Permanence du mercredi 29 Octobre 2008
Publié le 25 Octobre 2008
Sujet Thèmes du jour :
"Comment s’est-on rendu compte qu’on était devenu alcoolique ?"
Compte rendu
Nous revenons comme à chaque début de réunion sur les soucis ou les joies des uns et des autres.
Abdel malheureusement en est à sa énième rechute depuis onze ans que nous le connaissons, il veut nous faire croire que quand il est abstinent (trois mois cette fois ci) il ne peut plus rien faire à partir de 20 heures donc il faut qu'il reboive pour s'occuper le soir et se sentir mieux.
Papy nous confie qu'après quatre ans, il a toujours peur de l'alcool.
Nous discutons un peu sur les problèmes de Sofia et Rachel. Sofia veut bien faire une cure mais il faut qu'elle se mette d'accord avec son patron. Son copain l'a quitté, il faut qu'elle soulage sa peine pour pouvoir faire une bonne cure.
Puis nous passons au sujet du jour, avec beaucoup de retard suite aux discussions préliminaires.
Cédrick s'est rendu compte qu'il avait un problème d'alcool à partir du moment où il a compris qu'il ne fréquentait plus que les lieux où il pouvait consommer de l'alcool.
Catherine savait qu'elle avait un problème avec l'alcool mais elle ne pouvait s'imaginer qu'elle était dépendante.
Tout le groupe est d'accord (15 personnes) est d'accord pour dire qu'avant de faire une cure, ils ne savaient pas qu'ils étaient dépendants à l'alcool et même que l'alcoolisme était une maladie. Pour tous c'est lors de leur première cure qu'ils ont eu cette révélation, je suis malade parce que je suis dépendant. Mais certains n'y croient pas et c'est pourquoi ils rechutent.
Papy moustache nous dit que lors d'un examen médical son médecin lui a parlé de Gamma GT, mais, lui, a fait comme s'il n'avait pas compris, ce n'est que quand il est allé pour un sevrage à l'hôpital de l'Archet II quand il a vu « GASTRO ENTERRO ALCOOLO » qu'il a compris qu'il était, il ne sait pas trop, quoi. C'est durant les RdV au CCAA après avec les explications qu'il s'est rendu compte qu'il avait été malade et que l'alcool zéro s'imposait.
Cédrick nous dit également qu'il entendu le terme de maladie que quand il a été hospitalisé en cure.
J.J. a fait sa première cure à 22 ans, il est sur qu'il est devenu dépendant en trois mois, mais pour lui ce n'était qu'un problème d'alcool. Son grand Amour l'a quitté alors il a décidé de faire une cure pour la récupérer, il a pris de l'Espéral dès sa première cure. Finalement elle est revenue.
Mais J.J. était un bourreau de travail et il ne voyait plus sa tendre et bien Aimée, qui finalement l'a quitté définitivement.
Mais, il dit que le message d'abstinence à 23 ans est une ineptie parce qu'un jeune de cet âge ne peut imaginer une vie sans alcool alors que les copains boivent tant et plus.
Il se plaint d'un message qu'il a entendu à la radio ces jours ci de la part du professeur Batel qui dit que 20 % des personnes qu'il voit dans son cabinet pourront reboire un jour modérément. Claude pense que ce message fait rechuter au moins dix mille personnes qui avaient accepté leur dépendance mais, puisque le médecin le dit, ils essayent de reboire un coup et c'est la cata parce qu'ils étaient dépendants. Ce message vaut pour des professionnels de l'alcoolisme qui peuvent arriver à faire la différence entre alcoolisation et alcoolisme. Ceux qui pourront reboire modérément sont ceux qui n'étaient pas alcoolo-dépendants mais ceux qui étaient des buveurs excessifs.
Il faut accepter la rechute.
Abdel a du mal à accepter sa rechute car il faut qu'il remette son organisme en état et maintenant à plus de cinquante ans, la machine est plus difficile à réparer. Actuellement il est fatigué le soir c'est pourquoi il reboit, mais il sait qu'a chaque rechute son corps en prend un coup. Il devrait faire du sport dit-il mais il ne peut plus. C'est le chien qui se mord la queue.
Quant à Jill, il vient de faire 180 heures de T.I.G. à Emmaüs, il a fait ces TIG en étant pendant deux semaines à la rue, mais le SPIP lui a trouvé un logement pour quelques temps, actuellement il vit chez une copine, mais il sait que s'il continue à boire, il ne pourra rester chez elle. Pour l'instant, le projet immédiat est un sevrage à l'Archet II. Après il espère une cure au CALME (il était resté 3 ans sans boire après une première cure).
Il parle ensuite de sa dépendance qui est venue durant son passage sous les drapeaux. Il s'est presque arrêté mais il se shootait à l'alcool d'abord un jour sur sept. Il pensait que c'était juste faire la fête. Mais à 24 ans il s'est retrouvé à la rue en alsace, en hiver, Il lui fallait sa dose de schnaps pour se réchauffer tous les soirs. La dépendance était alors très présente.
Gilou pose la question de la dépendance et surtout comment elle vient. Il pense que dès qu'il a un problème il boit pour occulter ce problème, il a du mal à gérer son argent et c'est facile d'en dépenser quand la bouteille de Whisky est si proche. A sa dernière cure il pensait avoir trouvé le pourquoi de cette souffrance, en fait il a certainement ouvert une porte mais a négligé toutes les autres qu'il aurait pu ouvrir. Il a vu dans le regard de sa mère qu'il la faisait souffrir, mais, alcoolisé, il n'a pas de réponse à donner. Il pense que ses parents sont impuissants devant son problème alcoolique et que c'est à lui et lui seul de le résoudre.
Pour Christian le bonheur est contagieux mais le malheur encore beaucoup plus contagieux. Pour se soigner, il faut connaître le produit et pour changer le regard des autres sur nous même, il est nécessaire de changer soi-même.
Il trouve qu'il faut la volonté pour s'en sortir, ce à quoi la réponse n'est pas adéquate, il faut un désir de vivre. Il n'y a pas de miracle, il faut que la décision vienne de soi-même.
Martine a des moments fragiles, le groupe sert à la maintenir dans l'abstinence
Christian faisait parti d'une famille d'alcooliques, il a fait le voyage vers l'alcoolisme en leur compagnie. Ensuite il a beaucoup voyagé et a laissé des traces dans tous les ports du monde. Le principal c'est de se maintenir à flot. Quand dans sa famille il s'occupait d'eux, il était le roi du pétrole. A 20 ans il était déjà alcoolique grave, mais c'était normal d'être alcoolo dans sa famille. A la cuisine où il travaillait c'en était même une référence. Il ne s'est jamais fait virer de son travail à cause de son alcoolisme. Il a fait ses premiers soins à 25 ans, mais il ajoute qu'il y a 20 ans, il n'était pas possible de ne pas boire. C'est lui qui l'affirme.
Martine faisait la fête, et c'est son médecin qui lui a appris qu'elle était probablement dépendante surtout après les résultats de son analyse sanguine. Elle a fait une cure mais elle faisait rentrer de l'alcool pendant le traitement. Mais quand elle est sortie elle était Nickel Chrome, mais le médecin ne lui a pas dit qu'il ne lui fallait plus du tout d'alcool. A Saint Christophe elle n'a pas entendu dans son conscient que c'était alcool zéro, ce n'est qu'au CSST qu'elle a su qu'elle était vraiment dépendante et que la seule solution est alcool zéro. Elle nous fait plaisir en nous disant que l'association l'a beaucoup aidée à comprendre.
Pour Gérard, sa femme est décédée d'une hépatite C liée à un gros problème d'alcool, mais sa femme lui disait qu'il buvait de trop. Finalement il a fait une cure au CALME, il a rechuté rapidement et a repris le chemin de la cure quelques temps après et maintenant après deux ans il va bien dans son corps et dans sa tête. A 22 ans il buvait avec sa femme et il s'est accroché à la bouteille à la naissance de son fils. Il a quand même travaillé pendant des années dans l'enseignement en étant malade alcoolique.
Il a fait l'école normale pour être enseignant et à son époque, il est retraité maintenant, il y avait du vin à table.
J.J. nous parle de prédisposition à la naissance, mais il évite de se lancer dans un débat sur la génétique parce que il pense que la génétique n'a rien à voir avec la prédisposition à la naissance : il parle d'éducation, de prédisposition physique et d'environnement. Nous ne donnons pas l'explication de l'enzyme ALDH qui est entièrement utilisé par le foie alors qu'il devrait s'occuper aussi de l'élimination de la dopamine dans le cerveau.
Nous revenons sur les termes d'alcoolisation et d'alcoolisme que tant de personnes confondent et en particulier les politiques et les médias qui emploient ces termes sans discernement.
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