Permanence du mercredi 15 Octobre 2008
Publié le 11 Octobre 2008
Sujet Thèmes du jour :
"Comment vivons nous notre alcoolisme vis-à-vis de nos proches ?"
Compte rendu
Il y a beaucoup de personnes pour cette réunion et faisons un petit tour de table pour que chacun s'y retrouve. Nous sommes vingt six (record de participation battu). Plusieurs personnes sont alcoolisées mais ne perturberons pas la réunion, mais nous les laissons s'exprimer quelques instants, Djamel est avec son épouse, il pense refaire une cure après deux échecs consécutifs, est-il prêt ?, nous allons voir l'évolution dans sa participation. Jeremy, veut aussi refaire une cure, il est suivi dans un CSST et nous installerons des objectifs plus tard en accord avec le CSST. K. n'a pas eu beaucoup de temps pour s'exprimer. Bridget est toujours au même point, un pas en avant, maintenant ce n'est plus qu'un pas en arrière, elle a du mal à admettre sa maladie et espère s'en sortir seule, nous savons et lui répétons qu'elle n'y arrivera pas seule, pour l'instant elle a tout en main pour se décider, mais quand le fera-t-elle ?
Sophie et Rachel sont excusées parce que circulation impossible sur l'A8.
Puis nous laissons Bridget entamer la discussion puisque c'est elle qui a proposé le sujet du jour. Suite à une réalcoolisation, elle a une très grande souffrance, sa famille lui en veut alors elle travestit de temps en temps la vérité sur sa consommation, c'est dur pour elle car ses enfants ne lui font plus confiance du tout et lui reprochent cette réalcoolisation. Elle essaye de se modérer mais, crois qu'elle y arrive, mais sait très bien au fond d'elle-même qu'elle s'enfonce. Elle gère de moins en moins, s'en veut et reporte sur ses enfants cette animosité qu'elle a en elle. Elle n'est pas prête pour rencontrer une personne autre que les membres de l'association pour raconter son histoire, nous lui expliquons que nous ne sommes pas médecin et que la maladie, même alcoolique, se soigne avec les médecins, spécialistes de préférence et des psychologues dont elle ne veut surtout pas entendre parler.
Catherine lui dit qu'elle était dans le même cas qu'elle mais qu'elle avait honte et qu'elle culpabilisait beaucoup, Bridget en est aussi à ce stade. Mais Catherine s'est fait soigner, par des médecins, des psychologues et des psychiatres.
De même que Djamel, il n'a jamais mis les pieds dans un bar, il s'est toujours alcoolisé en cachette et demande souvent à son épouse d'aller lui chercher à boire. Elle nous demande qu'elle réponse elle doit lui donner, elle se demande si d'aller lui chercher à boire est une solution car Djamel est violent (heureusement qu'en parole), nous lui conseillons de ne pas répondre à son souhait mais, que s'il veut s'alcooliser c'est lui seul qui en prend la responsabilité.
J.J. s'est toujours caché pour boire, il changeait de quartier pour s'alcooliser sans que cela se sache dans son entourage, après sa dernière cure, ses arrêts avec espéral, ses séparations, même une de ses femmes est venue lui faire signer les papiers du divorce pendant une de ses cures. Maintenant il a changé de ville après plusieurs bagarres et pour lui maintenant il se dit sorti victorieux mais qu'est ce qu'il en a voulu à son entourage qui le mettait plus bas que terre. Mais maintenant il comprend leur comportement.
Bridget réitère son angoisse car elle se sent coupable devant ses enfants, mais a du mal à comprendre leur comportement. Elle se rend bien compte qu'elle les fait souffrir mais elle souhaiterait plus d'empathie de la part de ses enfants. Son entourage l'étouffe, ils ne comprennent pas qu'elle souffre car ils ne connaissent pas la maladie alcoolique. Nous essayons de lui faire comprendre qu'il faut qu'elle soit volontaire et même Hyper volontaire pour faire les démarches vers la guérison.
Bridget pense gérer son alcoolisation mais elle sait pertinemment au fond d'elle-même que ce n'est qu'une illusion car quand elle s'est trop alcoolisée un jour, ça se voit sur sa figure et maintenant elle fait de temps en temps un break d'une journée pour se remettre d'aplomb et c'est reparti le lendemain. J. J. lui rétorque que, l'on soit salarié ou patron, un jour ou l'autre il faudra payer l'addition. Il faut connaître sa souffrance, non pas celle qu'on croit, mais la réelle dont seul un psychologue peut arriver à faire toucher du doigt. Car la connaissant, on n'enlève pas cette souffrance mais on peut arriver à vivre avec sans devoir l'anesthésier avec un produit quel qu'il soit.
Djamel a connu l'alcoolisme festif car pendant quelques années il a été DJ dans une boite de nuit, mais depuis qu'il s'alcoolise beaucoup, il insulte sa femme, elle croit qu'elle a compris l'alcoolisme et essaye, dans la mesure du possible, de ne pas lui faire de reproches, de ne pas envenimer les discussions, mais elle pense qu'actuellement Djamel n'est toujours pas prêt et que ce qu'il fait actuellement c'est pour faire plaisir à l'entourage. Ca va être dur de le mettre dans une position d'acceptation de sa maladie et du bien fondé, alors d'une cure de désintoxication. Le dernière il s'est réalcoolisé après trois jours de cure et a voulu nous embarquer dans des explications vaseuses, dont nous avons vite démonté son mécanisme.
Gilles depuis sa rechute des vacances passées, sait qu'il fait du mal à ses parents, mais il n'arrive pas à reprendre la motivation pour se soigner sans que quelqu'un lui tende la main, et pourtant il faudra bien qu'il prenne ses responsabilités et évitera peut-être de nous prendre pour des naïfs. La panne de tramway ne peut pas marcher tous les jours. Malheureusement nous explique J.J. qui le connaît depuis des dizaines d'années, Gilles trouve toujours une âme charitable qui fait pour lui.
Discussion sur la différence entre psychologue et psychiatre : le psychologue n'est pas médecin mais il a cinq ans de formation à l'écoute, le psychiatre est médecin mais ne vous écoutera pas de ma même manière. Que Gilles aille voir un psychiatre et un psychologue (quand il veut bien aller à son rendez-vous) l'effort à fournir sera fondamental, finalement on en sort grandi. Il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas que le plaisir dans la vie, on peut faire du bénévolat, car on perd vite la notion de faire quelque chose, on n'est plus habitué et c'est pourquoi la pente est si longue à remonter. C'est en faisant des efforts que l'on retrouve l'estime de soi nous dit Jacqueline. De toute façon, il faut repartir dans une activité.
Cédrick se sentait très coupable vis-à-vis de sa famille de ne pas avoir respecté ses engagements, mais il lui a fallu fuir sa ville, s'éloigner de son entourage et prendre des résolutions dures mais efficaces, sa fierté vient des paroles de son père qui lui a dit un jour « tu es plus fort que moi ». Maintenant, il ne pense pas qu'il rechutera parce que l'alcool lui est devenu étranger. Pas d'envie, pas de regrets, il vit avec mais avec indifférence.
DG s'est senti le plus fort du monde, rien ne pouvait lui résister, mais maintenant après avoir écouté Gilles, il se sent très proche de son comportement. Vivre ce n'est pas se battre mais c'est de gérer ses émotions, mais il n'arrive pas à nous parler de son ressenti vis-à-vis de son épouse présente à la réunion. La seule chose qu'il nous dit c'est qu'il faut gérer ses émotions mais c'est ce qu'il n'arrive pas à faire. Sa violence, l'handicape beaucoup parce qu'à ce moment là il n'y a plus d'émotions mais que de l'instinct ou de la pulsion (seul son cerveau reptilien est en fonctionnement). C'est simple, nous dit-il, il faudra remettre les pendules à l'heure, chercher son bonheur et sa chance. Depuis deux semaines, d'où il est ressorti d'un sevrage où il s'est réalcoolisé immédiatement, il ressasse son passé.
Cedrick lui explique qu'il ne peut pas faire changer les gens, c'est à toi de changer d'abord en te sortant de l'alcool, pour que les autres, voyant ton nouveau comportement, changent à leur tour. Quand tu te soignes il ne faut surtout pas attendre quelque chose des autres. Il est impératif que ce soit pour toi que tu t'arrêtes et non pour le chien de la voisine, l'abruti du dessus, ta femme, ton frère ou le policier du coin qui te lorgne à chacun de tes retours.
Jeremy apprend dans la galère et il nous révèle que c'est à nous d'avoir la patience des autres
Quant à Martine elle termine la réunion en nous disant qu'il n'y a pas beaucoup d'Amour autour d'elle et surtout dans sa famille mais qu'elle veut être respectée que pour elle-même et nous dit qu'elle aime d'autant plus ceux et celles qui l'aiment. Beau message d'Amour en conclusion.
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