il a fallu que je change mes habitudes et puisque son mari ne buvait plus, par Amour, elle a arrêt é aussi l'alcool. Il a fallu qu'elle apprenne à faire la cuisine sans alcool. Elle a fait rase du passé et n'a jamais évoqué sa souffrance du passé, elle est restée dans le positif de l'arrêt d'alcool de son mari. Elle était gênée par les personnes qui encourageaient son mari à reboire un coup mais, par son tact, elle a toujours évité l'esclandre. Sa sœur a eu des problèmes d'alcool durant une période de sa vie, elle n'est pas intervenue pour ne pas se faire répondre « de quoi tu te mêles » mais elle lui a fait une lettre où les sous entendus ont été compris. De la délicatesse.
Claude bis revient sur son parcours. Il a complètement changé sa façon de travailler, il n'allait plus au bar pendant quelques temps mais au bout d'un an, il a fait une apparition dans son bar préféré et la serveuse s'est précipitée sur le demi avant qu'il ne commande un café et puisse lui expliquer. Avant l'arrêt, le bar me servait à draguer, maintenant il n'a plus besoin de cela. De toute façon, je m'en aperçois maintenant, tous les piliers de bistrots, dont je faisais parti, racontent des bobards à longueur de soirée et maintenant ils le gonflent. « Quand je pense maintenant que je faisais parti de cette bande de zouave. »
Maintenant je me suis stabilisé, j'ai trouvé une femme.
Claude nous reparle de son ordi, c'est sa façon de vivre pleinement sa guérison, P. déteste l'ordi et J.J. trouve cet engin merveilleux pour l'évasion que cela lui apporte, mais son frère jumeau, encore sous l'alcool, lui, déteste cet outil.
Après l'arrêt de l'alcool, l'ordi lui a permis, à travers MSN de faire des rencontres extraordinaires et même de draguer, « Je n'aurais jamais pu faire ces rencontres sous emprise alcoolique. Il se sent authentique à jeun devant son ordinateur et en plus il n'y a que l'échange et pas d'engagement personnel vis à vis de l'autre ». Il vibre en nous racontant ces rencontres qu'il qualifie d'extraordinaire. Maintenant, il adore voir les autres vivres, son plaisir c'est d'être à la terrasse d'un café et de regarder les gens passer. D'imaginer.
Il a peu fréquenté les bars durant son alcoolisation, mais il adore danser et avec sa compagne, il fréquente plutôt les salons de thé. Il pense qu'en fréquentant les bars, un jour il se trouverait sans le vouloir avec un verre à la main.
Je ne passe pas dans les rayons alcool des super marchés car, pour moi, ces produits sont des poisons avec une tête de mort dessinée dessus. Alors pas vu, pas touché. Il a un discours très véhément contre le vin et surtout contre les consommateurs et nous dit que sur dix consommateurs, 8 ne sont pas capables, avec un bandeau sur les yeux, de reconnaître un vin rosé d'un vin rouge. Le discours que l'on entend sur le vin est complètement décalé par rapport à la réalité du consommateur. A part quelques œnologues avertis.
Claude raconte l'histoire d'un représentant en whisky voisin de chez ses parents qui leur rendant visite , ses parents lui ont offert un whisky (acheté dans un super marché à prix moyen, et transvasé dans une bouteille de grand cru, ) comme connaisseur en alcool, il a trouvé ce produit d'une grande saveur. A faire rire tous les représentants en alcool qui sont pareils. A part le pastis qui change de couleur, les autres se font piéger.
Le lien avec la famille revient sur l'assemblée par l'intermédiaire de Chantal, elle, pense que pour les personnes non encore dépendantes (c'est à dire buveurs excessifs) ils peuvent arrêter l'alcool mais comme il y a souffrance, ces personnes trouveront un autre produit ou une autre forme de dépendance, car le problème de l'alcoolique est beaucoup plus profond que la dépendance physique que l'on a trop tendance à mettre en avant plutôt que la souffrance du malade.
Chantal qui n'a pas été alcoolique, peut entendre notre souffrance parce qu'elle a un lien étroit avec SANSAS depuis plusieurs années. Par contre Jean Jacques nous dit que son père ne peut pas arriver à comprendre, il a procréé des jumeaux et les deux sont tombés dans l'alcool et actuellement seul J.J. a mis 40 ans pour comprendre et arrêter sa conso. Ses parents souffrent mais n'arrivent et ne peuvent intervenir, c'est les plus mal placés pour aider car il reste cet affect qui brouille toutes les cartes.
Il y a six mois Cédrick nous affirmait que son père était malade alcoolique, depuis il a changé et nous dit que son père est probablement un buveur excessif, il se croit dans la normalité mais, par son comportement, maintenant Cédrick qui connaît bien les manières de se comporter, pense que son père ne peut pas s'avouer comme malade mais il lui dit quand même : « toi tu es plus fort que moi ». Il pense qu'inconsciemment il sait qu'il est malade et que pour arrêter l'alcool c'est l'inconscient qui donne la conscience au malade. Phrase très forte.
Pour Abdel, qui voulait absolument parler, il nous dit que il a changé ses habitudes. D'abord, la bière lui coûtait 9€60 par jour, maintenant il ne boit plus depuis quinze jours, L'habitude c'est comme un oiseau sans aile, maintenant il est un oiseau avec des ailes, et il se promène partout dans Nice. Il a changé plusieurs fois de boissons dans son existence. D'abord c'était le rosé, ensuite le Pastis, après il vient de terminer par la bière et maintenant c'est de l'eau.
Il prenait 7 litres de liquide par jour, il ne mangeait plus et pourtant il a pris 7 kgs.
Cédrick nous donne son parcours de la fin de son alcoolisation
« Tout d'abord j'ai changé de lieu, dans l'intention de me soigner, J'ai quitté Paris, les parents, les amis le travail, j'ai décidé de changer de Vie pour m'en sortir, plus de fête avec la famille, plus de boîtes de nuit, arrêt des restaurants où souvent les apéros étaient beaucoup trop long et trop court pour moi. En déménageant, en trois jours j'avais un appartement. J'avais l'adresse du CCAA, j'y suis allé ensuite j'ai attendu pendant 2 mois l'entrée au centre de cure. Il fallait que je m'y prépare.
Ensuite, j'ai évité les lieux où je pouvais re-consommer : pas de fête de la musique par exemple, j'ai repris des activités de sports et de loisirs que j'avais abandonné depuis quelques années, j'en ai trouvé d'autres car il faut remplacer le temps de boire et déboire, il faut changer sa manière de vivre. Changement dans l'alimentation : avant c'était du rapide, micro onde, avalé c'est fini. Maintenant je cuisine à nouveau, déguster, saliver, apprécier. Je renaît ».
Malheureusement, il regrette parfois le délire de l'alcoolisation d'un soir, le lâcher prise qui lui permettait de se lâcher, il lui manque, ce qu'il appelle le bonheur alors que nous le voyons heureux. Probablement la bouteille n'a pas finie d'être cassée dans sa tête.
Il termine en nous disant que l'alcool est la dernière et la plus dure des drogues. Toutes les autres, on arrive à s'en passer, peut-être pas aisément, mais la dernière qui reste c'est l'alcool, pas chère, en vente libre, que l'on trouve à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit.
Mais c'est la seule qui envahi tout le cerveau, qui n'a pas de substitution et que nous, ne savons plus utiliser.
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