Permanence du mercredi 12 Novembre 2008

Publié le 8 Novembre 2008

Sujet  Thèmes du jour :
"L’envie de reboire de quelques jours à quelques années"

Compte rendu 
Nous accueillons d'abord Christine qui doit enregistrer un témoignage pour l'émission de vendredi 14 novembre à 16h30 sur France 3 « @ la carte », elle espère que sa fille sera d'accord pour participer à l'enregistrement. A voir sur www.France3.fr, Programme et ensuite @ la carte.
Gilles est également présent, il a fait un sevrage hospitalier et dès sa sortie il a recommencé à boire. Vendredi, il a craqué, parce qu'il n'était pas motivé pour s'arrêter. Samedi il a bu énormément et est devenu même violent.
Kati est également présente avec Gilles, mais elle ne connaît pas la différence entre alcoolisme et alcoolisation : petite explication mais elle ne semble pas trop intéressée par notre réunion.
Abdel est là aussi, alcoolisé, mais gène certaines personnes qui ont arrêté l'alcool depuis peu, quand il sort de la réunion pour aller boire une bière, et le dit.
J.J. qui s'est beaucoup investi dans la démarche de Gilles, s'énerve un peu auprès de Gilles et lui dit un peu ce qu'il pense de sa fausse motivation pour se soigner. A juste titre.
Abdel s'offusque des paroles de J.J. parce qu'il se sent visé alors que J.J. n'avait aucune intension de s'adresser à lui. Il se sent vexé. C'est qu'il est concerné de la même façon que Gilles, ses motivations ne sont pas nettes : il pense que quand il est abstinent à partir de 20 heures il ne marche plus droit et c'est pourquoi, il s'alcoolise. L'alcool nous enlève le peu de désir ou de volonté pour s'arrêter.
Chantal prend la parole pour dire qu'il faut que ceux qui sont alcoolisés doivent entendre le message de ceux qui sont soignés.
Papy a eu le désir de s'arrêter de boire et après quand il s'est aperçu du coût de son alcoolisation, il s'est senti tout heureux d'avoir fait son sevrage mais comme Christian, il pense que si l'on n'est pas motivé, ce n'est pas la peine de faire une cure car cela coute cher à la Société.
J.J. pense qu'il n'est pas possible de s'arrêter seul. Il sait qu'il est à la merci d'une rechute mais pense qu'en venant régulièrement à l'association, il limite ce risque.
Laurent est en attente pour partir à Val Pyrène mais il semble qu'il y ait un temps d'attente de deux à trois mois. Il est vrai qu'une poste cure à la montagne est très demandée à cette période de l'année. Mais il sait qu'il est à la merci d'une rechute car sa situation est très précaire.
Christine, notre future actrice improvisée, nous dit qu'elle se sent mieux quand elle vient à la réunion, mais, actuellement elle ne vient pas souvent, peut-être que cet enregistrement lui permettra de faire un pas en avant. En cure, on se pose des questions et c'est ce qui est arrivé à Christine, elle n'avait pas de réponse et elle pense que c'est ce manque de réponse qui l'ont fait rechuter. Nous pensons plutôt qu'elle n'était pas prête et que plutôt que de s'occuper d'elle, elle préférait s'occuper du problème des autres. Claude bis lui dit qu'il ne faut pas se poser de questions, il faut apprendre à faire des efforts, mais il ne faut surtout pas oublier le temps de son alcoolisation.
Nous avons bien entamé le thème du jour mais allons essayer de mieux comprendre ces envies d'alcool qui se produisent surtout dans les premiers mois.
Quand la rechute est immédiate après la sortie de cure, c'est le cas de Claude bis qui allait en cure non pas sur son désir mais celui de sa mère. A Blétrant, il n'attendait que le jour de la sortie pour reconsommer, ce qu'il a fait avant de reprendre le train. Au Mont Blanc, au bout de quelques jours, il pouvait s'alcooliser sans que le service de surveillance s'en aperçoive parce qu'il consommait juste la quantité nécessaire pour être clean à 18 heure au moment de souffler dans le ballon. A l'Hôpital Psy d'Annecy, il avait trouvé des complices pour l'alimenter en alcool, il n'y a donc pas eu de rechute mais continuation de l'alcoolisation. L'associatif a été le seul endroit où il a pu retrouver la sérénité sans alcool et sa joie de vivre, alors que son entourage immédiat ne lui facilitait pas la tâche puisqu'en sortant de cure, ils voulaient arroser sa guérison au Champagne. Mais il avait compris, cela fait neuf ans.
Christian, au bout de 1 mois et demi, il se sentait bien, alors il a essayé de reprendre un verre dans le désir de n'en boire qu'un par jour : une semaine après il en était au tonneau. Après un sevrage, c'est tellement bon de reboire un coup. Après coup il dit qu'il faut trouver une motivation et cela prend beaucoup de mois et d'énergie. S'il y a rechute c'est qu'il y a envie de boire.
Laurent bis, qui est sorti de cure il y a quinze jours, a fait une rechute après sa sortie de cure du Relais. Quelques jours après sa sortie, il a voulu reboire parce qu'il pensait qu'il était plus fort que l'alcool et que ce qui lui avait été dit en cure était certainement vrai pour les autres mais pas pour lui. Il avait déjà un doute avant de sortir de cure : abstinence totale, non pas pour lui. Il buvait en cachette mais pensait qu'il n'était pas alcoolique comme le père de son épouse. Mais l'alcool est plus fort que l'Amour. Il pensait qu'il pouvait prendre une bouteille car ce n'était pas possible, pour lui, de ne pas boire. Ces jours ci, chez un collègue qui a bu devant lui, il a eu un flash important de désir d'alcool, mais il a su le maîtriser par une Soma d'urgence. Cela fait dix huit mois qu'il n'avait pas travaillé, à cause de l'alcool, il a repris en mi temps thérapeutique, et l'idée de reboire est revenu parce qu'il n'arrivait pas à dormir.
Je ne peux pas prendre conscience que je peux reboire grâce à l'association et j'ai des chances de ne pas rechuter car ça me permet de ne pas oublier que j'ai été malade.
La technique des exercices psychosomatiques durant la cure (Soma) permet de se protéger au quotidien pour éviter le stress.
L'envie dure quelques minutes, il est nécessaire de faire quelque chose durant cette petite période pour l'oublier.
Claude rappelle que les rechutes au bout de dix mois sont courantes, car les personnes abstinentes commencent à se poser des questions : « étais-je vraiment malade quand je suis rentré en cure ? J'ai arrêté facilement au début de cure, si je reprends un verre, je m'arrêterai facilement, juste un verre ? ». En fonction de la réponse c'est la rechute ou non.
Souvent les rechutes sont préparées inconsciemment, l'envie de reboire, les relations avec les personnes qui boivent beaucoup, le regard envieux vers ceux qui continuent à boire, le retour aux conditions qui menaient à l'alcool avant.
Il faut changer sa vie, nous dit Christine, il faut faire fi du passé, quand il y a des flashes alcool il faut absolument téléphoner à quelqu'un qui peut vous écouter. Sa rechute est due, en plus, à la fréquentation d'une personne qui avait déjà rechuté, elle a suivi peu de temps après. Maintenant elle se prépare psychologiquement à une nouvelle cure, elle remet tout en ordre avant d'aller se soigner, nous trouvons ce temps un peu long, mais c'est elle et elle seule qui décidera quand elle sera prête.
Gérard a eu la même démarche que Laurent bis, ce qu'ils m'ont dit en cure ne s'adresse pas à moi. Mais ensuite il y a eu la culpabilité de la rechute. J'ai pensé qu'ils ne m'avaient pas dit que c'était alcool zéro. C'était plus fort que mois.
Pour les rechutes après plusieurs années, Claude en avait parlé avec un alcoologue connu : Rémy François, qui lui avait dit qu'après quinze ans d'abstinence, s'il y avait rechute ce n'était pas la même maladie que l'initiale. Il voulait dire que durant la psychothérapie, le patient avait ouvert une porte pour trouver sa souffrance initiale et que quinze ans plus tard, une autre porte n'avait pas été ouverte et qu'il fallait trouver d'où provenait cette nouvelle souffrance qui l'entrainait vers la rechute pour atténuer cette nouvelle souffrance.

Rédigé par SANSAS

Publié dans #Dépendance

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J
Jean Jacques, je crois et suis même sûr que tu as entièrement raison, mais pour justement répondre à ce processus, regarde le sujet de la semaine qui correspond et répondra probablement à tes inquiétudes.
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