Permanence du mercredi 26 Novembre 2008
Publié le 22 Novembre 2008
Sujet Thèmes du jour :
"Alcool et violence"
Compte rendu
Claude au début de son alcoolisation a été souvent violent verbalement et quelques actes de violence à l'intérieur de chez lui, mais dès que la dépendance s'est installée, très jeune (24 ou 25 ans), la violence a disparue et très rapidement c'était de l'euphorie et 5 ans plus tard, sa dépendance l'a amené à être amorphe. Et il s'en est suivi huit ans de galère avant de se faire soigner.
J.J. nous dit que la violence chez les hommes est souvent une violence verbale. Il y a un tas d'alcoolique qui ne sont pas violents mais qui sur un coup de tête peuvent devenir violents alors que sans alcool ils sont doux.
Christiane se rappelle qu'en face chez elle, il y avait un alcoolique qui battait sa femme, jetait ses affaires par la fenêtre, mettait sa femme et sa fille à la porte en pleine nuit. Les forces de polices sont souvent intervenues, mais dès qu'ils avaient tourné le dos la violence recommençait, elle s'est portée témoin pour cette femme mais ne voulait surtout pas que son nom apparaisse sur le P.V. car elle avait peur des réactions de cet homme.
J.J. Toute femme d'alcoolique craint la violence de son conjoint, même s'il n'est pas agressif, il fait peur, car les forces de l'alcoolique sont décuplées en cas de violence physique.
Papy pense qu'un alcoolique est violent pour cacher sa faiblesse.
Laurent n'a jamais frappé une femme, il l'a bousculée une fois, cela l'a traumatisé. Avec sa deuxième femme, le jour où il a senti que sa violence allait s'exprimer, il s'en est pris à la panière à linge qu'il a détruite à coup de savates. Il était violent verbalement mais souvent, il ne se rappelait plus le lendemain de cette violence. Sa compagne avait compris les dangers qu'elle encourait avec les cocktails alcool, psychotropes, anti dépresseurs. Elle avait décidé de partir, parce que le lendemain, ne s'étant pas réveillé, il l'a bousculé, pas violemment. Ceci se passait quinze jours après leur mariage (mais dix sept ans de vie commune auparavant). Elle l'a quitté pour se protéger, elle avait une peur physique parce qu'il était violent envers lui-même. Maintenant après sa cure (1 mois) il est suivi par un psychiatre pour faire une analyse et ceci poussé par son employeur qui l'a repris après dix huit mois d'absence pour maladie. Il a un passif très lourd, mais au moins avec son psychiatre il y a un bon dialogue.
Il ne se sent pas violent mais l'alcoolisation le rendait violent. Il est dans une phase où il est seul donc pas de violence surtout qu'il est hors alcool.
Cédrick était violent avec lui-même, il cherchait à se faire du mal pour se punir. Sa seule violence exprimée a été un coup de poing à travers une fenêtre de chez lui qui ne lui avait rien fait. IL s'est puni de la violence qu'il avait en lui.
Oliver lui répond que, malgré la connaissance que nous avons de trop boire, nous continuons cette alcoolisation et celle-ci nous fait du mal malgré cette connaissance. J. J. nous dit que c'est un aveu de notre impuissance à nous restreindre.
Morgane, étudiante en psychologie qui fréquente Sansas pour la première fois nous parle des alcoolisations chez les étudiants qui ne sont très souvent que verbales.
Abdel nous explique qu'il a été en garde à vue au commissariat d'Auvare parce que, à la suite d'une dispute avec des voisins, il a été pris avec un couteau entre les mains.
Il est rappelé que c'était la journée mondiale des violences faites aux femmes, ces jours derniers et que tous les trois jours une femme meure à cause de la violence et 80% de ces meurtres sont effectués sous emprise alcoolique.
Christiane, qui n'a pas eu de problèmes avec l'alcool, est étonnée par le fait qu'une personne qui est gentille, en général, devienne un monstre sous alcool.
Abdel, dans sa famille, sa femme acceptait son alcoolisation mais une fois au Maroc, parce qu'il avait trop bu, elle l'a pris par les « parties », il s'est fâché et il l'a frappée, elle a divorcée.
Katie elle, trouve la violence, quelles que soient les circonstances, intolérables, mais les personnalités changent avec l'alcool. Elle voudrait que tous fassent face à leur responsabilité. Elle pense que certains alcooliques sont des gens pervers et que l'alcoolisation est une conséquence de cette perversion. Finalement la femme est soumise à la personne car elle est terrorisée.
Après la journée de la violence faite aux femmes, elle a pu lire que la femme est souvent dépendante de l'homme même alcoolique.
J.J. s'est arrêté de boire de nombreuses fois mais sa femme savait qu'il allait replonger et il pense que vivre une vie telle qu'il a vécu est une certaine forme de violence : pas pouvoir garder une Femme qu'il aimait, pour lui c'est sa violence à lui.
Pescalou c'était dans la fuite qu'il arrivait à maitriser sa violence, car sinon il aurait été violent avec sa compagne.
Beaucoup ont connu Danny, nous savions qu'il était violent parce que nous l'avons vu souvent venir à la réunion, couvert de bleus et il ne cachait pas cette violence qu'il n'arrivait pas à maitriser. Il nous disait, qu'une fois, il aurait pu tuer si personne ne l'avait retenu. Il est dans la rue et les SDF sont très souvent violents entre eux.
Oliver pense que derrière la violence, il y a presque toujours une immense souffrance. A un moment donné de son existence, après l'arrêt de l'alcool, son rapport avec son corps n'était pas encore bien établi, pour se faire violence il a fait des sauts à l'élastique. Pour lui c'était une manière d'évacuer sa violence qu'il avait en lui.
J.J. pense que notre Société a un déni vis-à-vis de l'alcool, on parle ces jours derniers des 120 femmes mortes de violence en France (c'est 120 de trop) mais on n'oublie de parler des 45000 morts en France à cause de l'alcoolisme. Est-ce que cela n'est pas une violence ? Ce problème est nié par la Société bien ou mal pensante. L'alcool est un produit dangereux et la violence est un chemin dangereux.
L'alcool crée un lien social entre les individus et c'est pourtant un énorme problème. Mais la société ne veut pas en parler (peut-être trop d'intérêts en jeu).
Katie rappelle que l'alcool permet à certains de vivre mais n'oublie pas de dire qu'au 19ème siècle l'alcool était un médicament.
Durant la 1ère guerre mondiale, les généraux distribuaient des litres d'alcool pour que les soldats aillent se faire tuer pour prendre la tranchée en face.
Partout en France les grandes fêtes de villages ou de cités se terminent souvent en bagarre parce que l'alcool est présent.
Nous pouvons extérioriser notre violence autrement que par des coups mais en faisant une psychothérapie, de la relaxation. Notre problème était latent, donc il faut se soigner pour régler ce problème.
Katie demande si, les anciens buveurs du groupe se sont mis à boire tôt : à part une femme qui s'est mise à boire à 36 ans, les autres ont tous commencé leur alcoolisation jeune, sans que la dépendance ne s'installe tout de suite, mais alcoolisation, jeune.
Nous demandons si on peut arriver à calmer les violences qui se présentent. Il y a certainement un savoir faire que les éducateurs utilisent pour calmer les violences qui s'installeraient dans les instances qu'ils fréquentent.
Il y a quelques années, l'alcool était considéré comme une circonstance atténuante, maintenant la société a changé et l'alcool est devenu une circonstance aggravante et la récidive est devenue catastrophique pour les contrevenants.
Claude bis n'a pas beaucoup parlé mais il n'osait pas dire qu'il avait été violent à plusieurs reprises du temps de son alcoolisation.
Dans les soirées étudiantes, l'alcoolisation c'est comme le bizutage, on n'a pas le droit mais on le prend. Il y a un défi et l'alcool est le jeu pour passer à l'initiation. Il faut parvenir à faire partie de la confrérie et intégrer le groupe. Il faut passer par cet état initiatif par l'alcool, c'est comme le carnaval d'antan, un jour tout est permit. En général il n'y a pas de violence le jour de la faluche parce que très bien encadrée. N'empêche que les open bars vont être certainement interdits par la loi.
Actuellement Internet banalise la violence due à l'alcool en passant des séquences très violentes, en les commentant sous des termes de rigolades.
De tout temps la violence des guerres, et même encore maintenant avec des enfants qui se battent à coup de kalachnikoff, s'est faite sous l'emprise de produits psychoactifs, l'alcool en étant un bien de chez nous. Il faut dire que l'alcool existe depuis 5 à 6000 ans dans notre société dite évoluée.
/image%2F1565259%2F20220408%2Fob_d9a052_logo-sansas-color-n-4.bmp)