Permanence du mercredi 19 Novembre 2008

Publié le 15 Novembre 2008

 

Sujet  Thèmes du jour :
"Les fréquentations & habitudes avant et après les soins"

 

 Compte rendu 

Aujourd'hui nous avons la joie de voir Sofia que nous n'avions pas vue depuis quelques semaines, elle s'est vite reprise depuis sa rechute, mais elle doit faire face maintenant à des difficultés de réinsertion. Heureusement son patron est très compréhensible mais 500 € de loyer et les crédits en cours, elle a du mal à suivre. Elle pense quand même à faire une cure en milieu spécialisé mais en début d'année prochaine quand elle aura remis sa vie en place.
Nous parlons de nouveau d'Amour car nous nous sommes aperçu que ceux qui restent en couple malgré l'alcoolisation d'un des conjoints c'est l'Amour qui soude le couple.
Bridget nous redit qu'elle boit depuis longtemps, mais qu'elle se sent devenir de plus en plus dépendante. Son mari ne l'a pas quitté mais, après l'espoir, il y a une certaine résignation. Elle sent quand même qu'il faut faire quelque chose parce que ses garçons sont de moins en moins confiants. Elle se rend de plus en plus compte de sa dépendance.
J.J. nous dit que sa femme a accepté pendant un certain temps mais un jour ne voyant pas d'amélioration elle a dit « stop ».
Laurent avait de la valeur alors elle est revenue après l'avoir quitté, elle pensait que l'Amour allait faire le nécessaire pour qu'il s'en sorte. Le contact s'est érodé et finalement elle est partie : « je te quitte mais je t'Aime ». Elle y croyait encore. Il a fallu qu'elle parte parce qu'il fallait qu'elle se protége ainsi que sa fille.
J.J. explique que les médecins pensent que si on est alcoolique, c'est pour la vie mais que nous avons la chance de pouvoir vivre avec pendant des années.
Christiane dit que Claude était plutôt rigolard mais que s'il avait été violent elle serait partie.
J.J. nous rappelle que l'alcoolisme est une maladie compliquée, le comportement de la Femme et de l'Homme sont très différents, et la Femme est souvent obligée de sauver sa peau.
Puis nous passons au thème du jour.
Claude raconte à nouveau son histoire de la maquette du « soleil Royal » et pense que finalement la sport a été prépondérant dans son rétablissement et son changement de comportement, il a mis six mois à comprendre qu'il pouvait vivre une vie comme les autres parce qu'auparavant, le médecin généraliste, le psychiatre, l'association, le boulot, la maquette étaient son seul univers. Alors qu'il avait toujours rêvé de faire du Tennis, les courts étant au bout de la rue. A partir de là, il a pu se reconstruire et se créer de nouvelles occupations.
Olivier en sortant de cure au mois de novembre a décidé de faire le Marathon de Monaco un an plus tard, il a commencé à courir cent mètres puis deux cents puis un km et ensuite il a pu continuer à monter sur des distances plus longues pour finalement au bout d'un an courir et arriver au terme des 42,300 km du marathon. C'était sa victoire sur la maladie.
Claude Ter fréquentait les bars et sous alcool, il faisait des compétitions de kayak (buvez éliminez, pensait-il), sa course de 20 km était correcte avec un bon temps. Il fait sa cure, plus d'alcool, réentrainement et à sa première course, même parcours, même matériel, mêmes conditions, il a fait 10 mn de moins qu'avant sa cure. Ca veut bien dire que l'alcool est un poison dans le sang.
Même alcoolisé il faisait de la montagne, mais après il pensait qu'il ne pourrait plus en faire, il a gagné du temps, pas trop par rapport aux autres mais par rapport à lui-même. Il a rencontré sur « copain d'avant » sur internet quelqu'un qu'il aimerait bien rencontrer à nouveau, mais c'était un gros buveur et maintenant Claude hésite de le rencontrer car il craint cette rencontre.
Christian lui rappelle qu'on a du mal à discuter de nos états d'âme avec la famille mais qu'il en est de même avec les amis.
Laurent a pour ami un malade alcoolique qui, par respect lui a demandé s'il pouvait boire devant lui un apéritif. Il lui a répondu qu'il ne fasse pas attention à son abstinence. Laurent ne fuit pas car il se sent capable de dire non à toute situation. Il n'a jamais bu dans les bars et quand il est sorti de cure, il a voulu dès le début passer dans le rayon alcool des magasins, c'était une sorte de défi et cela le confortait dans son abstinence.
J.J. pense qu'il est plus facile de ne pas être obligé de dire non, donc il fait en sorte de ne pas être dans cette situation. Moins j'ai d'alcool autour de moi mieux je me porte. Il fait de la danse dans un groupe et les fêtes, chaque semaine, sont sans alcool. Il peut donc faire la fête : tango, valse, passo ... sans alcool c'est super et il peut tenir jusqu'au bout de la nuit. Les gens qui boivent ne l'intéressent plus et il les évite.
Claude ter à la même impression, vis-à-vis de son copain qu'il craint de rencontrer et être obligé de lui dire non.
J.J. pense qu'il y a deux mondes et il pense qu'il n'a pas sa place au milieu de ceux qui boivent, car il pense que pour reboire il faut au moins qu'il y ait une bouteille devant soi. Dans le travail, il ira certainement vers le groupe qui ne boit pas. Il se dit vulnérable et il sait qu'il pourrait éventuellement reboire s'il ne se protégeait pas au maximum, et la vie, pour lui est plus facile quand il est avec des gens qui ne boivent pas.
Si on va dans des fêtes où l'alcool coule à flot, il se peut que notre résistance soit prise en défaut et que l'on puisse plus dire non, sans le faire exprès.
Claude ter a rencontré le patron du bar où il consommait et qui a vendu son bar, il lui a proposé d'aller boire un pot, Claude a refusé parce que maintenant il a tourné la page.
Papy nous raconte son histoire du 3 juillet dernier, il était dans un groupe et quelqu'un voulait payer la tournée à tous, quand il a commandé un coca light, l'autre lui a dit qu'il ne payait pas une boisson de gonzesse, et bien il se l'est payé et est parti.
Cedrick nous dit que tout dépend de la manière dont on vit, quand on est chez soi il est difficile de se retrouver, il fait du sport, il faut se conforter dans une gestion au quotidien. Il faudrait déménager pour oublier ses habitudes et ses relations, mais la rupture est difficile quand on se retrouve seul. Il faut passer par l'acceptation dans son milieu domestique.
Cedrick 31 est passé du Tabac puis au Cannabis, il a réussi à arrêter ces produits mais est passé à l'alcool. Il admet depuis peu que sa consommation devient problématique, mais il n'est pas encore prêt à alcool zéro. Il vient nous voir parce qu'il a besoin de comprendre l'alcoolisme, il veut écouter et est déjà venu deux fois. Il a programmé un arrêt de l'alcool. Maintenant il nous dit qu'il ne ressent plus le besoin de boire, il commence à mettre en place, ses soins, il se sert des expériences de chacun du groupe. Il sait qu'il n'est qu'au début de sa désintoxication, il pense qu'il est assez fort pour faire face aux pressions qu'il pourrait rencontrer.
Laurent parle de psychothérapie avec Cedrick 31, et il lui dit qu'il a fait une excellente psychothérapie au Calme car il a fait un travail extraordinaire avec le psychologue, alors qu'il avait commencé une analyse auparavant. Sous alcool il n'y a pas de possibilité de faire une psychothérapie, parce qu'on ne peut pas faire le travail nécessaire.

 

 

Rédigé par SANSAS

Publié dans #La Maladie

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J
Bonjour<br /> Peut être, pour certains, cette "reconstruction en profondeur" est elle difficile car ils ne peuvent encore nommer leur désir de créer d'autres liens différents de ceux qu'ils connaissent et aussi, peut être, leur désir de rencontre avec eux mêmes ?.<br /> Cordialement<br /> Jacqueline
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J
Ce sujet me tient particulierement à coeur car un grand nombre de rechutes est due à la difficulté de se recréer un tissu social différent à la sortie de cure!trop souvent,le curiste se retrouve seul et est naturellement attiré par les dernieres connaissances qu'il lui restait avant la cure.D'ou une necessaire reconstruction en profondeur.
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